III - UN REPAS DE LUCULLUS
Le dîner, a la villa, avait lieu a six heures précises.
L'emploi du temps était déterminé avec cette régularité presque administrative ou monacale sans laquelle y n'y a pas de labeur possible.
Au coup de gong qui, suivant une habitude indienne, annonçait le moment du repas, les quatre savants, se dirig?rent vers la salle a manger, vaste pi?ce aux murs tendus de cuir de Cordoue, aux couleurs éclatantes, aux solives toutes de c?dre sculpté et doré.
Georges admira les crédences italiennes chargées d'aigui?res de Benvenuto, de vases de Ballin et d'autres maîtres de l'orf?vrerie, les précieuses porcelaines de Wedgwood, de Rouen et de Saxe, les urnes hispano-mauresques a reflets d'or et les modernes gr?s flambés.
Il y avait la un prodigieux entassement de richesses artistiques et ce ne fut pas sans ?tre quelque peu intimidé par ces splendeurs, qu'il dut prendre place sur une luxueuse chaise incrustée d'éb?ne, de nacre et de corail d'un mauvais go?t admirable et rare.
Les si?ges sauvés du pillage du palais de l'empereur du Brésil étaient de ce style dit " rococo portugais ", aujourd'hui presque introuvable.
- Vous verrez, dit Bolenski, qui avait pris place a côté de Georges, que ce luxe un peu archa?que n'est nullement incompatible avec les perfectionnements du confortable moderne.
" Vous voyez cette roue dorée qui tourne au-dessus du lustre de Venise aux floraisons polycolores.
- Un ventilateur, sans doute, murmura le jeune homme.
- Oui, c'est bien un ventilateur, mais pas un de ces appareils incommodes qui ne font que remuer l'air vicié et favoriser l'éclosion des microbes, sans aucune utilité réelle pour l'hygi?ne et pour le bien-?tre.
" Chacun des rayons de cette roue effuse de l'air glacé provenant d'un flacon d'air liquide placé au centre.
" Ici m?me, pendant les plus fortes chaleurs, nous jouissons d'une atmosph?re pure et fraîche.
" D'ailleurs, tout le service se fait électriquement et les vins montent de la cave dans leurs seaux a glace sur la table m?me par un petit ascenseur spécial dont cet ovale d'argent que vous prendriez pour un réchaud n'est que la plate-forme ; les mets parviennent de m?me bouillants des cuisines, au moment précis o? ils sont dans toute leur saveur.
Pendant que le Polonais donnait ces explications, Georges parcourait négligemment la carte placée devant lui.
Les plats classiques de la grande cuisine française y voisinaient avec les mets d'un exotisme raffiné, tel que le pâté de mur?ne aux terfas ou truffes blanches de Tunisie, le carry de faisan, les merles au myrte et d'autres raretés gastronomiques.
- Voila, certes, un repas de Lucullus, dit machinalement Georges.
Pitcher, a ce moment, offrait au jeune homme des tranches de boutargue auxquelles allait succéder une friture italienne de calmars et de crevettes géantes.
- Vous ne croyez pas si bien dire, fit-il en riant, nous avons précisément aujourd'hui un des mets favoris du cél?bre gourmand ; des langues de phénicopt?res ou pour ?tre plus moderne des langues de flamants roses que, vous le savez, les Romains payaient au poids de l'or.
- Cette friandise doit en effet co?ter des sommes folles, le flamant est a la fois tr?s rare et tr?s difficile a tuer. J'ai lu que les Arabes eux-m?mes, si adroits tireurs qu'ils soient, n'en abattaient que rarement.
- C'est fort exact, mais, ces jours derniers, tout un vol de flamants fatigués par la temp?te est venu s'abattre sur un des étangs de la for?t, les chasseurs en ont tué une trentaine que Mr. Frymcock, notre cuisinier, s'est empressé de faire acheter.
" Il est, sur ces questions, d'une érudition désespérante.
" Il connaît a fond les livres de Car?me sur la cuisine dans l'antiquité et je ne serais pas surpris qu'il ne traduisît lui-m?me quelque jour le fameux traité du gourmand Apicius, de re coquinaria.
Pitcher avait prononcé ces paroles d'un ton enthousiaste, qui prouvait que, toute science mise a part, il n'était nullement indifférent aux plaisirs de la bonne ch?re.
- Pourvu, répliqua Georges en riant, qu'il ne s'avise pas de nous servir, comme a Lucullus, des langues de rossignol saupoudrées de perles et de diamants.
- Il en serait fort capable. C'est un homme qu'il ne faut défier d'aucune excentricité.
" Savez-vous qu'un jour il a fait organiser une p?che au requin dans le seul but de se procurer les nageoires d'un de ces squales qui sont un des ingrédients indispensables dans la préparation de la soupe chinoise aux nids d'hirondelles salanganes !
- Ce Mr. Frymcock ne doit pas ?tre un personnage ordinaire.
" Ce que vous me dites la me donne grande envie de faire sa connaissance.
- Ce sera chose facile : comme beaucoup d'artistes, Frymcock est tr?s vaniteux ; un éloge bien tourné lui va droit au c?ur.
" Son histoire, d'ailleurs, est peu banale, et je ne crois pas commettre d'indiscrétion en vous la racontant.
" Frymcock est le fils unique d'un authentique lord du comté de Sussex. Il a fait d'excellentes études a l'Université d'Oxford, nul ne doutait qu'il ne devînt un jour une des gloires de la chimie.
" D?s l'âge de vingt ans, il s'était signalé par des articles originaux dans les revues spéciales.
" Brusquement, le vieux lord Frymcock mourut et son fils se trouva héritier d'une colossale fortune.
" Le premier usage qu'il fit de sa richesse fut d'offrir a trente de ses amis un colossal banquet ; les feuilles britanniques s'entretinrent longtemps de cette folie sans exemple dans les annales gastronomiques.
" Le repas fut servi dans un vaste hall transformé pour la circonstance en jardin rempli de fleurs et des arbustes les plus rares.
" C'est a l'ombre de buissons de magnolias, de roses, de myrtes, de jasmins et de lilas que la table avait été dressée. Des oiseaux des îles et des papillons des tropiques avaient été lâchés par centaines dans ces bosquets enchantés.
" Le jeune lord avait voulu que le repas sardanapalesque qu'il offrait a ses amis f?t un régal exquis pour tous les sens.
" Rien ne fut négligé pour atteindre ce but.
" Un orchestre nombreux dissimulé dans le feuillage fit entendre une suite de compositions spécialement écrites par les musiciens les plus illustres et appropriées a chacun des mets du fantastique menu.
- Je ne comprends pas tr?s bien, fit Georges Darvel.
- Je m'explique : par exemple, le potage au seigle vert était accompagné d'une délicieuse pastorale presque enti?rement écrite pour les fl?tes, les guitares et les hautbois.
" Le compositeur avait merveilleusement rendu l'éveil du printemps dans la steppe russe, les grands seigles houlant comme la mer sous la brise d'avril, et les chansons monotones des moujiks célébrant le renouveau en grattant leur balala?ka.
" Le homard a l'américaine débutait par un air de biniou pour finir par le yankee doodle accompagné de la trompette et du banjo, le tout entrem?lé et soutenu par la voix puissante de l'orgue, imitant les sifflements du vent et les rugissements de la temp?te.
- Et le plum-pudding ? demanda Georges en riant.
- Vous avez tort de rire, repartit gravement le naturaliste, je vous affirme - j'ai été un des heureux convives de ce festin - que l'effet de ces musiques était plus grandiose et plus émouvant que vous ne pouvez le penser...
" Le plum-pudding était rendu par un suave cantique de Noël o? se retrouvaient des motifs de notre God save the King et de l'attendrissante romance Home, sweet home.
- Chaque plat était d'ailleurs présenté par un cort?ge ingénieusement symbolique.
" Des Romains de la décadence précédés des licteurs et des aigles apport?rent le monstrueux turbot cher a Domitien, et des châtelaines gothiques le tournedos de chevreuil annoncé par une sonnerie de cor.
" M?me les sucreries et les gâteaux donn?rent prétexte a un défilé de petites Parisiennes aux minois fripons, enfarinés de poudre de riz.
" La trompe d'éléphant, entourée d'une sauce ardemment pimentée, fut offerte par un monarque n?gre, dont le cort?ge était d'une sauvage splendeur.
" Avec le café et les liqueurs, ce furent des somptuosités orientales a faire pâlir les plus riches mises en sc?ne des théâtres de féerie.
" En outre, sur une sc?ne ménagée au fond de la salle, des ballets se succédaient et soulignaient pour les yeux le sens pourtant fort clair des musiques.
" Je ne parlerai pas des vins ; il faudrait pour effleurer ce sujet seulement, tout un volume.
" Cet incomparable festin dura un jour et la moitié d'une nuit ; ce laps de temps en apparence considérable, nous parut a tous a peine suffisant, tant il s'écoula rapidement.
- Je m'étonne d'une seule chose, objecta Georges, c'est que les convives aient pu si longtemps boire et manger sans éprouver les tristes effets de l'intempérance.
- Le cas avait été prévu. Pr?s de chacun des invités, l'amphitryon avait fait placer un petit flacon rempli d'un élixir de son invention.
" Il suffisait de quelques gouttes de cette liqueur, o? sans doute les pepsines entraient pour une grande part, pour accélérer la digestion d'une incroyable mani?re et rendre en tr?s peu de temps leur appétit aux plus repus.
- Admettons cela ; mais ce miraculeux élixir ne devait pas emp?cher les fumées des grands vins de vous monter au cerveau ?
- Erreur compl?te ; pendant tout le repas, chacun a conservé la gaieté la plus enjouée et le sang-froid le plus complet.
- Aucune ivresse brutale n'est venue troubler cette belle solennité gastronomique et cela encore grâce a une autre découverte de master Frymcock.
- Aurait-il trouvé le moyen de supprimer les effets de l'alcool ?
- Presque : voici comment. C'est un fait bien connu dans les pays intertropicaux que l'ingestion d'une grande quantité d'alcool pur suffit a guérir la morsure des serpents.
" Parti de ce fait, Frymcock s'est dit que la réciproque doit ?tre vraie. Avec le venin de certains cobras, il a composé un sérum qui a la propriété de rendre l'organisme momentanément rebelle aux conséquences de l'intoxication alcoolique.
" Dites encore que ce n'est pas un grand homme !
- Je m'en garderais bien ; mais je suis curieux de connaître la suite de ses aventures.
- Je fus quelque temps absent, voyageant dans l'Inde comme je vous l'ai sans doute raconté. Quand je revins, le jeune lord Frymcock était compl?tement ruiné. Apr?s le banquet auquel j'avais assisté, et qui n'avait pas co?té moins d'un million, il en avait organisé d'autres. En peu de temps, son patrimoine s'était évaporé a la fumée des cuisines.
" Ce n'est pas tout, de lâches calomniateurs avaient répandu le bruit que, dans un de ces festins, il avait servi a ses hôtes les cuisses d'une jeune négresse a la sauce jambouya, dont un explorateur bien connu lui avait donné la recette.
" Je suis s?r que notre ami était innocent ; mais l'opinion publique s'était émue, c'était contre lui un tollé général ; il fut incarcéré sous l'accusation d'anthropophagie, et n'obtint un acquittement qu'avec assez de peine.
" Quand il sortit de prison, les amis qu'il avait si bien régalés lui tourn?rent le dos, la populace s'ameutait apr?s lui en le traitant de cannibale.
" Je le rencontrai au moment o? il songeait tr?s sérieusement au suicide. Je le réconfortai par de bonnes paroles et, ne doutant pas que ce gastronome éminent ne f?t pour miss Alberte une acquisition précieuse, je lui racontait toute l'histoire.
" Elle en rit aux larmes et quelques jours apr?s, comme je l'avais espéré, le jeune lord Frymcock était engagé par elle a des appointements royaux.
" Il fait ce qu'il veut, dépense l'argent qu'il lui plaît et nous fait manger divinement bien...
- Tenez, interrompit Bolenski, en se penchant vers une des fen?tres, le voici justement qui traverse le patio.
Georges Darvel se précipita, s'attendant a voir quelque personnage apoplectique et jovial, comme certains commodores ventrus du caricaturiste Cruikshank.
Il aperçut un ?tre long, maigre et bl?me, aux l?vres minces, a la face mélancolique, marchant a pas comptés, comme sous l'empire d'une grave préoccupation.
- Il ne répond nullement, n'est-ce pas, fit le Polonais, a l'idée que vous vous en étiez faite ; il tient le milieu, croirait-on, entre le lord spleenétique et le pierrot des pantomimes macabres.
" Au demeurant, il est d'un joyeux caract?re, et c'est un bon compagnon, en dépit de sa mine.
" Georges alla se rasseoir, se promettant de lier connaissance, d?s que l'occasion s'en offrirait, avec l'extraordinaire lord cuisinier.
Il s'aperçut alors que le capitaine Wad n'avait encore touché a aucun des mets auxquels Ralph Pitcher et l'ingénieur Bolenski avaient fait largement honneur.
Le capitaine se sustentait de la façon la plus bizarre.
Devant lui se trouvait une sorte de surtout chargé d'une infinité de minuscules flacons, a côté, une assiette remplie d'une gelée rose et une carafe pleine d'un liquide violet.
Le capitaine prenait un fragment de gelée, y ajoutait une goutte du contenu d'un des flacons et absorbait le tout avec appétit. De temps en temps, il remplissait son verre du liquide violet, et avait encore recours aux mystérieux flacons avant de se désaltérer.
Georges Darvel considérait ce man?ge avec stupéfaction ; le capitaine s'en aperçut.
- Je vois, dit-il, que ma façon de dîner vous intrigue, elle n'a pourtant rien de merveilleux. Je suis simplement plus logique.
" Je mange comme tout le monde mangera sans nul doute, dans un si?cle ou deux, peut-?tre bien avant cela.
" Cette gelée rose est un aliment complet, chimiquement préparé, ne contenant que les azotes et les carbones nécessaires a l'organisme, sans aucune des mati?res inutiles ou nuisibles que renferment les substances animales ou végétales.
- Pi?tre régal, ne put s'emp?cher de dire le jeune homme.
" J'avoue que je préf?re pour mon compte les savants menus de master Frymcock.
- Vous pourriez vous tromper : grâce a un flacon, je donne a ma vitalose - c'est le nom de l'aliment complet - le go?t que je veux.
Et Georges lut avec stupeur sur les étiquettes :
essence de truite, essence de pré-salé, essence de perdrix, essence de saumon, essence d'amandes, etc., etc... Tous les mets possibles se trouvaient la résumés, quintessenciés en quelques gouttes de parfum.
- Tenez, continua le capitaine Wad avec un tranquille sourire, voulez-vous go?ter une aile de faisan ?
Et il tendit au jeune homme une cuillerée de gelée sur laquelle il avait laissé tomber une goutte d'essence.
Avec une grimace d'hésitation, Georges Darvel avala la suspecte confiture et fut obligé de déclarer que l'illusion du go?t était compl?te.
- De m?me, reprit le capitaine, je donne a volonté a ce liquide violet le go?t du cru qu'il me plaît.
- Vous devez ?tre tr?s fier d'une telle avance sur le commun des mortels.
- Je n'y mets, croyez-le bien, nulle vanité.
" C'est, a vrai dire, une expérience que je fais sur moi-m?me. Je suis persuadé qu'une telle alimentation doit influer avantageusement sur l'économie.
" Avec un syst?me de nutrition aussi complet et aussi peu volumineux, le rôle de l'estomac se borne a peu de chose, il devient inutile et de hardis chirurgiens ont déja prouvé a maintes reprises qu'on peut parfaitement s'en passer.
" Pour moi, par suite d'une graduelle transformation, l'homme, dans quelques milliers d'années, sera débarrassé de l'encombrant appareil digestif devenu sans objet, et comme il ne se servira gu?re plus de ses bras et de ses jambes...
- Voudriez-vous insinuer que l'homme futur deviendra une sorte de pur esprit ?
- Non, mais le cerveau atteindra chez lui un volume considérable et suppléera aux autres organes...
La conversation se retrouvait maintenant sur le terrain scientifique. Tous y prirent part avec animation ; Georges Darvel sut prouver a ses nouveaux amis qu'il possédait des connaissances étendues et solides dans toutes les branches du savoir.
Puis on parla longuement de Robert. Avec une émotion qu'il n'essayait pas de dissimuler, Georges raconta combien cet aîné, qu'il ne voyait qu'a de longs intervalles, avait montré de bonté pour lui.
Sitôt qu'il avait gagné quelque argent, il avait placé au nom de Georges un petit capital suffisant pour lui permettre d'achever ses études, et il n'avait jamais cessé de veiller de loin sur lui avec la plus vive sollicitude.
- Robert, dit le jeune homme, a mené a bien une entreprise surhumaine qui rendra notre nom éternellement glorieux. Mais je vous avoue que je ferais bon marché de toute cette gloire pour que mon fr?re f?t encore parmi nous.
- Homme de peu de foi, s'écria Bolenski avec exaltation, puisque je vous ai dit que nous le retrouverons ! Vous avez vu de quoi nous sommes capables ! Douteriez-vous de nous ?
- Je sais, répliqua Georges avec vivacité, que, si un projet, aussi chimériquement audacieux doit ?tre mené a bien, ce ne peut ?tre que par vous. Pardonnez-moi ce moment de découragement.
- Ne vous excusez pas. Je connais mieux que personne ces alternatives d'espoir et d'incertitude. Mais vous ne savez encore qu'une faible partie de nos découvertes...
- Allons voir la plan?te Mars ! interrompit brusquement Pitcher.
- J'y pensais, murmura le capitaine Wad.
Quelques instants plus tard, tous quatre étaient installés sur une des hautes terrasses de la villa, d'o? ils voyaient le ciel d'un bleu de velours endiamanté d'une poussi?re d'étoiles.
Autour d'eux, la for?t aux grandes ombres bleues aux pâleurs d'argent bruissait, doucement rafraîchie par la rosée du soir qu'elle semblait boire avidement ; il y avait comme un frémissement de bien-?tre, apr?s l'accablante chaleur du jour, dans la chanson des feuillages nocturnes, en ce grand silence a peine troublé de loin en loin par le rire d'une hy?ne ou les abois d'un chien des douars perdus dans la brousse.
Pas un nuage, en ce ciel éblouissant et calme, au fond duquel la rouge plan?te semblait briller d'un éclat plus vif, se distinguant nettement des autres astres.
Longtemps, ils la contempl?rent en silence, pendant qu'a cette m?me minute Robert Darvel regardait peut-?tre lui aussi la vieille Terre qui, pour lui, n'était plus - comme l'était Mars pour eux-m?mes - qu'une petite lumi?re clignotant dans l'immensité des cieux.
Tout a coup, Georges étendit la main.
- Une étoile filante ! s'écria-t-il. En voici une autre, encore une autre.
" C'est un véritable feu d'artifice céleste !
Maintenant, elles apparaissaient par dizaines, traçant une br?ve ligne de flamme pour s'éteindre tout a coup.
- Dans mon pays, dit le Polonais, les paysans croient que ce sont des âmes délivrées du purgatoire et qui se rendent au paradis.
- La vérité, fit Georges, est tout aussi poétique. Les étoiles filantes que l'on observe a époque fixe sont des fragments de vieux astres émiettés et détruits, apr?s avoir erré des années, des si?cles peut-?tre ; sollicitées par une force adverse dans le noir infini des espaces interastraux, elles finissent par tomber dans le rayon de l'attraction terrestre. Au frottement de notre atmosph?re, elles deviennent incandescentes, ce qui les fait prendre pour des étoiles ; en réalité, ce sont de simples bolides.
- Qui sait, dit Pitcher, l'un d'eux a peut-?tre été lancé par un des volcans de Mars.
- Pourquoi pas ?
La discussion se poursuivit sur les bolides.
- Pourquoi l'homme ne pourrait-il pas voyager d'astre en astre, puisque ces masses inertes le faisaient bien ? N'en avait-on pas recueilli qui pesaient jusqu'a quatre cents kilogrammes, et cependant, leur texture était intacte, ils n'avaient été ni détériorés ni fondus par l'épouvantable frottement des couches atmosphériques.
N'était-ce pas la une preuve de plus de la possibilité des communications interastrales. Le jour o? l'homme serait parvenu a animer un projectile quelconque d'une vitesse initiale suffisante, le probl?me serait résolu.
A l'exposé de ces hypoth?ses déduites avec une logique vigoureuse, Georges se reprenait a espérer.
Ce ne fut que tr?s tard que les quatre savants se sépar?rent. En dépit de toutes ses préoccupations, Georges, une fois rentré dans sa chambre, ne tarda pas a succomber au sommeil. Il r?va que son fr?re regagnait la Terre dans un char fantastique, attelé d'étoiles filantes, et chargé de curiosités martiennes.
Enfin, la fatigue finit par l'emporter sur ce travail latent des cellules cérébrales, et il dormit sans autre songe jusqu'au jour.
II - LA VILLA DES LENTISQUES
Bâtie au centre d'une profonde vallée, la villa des Lentisques s'élançait comme une île de marbre blanc d'un océan de fleurs et de verdures. C'était un r?ve grandiose réalisé par la féerie du million.
Les merveilles de l'architecture arabe y avaient été combinées, harmonieusement fondues, avec tout ce que le style vénitien déja si proche de l'Orient, offre de plus noble et de plus magnifique dans ses lignes, de plus éclatant dans sa couleur.
Les briques coloriées, imitées des azulejos de l'Alhambra, les mosa?ques représentant de somptueuses brocatelles faisaient ressortir plus nettement la svelte blancheur des colonnes qui soutenaient les galeries ciselées a jour par des sculpteurs venus a prix d'or du Maroc et de Bagdad.
Les toits dorés, les coupoles d'azur rayonnant au soleil semblaient l'environner d'un nimbe irréel, d'une atmosph?re de songe.
Cela était trop beau pour ?tre vrai, on ne pouvait s'emp?cher de penser qu'un coup de vent allait dissiper la radieuse apparition comme ces mirages d'eaux et de verdures qui hantent les sables stériles du grand désert.
D'apr?s les ordres d'Alberte, les vieux arbres de la vallée avaient été respectés ; une seule percée - dans la direction du nord - laissait apercevoir les sables jaunes de la côte lointaine et la Méditerranée, telle une étroite bande plus bleue sur l'azur profond du ciel.
Georges Darvel était demeuré immobile, sous le coup d'une admiration si vive qu'elle confinait a la stupeur.
La villa des Lentisques, dans son idéale perfection, ne lui rappelait rien qu'il e?t vu, ou m?me qu'il e?t lu, a part peut-?tre ce miraculeux domaine d'Arnheim si complaisamment décrit par Edgar Poe.
- Que pensez-vous de notre petite installation ? demanda Ralph Pitcher avec bonhomie.
- Je pense, dit Georges, que le palais d'Aladin ne devait ?tre qu'une ignoble bicoque, une repoussante tani?re aupr?s de cette villa.
- N'exagérons pas, mon jeune ami, répondit Ralph d'un air de vaniteuse modestie ; mais il est de fait que la villa des Lentisques réunit a elle seule les efforts et les trouvailles de trois civilisations.
" L'élégante noblesse de l'Italie s'y combine au luxe paresseux des Arabes, enfin le sens méticuleux du confort britannique est venu compléter tout cela.
- Il me semble qu'une partie de la toiture est en verre ?
- Oui, c'est notre laboratoire aménagé sur la plus vaste des terrasses ; de m?me, nous avons utilisé une des coupoles pour y installer notre télescope, tout cela d'ailleurs sans gâter le profil architectural de magnifique demeure.
" Personne ne soupçonnerait que ce palais des contes de fées est un des arsenaux les plus formidablement outillés de la science moderne.
" D'ailleurs, vous allez pouvoir en juger par vous-m?me...
Pendant cette conversation, l'aveugle Zarouk avait poussé les battants d'une haute porte de c?dre aux ferrures arabesques, un spacieux vestibule apparut, dallé de mosa?que et soutenu par des colonnes de stuc ; de la vo?te pendait une ancienne lanterne turque en cuivre ouvragé, dont le dessin était aussi compliqué que celui de certains ostensoirs gothiques.
Le vestibule, par une triple baie a ogives sarrasines, s'ouvrait sur le patio, vaste cour intérieure plantée d'orangers, de citronniers et de jasmins, rafraîchie par le jet d'eau d'une monumentale fontaine surmontée d'une nymphe de bronze.
Un cloître aux gr?les colonnades faisait tout le tour du patio et offrait, avec ses fauteuils de cuir de Venise et ses profonds divans, un abri commode contre la chaleur ; dans le silence a peine troublé par le murmure de l'eau courante, c'était la un lieu a souhait entre tous pour la méditation et la r?verie.
Une jeune fille parut, v?tue de toile écrue, les oreilles parées de lourds anneaux.
- Chérifa, dit le naturaliste, tu vas montrer a ce gentleman la chambre qui lui est destinée, puis tu le conduiras au laboratoire o? je vais l'attendre. Tu donneras des ordres pour que notre hôte soit pourvu de toutes les choses nécessaires.
Georges regardait la jeune fille. Son teint de bronze clair, ses grands yeux noirs fendus en amande, son nez aquilin, ses l?vres un peu fortes et les tatouages bleuâtres qui la marquaient au front et au bras, disaient clairement son origine.
Elle pouvait avoir quinze ou seize ans ; elle était dans son genre d'une beauté accomplie.
- Chérifa, expliqua Ralph Pitcher a voix basse, est la fille d'un cheik nomade de la Chehahia.
" Miss Alberte l'a soignée et guérie de la variole, une des maladies qui font le plus de ravages parmi les Arabes ; depuis, elle n'a plus quitté sa bienfaitrice a laquelle elle est enti?rement dévouée. C'est une sorte d'esclave volontaire, une humble amie qui a toute la confiance de miss Alberte.
" Chérifa est gaie, douce, charmante, intelligente et nous rend de grands services par son incessante vigilance et son sens pratique déja tr?s développé.
" C'est un exemple de ce que pourraient devenir les Arabes, si on s'adressait a leur raisonnement et a leur c?ur, au lieu de les piller et de les brutaliser, comme cela arrive par malheur encore trop souvent.
Georges suivit sa conductrice jusqu'a une haute et spacieuse chambre du second étage, dont les fen?tres ogivales aux vitraux de couleur donnaient sur un balcon qui dominait la campagne.
Il fut surpris de la science du confort et de la simplicité de cette pi?ce. Les murailles rev?tues de céramique aux arabesques éclatantes, le plafond lég?rement creusé en vo?te offraient des angles arrondis qui ne pouvaient donner asile ni a la poussi?re ni aux microbes. Les rideaux en perles de Murano tamisaient l'éclat de la lumi?re sans l'intercepter, enfin les meubles établis d'apr?s les dessins d'un él?ve de Walter Crane étaient en cuivre forgé ou en porcelaine, suivant une mode qui commence a s'introduire dans les salons de quelques milliardaires.
Des gerbes polychromes de fleurs de verre recelaient les ampoules des lampes électriques et une grande biblioth?que renfermait en des reliures admirables les publications récentes de la science et les chefs-d'?uvre éternels des po?tes.
Un vaste cabinet de toilette attenant a la chambre offrait l'appareil le plus complet de bains chauds et froids, de bains électriques et de bains de lumi?re.
Tout cela était d'un go?t parfait et d'une simplicité royale.
- Tu seras bien la, dit Chérifa avec un rire éclatant qui découvrit ses dents blanches. Voici le téléphone, voici le bouton électrique pour appeler les serviteurs a toute heure du jour ou de la nuit.
" Mais, n'as-tu pas faim ? Ne désires-tu pas quelques rafraîchissements ?
- Je te remercie, j'ai déjeuné tr?s suffisamment a Tabarka.
- C'est bien, je te laisse...
Vive et lég?re comme ces gazelles du désert, dont elle avait les grands yeux tendres et pensifs, Chérifa avait déja disparu.
Demeuré seul, Georges Darvel prit un tub dont la chaleur et la poussi?re de la route lui firent particuli?rement apprécier le bienfait, puis il remplaça son v?tement de voyage par un complet de pyjama et descendit au patio.
La, il retrouva Chérifa, qui lui servit de guide jusqu'au laboratoire qui occupait a lui seul la plus vaste des terrasses de la villa. C'était un immense cube de cristal formé de cinq gigantesques vitres maintenues par quatre colonnes et quatre poutrelles d'acier ; on y accédait par une sorte de trappe intérieure.
D'épais rideaux de feutre permettaient d'y produire a volonté - par la seule pression d'un bouton électrique - le jour ou la nuit, la clarté la plus radieuse ou les tén?bres opaques.
Quoique Georges Darvel conn?t les laboratoires les mieux outillés de Paris et de Londres, il aperçut la une foule d'appareils dont il ignorait l'usage ou du moins qu'il n'avait jamais vus.
Il y avait des plaques photographiques de plusieurs m?tres carrés de surface, des miroirs enduits d'un tain spécial qui gardaient nettement pendant quelques minutes les plus fugitives images de nuages et d'oiseaux.
De gigantesques tubes étaient braqués vers le ciel, de puissants microphones devaient apporter aux oreilles des expérimentateurs les plus imperceptibles bruits du ciel et de la terre.
Le jeune homme vit encore des appareils inconnus, composés de miroirs lenticulaires reliés a de puissantes piles et a des flacons a tubulures remplis de liquides multicolores.
Le laboratoire communiquait par un escalier a vis avec une annexe o? se trouvaient les armoires de produits chimiques, les puissants fours électriques et les frigorifiques, ainsi que la biblioth?que richement garnie des introuvables bouquins des alchimistes et des talmudistes.
L'ensemble constituait une installation unique et merveilleusement compl?te.
En pénétrant dans ce sanctuaire de la science, Georges Darvel était demeuré tout interdit, en proie a une respectueuse émotion.
Ralph Pitcher s'empressa de venir au-devant de lui.
- Mon cher ami, lui dit-il, vous ?tes des nôtres a partir d'aujourd'hui. Je vais vous présenter a nos collaborateurs, aux amis dévoués de votre illustre fr?re, le capitaine Wad et l'ingénieur Bolenski.
A ces mots, deux personnages en longue blouse de laboratoire qui, aidés de Zarouk, étaient occupés a décanter le contenu d'une bonbonne dans une grande cuve de verre, abandonn?rent leur besogne et se hât?rent d'accourir.
Il y avait, entre l'Anglais et le Polonais, un contraste frappant. L'ingénieur Bolenski, de haute stature, avec des yeux d'un bleu tr?s clair et une longue barbe d'un blond pâle, était expansif et bruyant ; tous les côtés impulsifs du caract?re slave, - franchise, loquacité, imagination prompte et hardie jusqu'a la témérité, - apparaissaient pour ainsi dire a chacune de ses paroles, a chacun de ses gestes.
Le capitaine Wad, de taille moyenne avec de longues moustaches déja grisonnantes et des yeux noirs presque durs, était raide, glacial, gourmé ; ses gestes, rares, avaient une précision d'automate.
On devinait qu'il devait ?tre plus sérieux, logique avec lui-m?me jusque dans ses paroles les plus insignifiantes ; mais, sous ces dehors un peu secs, le capitaine était l'homme le plus loyal et le plus généreux.
Ce fut avec une cordialité réelle qu'il serra la main de Georges, dans un shake hand d'une énergie toute britannique, en l'assurant de toute sa sympathie, et de tout son dévouement.
- Vous savez, monsieur Darvel, fit Ralph Pitcher, que ce n'est pas la une simple formule de politesse, le capitaine ne dit rien a la lég?re, il p?se le sens de ses mots et il n'est gu?re prodigue de semblables protestations.
Quant a l'ingénieur, il semblait fou de joie et ne se lassait pas de contempler le jeune homme qui, tr?s intimidé, se confondait en remerciements.
- C'est étonnant, s'écria le Polonais avec émotion, comme monsieur Darvel ressemble a son fr?re ! Il me semble le voir tel qu'il était quand nous habitions ensemble le désert sibérien.
" Tout a l'heure, en l'apercevant, j'ai ressenti comme un choc en plein c?ur ; quoique je fusse prévenu de son arrivée, je n'ai pu m'emp?cher, une seconde, de penser que notre cher grand homme était de retour, j'ai cru voir surgir, triomphant, l'explorateur du ciel, le conquérant des astres !
Il y eut un moment de silence, les quatre savants se regard?rent ; ils venaient d'avoir la m?me pensée.
- Croyez-vous sinc?rement, messieurs, dit enfin Georges avec hésitation, que mon fr?re soit encore vivant ? Qu'il puisse réussir a rejoindre la terre ?
- Je crois fermement, répondit le capitaine Wad d'un ton grave, que votre fr?re est encore vivant.
- Cependant, ces signaux brusquement interrompus ? objecta le jeune homme avec tristesse. Je vous l'avoue, je n'ose montrer autant d'espoir, autant de confiance que vous-m?mes... Je voudrais bien ?tre dans l'erreur, je vous le jure, et pourtant...
- Mais cela ne prouve rien, jeune homme, que les signaux aient cessé ! interrompit le Polonais d'une voix tonnante.
" Notre ami peut ?tre parfaitement vivant, sans pour cela posséder le moyen de continuer a correspondre avec la Terre, moyen tr?s difficile m?me pour nous !
" Raisonnons un peu : Robert Darvel a atteint la plan?te Mars sain et sauf, et il y a acquis assez de pouvoir sur les habitants pour faire établir ces lignes lumineuses que nous avons pu photographier. Pourquoi aurait-il péri ?
" Nous n'avons aucune raison de le supposer.
- Cependant, objecta encore le jeune homme, cette étrange histoire de captivité chez les Erloors a partir de laquelle les signaux n'ont plus paru ?
- Le fait n'est nullement probant. Réfléchissez que Robert a certainement échappé au péril, puisqu'il était en mesure de nous le raconter.
" Il parlait la d'un événement bien antérieur.
- Je vous dirai encore autre chose, fit a son tour le capitaine Wad. Robert Darvel ne peut pas ?tre mort ; il y a des causes mystérieuses et profondes au succ?s d'une tentative aussi inou?e elle ne peut pas avoir été vaine. La force consciente qui gouverne les mondes et qui régit les phénom?nes avec la plus rigoureuse logique ne peut avoir permis un tel voyage inutilement.
" Qu'on m'accuse si l'on veut d'?tre un mystique ; mais je crois qu'il fallait de toute nécessité - j'allais dire de toute éternité - que Mars et la Terre, les deux plan?tes s?urs, entrassent en communication ! Il fallait que Robert Darvel réussît comme il faut qu'il revienne sur la Terre, l'enrichir de toute la pensée, de toute la science d'un univers nouveau !
" C'est une vérité pour moi aussi limpide et aussi claire qu'un théor?me d'Euclide...
Le capitaine Wad, si froid l'instant d'auparavant, avait prononcé cette phrase avec un enthousiasme et une chaleur si communicatifs que Georges se sentit a demi persuadé du rôle providentiel attribué a son fr?re sur la destinée des deux plan?tes.
- D'ailleurs, ajouta Pitcher, avec son flegme habituel, nous n'attendrons pas que Robert Darvel revienne, nous irons le rejoindre et tr?s prochainement.
- En auriez-vous déja trouvé le moyen ? balbutia Georges qui, peu a peu, se sentait gagné par la foi ardente des deux savants.
- Nous en sommes bien pr?s, répondit le capitaine, devenu pensif ; nous ne sommes plus arr?tés que par des détails pratiques de construction de notre appareil, des difficultés techniques tout a fait secondaires et que nous résoudrons s?rement.
" C'est l'affaire de quelques semaines.
" Je reconnais d'ailleurs que ce que j'ai pu sauver des notes de votre fr?re a Chelambrun nous a puissamment servi.
- Je vous aiderai ! s'écria Georges, les yeux étincelants de joie.
- Vous savez, reprit le capitaine qui, absorbé par ses pensées, ne l'avait pas entendu, que tous les phénom?nes physiques, mécaniques ou chimiques se réduisent a un seul : le mouvement.
" C'est maintenant une vérité banale.
" La chaleur est un certain mode de mouvement, comme la lumi?re en est un autre.
" Nous pouvons vérifier tous les jours que le mouvement se transforme en chaleur, la chaleur en électricité, l'électricité en lumi?re.
" Il était logique de présumer que l'électricité dans certaines conditions peut se transformer en fluide volitif, en volonté.
" L'homme réalisera tout ce qu'il voudra, le jour o? il pourra ajouter a son cerveau débile la puissance presque infinie des courants électriques, o? il pourra charger son syst?me nerveux de fluide volitif comme on charge d'électricité un accumulateur.
" Alors, il ne connaîtra plus ni la fatigue, ni la maladie, ni peut-?tre - qui sait ? - la mort.
" Il n'y aura plus d'obstacle pour lui ; il pourra tout ce qu'il voudra !
" Votre fr?re, lui, avait trouvé le moyen d'emmagasiner le fluide volitif ; nous avons cherché, nous, le moyen de transformer l'électricité en énergie volitive.
- Et vous avez trouvé ? demanda Georges, haletant, émerveillé, presque effrayé des horizons grandioses qui s'offraient a son imagination.
- Je vous l'ai dit, a l'instant, nous ne sommes plus arr?tés que par des détails techniques.
- D'ailleurs, interrompit l'impétueux Bolenski, nous sommes en mesure de vous faire constater d?s maintenant des résultats pratiques, nos découvertes ne sont pas de pures théories !
" Vous allez en juger.
Le Polonais alla prendre, sous une cloche, un bizarre casque de verre et de cuivre terminé par un faisceau de fils de platine reliés a un accumulateur.
Il en coiffa le capitaine Wad, qui l'avait laissé faire avec un silencieux sourire et qui ainsi casqué ressemblait assez a un scaphandrier en costume de travail.
- Vous voyez, reprit l'ingénieur, continuant sa démonstration ; en ce moment, le courant fourni par l'accumulateur est en train de se transformer en fluide volitif et de s'emmagasiner dans le cerveau de notre ami.
" Regardez comme ses yeux fulgurent, quelle étrange expression de calme et de puissance a rev?tu sa physionomie ; elle semble maintenant entourée d'une sorte d'irréelle clarté !
" Sa volonté est maintenant doublée, triplée, décuplée...
" Il pourrait nous ordonner ce qu'il voudrait ; en dépit de nous, nous serions forcés de lui obéir.
Georges Darvel se taisait ; l'ingénieur Bolenski prit ce silence pour de l'incrédulité.
- Vous en voulez une preuve, dit-il, le capitaine va vous ordonner mentalement de vous agenouiller ; essayez de lui résister !
- Je serais curieux, en effet... murmura le jeune homme en se raidissant de toutes ses forces.
" Si vous réussissez a me faire faire cela malgré moi, je n'aurai plus rien a dire.
Le capitaine lui lança, a travers son masque, un regard fulgurant.
Georges Darvel eut au creux de l'estomac la sensation cuisante d'une br?lure.
Il eut beau s'arc-bouter, la face congestionnée, le front emperlé de sueur, malgré lui, ses muscles se détendirent, il s'agenouilla.
- C'est effrayant, balbutia-t-il. Qui pourrait résister a une semblable puissance ?
- La science est souveraine, dit orgueilleusement le bon Ralph Pitcher.
- Vous comprenez parfaitement, ajouta le Polonais, que si notre ami vous ordonnait par exemple d'aller prendre ce couteau de dissection la-bas sur la planche, et de couper la t?te a l'honn?te Zarouk qui nous écoute de son coin avec ébahissement, vous ne pourriez pas vous dispenser de le faire.
" D'ailleurs, tenez, vous ?tes déja en train d'obéir a la silencieuse injonction du capitaine.
Pâle comme un mort, les dents serrées, le visage crispé, Georges Darvel se dirigeait en effet vers l'endroit o? se trouvait le couteau, avec les gestes anguleux et raides, les gestes contraints d'une marionnette humaine.
En poussant un profond soupir, il prit l'arme, la serra convulsivement et marcha droit au N?gre qui se reculait, vaguement effrayé.
La lame était déja brandie, lorsqu'un regard du capitaine arr?ta net le meurtrier malgré lui, l'immobilisa dans la pose du sacrificateur antique.
Le visage de Georges exprimait une souffrance et une fatigue indicibles.
- Je vous en prie, murmura-t-il, arr?tez pour un instant ces terribles expériences... Ce que j'éprouve est atroce... Il me semble qu'un autre ?tre s'est installé en moi et qu'on m'a volé ma personnalité.
" Je crois maintenant a tout ce que j'ai lu sur la possession et l'envo?tement...
- Avec cette différence, expliqua Bolenski, que ces phénom?nes de domination d'un ?tre par un autre qui ne se produisaient que rarement, dans des circonstances et avec des tempéraments d'une nervosité exceptionnelle, sont maintenant obtenus par nous en toute occasion, avec la plus grande facilité.
- Cependant, dit vivement Ralph Pitcher, il ne faut pas que ces expériences, assurément prodigieuses, vous soient aussi pénibles.
" Nous avons voulu seulement vous prouver que la possibilité d'atteindre la plan?te Mars n'est point une chim?re.
- J'en suis maintenant absolument persuadé, répondit Georges, qui se remettait peu a peu de l'effort qu'il avait fait pour résister au vouloir tout-puissant du capitaine Wad, rien ne doit vous ?tre impossible.
- Maintenant, dit l'ingénieur Bolenski, voici autre chose. Regardez bien.
Il avait dit quelques mots a l'oreille de Zarouk ; celui-ci appuya sur un contact électrique ; une trappe ménagée dans l'épaisseur du toit de verre se rabattit sur elle-m?me ; alors le Polonais prit avec précaution dans une caisse un fuseau de verre tourné en spirale et effilé aux deux extrémités.
Il le saisit entre le pouce et l'index et le tint sous les regards du capitaine.
Quelques minutes s'écoul?rent dans le plus profond silence ; tout a coup Bolenski ouvrit les doigts. Rapide comme une fl?che, le fuseau de verre s'éleva et disparut en sifflant par la trappe entrouverte.
Georges Darvel demeurait muet de surprise, perdu dans un monde de pensées.
Le capitaine Wad qui venait de se débarrasser du casque de verre s'approcha de lui en souriant.
- Je vois, dit-il amicalement, que ces petites expériences - de simples expériences de laboratoire - ont produit sur vous une certaine impression ; mais ce n'est rien, absolument rien, aupr?s de ce que nous pouvons réaliser avec les m?mes moyens.
Georges Darvel s'inclina respectueusement.
- Permettez-moi, murmura-t-il, tout ému, de vous remercier encore une fois du grand honneur que vous me faites en m'associant a vos merveilleux travaux.
- Je suis persuadé que vous deviendrez bientôt pour nous un collaborateur précieux.
- J'y tâcherai, dit modestement le jeune homme, quoique je ne soupçonne gu?re, vraiment, en quoi un ignorant de ma sorte peut ?tre utile a des savants tels que vous.
Le capitaine ne répondit rien a ce compliment obligé, du premier coup Georges Darvel lui avait été sympathique. Il était secr?tement persuadé que le jeune ingénieur se montrerait digne de sa parenté avec l'explorateur du ciel, qu'il était de cette race des vrais chercheurs qui forme comme un peuple a part, dont les élus se reconnaissent a des signes mystérieux, parmi l'humaine cohue inconsciente et ab?tie.
Georges examinait maintenant avec attention une statue de bronze noir dressée sur un socle d'onyx, au centre du laboratoire.
Elle représentait un adolescent tenant d'une main une cloche, présentant de l'autre des tablettes. Le torse a la fois délicat et puissant était traité dans le style de la Renaissance italienne. Les prunelles, suivant la mode des anciens, étaient figurées par des saphirs et des l?vres d'un arc fier et gracieux étaient lég?rement entrouvertes comme si la statue allait parler.
- Vous admirez notre messager ordinaire, expliqua Ralph Pitcher.
" Ce chef d'?uvre de la sculpture française sert tout simplement a dissimuler les appareils d'un puissant téléphone haut-parleur.
" Ce bronze est une merveille, une fantaisie princi?re de miss Alberte, qui l'a payée quatre mille livres.
- J'ai rarement vu quelque chose de plus beau !
- Cela n'a rien d'étonnant, cette statue est une des derni?res ?uvres de Falgui?re, le maître de la grâce. Voyez comme la physionomie exprime bien l'anxiété d'un messager porteur d'une nouvelle dont il ignore lui-m?me encore la gravité...
A ce moment, la cloche tinta.
Une voix claire sortit de la bouche de bronze.
- C'est moi, miss Alberte...
" J'esp?re au moins que je ne vous dérange pas, au milieu de quelque expérience délicate ?
- Nullement, miss, répondit Pitcher, en parlant a proximité de la tablette qu'offrait la statue, je pense que vous vous portez bien et qu'il ne vous est rien arrivé de fâcheux ?...
- Tout est au mieux.
" J'ai terminé les affaires qui, en dernier lieu, me retenaient a Malte beaucoup plus promptement que je ne le pensais.
" Le Conqueror pourra donc reprendre la mer d?s demain.
" J'esp?re par conséquent ?tre de retour a la villa dans la soirée.
- Faut-il prévenir Chérifa ? Je crois qu'elle ne comptait pas sur un retour si prompt.
- Je vous remercie, elle est déja prévenue. Il est convenu qu'elle viendra m'attendre a Tabarka avec l'auto...
" Mais j'allais oublier, M. Georges Darvel est-il arrivé ?
- Oui, miss, il y a deux heures a peine.
- Dites-lui combien je serai heureuse de le voir, quel plaisir me cause sa présence dans notre Théba?de.
" Mais, adieu, ou plutôt a demain, je suis obligée de tenir t?te a une foule d'importuns et j'ai rendez-vous avec mon sollicitor dans un quart d'heure pour ce proc?s que l'État du Transvaal s'est avisé de m'intenter.
La statue était redevenue muette. Georges était encore sous le charme de cette voix musicale et fraîche qui, bien des minutes apr?s, semblait encore retentir a ses oreilles.
- Je vous aurais bien mis en communication, dit le naturaliste, vous auriez pu vous-m?me lui présenter vos compliments ; mais elle était trop pressée, vous avez d? vous en rendre compte.
" Dans ses business's travels (voyages d'affaires), elle n'a pas un instant de répit.
" Il lui faut un cerveau exceptionnel pour tenir t?te victorieusement, comme elle le fait, a tous les bandits de la finance internationale liguée contre ses milliards.
- Vous apprécierez, ajouta le capitaine Wad, quelle intelligence intuitive et pénétrante.
- M?me en science ? demanda Georges.
- M?me en science. Il y a des jours o? elle nous stupéfie par la justesse et par l'audace de ses aperçus.
" Certes, miss Alberte sera l'épouse idéale, la compagne élue entre toutes de votre illustre fr?re.
Georges Darvel demeura silencieux. Maintenant que l'enthousiasme excité en lui par les stupéfiantes expériences des trois amis était un peu tombé, il ne pouvait s'emp?cher de réfléchir a l'effroyable distance qui séparait Robert de la vieille plan?te natale et le doute envahissait de nouveau son esprit.
III. Uczta Lukullusa.
W willi obiadowano o szóstej wieczorem. Dokładny podział czasu, ściśle przestrzegany, sprzyjał pracowitemu życiu naszych przyjaciół. Na dźwięk gongu indyjskiego, czterej mężczyźni udali się do jadalni o kolumnach cedrowych, zdobnych rzeźbami, wybitej skórą korduańską, wytłaczaną w złociste desenie. Bogate kredensy mieściły arcydzieła sztuki złotniczej, cenne porcelany i kryształy z dawnych i teraźniejszych czasów.
Ten przepych, połączony ze smakiem artystycznym, zrobił wielkie wrażenie na Jerzym; onieśmielony nieco usiadł na jednem z pysznych hebanowych krzeseł, zdobnych w inkrustacje z konchy perłowej i koralu. Były one ocalone przed rabunkiem, jakiemu uległ pałac brazylijskiego cesarza, Don Pedra i znalazły tu bezpieczne schronienie.
Uwagę Jerzego zwróciło złociste koło, obracające się pod sufitem.
- Jest to wentylator, będący ostatniem słowem wykwintu i nowoczesnej techniki - rzekł Boleński - w obwodzie tego koła są otwory, przez które wydziela się lodowaty powiew, wychodzący z rezerwoaru z powietrzem płynnem, umieszczonego w środku koła. Tym sposobem podczas największych upałów mamy tu czyste i chłodne powietrze.
- Widzę, iż i elektryczność ma tu różnorodne zastosowanie.
- Tak, i oszczędza w znacznym stopniu pracę służby, np. jedna mała winda dostarcza wprost z kuch- ni gorące potrawy, druga, z piwnicy, mrożone wina i inne napoje.
Jerzy czytał z roztargnieniem spis potraw, zawierający oprócz wykwintnych dań europejskich, specjały kuchni miejscowej, jak pasztet z mureny z białemi truflami tunetańskiemi, wątróbki bażancie, czyżyki pieczone w liściach mirtu i inne osobliwości gastronomiczne.
- Ależ to, doprawdy, prawdziwa uczta Lukullusa! - zawołał z komiczną rozpaczą młody człowiek, któremu Ralf przysuwał półmisek z delikatnem, parującem pieczystem.
- Nie mówiłbyś pan tego - zgromił go naturalista - gdybyś wiedział, co będziemy spożywać za chwilę! Będzie to ulubiona potrawa tego smakosza: potrawka z języków flamingów - rzecz przepłacana przez starożytnych rzymian na wagę złota!
- Rzeczywiście, ten przysmaczek musi kosztować sumy szalone, gdyż te ptaki z trudnością dają się podejść. Arabowie, uchodzący za najlepszych strzelców, rzadko kiedy zabić je mogą.
- To prawda, ale w tych dniach cała gromada tych ptaków, zagnana burzą, spadła na jeden z poblizkich stawów: krajowcy zabili ich kilkadziesiąt, które zakupił natychmiast mister Frymcock, nasz kucharz. Jest to znakomitość w swoim rodzaju... Przestudjował wszystko z literatury starożytnej, co ma związek z kuchnią i nie dziwiłbym się, gdyby zaczął to tłomaczyć!
Pitcher wymówił te słowa z zachwytem, nasuwającym myśl, iż nie był obojętnym dla zalet dobrej kuchni.
- Oby tylko nam nie podał słowiczych języczków, posypanych proszkiem z pereł i brylantów, jak to u Lukullusa bywało! - rzekł, śmiejąc się, Jerzy,
- On i do tego byłby zdolnym! Czy pan uwierzysz, że urządził kiedyś polowanie na rekina dlatego tylko, że potrzebował jego płetw, które są jedną z koniecznych przypraw do zupy z gniazd jaskółczych...
- Ależ to niepośledni oryginał! Po tem, co słyszę o nim od pana, chciałbym go poznać.
- To będzie łatwo; tylko muszę pana uprzedzić, iż jest on, jak większość artystów, nader próżnym i zręczną pochwałą można go sobie zjednać odrazu.
Historja jego jest dość niezwykłą i sądzę, iż mogę ją opowiedzieć bez niedyskrecji.
Pochodzi on z hrabstwa Sussex i jest jedynym synem lorda angielskiego. Studjował chemję w uniwersytecie oksfordzkim, a mając lat dwadzieścia, pisywał do pism specjalne artykuły z tego zakresu. Upatrywano w nim przyszłą znakomitość - gdy rzeczy wzięły nieprzewidziany obrót.
Stary lord umarł nagle, a syn ujrzał się posiadaczem olbrzymiego majątku. Pierwszym użytkiem z tego bogactwa było wydanie dla trzydziestu swoich przyjaciół kolosalnego bankietu, o którym dzienniki angielskie rozpisywały się, jako o bezprzykładnem szaleństwie w dziejach gastronomji.
- Gdzież się to odbywało, na lądzie czy na morzu?
- W olbrzymiej halli, zamienionej na ogród, pełen najrzadszych kwiatów i roślin. Stoły były zastawione między krzakami róż, magnolji, mirtów i jaśminów, a setki podzwotnikowych ptaków i motyli ożywiały te zaczarowane gaje. Młody lord pragnął, aby ta sardanapalowa uczta zadowoliła wszystkie zmysły biesiadujących i nie zaniedbał niczego w tym kierunku.
- Cóż było dla słuchu?
- Orkiestra, ukryta w krzewach, towarzyszyła każdemu daniu odpowiednią muzyką, pisaną specjalnie przez najsławniejszych artystów.
- Nie rozumiem tego dokładnie... - rzekł Jerzy.
- Zaraz to panu wytłomaczę: np. przy zupie z zielonego żyta grano śliczną pasterską melodję, na fletach, gitarach i obojach. Kompozytor uwydatnił w tym utworze budzenie się wiosny na stepie rosyjskim, falowanie traw za podmuchem wiatru i tęskne choć nieco monotonne pieśni ludowe, wykonywane na bałałajkach. Homarom, podanym na sposób amerykański, towarzyszyła melodja "Yankee doodle" przy towarzyszeniu trąb, podtrzymywanych i prowadzonych potężnym głosem organów, naśladującym świst wiatru i ryk burzy.
- Jakąż muzykę miał plum - pudding? - spytał, śmiejąc się Jerzy.
- O, nie śmiej się pan, proszę! Byłem jednym ze szczęśliwych biesiadników i mogę pana zapewnić, iż wrażenie tej muzyki było najwspanialsze, jakie sobie można wyobrazić. Plum-puddingowi towarzyszyła kolęda staroświecka, którą się śpiewa na Boże Narodzenie, połączona z narodowym hymnem angielskim i ulubioną przez anglików rzewną pieśnią: "Home, sweet home"... Każde danie było uroczyście wnoszone przez służbę odpowiednio przybraną - i tak: ryby morskie z rodzaju płaszczy (turbot) ulubione niegdyś przez Domicjana, podane były przez rzymian, poprzedzonych przez liktorów i złote orły; comber sarni podawali paziowie w strojach średniowiecznych, przy odgłosie rogów myśliwskich. Trąbę słoniową, gotowaną w sosie ostrym i korzennym podawał książę murzyński, otoczony bogatym orszakiem, a słodycze i ciasta przynosiły malutkie paryżanki, ucharakteryzowane za margrabiny, w białych peruczkach.
- Cóż za pomysły! - śmiał się Jerzy.
- Tak, to było ciekawe widowisko! Kawa i likiery podane z bajecznym, iście wschodnim przepychem, zakończyły ucztę, podczas której na urządzonej w głębi scenie, grano i wykonywano tańce różnych narodów. Ta nieporównana uczta trwała cały dzień i połowę nocy, lecz nikt z biesiadnikowi nie uwierzyłby temu: czas ten przeszedł jak jedna chwila.
- Jedno mię zadziwia - zauważył Jerzy - jak mogli biesiadnicy jeść i pić tak długo, nie odczuwając skutków swego nieumiarkowania.
- Wszystko to było przewidziane. Przy każdem nakryciu stał mały flakonik z ekstraktem wynalazku naszego amfitrjona. Kilka kropli tego płynu, którego główną częścią składową musiały być pepsyny, przyśpieszało nadzwyczajnie trawienie i przywracało biesiadnikom pierwotny apetyt.
- Lecz czyż ten eliksir niszczył równie skutki mocnego wina?
- Najzupełniej; przez cały czas uczty obecni zachowali wesołe usposobienie i najzupełniejszą przytomność: żadna nieprzewidziana przygoda nie zepsuła nam tej pięknej uroczystości gastronomicznej.
- Jakież były dalsze losy szanownego gospodarza?
- Przez jakiś czas potem podróżowałem po Indjach; gdy wróciłem, lord Frymcock był już zupełnie zrujnowanym.
Po opisanym; przezemnie festynie, nastąpiły inne i cała jego ojcowizna ulotniła się z dymem kuchennym
Nie dosyć na tem: ktoś rzucik na niego oszczerstwo, iż na owej uczcie podanem było mięso ludzkie. Nie było w tem ani cienia prawdy, w co wierzę najmocniej; jednak biedny lord przebył czas jakiś w zamknięciu, pod zarzutem ludożerstwa i utracił dobrą opinję.
- Cóż było dalej?
- Po wyjściu z więzienia, przyjaciele; podejmowani niegdyś z takim przepychem, odwrócili się od niego a i pospólstwo było przeciw niemu, nazywając go Kannibalem. Gdy go spotkałem, myślał poważnie o samobójstwie. Starałem się go odwieść od tego zamiaru i pocieszyć, a ponieważ byłem pewnym, że taki człowiek musi zainteresować miss Albertę, opowiedziałem jej jego historję.
Uśmiała się do łez, a w parę dni lord został zaangażowanym jako kuchmistrz, na królewskich warunkach. Teraz robi, co mu się podoba, w wydatkach nie jest zupełnie krępowanym i żywi nas przepysznie!
- Właśnie przechodzi, widzisz go pan? - dodał Boleński, pochylając się w stronę okna.
Jerzy zbliżył się szybko, spodziewając się zobaczyć figurę okrągłą, jowialną, nieco apoplektyczną, gdy tymczasem spostrzegł człowieka wysokiego a chudego o twarzy żałosnej, wargach cienkich, idącego powoli, jakby pochłoniętego jedną wyłączną; myślą;.
- Powierzchowność jego nie odpowiada wyobrażeniu, jakie pan sobie o nim utworzyłeś, nieprawdaż? Ma on wygląd arcysmutny, lecz pomimo tego jest dobrym kolegą i wesołymi towarzyszem.
Jerzy, usiadł na dawnem miejscu, obiecując sobie w duchu, że postara się jaknajprędzej poznać z lordem-kuchmistrzem.
Teraz dopiero spostrzegł, iż kapitan nie dotknął żadnej z potraw, któremi się oni obaj raczyli, lecz odżywiał się w najdziwaczniejszy sposób.
Miał przed sobą rodzaj apteczki, zawierającej mnóstwo małych flakoników, oraz talerz różowej galarety i karafkę, napełnioną fjoletowym płynem.
Kapitan brał na łyżkę nieco galarety, dodawał kroplę płynu z flakonika i zajadał to z apetytem. Od czasu do czasu nalewał do szklanki płyn fjoletowy i po dodaniu doń również kilku kropli z tajemniczych flaszeczek, wychylał z przyjemnością ten napój.
Darvel przyglądał się temu w milczeniu, wreszcie kapitan, widząc jego zdumienie, rzekł:
- Widzę, że mój sposób obiadowania zadziwia pana; niema w tem jednak nic nadzwyczajnego. Postępuję tylko logiczniej niż inni, jedząc tak, jak za lat sto lub dwieście, jeść będą wszyscy. Ta różowa galareta, przygotowana chemicznie, zawiera w sobie wszystkie pierwiastki, potrzebne do należytego odżywiania organizmu, bez żadnej domieszki innych, bezpożytecznych lub nawet szkodliwych, znajdujących się w pokarmach zwierzęcych i roślinnych.
- Skromna uczta! - zauważył żartobliwie Jerzy. - Wyznaję, że co do mnie, to wolę arcydzieła lorda Frymcock.
- Zdaje mi się, że jesteś pan w błędzie: dzięki tym ekstraktom, zawartym we flakonikach, moja vitalosa (tak się nazywa pokarm przezemnie używany) przybiera smak, jaki chcę jej nadać:
Jerzy ze zdumieniem wyczytał na flaszeczkach napisy: "ekstrakt rybny", "ekstrakt z wędliny", "ekstrakt z kuropatw", dalej szły ekstrakty z homara, ze zwierzyny, migdałowe, mleczne i t. d. Wszelkie możliwe potrawy znajdowały się tam, zamienione w mocne, skoncentrowane wyciągi.
- Może pan chcesz spróbować skrzydełka z bażanta? - spytał kapitan ze spokojnym uśmiechem.
I podał młodemu człowiekowi łyżeczkę galarety z kroplą ekstraktu. Jerzy z niejakiem wahaniem wziął do ust ów podejrzany pokarm, lecz po chwili przyznał, że złudzenie było zupełnem - czuł smak bażanta!
- W ten sam sposób - rzekł kapitan - nadaję temu płynowi w karafce smak napoju, jakiego zażądam.
- Musisz pan być dumnym z tej wyższości nad resztą śmiertelników?
- O, nie zależy mi wcale na tem! Jest to pewnego rodzaju doświadczenie naukowe, które wykonywam na sobie samym i jestem pewnym, że takie odżywianie przyniosłoby świetne korzyści pod względem ekonomicznym. Mała zaś objętość pokarmów wymaga bardzo małego żołądka; a ponieważ liczne operacje sławnych chirurgów, dowiodły, że można się obywać bez niego...
- Więc co? - spytał Jerzy z uśmiechem.
- Więc żołądek stanie się stopniowo organem zbytecznym i zacznie zanikać. Jestem pewnym, że człowiek, po miljonach lat, zostanie oswobodzonym od kłopotliwych narządów trawienia, udoskonalone zaś maszyny zastąpią mu ręce i nogi....
- A zatem, podług pana, człowiek przyszłości będzie tylko duchem?
- Nie, lecz mózg jego dojdzie do znacznej objętości kosztem innych organów, które przestaną istnieć...
Tu rozmowa przybrała kierunek naukowy, a Jerzy dał w niej poznać swe rozległe wiadomości we wszelkich gałęziach wiedzy.
Zaczęto później mówić o Robercie; Jerzy, ze wzruszeniem, którego nie usiłował nawet ukrywać, opowiadał, jak brat starszy był dobrym i troskliwym dla niego. Gdy tylko zarobił jaką kwotę, odkładał z niej zawsze część dla Jerzego, aby mógł skończyć nauki, a i potem czuwał nad nim z najżywszem zajęciem.
- Brat mój - rzekł w końcu - uskutecznił nadludzkie przedsięwzięcie, które nazwisko nasze okryje chwałą. Oddałbym ją jednak wzamian za jego powrót!
- Człowieku małej wiary! - zawołał Boleński - przecież powtarzam, że go odnajdziemy! Widziałeś już pan, co potrafimy: czy powątpiewasz o naszych zdolnościach?
- O nie! Jeśli ten niesłychany zamiar może być spełnionym, to jedynie tylko przez panów; jest to mojem głębokiem przekonaniem i proszę mi wybaczyć tę chwilę zwątpienia!
- Nie myśl o tem! Znamy dobrze wszyscy te chwile nadziei i niepewności, a pan przecież znasz dotąd zaledwie małą cząstkę naszych odkryć...
- Chodźmy popatrzeć na Marsa! - rzekł Pitcher.
- Zgoda! - odparł kapitan.
Po chwili wszyscy czterej zasiedli na wyższym tarasie willi; nad ich głowami rozpościerało się szafirowe sklepienie nieba utkane błyszczącemi gwiazdami. Ciemny las, otaczający willę, zdawał się wdychać z rozkoszą, po dniu upalnym, chłód nocny. Ciszę przerywało tylko niekiedy wycie hjeny lub szczekanie psa z odległych wiosek arabskich.
Na niebie czystem i pogodnem, bez żadnej chmurki, czerwony blask Marsa zdawał się żywszym i wyróżniał go z pomiędzy innych planet. Podziwiano go, długo w milczeniu. Bezwiednie, każdy z mężczyzn myślał, że Robert w tej samej chwili patrzył na Ziemię, która również dla niego była tylko drobnem światełkiem, migocącem w niezmierzonej przestrzeni..
Wtem Jerzy wyciągnął rękę ku niebu.
- Gwiazda spadająca! - zawołał. - A oto druga, trzecia... Jest to prawdziwy fajerwerk niebieski!
W istocie, teraz przelatywały całemi dziesiątkami, zostawiając ślad jasny, lecz gasnący natychmiast.
- W moim kraju - rzekł Boleński - lud wierzy, iż to są dusze zmarłych, lecące do nieba po odcierpieniu kary czyśćca.
- Prawda jest niemniej poetyczną - rzekł Jerzy. - Te gwiazdy, spadające w pewnym, stałym czasie, są odłamkami dawnych planet, zniszczonych po długich wiekach krążenia. Rzucone potężną siłą w ciemne, międzyplanetarne przestrzenie, wpadają w końcu w sferę przyciągania Ziemi. Tarcie o warstwy powietrza rozgrzewa je tak, że świecą jak gwiazdy, choć w rzeczywistości są tylko zwykłemi bolidami.
- Kto wie, czy niektórych z nich nie wyrzuciły wulkany Marsa? - rzekł Ralf zamyślony.
I rozmowa weszła znów na tor ściśle naukowy. Czemużby ludzie nie mieli się dostawać z jednej planety na drugą, jak te bezwładne odłamy? Niektóre z nich ważyły przecież do czterechset kilogramów, a jednak powierzchnia ich została nienaruszoną, nie były ani spękane, ani stopione wskutek rozpalenia. Nie jest-że to dowodem możliwości komunikacji międzyplanetarnej? Wówczas, gdy będzie zbudowanym pocisk, posiadający odpowiednią siłę rzutu, zagadnienie to rozwiązanem zostanie.
Niezbita logika tego rozumowania dodawała otuchy Jerzemu.
Późno już było, gdy się rozeszli na spoczynek; Jerzy, wyczerpany tylu nowemi wrażeniami, usnął natychmiast, a we śnie widział Roberta, wracającego na Ziemię wozem fantastycznego kształtu, ciągnionym przez gwiazdy spadające i wypełnionym różnemi osobliwościami marsyjskiemi. W końcu usnął mocniej i marzenia pierzchły.
II. Willa Palmowa.
Zbudowana w głębi wielkiej doliny, willa miss Alberty wynurzała się, jak biała marmurowa wyspa, z otaczającego ją oceanu zieloności. Umiejętne i harmonijne połączenie cudów arabskiej architektury z wykwintem pałaców weneckich, czyniły ją wprost czarowną; był to cudny sen, urzeczywistniony przy pomocy miljonów bankiera Téramond'a. Od żywych kolorów przepysznych mozaik, pokrywających ściany i podłogi, odcinała się białość kolumn marmurowych, podtrzymujących galerje, rzeźbione delikatnie, jak koronka, przez artystów opłacanych na wagę złota. Lazurowe kopuły i złocone dachy, błyszczące w słońcu, nadawały pozór czarodziejski całej tej budowli.
Jerzy stał w nieruchomym podziwie przed tym cudem budownictwa.
- Jakże się panu podoba nasze mieszkanko? - spytał Ralf dobrodusznie.
- Myślę, że pałac Aladyna jest wobec tego, co tu widzę, wstrętną i nędzną lepianką.
- No, nie przesadzajmy, mój młody przyjacielu! Przyznać jednak trzeba, że łączy on w sobie szlachetną piękność włoskiej architektury i niedbały wdzięk arabskiej z drobiazgową wygodą i komfortem angielskim.
- Zdawało mi się, iż dach jest w części szklanym?
- Tak, nad tarasem, mieszczącym nasze laboratorjum; zaś w jednej z kopuł mamy obserwatorjum z teleskopem, niewidocznym z zewnątrz. Ten czarowny pałac niczem nie zdradza tego, iż jest prawdziwym arsenałem, bogato zaopatrzonym w potężne narzędzia wiedzy i nauki... Zresztą, o tem sam się pan wkrótce przekonasz.
Podczas tej rozmowy, Zaruk otworzył na rozcież wysokie drzwi z cedrowego drzewa z artystycznem okuciem. Ukazał się przedsionek wysoki, wyłożony mozajką; ze sklepienia, wspartego na stiukowych kolumnach, zwieszała się turecka latarnia z misternie rzeźbionej miedzi.
Z przedsionka wychodziło się przez kolumnadę na wewnętrzny dziedziniec, zwany w Hiszpanji patijo.
Pośrodku szemrał orzeźwiająco wodotrysk.
Ustawione między kolumnami głębokie fotele i sofy; kryte wytłaczaną skórą, zapraszały do wygodnego spoczynku. Gdy weszli, ukazało, się młoda dziewczyna w białej sukni; w uszach miała delikatne złota kółka.
- Kerifo - rzekł naturalista - wskaż temu panu jego pokój, a potem zaprowadź go do laboratorjum, gdzie będę na niego czekać. Dopilnuj, aby mu niczego nie brakło!
Jerzy spojrzał na dziewczynę. Jej bronzowa cera, wielkie podłużne oczy, nos orli, usta nieco wydatne i niebieskawe tatuowania na czole i rękach, wskazywały jej pochodzenie. Mogła mieć około 15 lub 16 lat i była skończenie piękną.
- Jest to córka szeika (wodza) koczowniczego plemienia arabskiego; miss Alberta wyleczyła ją z ospy, za co dziewczyna odpłaca jej bezgraniczną miłością, przywiązaniem niewolniczem prawie - i cieszy się nieograniczonem zaufaniem swojej pani. Mamy na niej dowód, czem mogliby się stać Arabowie, gdyby się z nimi obchodzono dobrze, zamiast ich łupić i poniewierać, jak się to dotąd najczęściej zdarza!
Młoda arabka wprowadziła Jerzego do obszernego pokoju o kolorowych oknach, którego ściany, wyłożone mozajkowemi cegiełkami, okrągławe sklepienie, pozwalały zachować idealną czystość, nie dopuszczając gromadzenia się kurzu i mikrobów. Zasłony u okien z perełek szklanych, lekko przyćmiewały światło, a sprzęty robione podług rysunków Waltera Crane, były z miedzi kutej, dębu i porcelany. Bukiety kwiatów ze szkła kolorowego osłaniały lampki elektryczne.
Z pokojem tym sąsiadowała z jednej strony bogato zaopatrzona bibljoteka, z drugiej wykwintna łazienka z ubieralnią, będącą szczytem wygody i elegancji.
- Będzie ci tu dobrze - rzekła Kerifa z uśmiechem, który ukazał jej śliczne ząbki. - Tu jest telefon, a tu dzwonek elektryczny, który o każdej porze dnia i nocy sprowadzi ci służących. Czy nie chciałbyś jakiego napoju chłodzącego? A może jesteś głodnym?
- Dziękuję ci - zjadłem obfite śniadanie na stacji kolei...
- Dobrze, więc cię zostawiam...
I żywa, lekka, jak gazella w jej rodzinnej pustyni, znikła z pokoju.
Zostawszy sam, Jerzy z rozkoszą zanurzył się w chłodnej kąpieli, a zmywszy z siebie kurz podróży, odział się w lekkie krajowe "pijama" i zeszedł do ogrodu, zkąd Kerifa zaprowadziła go do laboratorjum. Było ono urządzone na największym z tarasów willi: pięć szyb kryształowych niezmiernej wielkości, podzielonych czterema stalowemi kolumnami, stanowiło ścianę zewnętrzną, a grube pluszowe zasłony, za naciśnięciem guzika elektrycznego, zasłaniały ją całą szczelnie, zmieniając dzień w najzupełniejszą ciemność.
Jerzy stanął olśniony - bo w najlepiej zaopatrzonych stołecznych laboratorjach nie widział tego, co tutaj. Były tu klisze fotograficzne kilkometrowej wielkości, zwierciadła, zatrzymujące przez kilka minut na swej powierzchni obraz przelatującego ptaka lub owadu; olbrzymie rury teleskopów były wycelowane ku niebu, a potężne mikrofony doprowadzały do ucha najbardziej niepochwytne szmery i szelesty na niebie i ziemi.
Były tam jeszcze różne przyrządy chemiczne i fizyczne, których kształt i przeznaczenie były mu najzupełniej nieznane.
Do laboratorjum przytykała sala, gdzie były szafy pełne chemikalji, potężne baterje elektryczne i maszyny ochładzające.
Wszedłszy do tego przybytku wiedzy, Jerzy zdumiony tem, co widział, stał milczący, lecz Ralf przyszedł mu z pomocą.
- Kochany panie - rzekł swobodnie - od dziś należysz do naszego grona; zaraz panu przedstawię przyszłych towarzyszów pracy i przyjaciół pańskiego znakomitego brata...
Na te słowa, dwaj mężczyźni w długich bluzach, zajęci opodal jakąś pracą przy pomocy Zaruka, zbliżyli się szybko.
Powierzchownością różnili się krańcowo: Boleński, wysokiego wzrostu, jasnowłosy o niebieskich oczach był typowym Słowianinem, żywym, wymownym i szczerym. Kapitan Wad (Ued) nizki, krępy, o powolnych ruchach i rozkazującem spojrzeniu ciemnych oczu, miał długie, siwiejące już wąsy, a w postaci i ruchach sztywność wojskową. Był on jednak człowiekiem dobrym i uczuciowym, to też serdecznie uścisnął dłoń Jerzego, zapewniając go o swej życzliwości.
- Możesz kapitanowi wierzyć, panie Darvel - rzekł Ralf - nie jest on skłonnym do wynurzeń, waży każde słowo, lecz gdy co przyrzeknie, można być pewnym, że dotrzyma!
Boleński witał go z wesołością nieco hałaśliwą.
- Cóż za nadzwyczajne podobieństwo! - zawołał - zdaje mi się, że patrzę na Roberta... Zupełnie tak wyglądał wtedy, gdyśmy razem przebywali w stepach syberyjskich.. Kiedyś pan wszedł, w pierwszej chwili doznałem gwałtownego wzruszenia, bo mi się zdawało, że wrócił ten przyjaciel ukochany, zdobywca nowych światów!
Była chwila milczenia, które przerwał Jerzy:
- Czy panowie wierzycie w to rzeczywiście, że brat mój jeszcze żyje i że kiedykolwiek może powrócić na Ziemię?
- Stanowczo wierzę w to, że żyje - rzekł kapitan poważnie.
- Jednak, te sygnały tak nagle przerwane... - zauważył młody człowiek ze smutkiem. - Wyznam, że nie mogę się zdobyć na tę ufność i nadzieję, jaką widzę u panów, lecz pragnę gorąco, abym się mylił!
- Ależ mój przyjacielu, przerwanie sygnałów jeszcze niczego nie dowodzi! - zawołał porywczo Boleński. - Robert może żyć, ale musi być pozbawionym sposobu porozumiewania się z nami, gdyż to i nam z trudem przychodzi! Bo tylko się zastanówmy: Robert dostał się na Marsa zdrów i cały, i zdobył nad mieszkańcami jego władzę dostateczną do urządzenia fotografowanych przez nas sygnałów świetlnych. Dlaczego mamy myśleć, że zginął? Nie mamy na to żadnych danych - stanowczo żadnych!
- A jednak - zauważył Jerzy - ta cała dziwna historja uwięzienia go przez Erloory, od czasu której przerwano sygnały...
- To nie dowód! Pomyśl pan: Robert musiał uniknąć zguby, ponieważ nas sam o tem zawiadomił, opisując porwanie, jako wydarzenie dość dawne!
- Wierz mi pan - rzekł z kolei kapitan - Robert Darvel żyć musi: ukryte i tajemnicze przyczyny współdziałały w jego niesłychanem przedsięwzięciu, ono nie było dokonanem napróżno! Możecie uważać mię za mistyka, jednak wierzę, że wieki przygotowywały wielkie dzieło zbliżenia się dwóch planet; Robert musiał dostać się na Marsa, a teraz musi powrócić na Ziemię, aby ją wzbogacić myślą i wiedzą nowego, odrębnego świata! Jest to dla mnie równie niewzruszoną prawdą, jak teorema Euklidesa - inaczej być nie może!
Kapitan mówił to z zapałem, który się udzielił obecnym i Jerzy nawpół uwierzył, iż bratu jego została przeznaczoną rola, mogąca mieć wielki wpływ na losy obu planet.
- A zresztą - rzekł powoli i z namysłem Ralf - nie będziemy tu oczekiwać powrotu Roberta, lecz dostaniemy się do niego - i to wkrótce!
- Doprawdy? Czyżbyś pan już znalazł sposób? - wyszeptał Jerzy, którego ogarniała ufność, ożywiająca obu uczonych.
- Niewiele do tego braknie - rzekł kapitan zamyślony - zostają tylko do opracowania techniczne szczegóły naszego przyrządu: są to zresztą trudności drugorzędne, które pokonamy napewno za jakieś parę tygodni! Notatki pańskiego brata, które udało mi się ocalić z Kelambrum, wielce nam dopomogły w naszej pracy.
- Będę wam pomagać! - zawołał Jerzy radośnie.
- Jak panu wiadomo - mówił kapitan, pochłonięty swemi myślami - wszystkie fenomeny fizyczne, mechaniczne lub chemiczne, są tylko ruchem! Jest to już pewnikiem naukowym! Ciepło jest rodzajem ruchu, również jak i światło; możemy to sprawdzić codziennie, że ruch przetwarza się w ciepło, ciepło w elektryczność, a ta w światło. Rozumując logicznie, możemy przyjąć, iż w pewnych warunkach elektryczność może się przetworzyć we fluid woli. W dniu, kiedy człowiek będzie mógł swój wątły mózg wzmocnić nieskończoną prawie siłą prądów elektrycznych, lub zgromadzić w swym systemie nerwowym ten fluid, tak jak się gromadzi elektryczność w akumulatorach - odniesie on wielkie zwycięstwo, zwycięży wszystko!
- Naprzykład? - spytał Jerzy.
- Tak, wszystko! Nie będą dla niego istniały: zmęczenie, choroba, kto wie? nawet może i śmierć... Żadne przeszkody nie będą dlań istniały. Brat pana wynalazł sposób gromadzenia owego fluidu woli; my szukamy sposobu przemiany elektryczności na energję.
- Czy go panowie znajdziecie? - spytał szeptem Jerzy, olśniony, prawie przerażony wspaniałym widnokręgiem, jaki się jego wyobraźni przedstawiał.
- Powiedziałem panu, że nam brak tylko niektórych szczegółów technicznych... co zresztą jest drobnostką!
- A zresztą - dodał żywo Boleński - możemy i teraz dać panu dowody, iż to, o czem mówimy, nie jest jedynie teorją, lecz wydaje i rezultaty praktyczne: zaraz pan się o tem przekonasz!
To mówiąc, wyjął z pod szklanego klosza rodzaj kasku ze szkła i miedzi, który łączył się wiązką drutów platynowych z akumulatorem. Włożył go na głowę uśmiechającego się kapitana, który teraz wyglądał jak nurek w swym podwodnym kostjumie.
- Jak pan widzisz - mówił - prąd, wydzielany z akumulatora, przetwarza się teraz właśnie we fluid woli, który się gromadzi w mózgu naszego przyjaciela. Patrz pan, jak jego oczy płomienieją, a twarz wyraża spokój, lecz zarazem nadludzką siłę - możnaby powiedzieć, że te uczucia z niej promieniują, otaczając ją nadprzyrodzoną jasnością! Wola jego jest teraz dziesięćkroć silniejszą: gdyby nam coś rozkazał, musielibyśmy usłuchać go, choćby wbrew naszej woli.
Jerzy milczał, a że inżynier wziął to za znak niedowierzania, zawołał:
- Chcesz się pan może przekonać osobiście? Kapitan teraz rozkaże ci w myśli, abyś ukląkł - spróbuj mu się oprzeć!
- Rzeczywiście, to byłoby ciekawe... - bąknął Jerzy, zbierając swe siły, by okazać opór, w razie gdyby odczuwał jakiś wpływ na swe czyny - jeżeli będę zmuszonym uklęknąć, uwierzę we wszystko!
Kapitan rzucił na niego spojrzenie płomienne, nakazujące, a młody inżynier uczuł w piersiach gwałtowny, piekący ból... Za chwilę, pomimo wszelkich wysiłków, aby stać prosto, uczuł, że kolana ugięły się pod nim i zaczerwieniony, z czołem pokrytem kroplami potu, musiał uklęknąć.
- To jest przerażające... - wyszeptał - któżby się mógł oprzeć tej sile?
- Nauka jest potężną władczynią! - rzekł Ralf poważnie.
- Widzisz pan więc - rzekł Boleński - że gdyby nasz przyjaciel nakazał panu myślą, pójść po ten wielki nóż, który leży na stole i uciąć nim głowę Zarukowi, który słucha nas tak uważnie, musiałbyś pan usłuchać! Oto już nawet ulegasz nieświadomie jego woli...
Jakoż Jerzy, blady śmiertelnie, z zaciśniętemi ustami i twarzą kurczowo skrzywioną, kierował się sztywnym i automatycznym krokiem ku wielkiemu nożowi.
Westchnąwszy głęboko, wziął go w rękę i począł iść ku murzynowi, który się cofnął z przestrachem. Już był przy nim, już wzniósł nad jego głową rękę uzbrojoną, kiedy wzrok kapitana zatrzymał mimowolnego zabójcę, który skamieniał w tej postawie, podczas, gdy twarz jego wyrażała znużenie i niewypowiedziane cierpienie.
- Proszę na wszystko, powstrzymajcie te straszliwe doświadczenia... To, co czuję, jest okrutnem... Mam uczucie jak gdyby ktoś zamieszkał we mnie i zabrał mi moją wolę, myśl, ciało... Wierzę teraz we wszystko, co czytałem o opętaniu przez duchy!
- Z tą różnicą - rzekł inżynier - że te objawy kierowania cudzą wolą i ciałem, mogły być dawniej udziałem tylko nader nielicznych jednostek i wymagały szczególniejszego zbiegu okoliczności, my zaś możemy je powtarzać w każdej chwili i z największą łatwością.
- Nie myśleliśmy, aby te doświadczenia, zadziwiające istotnie, były dla pana tak przykre - mówił Ralf - chcieliśmy tylko dowieść panu, że dostanie się na Marsa, nie jest bynajmniej niedościgłem marzeniem.
- Teraz wierzę w to najzupełniej - zawołał Jerzy, który zaczynał przychodzić do siebie po doznanym wysiłku wskutek próbowania oporu woli kapitana.
- A teraz uważaj pan - rzekł Boleński - pokażemy panu coś jeszcze ciekawszego!
Szepnął Zarukowi słów kilka, a ten nacisnął guzik elektryczny na jednej ze ścian i natychmiast w oszklonym dachu tarasu usunęła się jedna z szyb, pozostawiając dość duży otwór. Wtedy inżynier wyjął ostrożnie ze skrzyni rodzaj szklanego wrzeciona, cieńszego w obu końcach i trzymając je w dwóch palcach, zbliżył się do kapitana, który zaczął na nie patrzeć.
Po kilku minutach najgłębszego milczenia Boleński otworzył rękę, a szklane wrzeciono wzleciało jak strzała do góry z lekkim świstem i znikło w otworze dachu.
Jerzy patrzył na to zdumiony, pogrążony w chaosie myśli...
Tymczasem kapitan, oswobodziwszy się ze swego kasku, podszedł, mówiąc:
- Widzę, że te małe doświadczenia zrobiły na panu pewne wrażenie: ale to jest niczem wobec tego, czego możemy dokazać!
Darvel skłonił się z szacunkiem.
- Pozwól mi pan podziękować sobie za zaszczyt, którego dostąpię, będąc dopuszczonym do tych zdumiewających prac naukowych - rzekł.
- O, jestem pewnym, iż pozyskamy w panu dzielnego współpracownika!
- Radbym nim zostać - rzekł skromnie Jerzy, choć nie wiem, czy się przydam na co tak wielkim, jak panowie, uczonym.
Kapitan nic nie odpowiedział: Jerzy zdobył jego sympatję odrazu i zrobił na nim wrażenie, iż nie należy do zwykłych "zjadaczy chleba", lecz do grona wybranych, którzy wyróżniają się polotem myśli i zdolnościami obserwatorskiemi.
Podczas chwilowego milczenia wzrok Jerzego spoczął na pysznym bronzowym posągu, stojącym pośrodku laboratorjum. Na podstawie z czarnego onyksu, wznosiła się postać młodzieńca, trzymającego w jednej ręce dzwonek, w drugiej tabliczkę, utrzymaną w stylu Odrodzenia. Wargi były nieco rozchylone, jakby miały za chwilę przemówić.
- Podziwiasz pan ten posąg? To arcydzieło rzeźby francuskiej służy nam do porozumiewania się ze światem: piękne kształty kryją w sobie przepyszny aparat telefoniczny. Jest to książęca fantazja miss Alberty i kosztowała piękną sumkę! - rzekł Ralf.
- Rzadko można widzieć coś tak pięknego! - rzekł Jerzy.
- Nic dziwnego: bronz ten jest jedną z ostatnich prac słynnego Falgui?re'a, mistrza wdzięku... Twarz wyraża niepewność i oczekiwanie posła, który przybywa z nowiną sobie samemu nieznaną.
W tej chwili dźwięk dzwonka przerwał mu mowę, a zaraz potem usta posągu przemówiły głosem wyraźnym i miłym:
- To ja, Alberta... Czy nie przeszkadzam panom w jakiej ważnej pracy?
- Bynajmniej! - zawołał Ralf, zbliżając się do trzymanej przez posąg tabliczki - mam nadzieję, iż zdrowie dopisuje pani, jak zawsze i że nie miała pani żadnych przykrych przygód?
- Wszystko idzie wybornie; ukończyłam swoje sprawy na Malcie prędzej, niż myślałam i jutro "Conqueror" wypływa na pełne morze; spodziewam się wieczorem być już w willi.
- Czy pani życzy sobie zawiadomić o tem Kerifę?
- Dziękuję panu, już jest zawiadomioną i przyjedzie samochodem do przystani... Ale zapomniałam spytać, czy pan Jerzy Darvel przybył?
- Owszem, pani, jest tu już od trzech godzin.
- Proszę mu powiedzieć, iż czuję się szczęśliwą, że będziemy go mieli w naszej pustelni i że z radością go powitam! Muszę jednak pożegnać panów, gdyż czeka na mnie jeszcze kilku interesantów i adwokat dla rozmowy o procesie, wytoczonym mi przez rząd Transvaalu...
Posąg umilkł, a Jerzemu zdawało się, iż jeszcze słucha melodyjnego i świeżego głosu, brzmiącego przed chwilą.
- Może pan chciałeś z nią porozmawiać? Ale jutro tu będzie, a dziś, jak pan słyszałeś, jest bardzo zajętą. W swoich podróżach dla spraw majątkowych, nie ma chwili wytchnienia; rzeczywiście, trzeba mieć tak wyjątkowo tęgą głowę do interesów, jaką ona posiada, aby módz skutecznie bronić swoich miljardów, przeciw zakusom różnych finansowych spekulantów!
- Zresztą sam pan ocenisz jej wyjątkowo przenikliwą inteligiencję - dodał kapitan.
- Czy i w sprawach naukowych?
- Tak jest. Zdumiewa nas czasami śmiałością a zarazem ścisłością swoich spostrzeżeń. Niestety, będzie ona dla nauki straconą, gdy zostanie szczęśliwą małżonką pańskiego brata!
Jerzy pogrążył się w milczeniu. Obecnie, gdy wrażenie, wywołane zdumiewającemi doświadczeniami, nieco przeminęło, myślał o olbrzymiej przestrzeni, dzielącej Roberta od rodzinnej planety i znów ogarnęło go zwątpienie.
IV - L'INVISIBLE
Georges Darvel s'était éveillé dans d'excellentes dispositions. On e?t dit que la nuit avait passé son éponge de tén?bres sur tous ses doutes, ses hésitations et ses découragements.
Son cerveau reposé bénéficiait de cette lucidité, de cette netteté dans les idées qui constitue la santé intellectuelle.
Il se sentait, lui aussi, capable d'ajouter au trésor des découvertes, de montrer qu'il était le fr?re du génial explorateur du ciel, aussi bien par l'intellect que par le sang et la chair.
En réfléchissant a cette large sécurité matérielle, a cette facilité de travailler qui lui étaient désormais assurées par la générosité de miss Alberte, il se sentait pénétré d'une profonde reconnaissance. Il se jura a lui-m?me de se montrer digne de l'heureuse fortune qui lui était échue.
Ce fut dans cet état d'esprit que, de tr?s bonne heure, il monta au laboratoire ; il y trouva le capitaine Wad, déja au travail en compagnie de Zarouk.
Le Noir semblait avoir compl?tement oublié sa terreur de la veille et il salua le jeune homme, d?s le seuil, avec les formules emphatiques de la politesse orientale.
Tout en faisant subir a Georges une sorte d'examen a bâtons rompus sur ses connaissances pratiques en physique, en chimie et surtout en radiographie et en cosmographie, le capitaine se laissa aller a certaines confidences.
En essayant de retrouver le secret de Robert Darvel, il avait fait de curieuses trouvailles ; c'était la en grande partie une des raisons pour lesquelles leur expédition interplanétaire n'était pas encore pr?te.
Georges travailla tout ce jour-la avec acharnement, avec enthousiasme ; les trois savants étaient étonnés de la lucidité de ses aperçus, de la clarté avec laquelle il résumait les questions les plus ardues.
En m?me temps, il se révélait comme un expérimentateur plein d'adresse et d'acquit, tr?s au courant de la pratique des laboratoires, sans laquelle il n'est pas de savant véritablement complet.
Ce jour-la, il y eut une terrible recrudescence de chaleur, l'air était embrasé, suffocant, et il fallut faire largement usage des ventilateurs a air liquide pour obtenir une atmosph?re supportable.
C'est vers le milieu de cette apr?s-midi que se produisit un des plus étranges phénom?nes qu'il ait été donné a la science d'enregistrer.
Le capitaine Wad était alors occupé a expliquer a Georges une de ses découvertes.
- Vous voyez, lui disait-il, cette cuve de verre. Le liquide qu'elle contient est doué de la propriété de rendre visibles a nos yeux certains rayons obscurs lorsqu'il en est traversé ; par exemple, il permet de percevoir tr?s nettement les rayons X...
Le capitaine fut brusquement interrompu dans sa démonstration.
Zarouk, qui se trouvait placé en ce moment derri?re Georges Darvel, venait de pousser un cri terrible.
- Le djinn ! Le djinn ! balbutiait-il d'une voix rauque.
Et d'un geste d'épouvante, il montrait la cuve de verre, dont le contenu limpide paraissait agité d'une sorte de remous.
Georges remarqua que son visage était redevenu de ce gris livide, qu'il avait eu déja l'occasion d'observer la veille et qui exprime le comble de la terreur chez les gens de sa race.
Les quatre savants se regard?rent avec stupeur.
Le Noir s'était reculé le plus possible ; ses cheveux crépus se hérissaient sur son crâne en m?ches tirebouchonnées ; ses yeux sans regard se révulsaient, semblaient vouloir s'arracher de leurs orbites, on les e?t dit montés sur des pédoncules mobiles comme ceux de certains crustacés.
- Maître ! Maître ! murmura-t-il les l?vres blanches.
- Mais qu'as-tu donc, imbécile ? s'écria Ralph Pitcher. Parle donc !
" Est-ce que tu deviens fou ?
Mais le Noir demeurait comme pétrifié, la langue collée au palais par une terreur surhumaine, bafouillant des mots sans suite.
- Explique-toi donc ! reprit le naturaliste, plus doucement.
" Dis-moi ce qui t'effraye tant ?
" Je t'ai pourtant déja fait comprendre que l'on ne doit jamais avoir peur...
Zarouk secoua la t?te en signe de dénégation, avec une énergie désespérée.
Ses jambes flageolaient sous lui et, petit a petit, comme repoussé, par une puissance inconnue, le Noir continuait a s'éloigner a reculons, toujours plus loin du cristal, étincelant a ce moment de tous les feux du soleil.
- Il est halluciné, ma parole ! grommela l'ingénieur Bolenski en haussant les épaules d'un mouvement plein de nervosité.
Disons-le, la patience n'était pas la qualité dominante du Polonais.
- Silence, donc ! lui dit Ralph Pitcher en lui étreignant les bras avec force.
Le naturaliste était en proie a la plus vive émotion.
- Qui sait, ajouta-t-il en baissant la voix, si cet aveugle si étrangement organisé n'a pas vu, lui, un ?tre, que nos prunelles qu'impressionne la grosse lumi?re du jour ne sont pas assez délicates pour apercevoir ?
" Je l'ai souvent pensé ; puisqu'il y a des rayons X, pourquoi n'y aurait-il pas des ?tres X, des invisibles ?
" L'hypoth?se est hardie, mais défendable...
Le capitaine Wad n'en entendit pas davantage. Il se précipita vers un appareil optique de son invention qui se trouvait en ce moment braqué vers la cuve de verre et qui avait été spécialement construit pour l'étude des rayons X.
Le tain des miroirs formé de plusieurs couches superposées était vibratile comme s'il e?t été formé de cellules nerveuses, et il était complété par un syst?me d'écrans enduits de substances plus sensibles aux rayons lumineux que celle des plus délicats appareils photographiques.
- Si c'était possible, balbutia Ralph Pitcher.
- Nous allons le voir, dit le capitaine d'une voix tremblante d'émotion.
Et d'un geste, il appuya sur un bouton électrique.
Instantanément, l'obscurité se fit, compl?te, sur les cinq côtés de la vaste cage de verre, qui formait le laboratoire aérien.
L'?il collé a l'objectif de l'appareil, le capitaine regarda.
Mais, malgré sa passion de chercheur, malgré la satisfaction qu'il éprouvait de voir réalisée une des hypoth?ses scientifiques les plus hardies, il recula d'épouvante lui-m?me, le corps agité d'un tremblement, le c?ur glacé d'effroi.
Ralph Pitcher, qui regarda aussitôt apr?s lui, ne montra pas plus de sang-froid, il bondit en arri?re avec autant de précipitation que s'il e?t marché sur la queue d'un reptile.
A ce moment, une voix cristalline fit résonner le téléphone haut-parleur :
- C'est moi, Chérifa.
- Que veux-tu, mon enfant ? répondit le capitaine d'une voix étranglée.
" C'est que nous sommes occupés, tr?s occupés...
Le capitaine était a un de ces instants palpitants o? un savant ne voit rien, n'écoute rien.
- C'est Mr. Frymcock qui veut vous parler, reprit l'enfant.
- Je me moque pas mal de Frymcock ! répliqua t-il avec col?re. Je n'ai pas le temps de parler cuisine...
" Qu'il vienne plus tard, il m'ennuie ! Qu'il attende !
" Plus tard...
Et, sans attendre la réponse de Chérifa, le capitaine interrompit brusquement la communication.
Pendant que ce bref dialogue s'échangeait, Georges Darvel s'était a son tour approché de l'objectif.
Voici ce qu'il aperçut et il s'expliqua alors l'horreur dont avaient été saisis le capitaine Wad et le naturaliste.
Dans le liquide phosphorescent de la cuve, un ?tre monstrueux se tenait immobile, comme une pieuvre tapie dans sa caverne ou comme une prunelle géante au fond de son orbite.
C'était une masse grisâtre, a peine estompée dans les tén?bres par une lég?re phosphorescence. Les yeux étaient larges et sans prunelles, pas d'oreilles, pas de nez, seulement une bouche petite et tr?s rouge.
- Au diable, l'importun ! s'écria le capitaine ; on ne peut pas avoir un instant de tranquillité !
Cette t?te au front proéminant était grosse, environ trois fois comme une t?te humaine.
Le corps manquait ; seulement a la base de cette monade gélatineuse grouillaient des paquets de pattes, de mains ou de suçoirs, on ne savait au juste.
D'ailleurs, cette créature de cauchemar semblait indifférente a la présence de ceux qui l'entouraient ; sans doute elle n'avait pas conscience de leur existence.
Apr?s un instinctif mouvement de recul, Georges eut le courage de regarder le monstre une seconde fois ; alors il distingua a droite et a gauche de la t?te deux chiffons d'un blanc sale qui devaient ?tre des ailes repliées et qui faisaient penser a un hideux papillon que l'on e?t arraché de son cocon avant le terme fixé par la nature.
Georges eut un frisson de dégo?t et d'horreur en pensant que c'était sans doute cette larve terrifiante qui avait frôlé l'aveugle Zarouk dans la for?t d'A?n-Draham et qu'il avait prise pour un djinn.
Ce fut Ralph Pitcher qui prit la place du jeune homme en face de l'objectif.
Haletant, la sueur au front, le naturaliste était partagé entre une joie délirante et une surhumaine répulsion, il ne pouvait maintenant détacher ses regards du monstre dont la vue, pour ainsi dire, l'hypnotisait.
Mais en m?me temps il éprouvait une am?re déception.
Étaient-ce donc la ces invisibles, ces ?tres X dont il avait tant r?vé, qu'il s'était représenté gracieux comme des elfes et des ondins, d'une beauté vaporeuse et mystique.
Il se sentait envahi d'une nausée.
C'était donc ces repoussantes créatures, ces abominables microbes a face de démons, qui hantaient les profondeurs du ciel et de la mer, sans que l'homme p?t jamais les apercevoir.
Les quatre savants avaient eu la m?me pensée ils demeuraient silencieux, dans les tén?bres qu'éclairaient a peine la pâle fluorescence de la cuve de verre. Ils en arrivaient presque a regretter d'avoir soulevé un coin du voile qui nous cache le myst?re des choses.
Seul, Bolenski cherchait, sans réussir a le trouver, le moyen de capturer l'étrange apparition.
Tout a coup, on frappa discr?tement a la porte. On frappa de nouveau.
- Qui est la ? demanda Ralph Pitcher.
- C'est Mr. Frymcock, répondit Zarouk d'une voix craintive.
- Eh bien, dép?che-toi de lui ouvrir que nous sachions ce qu'il veut. Je vais m'en débarrasser rapidement.
Tout en donnant cet ordre, Pitcher avait pressé le contact électrique, les rideaux de feutre rentr?rent dans leurs alvéoles ; instantanément, des flots de lumi?re succéd?rent aux tén?bres, la clarté pénétrait, aveuglante, de tous les côtés a la fois.
D'un m?me mouvement, tous les témoins de cette sc?ne s'étaient tournés du côté de la cuve de verre.
Maintenant, elle n'offrait plus qu'un liquide d'une limpidité parfaite, o? les rayons du soleil semblaient faire danser des poignées d'opales et de diamants...
Cependant, master Frymcock, tr?s correct dans un complet de couleur kaki, était entré et s'était avancé jusqu'au milieu du laboratoire, un sourire condescendant égayait sa longue face de clown mélancolique.
- Gentlemen, dit-il courtoisement, excusez-moi de troubler vos savantes expériences ; mais j'ai cru devoir vous prévenir que miss Alberte ne rentrera qu'assez tard cette nuit, au lieu de revenir ce soir comme elle l'espérait.
" Je viens de recevoir une dép?che de Malte, miss Alberte n'a pas eu le temps de téléphoner elle-m?me.
Tout en parlant, le lord cuisinier s'était insouciamment avancé jusqu'aupr?s de la cuve de verre ; il avait eu le geste distrait d'élever la main droite au-dessus du liquide limpide pour y mirer les bagues dont elle était chargée...
- N'approchez pas !... rugit le Polonais. Éloignez-vous au nom du ciel ! Vous ne savez pas !... Vous ne pouvez pas savoir !...
L'avertissement venait trop tard ; la main et le poignet de Mr. Frymcock venaient d'?tre brutalement attirés par l'horrible monstre et plongeaient maintenant dans le liquide.
Les yeux agrandis par l'épouvante, le malheureux se débattit un instant appelant au secours d'une voix rauque ; mais sa main demeurait captive et déja le liquide se teignait d'une buée sanglante.
Le visage tout a coup était devenu livide ; les yeux exprimaient une terreur proche de la démence.
Le premier moment de stupeur passé, Georges et Bolenski se précipit?rent ; non sans de vigoureux efforts, ils parvinrent a arracher la victime a l'horrible étreinte.
Presque aussitôt, l'eau de la cuve bouillonna, des gouttes saut?rent dans un flic-flac d'éclaboussement, une masse a peine distincte comme pourrait ?tre l'ombre d'un flocon de fumée traversa le laboratoire et disparut par la trappe ouverte au sommet du plafond de verre.
Avec une promptitude dont tout le monde apprécia l'opportunité, Zarouk s'était élancé et avait pressé le contact qui commandait la fermeture de la trappe.
Ce fut un soulagement général, les poitrines se dilat?rent dans un soupir de délivrance.
- Enfin il est parti ! s'écria joyeusement Pitcher.
- Nous commettons la une sottise, répliqua l'ingénieur Bolenski, suivant toujours sa premi?re idée ; nous aurions d? nous en emparer. C'était la une occasion unique ! Nous nous repentirons de n'en avoir pas profité.
- C'est possible, murmura le capitaine Wad, nous avons manqué de sang-froid, et vous tout le premier ; mais il est inutile de récriminer sur ce qui est passé.
" Voyons plutôt a secourir ce pauvre Frymcock, qui me paraît en fort piteux état.
Tous deux s'approch?rent du lord cuisinier auquel Georges Darvel et Pitcher faisaient respirer des sels, et qui se remettait peu a peu de la terrible secousse qu'il venait d'éprouver.
Ils remarqu?rent alors avec surprise que la main et le poignet du malade étaient couverts de petites plaies rouges toutes placées sur le trajet des veines.
- Si l'on ne f?t venu a son secours, Frymcock e?t été saigné tout vivant, comme s'il f?t tombé entre les tentacules d'une pieuvre.
- Eh bien ! cela va-t-il un peu mieux ? demanda Georges.
- Well, sir, murmura le cuisinier en poussant un soupir, cela va tout a fait bien...
Puis il ajouta d'un ton pensif :
- Voila pourtant un animal dont je n'ai pas go?té...
- Bah, dit Ralph Pitcher en riant, le sentiment de l'art culinaire lui revient, il est sauvé. J'avais craint un moment que la peur ne l'e?t rendu fou, je suis enchanté de voir qu'il n'en est rien.
- Soyez tranquille, Mr. Frymcock, si jamais vous capturez un de ces monstres, nous vous permettrons de l'accommoder a telle sauce qu'il vous plaira, quoique, pour mon compte personnel, je n'aie nulle envie de manger de cette b?te répugnante.
Pendant que ces propos s'échangeaient, le capitaine avait lavé les plaies avec un antiseptique énergique et avait pansé sommairement la main et le poignet du blessé.
Comme on peut le supposer, une fois que le lord cuisinier se fut retiré, personne ne songea a continuer les travaux commencés, tous étaient encore sous le coup de l'extraordinaire impression qu'ils avaient eue.
Leur premi?re terreur dissipée, le z?le scientifique les reprenait et ils déploraient am?rement - comme Bolenski l'avait prévu - de n'avoir pu s'emparer d'un ?tre jusqu'alors inclassé dans la faune terrestre.
Ils interrog?rent Zarouk, mais le Noir, mal remis de ses transes, ne put leur fournir que d'obscures et vagues réponses, il demeurait persuadé qu'il avait eu affaire aux mauvais génies des légendes orientales.
Le capitaine Wad en venait a penser qu'il pouvait y avoir un fond de vérité dans tous ces contes les fées, les kobolds et les follets du folklore, ces ?tres fantastiques que l'on retrouve dans les traditions de tous les peuples, n'étaient peut-?tre qu'une race invisible qui avait jusqu'alors échappé aux investigations de la science.
Il n'était pas absurde d'admettre que certains organismes eussent la m?me propriété que certains rayons lumineux et fussent invisibles a nos yeux.
Il fallait alors admettre que les prunelles de Zarouk, protégées par sa cécité m?me contre les brutalités de la lumi?re possédaient une exquise sensibilité, étaient tout de suite impressionnées par des radiances que des appareils compliqués arrivaient a peine a nous révéler.
Mais cette fois, ces hypoth?ses étaient étayées par un fait, un fait indéniable qui s'était passé en présence de témoins sérieux et avait laissé des traces matérielles.
IV. Niewidzialny.
Jerzy Darvel zbudził się z uczuciem szczególnej rzeźwości. Zdawało się, iż noc odjęła mu wszelki niepokój, wahanie i zniechęcenie. Czuł się zdrów i silny ciałem i umysłem i pragnął teraz dokonać czegoś wielkiego, co byłoby godnem jego brata - odkrywcy nieznanych światów.
Myśląc o ułatwieniu wszelkich trudności w pracach naukowych, przez hojność miss Alberty, czuł dla niej wdzięczność głęboką, i przysiągł sobie, iż się okaże godnym tak szczęśliwego losu.
Zajęty temi myślami zeszedł do laboratorjum bardzo wcześnie, zastał tam już jednak kapitana przy pracy z nieodstępnym Zarukiem.
Murzyn zapomniał już o wczorajszym przestrachu, witając Jerzego ze wschodnią, nieco przesadną grzecznością. Kapitan w rozmowie badał zręcznie Jerzego, chcąc wypróbować jego wiadomości z fizyki, radjografji, chemji i kosmografji, poczem poczynił mu pewne zwierzenia...
Oto poszukując wyjaśnienia tajemnicy Roberta, poczynił ciekawe odkrycia, co było po części przyczyną, iż ich ekspedycja na Marsa była jeszcze nie gotową.
Przez dzień cały Jerzy pracował z zapałem, a trzej uczeni zdumiewali się nieraz bystrością jego spostrzeżeń, jasnością w rozwiązywaniu zawiłych kwestji. Był prócz tego świetnie obeznanym z pracą w laboratorjach, co jest koniecznem dopełnieniem wiedzy książkowej.
Dnia tego upał był nadzwyczajnym: powietrze było skwarne, duszące - i wentylator ze skroplonem powietrzem był ciągle czynnym, gdyż bez tego trudno byłoby oddychać.
Tego to właśnie popołudnia zaszedł jeden z najdziwniejszych fenomenów, jakie zapisały kroniki naukowe.
Kapitan tłomaczył właśnie Jerzemu jedno ze swych odkryć.
- Widzisz pan tę banię szklaną? Płyn, wypełniający ją, ma własność ukazywania nam pewnych promieni ciemnych, przechodzących przez niego; np. promienie X są za jego pomocą widzialne całkiem dokładnie...
Tu nastąpiła w uczonym wykładzie przerwa: był to głos Zaruka, pełen nadludzkiej trwogi i zgrozy.
- Dżinn! dżinn! - powtarzał głosem ochrypłym, wskazując banię, której zawartość, dotąd przejrzysta, była zmąconą i zdawała się falować.
Jerzy spostrzegł na jego twarzy ową ziemistą, szarawą bladość, która u murzynów jest oznaką najwyższego przestrachu. Czterej uczeni patrzyli nań ze zdumieniem, on zaś odsuwał się jaknajdalej od bani; kędzierzawe włosy jego zjeżyły się do góry, a oczy wytrzeszczone, błędne, straszne, zdawały się wychodzić z orbit.
- Panie... panie... - szeptał pobladłemi wargami.
- Co ci jest, niedołęgo? - zawołał Ralf - mów-że przecie! Czyś oszalał... co ci się stało?
Lecz murzyn zdrętwiałym językiem bełkotał jakieś słowa bez związku.
- Uspokój się - rzekł naturalista łagodnie - i powiedz, co cię tak przestraszyło? Mówiłem ci przecie nieraz, że nie trzeba poddawać się strachowi!
Zaruk energicznie pokręcił głową na znak przeczenia. Nogi się ugięły pod nim i jak gdyby odpychany niewidzialną siłą, cofał się w tył, mając oczy utkwione w banię, która w promieniach słonecznych iskrzyła się i migotała.
- Wpadł w halucynację - nic innego! - zawołał Boleński, zdenerwowany przestrachem negra.
Dodać trzeba, iż cierpliwość nie należała do rzędu jego zalet.
Lecz Ralf ścisnął go silnie za rękę.
- Cicho! - szepnął z najżywszem wzruszeniem - któż wie, czy ten ślepy nie jest obdarzony wyjątkową zdolnością widzenia istot, których nasz wzrok, przytępiony zbyt mocną jasnością dzienną, dostrzedz nie może? Myślałem nieraz nad tem: jeśli istnieją promienie X, dlaczego nie miałyby istnieć jakieś niewidzialne istoty X? Przypuszczenie to jest śmiałe, można go jednak dowieść...
Kapitan nie słuchał dłużej: poskoczył ku wynalezionemu przez siebie przyrządowi optycznemu, a zbudowanemu specjalnie dla badań promieni X. Był on skierowanym ku szklanej bani, której zawartość rozświetlał i powiększał zarazem.
- Ach, gdyby to było możebnem... - szepnął Ralf.
- Zaraz się dowiemy - odrzekł kapitan głosem wzruszonym.
Dotknął guzika elektrycznego i natychmiast ciężkie pluszowe zasłony zakryły szczelnie szklane ściany laboratorjum: nastąpiła zupełna ciemność.
Kapitan schylił się i popatrzył przez soczewkę aparatu. Pomimo jednak, iż był zapalonym badaczem i mógł tryumfować, widząc swoje domysły sprawdzonemi - odskoczył, zdjęty przerażeniem i zgrozą, drżąc całem ciałem. Ralf, który spojrzał przez soczewkę zaraz po nim, był nie mniej wzruszonem: cofnął się z takim pośpiechem jak gdyby nadeptał na jadowitego węża...
W tej chwili ozwał się dźwięczny głos z telefonu:
- Mówię ja, Kerifa.
- Czego chcesz, moje dziecko? - spytał kapitan bezdźwięcznie - jesteśmy w tej chwili nadzwyczaj zajęci...
- To lord Frymcock chce mówić z panem...
- Właśnie mi on w głowie teraz! Nie mam czasu na rozmowę o sprawach kuchni; niech przyjdzie później, albo niech czeka... niech zresztą zrobi, co mu się podoba!
I nie czekając na odpowiedź, odszedł od telefonu. Podczas tej rozmowy Jerzy spojrzał w aparat.
To, co ujrzał, było tak dziwnem i strasznem, iż usprawiedliwiało zupełnie przestrach kapitana i Ralfa.
W fosforyzującym płynie, wypełniającym banię, widniała nieruchoma, potworna istota, podobna do skurczonego głowonoga, lub ogromnej źrenicy w orbicie oka.
Była to masa szarawa, zaledwie naszkicowana: w olbrzymiej głowie tkwiły oczy wielkie, bez źrenic - nos duży, ślad uszu; usta wielkie i bardzo czerwone.
Głowa ta przechodziła wielkością trzykrotnie głowę ludzką; ciała brakowało zupełnie, tylko pod tą masą galaretowatą opuszczały się na dół w powolnych ruchach jakieś płetwy, macki, czy ramiona.
Ta dziwna i wstrętna istota nie reagowała wcale na obecność ludzi: może nie odczuwała jej nawet.
Po pierwszym odruchu przerażenia, Jerzy zbliżył się, aby się przyjrzeć straszydłu dokładniej: wtedy zauważył po obu stronach głowy jakieś brudno-białe płaty, wyglądające jak zwinięte skrzydła. Nadawały one temu skrzydłu pozór motyla, wyjętego przedwcześnie ze swej poczwarki. Jerzy pomyślał z dreszczem obrzydzenia i wstrętu, że taką to larwę straszliwą musiał odczuć Zaruk w lesie Ain-Draham - i wziął za "dżinna" (złego ducha).
Teraz w objektyw patrzył Ralf, zdyszany, z czołem pokrytem kroplami potu; doświadczał szalonej radości, oraz niesłychanej odrazy, lecz nie mógł oderwać wzroku: spojrzenie potwora formalnie go hypnotyzowało... Dołączało się do tego uczucie gorzkiego rozczarowania.
Więc to tak wyglądały owe niewidzialne istoty X, o których tyle marzył, wyobrażając sobie, iż są piękne i mgliste jak elfy i ondyny, subtelne i delikatne...
...W fosforyzującym płynie, wypełniającym banię, widniała nieruchoma, potworna istota...
To, co widział, przyprawiało go o mdłości.
Czyżby te odpychające stworzenia, te wstrętne mikroby o twarzy szatańskiej, zaludniały otchłanie nieba i morza - będąc niewidzialnemi dla oczu ludzkich?
Myśli te nasunęły się zapewne wszystkim uczonym; wszyscy czterej stali milczący, w słabem świetle fosforyzującego płynu.
Może żałowali teraz, iż uchylili rąbek zasłony, kryjącej tyle tajemnic?...
Boleński starał się wymyśleć sposób pochwycenia straszydła.
W tej chwili zapukano lekko do drzwi.
- Któż tam, do licha! - zawołał kapitan - nie można mieć ani chwili spokoju!
Zapukano powtórnie.
- Kto tam? - zawołał niezbyt uprzejmie Ralf.
- To lord Frymcock - rzekł bojaźliwie Zaruk.
- Wpuść go, niech już raz się dowiemy, czego chce! Zresztą, ja się z nim prędko załatwię.
Mówiąc to, Ralf nacisnął guzik elektryczny, pluszowe firanki usunęły się, sfałdowały przy ścianach i natychmiast fala oślepiająco jasnego światła zalała wnętrze laboratorjum. Wszyscy czterej mężczyźni odwrócili się prawie jednocześnie, patrząc na szklaną banię - lecz teraz płyn był kryształowo czystym, a padające nań promienie słońca zapalały w nim brylantowe i opałowe blaski.
Tymczasem lord Frymcock, przyodziany w elegancki garnitur wizytowy, wszedł do laboratorjum; na widok przyrządów naukowych, o nieznanych mu kształtach, usta jego okolił pobłażliwy uśmiech.
- Panowie - rzekł uprzejmie - darujcie mi, iż przerwałem wasze naukowe doświadczenia, lecz chciałem panów uprzedzić o te m, że miss Alberta, wbrew pierwotnemu zamiarowi, wróci bardzo późno. Odebrałem w tej chwili depeszę z Malty, gdyż miss Alberta nie miała już czasu telefonować.
Tak mówiąc, lord nierozważnie zbliżył się do naczynia z płynem; wyciągnął po nad niem rękę, w pierścieniach której brylanty iskrzyły się kolorami tęczy.
- Nie zbliżaj się pan! - krzyknął Boleński - na miłość Boga, oddal się w tej chwili! Pan nic nie wiesz, wiedzieć nie powinieneś nawet...
Ostrzeżenie przyszło zapóźno: ręka lorda została nagle pochwyconą przez niewidzialnego potwora i zanurzoną w płynie. Przerażony, z obłędnym wzrokiem, wzywał ratunku głosem ochrypłym, lecz ręka pozostawała uwięzioną, a płyn zabarwił się krwią. Po chwili zbladł trupio, a oczy wyrażały trwogę, graniczącą z szaleństwem.
Jerzy i Boleński, po chwilowem osłupieniu, rzucili się na ratunek, lecz zaledwie z wielkim wysiłkiem udało im się wyrwać rękę ze straszliwego uścisku.
Prawie w tejże chwili płyn się wzburzył: bryzgi i krople rozleciały się dokoła i jakaś niekształtna, mglista masa wyleciała w górę z szumem i pluskiem i znikła w otworze szklanego dachu. Zanim oprzytomnieli, Zaruk poskoczył i nacisnął guzik elektryczny: otwór zamknął się natychmiast. Wszyscy odetchnęli z ulgą, a Ralf zawołał radośnie:
- Nareszcie się wyniósł!
- Nie mamy się z czego cieszyć - odparł Boleński - stało się wielkie głupstwo! Mieliśmy teraz jedyna sposobność: powinniśmy byli uwięzić to straszydło. Obyśmy nie pożałowali tego zaniedbania!
- Tak, to możliwe! - mruknął kapitan - straciliśmy zimną krew i panowanie nad sobą... Ale na co się zdadzą wyrzuty? Co się stało, już się nie wróci! Lepiej zajmijmy się lordem, który jest w położeniu godnem litości...
Zbliżyli się więc do wpółomdlałego biedaka: Ralf i Jerzy cucili go solami trzeźwiącemi, a on przychodził powoli do zmysłów. Ujrzeli wtedy ze zdumieniem, iż ręka cała była pokrytą krwawiącemi, drobnemi rankami, umieszczonemi na grubszych żyłach.
Gdyby nie szybka obrona, lord byłby umarł wskutek utraty krwi, jak ci, których pochwyci potworna ośmiornica.
- Cóż, czy czujesz się pan lepiej? - pytał troskliwie Jerzy.
- O, tak! - odparł, westchnąwszy głęboko - i zaraz dodał: - Cóż to za zwierzę szczególne, którego nigdy nie jadłem!..
- Brawo! - zawołał, śmiejąc się Ralf - kiedy już zaczyna rozprawiać o kuchni, będzie niewątpliwie zdrów! Przez chwilę obawiałem się, aby nie oszalał ze strachu: to też bardzo się cieszę, widząc, że mu się nic nie stało. Jeśli się panu uda kiedykolwiek, kochany lordzie, pochwycić tego potwora, zgadzamy się, aby był podanym z sosem, jaki sam uznasz za najstosowniejszy! Co do mnie jednak, oświadczam iż go nie skosztuję.
Podczas tej rozmowy, kapitan obmył zranioną rękę silnym środkiem antyseptycznym i nałożył bandaż.
Jak to było do przewidzenia, nikt po odejściu lorda nie myślał o wznowieniu doświadczeń. Wszyscy jeszcze byli pod wstrząsającem wrażeniem zaszłego dopiero co wypadku.
Po niejakim czasie jednak zapał naukowy ogarnął ich na nowo; wyrzucali sobie teraz (jak to przewidział Boleński) wypuszczenie z rąk okazu, nigdzie nie zapisanego w ziemskiej historji naturalnej.
Wybadywano Zaruka, lecz ten, nie ochłonąwszy jeszcze z przerażenia, dawał niejasne i powikłane odpowiedzi. Przekonanym był, iż w tę sprawę wdały się złe duchy, o których słyszał tyle i tak strasznych legiend.
Kapitan skłonnym był do uwierzenia, iż w tych podaniach jest jednak wiele prawdy: wieszczki, koboldy, błędne ogniki z bajek ludowych - te fantastyczne istoty, które znajdujemy w baśniach wszystkich narodów, były może właśnie tymi niewidzialnymi, wymykającymi się dociekaniom nauki?
Przypuszczenie, iż pewne organizmy posiadają własności wspólne z niewidzialnemi dla nas ciemnemi promieniami - nie mogło być zupełnie bezpodstawnem.
Można więc przyjąć, że źrenice Zaruka, osłonione od mocnych wrażeń światła, posiadały niesłychaną wrażliwość i odczuwały promieniowania, których obecność, zaledwie najcudowniej obmyślane przyrządy są w stanie wykazać.
Tym razem hypoteza ta była popartą przez fakt niezaprzeczony, który miał miejsce w obecności poważnych świadków i pozostawił rzeczywiste ślady.
LA GUERRE DES VAMPIRES
PREMI?RE PARTIE - LES INVISIBLES
I - ZAROUK
- Vous ne sauriez croire, monsieur Georges Darvel, dit le naturaliste Ralph Pitcher, combien votre arrivée fera plaisir a mes amis, le capitaine Wad et l'ingénieur Bolenski ! Ils vous attendent avec la plus vive impatience. Si vous saviez combien nous avons eu de peine a vous découvrir.
- J'en suis encore a me demander comment vous y ?tes parvenus.
- C'est une lettre de vous, déja ancienne, trouvée dans les papiers de votre fr?re, apr?s la catastrophe de Chelambrun, qui nous a mis sur la voie.
- C'est la derni?re que je lui avais écrite, murmura tristement le jeune homme : depuis, je suis sans nouvelles...
- Ne vous désolez pas ainsi ; rien n'est encore définitif ; tout ce que peuvent la science humaine et la puissance de l'or sera mis en oeuvre pour le sauver, s'il en est encore temps, je vous le jure !
" Mais revenons a notre lettre, reprit Ralph Pitcher, en essayant de dissimuler la profonde émotion dont il était agité ; elle était datée de Paris, mais ne portait pas d'adresse, vous y parliez de vos études, renseignements assez vagues, vous en conviendrez ; mais miss Alberte voulait absolument vous connaître, et vous savez que notre jeune milliardaire est d'une obstination tout anglo-saxonne.
" Ses agents ont exploré tous les coll?ges et tous les lycées, multiplié les annonces dans les journaux...
- Sans un hasard véritablement providentiel, tout cela e?t été inutile.
" J'avais passé mes derniers examens, je cherchais un emploi d'ingénieur a l'étranger et, grâce a mon diplôme de l'École Centrale...
- L'emploi est tout trouvé ! Mais il faut que je vous mette au courant. Vous ne connaissez encore que les récits des journaux sur l'extraordinaire aventure de votre fr?re.
- J'ai lu la traduction des messages interastraux. Je sais aussi que miss Alberte s'est retirée dans une solitude profonde.
- Quand il fut malheureusement constaté que les signaux lumineux étaient définitivement interrompus, miss Alberte nous fit appeler, moi, le capitaine Wad et l'ingénieur Bolenski : Mes amis, nous dit-elle, je suis désespérée, mais non découragée. Puisque Robert Darvel a trouvé le moyen d'atteindre la plan?te Mars, il faut que nous le trouvions aussi, et nous le trouverons, dussé-je y sacrifier ma fortune...
- J'ai compté sur vous pour m'aider.
" Et elle a ajouté, reprit modestement le naturaliste, qu'elle ne trouverait pas dans le monde entier trois savants d'un esprit plus original, d'une faculté créatrice plus...
Ralph Pitcher rougissait comme un collégien et s'embrouillait dans ces phrases élogieuses qu'il était obligé de s'adresser a lui-m?me.
- Enfin, conclut-il, vous comprenez que nous avons accepté avec enthousiasme. C'était une chance unique.
" Miss Alberte nous a ouvert un crédit illimité ; elle nous a recommandé de ne jamais regarder a la dépense, chaque fois qu'il s'agira d'une chose intéressante ; il y a peu de savants aussi favorisés et, désormais, vous ?tes des nôtres ! C'est une chose dite.
Georges Darvel, rouge de plaisir, balbutia un remerciement auquel Pitcher coupa court par un énergique shake hand.
- Il suffit, murmura-t-il.
" En vous associant a nos travaux, nous acquittons une dette sacrée envers le souvenir de notre ami, du glorieux savant que nous retrouverons un jour, j'en suis certain.
Tous deux demeur?rent comme accablés sous le poids de leur pensée et continu?rent a marcher en silence sous les ombrages géants des ch?nes-li?ges, des caroubiers et des pins d'Alep, qui composent en majeure partie la grande for?t de Kroumine.
Ils suivaient en ce moment une des routes foresti?res qui sillonnent la région sauvage située entre A?n Draham et la Chehahia.
Pour faire admirer a son nouvel ami cette pittoresque contrée, Pitcher avait proposé de faire le chemin a pied ; un mulet de bât, chargé des bagages et tenu par un N?gre, suivait a une vingtaine de pas.
Ce coin verdoyant de l'aride Tunisie renferme peut-?tre un des plus beaux paysages du monde.
La route foresti?re, avec ses larges pierres de gr?s rouge recouvertes d'une mousse veloutée, serpentait a travers une contrée coupée de vallons et de collines qui, a chaque détour, offrait la surprise d'une perspective nouvelle.
Tantôt, c'était un oued bordé de cactus et de hauts lauriers-roses dont il fallait franchir, a gué, le lit semé de grosses pierres luisantes. Tantôt des landes - véritable maquis de myrtes sauvages, d'arbousiers et de bruy?res hautes comme un homme - exhalaient, sous l'ardeur dévorante du soleil, une buée d'ent?tants parfums.
Ailleurs, une ruine romaine accrochait sa vo?te croulante au flanc d'une colline et de vieux oliviers, contemporains d'Apulée et de saint Augustin, agrippaient leurs racines entre les blocs et secouaient leur gr?le feuillage, comme une chevelure, au-dessus du fronton d'un temple. Plus loin, un énorme figuier, au tronc penché par les vents, formait a lui seul tout un bosquet fourmillant d'oiseaux, de caméléons et de lézards ; et parfois, tout au sommet du vieil arbre dont les branches mollement inclinées formaient de commodes sentiers, apparaissaient les cornes et la barbiche d'un chevreau occupé a manger des figues.
Puis, la for?t reparaissait, avec de profondes percées dont la fuite se perdait dans une brume azurée, des ravins délicieusement escarpés, qui semblaient des abîmes de feuillages.
Les pins et les ch?nes zéens au feuillage d'un gris léger avaient des silhouettes lég?res et vaporeuses, au milieu desquelles éclatait brusquement la note plus brutale d'un h?tre rouge ou d'un peuplier d'Italie aux feuilles de soie blanche éternellement frissonnantes.
Mais la capitale magie, c'étaient les vignes retournées depuis des si?cles a l'état sauvage et lançant, du fond humide des ravins jusqu'au sommet des plus hauts arbres, un feu d'artifice de pampres et de ceps d'une prodigieuses richesse.
C'était une débauche de frondaisons luxuriantes, a faire croire que la terre enti?re serait un jour envahie par cette impétueuse poussée de s?ve.
Les sarments jetaient a une hauteur souvent prodigieuse des ponts élégants, des hamacs festonnés, o? se balançaient par milliers les ramiers bleus et les tourterelles blanches et roses, tout a coup mis en fuite dans un froufrou de battements d'ailes et de piaillements par l'ombre brune d'un vautour, traçant de grands cercles dans l'air bleu.
Dans les endroits marécageux, des troupeaux de petits sangliers fuyaient entre les hautes lances des roseaux et le cri de la hy?ne, qui ressemble a un rire ironique et qui s'éloigne a mesure que l'on se rapproche, retentissait a de longs intervalles.
Mais, il faudrait dire la grâce de cette nature vierge, la robustesse élastique et fi?re de ces arbres jamais émondés, les clairi?res de fleurs et de hautes herbes et cet obsédant parfum de myrte et de laurier-rose, qui est comme l'haleine embaumée de la for?t magique.
- Regardez ces vignes ! s'écria Ralph Pitcher avec admiration. Ces ceps ont peut-?tre quinze ou dix-huit cents ans ; a l'automne, ils se chargent encore de grappes excellentes ; on retrouverait sans doute, en les pressurant, les crus perdus dont s'enivraient les Romains de la décadence, les vins qu'on servait a Trimalcion mélangés a la neige dans des crat?res d'or...
Georges Darvel ne répondit pas tout d'abord ; ses préoccupations étaient loin de ces réminiscences classiques o? se délectait l'érudit Ralph Pitcher.
- Comment donc, demanda tout a coup le jeune homme, vous trouvez-vous en Tunisie ? J'aurais eu plutôt l'idée de vous chercher dans les Indes ou en Angleterre.
- C'est précisément pour dépister les curieux et aussi a cause de la beauté du climat et du site que miss Alberte a choisi ce pays ignoré, rarement visité par les touristes.
" Ici, nous sommes s?rs que personne ne viendra, sous de futiles prétextes, nous déranger dans nos travaux : nous sommes a l'abri des reporters, des photographes, des gens du monde, de tous ceux que j'appelle énergiquement des " voleurs de temps ".
" C'est la paix profonde d'un laboratoire d'alchimiste, dans quelque abbaye du Moyen Age, mais une abbaye pourvue de l'outillage scientifique le plus complet, le plus puissant dont jamais savant ait disposé.
" Autrefois, au cours d'une croisi?re de son yacht, le Conqueror, miss Alberte avait eu l'occasion de visiter la Kroumirie et elle en avait conservé un merveilleux souvenir.
" Il y a quelques mois, par l'intermédiaire de son correspondant de Malte, elle acheta, en pleine for?t, la villa des Lentisques, un merveilleux palais arabe, une folie, qu'un banquier sicilien, incarcéré depuis comme recéleur de la Maffia, avait eu la fantaisie de faire construire dans ce désert.
" D'ailleurs, vous allez pouvoir en juger par vous-m?me.
" Nous sommes presque arrivés. Regardez un peu sur votre gauche ; cette grande masse blanche, c'est la villa des Lentisques...
- Je verrai miss Alberte ! s'écria Georges Darvel. Je pourrai lui dire toute ma gratitude pour ses héro?ques efforts en faveur de mon fr?re !
- Vous la verrez sans doute, mais pas aujourd'hui, ni demain ; vous ne m'avez m?me pas laissé le temps de vous dire qu'elle ne rentrera que dans le courant de la semaine.
" Elle nous a quittés depuis une quinzaine, les intér?ts de son exploitation mini?re réclamaient impérieusement sa présence a Londres.
- Tant pis, murmura le jeune homme, un peu décontenancé.
- A ce propos, vous savez que le champ d'or découvert par votre fr?re n'a cessé de fournir le rendement le plus prodigieux.
" C'est le Pactole lui-m?me qui se déverse dans les caisses de miss Alberte ! Les dépenses de notre laboratoire ne sont qu'une goutte d'eau puisée a ce torrent de richesse débordante.
Un cri étouffé interrompit brusquement Ralph Pitcher, en m?me temps qu'une troupe d'oiseaux, effarés, quittaient les branches pour s'envoler tumultueusement.
- C'est Zarouk, mon Noir, qui a eu peur, murmura le naturaliste, je vais voir. Il faut dire qu'il s'effraie souvent de peu de chose.
Droit au milieu du sentier, Zarouk demeurait immobile, comme pétrifié par la peur ; son visage avait passé du noir profond au gris livide, ses traits révulsés, son torse cabré reflétaient une épouvante immense.
Georges remarqua alors que le Noir était aveugle, ses prunelles protubérantes étaient voilées d'une taie blanche ; mais cette infirmité ne donnait rien de hideux ni de répulsif a son visage ; son front était haut et bombé, son visage régulier, son nez mince et droit, enfin ses l?vres n'offraient pas cette épaisseur qui imprime a la physionomie une expression bestiale.
Cependant, Ralph s'était approché.
- Qu'y a-t-il donc, mon pauvre Zarouk ? demanda-t-il affectueusement. Je ne te croyais pas si poltron ! Y aurait-il une panth?re dans le voisinage ?
Zarouk secoua la t?te en signe de négation, trop ému encore pour répondre ; sous le burnous de laine blanche dont il était enveloppé, ses membres étaient agités d'un tremblement et il serrait d'une main convulsive la bride du mulet qui, chose étrange, semblait partager la frayeur du Noir ; il regimbait et était agité d'un violent frisson.
- Voila qui est extraordinaire, dit Georges a l'oreille de son ami.
" Et cette envolée subite des oiseaux, il y a un instant ?
- Je ne sais que penser, répondit le naturaliste en regardant tout autour de lui avec inquiétude. Zarouk a évidemment deviné un péril ; mais lequel ?
" A part quelques scorpions tapis sous les terres, quelques chats sauvages, la for?t d'A?n-Draham ne renferme pas d'animaux nuisibles.
- Mais les hy?nes ?...
- Ce sont les b?tes les plus lâches et les plus peureuses ; elles ne s'attaquent jamais a l'homme. Zarouk n'est pas capable de s'effrayer pour si peu de chose.
- Vous avez tout a l'heure parlé de panth?res ?
- Elles sont extr?mement rares en Tunisie, m?me dans le Sud ; il se passe quelquefois cinq ou six ans sans qu'on en capture une seule.
" D'ailleurs, Zarouk, qui est né dans le Soudan, d'o? les caravanes Chambaa l'ont apporté tout enfant a Gab?s, n'aurait pas plus peur des panth?res que des hy?nes. Il faut qu'il y ait autre chose.
- Nous allons le savoir ; Zarouk commence a se remettre.
- Eh bien, reprit Pitcher en se tournant vers le Noir, parleras-tu maintenant ? Tu sais bien qu'a nos côtés tu n'as rien a craindre.
" Vraiment, je te croyais plus brave.
- Maître, repartit le Noir d'une voix étranglée, Zarouk est brave, mais tu ne peux pas savoir... C'est terrible ! Zarouk n'a pas peur des b?tes de la terre et des oiseaux du ciel ; mais il a peur des mauvais esprits !
- Que veux-tu dire ?
- Maître, je te le jure, au nom du Dieu vivant et miséricordieux, par la barbe vénérable de Mahomet, proph?te des proph?tes, tout a l'heure, j'ai été effleuré par l'aile d'un des djinns, ou peut-?tre d'Iblis lui-m?me !...
" Tout mon sang a reflué vers mon c?ur... Je n'ai eu que le temps de prononcer trois fois le nom sacré d'Allah qui met en fuite les djinns, les goules et les afrites... Une seconde, une face effroyable s'est dessinée, comme en traits de feu, au milieu des tén?bres éternelles qui m'enveloppent, et s'est enfuie rapidement, emportée sur ses ailes... Oui, maître, je te l'atteste, une seconde, j'ai vu !
- Comment as-tu pu voir ? interrompit Ralph d'un ton plein d'incrédulité. Nous qui voyons, nous n'avons rien aperçu. Tu as été l'objet de quelque hallucination, comme ceux qui sont ivres de dawamesk ou d'opium.
" Tiens, bois une gorgée de bouka pour te remettre et oublie cette sotte frayeur.
Le Noir prit avec une joie évidente la gourde que lui tendait Ralph Pitcher et but a longs traits ; puis, apr?s, un moment de silence :
- Je suis s?r que je n'ai pas r?vé, dit-il lentement ; toi et ton ami le Français, vous avez vu les oiseaux s'envoler, le mulet demeurer moite et frissonnant comme a l'approche du lion, car eux aussi ont eu peur.
" N'est-il pas possible que par la volonté toute-puissante d'Allah, le mauvais esprit soit devenu pour quelques instants visible a mes prunelles mortes, afin de m'avertir de quelque danger ?
- Je persiste a croire, moi que tu as eu une hallucination ; dans ta peur, tu as donné, sans t'en apercevoir, une brusque secousse a la bride, ce qui a effrayé le mulet lui-m?me, et il suffit qu'au m?me moment un vautour ait passé...
Zarouk secoua la t?te sans répondre, faisant ainsi entendre que l'explication rationaliste de Ralph Pitcher n'était pas de son go?t et qu'il s'ent?tait dans sa croyance au djinn.
L'on se remit en marche ; seulement, le Noir s'était rapproché de ses deux compagnons, comme s'il e?t craint un retour offensif de la terrible apparition.
Ralph Pitcher était, lui, compl?tement rassuré.
- Zarouk, expliqua-t-il a Georges dont la curiosité était singuli?rement excitée, est le plus précieux et le plus fid?le des serviteurs. Sa cécité ne l'emp?che pas de nous rendre de grands services. Comme beaucoup de ses pareils, il est donc d'une exquise sensibilité de l'ou?e, de l'odorat et du tact.
" Dans notre laboratoire, il connaît exactement la place de chaque objet et sait le trouver rapidement sans jamais commettre d'erreur ou de maladresse. Il arrive m?me a connaître certains états du monde extérieur dont les autres hommes ne doivent d'ordinaire la notion qu'a leurs yeux. Je n'ai pas encore pu m'expliquer a l'aide de quelle fugitive notation de sensations, de quelles subtiles associations d'idées il y parvient.
" Ainsi, il dira parfaitement qu'un nuage vient de passer sur le soleil et, s'il y a plusieurs nuages, il arrivera a les compter ; nous l'avons emmené a la chasse, nous lui avons mis un fusil en main et il nous a émerveillés par son adresse. En entrant quelque part, il reconnaît sans la moindre hésitation les personnes avec lesquelles il s'est rencontré seulement une fois.
- Tout cela est merveilleux, fit Georges, mais ce n'est pas absolument inexplicable ; on cite dans le m?me ordre de faits un grand nombre d'exemples.
- Vous aurez le loisir de l'étudier par vous-m?me. Zarouk est certainement beaucoup plus prodigieux que vous ne pensez.
" Il y a des moments o? je suis tenté de croire que, derri?re la taie qui les recouvre, ses prunelles sont sensibles aux rayons obscurs du spectre, invisible pour nous, aux rayons X et peut-?tre a d'autres radiances plus faibles et plus ténues.
" Pourquoi, apr?s tout, une telle chose ne serait elle pas possible ?
Georges réfléchit un instant, puissamment intéressé par cette aventureuse hypoth?se.
- Pourquoi alors, demanda-t-il a son tour, n'avez-vous pas eu l'idée de le faire opérer de la cataracte ?
- Le capitaine Wad y avait pensé le premier, Zarouk s'y est toujours refusé avec opiniâtreté.
Les deux amis chemin?rent quelque temps en silence ; derri?re eux, Zarouk avait entamé une de ces mélopées interminables et tristes, qui sont les chansons de route des chameliers du grand désert ; malgré lui, Georges était impressionné par cet air monotone, o? les m?mes notes revenaient indéfiniment et qui semblait imiter la plainte déchirante du vent dans les plaines mortes du Sahara.
- Savez-vous, dit-il en riant a Pitcher, que ce que vous venez de me dire n'est pas rassurant ; si vraiment Zarouk - comme ces chauves-souris qui, les yeux crevés, volent en ligne droite et savent se garer des obstacles - poss?de une puissance de tactilité si étonnante, il doit y avoir quelque chose de vrai dans l'apparition, invisible pour nous, qui l'a effrayé.
- Qui sait ? murmura le naturaliste, devenu songeur. Ne faut-il pas toujours en revenir a la parole de notre Shakespeare, qu'il y a dans le ciel et sur la terre plus de choses que notre faible imagination ne peut en concevoir ?
" Peut-?tre Zarouk est-il un des précurseurs d'une évolution de l'oeil humain qui, dans des centaines de si?cles et bien avant peut-?tre, percevra des radiances qui n'existaient pas aux premiers âges du monde.
" Déja, certains sujets, en état d'hypnotisme, voient ce qui se passe au loin ou de l'autre côté d'un grand mur et pourtant, au moment o? s'exerce cette faculté suraiguë de vision, leurs yeux sont fermés.
" Le jour o? la science arrivera a échafauder la-dessus une th?se solide...
Ralph Pitcher n'acheva pas sa pensée ; il y eut un nouveau silence.
- Qu'est-ce que les djinns ? demanda Georges brusquement. Je vous avoue que je suis la-dessus d'une ignorance profonde. L'étude des sciences m'a fait considérablement négliger la mythologie mahométane.
- Je pourrais vous en dire autant ; mais Zarouk va nous renseigner.
" Il a sur ces questions une inépuisable faconde. Comme tous les gens du désert, il a l'imagination farcie de ces contes merveilleux qu'on se rép?te autour des feux du campement, dans toutes les caravanes.
" Zarouk !
- Maître, dit le Noir en s'avançant avec un empressement qui n'avait rien de servile, j'ai entendu la question de ton ami. Mais est-il prudent de parler de ces ?tres terribles, alors qu'ils rôdent peut-?tre encore autour de nous ?
- Sois sans crainte, ne m'as-tu pas dit toi-m?me que la puissance de leurs ailes peut les porter en quelques heures a des centaines de lieues ?
Cette réflexion parut faire beaucoup de plaisir au Noir.
- Sans doute, répondit-il, en poussant un soupir de soulagement ; cela est vrai et je n'ai pas menti ; puis, ne suis-je pas sous la protection du Dieu invincible et miséricordieux ?
Et il continua d'une voix nasillarde et chantante :
- Les djinns sont les esprits invisibles qui habitent l'espace qui s'étend entre le ciel et la terre, leur nombre est mille fois plus considérable que celui des hommes et des animaux.
" Il y en a de bons et de mauvais, mais ceux-ci l'emportent de beaucoup. Ils obéissent a Iblis, auquel Dieu a accordé une compl?te indépendance jusqu'au jour du jugement dernier.
" Le sage sultan Suleyman (Salomon) qui est révéré m?me des juifs et des infid?les avait reçu de Dieu une pierre verte d'un éclat éblouissant, qui lui donnait le pouvoir de commander a tous les mauvais esprits ; jusqu'a sa mort, ils lui montr?rent une parfaite soumission et il les employa a la construction du temple de Jérusalem ; mais depuis sa mort ils se sont dispersés par le monde, o? ils commettent toutes sortes de crimes...
C'était la un sujet sur lequel Zarouk, comme tous les Arabes du désert, était intarissable.
Georges Darvel et son ami Pitcher se gardaient bien de l'interrompre et le laisser énumérer complaisamment les diverses variétés de djinns, d'afrites, de toghuls ou ogres, de goules et d'autres ?tres fantastiques, tous doués d'un pouvoir aussi redoutable que merveilleux.
Ils éprouvaient a l'entendre le m?me plaisir que, tout enfants, ils avaient ressenti a la lecture des Mille et Une Nuits.
Vraiment, ils étaient loin des hautes hypoth?ses scientifiques qu'ils discutaient un instant auparavant ; ils ne pouvaient s'emp?cher de sourire de la gravité avec laquelle Zarouk leur débitait ces étonnantes fables auxquelles il ajoutait certainement la foi la plus enti?re.
Le Noir, d'ailleurs, avec une facilité que poss?dent tous les Orientaux pour les langues, s'exprimait en dépit de ses barbarismes en un français tr?s clair ; comme presque tous les Arabes, il était né conteur.
Ralph et Georges Darvel étaient sous le charme de sa parole, lorsque, au détour d'un massif d'amandiers et de caroubiers, ils se trouv?rent tout a coup en face de la villa des Lentisques.
I. Zaruk.
- Ach, panie Jerzy Darvel! Nie może pan sobie wyobrazić, ile radości przyjazd pański sprawi moim przyjaciołom: kapitanowi Wad i inżynierowi Boleńskiemu! Czekają na pana z najżywszą niecierpliwością... A ileśmy mieli kłopotu z odszukaniem pana!
- Rzeczywiście, nie mogę sobie tego wytłomaczyć, jakim sposobem znaleźliście mnie państwo?
- Przeglądając papiery pańskiego brata po katastrofie w Kelambrum, znaleźliśmy dawny list pana, pisany do niego i on to naprowadził nas na ślad...
- To był ostatni mój list - szepnął młody człowiek - odtąd nic nie wiem o losach Roberta...
- Nie rozpaczaj pan: niema jeszcze nic straconego! Co tylko wiedza ludzka i złoto zdziałać mogą dla jego ocalenia, wszystko będzie zrobionem - jeśli tylko nie jest zapóźno!
- Ale wracając do tego listu - mówił Ralf, chcąc rozproszyć ogarniające go głębokie wzruszenie - był on datowanym z Paryża, lecz nie zawierał pańskiego adresu, tylko dość luźne wiadomości o studjach naukowych. Lecz miss Alberta chciała koniecznie poznać pana, a gdy raz sobie coś postanowi, musi dokazać swego! To też na jej rozkaz ajenci przeszukali wszystkie szkoły, licea, uniwersytety, zasypywali dzienniki ogłoszeniami...
- To wszystko nie osiągnęłoby celu, gdyby nie szczególny zbieg okoliczności. Po ukończeniu Szkoły Centralnej chciałem, jako inżynier, znaleźć miejsce za granicą...
- I dostałeś je pan, wiem! Ale muszę panu opowiedzieć o sprawie brata coś więcej nad to, co głosiły gazety.
- Wiem o ustaleniu komunikacji międzyplanetarnej, wiem, że miss Alberta żyje w zupełnem odosobnieniu od świata...
- Tak jest... Gdy sygnały świetlne zostały przerwane, wezwała kapitana Wad, inżyniera Boleńskiego i mnie - i rzekła:
- Moi przyjaciele! Choć nie mam już nadziei lecz odwagi nie straciłam. Jeżeli Robert Darvel znalazł sposób dostania się na Marsa, dlaczego nie mielibyśmy go także wynaleźć? I znajdziemy go - choćbym miała na to poświęcić cały mój majątek! Rachuję na was, panowie, że mi w tem dopomożecie...
Po wielu pochlebnych dla nas wyrazach, oświadczyła, że nigdzie nie znalazłaby ludzi bardziej oddanych nauce a życzliwszych dla siebie i - otworzyła w swym banku kredyt nieograniczony na nasze rozkazy. Ma się rozumieć, że przyjęliśmy jej propozycję z zapałem - niewielu uczonym dano jest pracować w takich warunkach! Teraz i pan wchodzisz do naszego kółka...
A gdy Jerzy, zarumieniony z radości, chciał dziękować, rzekł:
- Podaj mi pan rękę - to wystarczy... Rzecz skończona! Przypuszczając pana do naszych prac, spłacamy święty dług przyjaźni dla pańskiego brata, którego odnajdziemy - jestem tego pewnym!
Umilkli obaj, jakby przytłoczeni ciężarem myśli i przechadzali się, milcząc, pod cieniem wspaniałych palm i dębów korkowych.
Aby rozweselić swego nowego przyjaciela, Ralf zaproponował mu małą wycieczkę dla poznania okolicy.
Ten zakątek, zielony, jak świeża oaza, położony w skwarnym Tunisie, był jednem z najpiękniejszych miejsc na świecie. Droga leśna wiła się wśród urozmaiconego, pysznego krajobrazu przez pagórki i doliny, to przechodząc przez zarośla różowych laurów i dzikich mirtów, to gubiąc się w kolczastych kaktusach, których kwiaty wydawały woń odurzającą. Gdzieniegdzie, drzewa dźwigające na sobie wiele stuleci, ocieniały jakąś ruinę, pozostałą z czasów rzymskich. Różne pnące rośliny zwieszały się z gałęzi do samej ziemi, a w ich gęstwinie poruszały się stada krzykliwych ptaków.
- Powiedz mi pan - rzekł nagle Jerzy - jakim sposobem znajduję pana tutaj, w Tunisie? Myślałem, że będziesz pan w Anglji lub w Indjach!
- Miss Alberta dlatego wybrała ten uroczy zakątek, aby zmylić ślad za sobą i w spokoju, zdala od ludzkich ciekawych oczu, znaleźć spokój w tym cudnym klimacie. Nie trafi tu żaden turysta! Tu możemy być pewni, że prac naszych nie zamąci niczyja ciekawość: niema tu ani reporterów, ani fotografów, ani tych eleganckich próżniaków, których nazywam "złodziejami czasu"!
Nasze laboratorjum chemiczne jest tu tak zaciszne, jak gdyby w jakiem opactwie średniowiecznem; przytem jest po królewsku zaopatrzone we wszystko, czem nauka ułatwia uczonym ich pracę i badania.
- Zkądże miss Alberta znała tę okolicę?
- Przepływała kiedyś wzdłuż tych brzegów, podróżując na swym jachcie "Conqueror" i została niemi zachwyconą.
- Czy oddawna tu mieszka?
- Nie; przed kilku miesiącami sprzedawano ten pałac po śmierci pewnego sycylijskiego bankiera, który go zbudował i miss Alberta kazała kupić go dla siebie. Patrz pan, jak cudnie stąd wygląda! Istotnie, to cacko architektury arabskiej, zbudowane z białego marmuru, robiło wrażenie czarodziejskiego pałacu z Tysiąca i jednej nocy, rysującego się na tle ciemnej zieleni.
- Poznam miss Albertę! - zawołał z uniesieniem Jerzy - będę nakoniec mógł podziękować za bohaterskie starania, czynione w celu odszukania biednego Roberta!
- Tak, ale nie ujrzysz jej pan dziś, ani jutro - nie miałem czasu powiedzieć panu, iż wróci dopiero za kilka dni. Interesy kopalni złota wymagały koniecznie jej bytności w Londynie.
- To szkoda - szepnął młody człowiek, nieco zakłopotany.
- Czy panu wiadomo - spytał Ralf - że bajeczna wydajność tych kopalni, odkrytych przez pańskiego brata, dotąd się nie zmniejszyła? Istny złoty potok przelewa się stamtąd do kas ogniotrwałych miss Alberty! Koszty naszych doświadczeń są zaledwie drobną kropelką w tym oceanie bogactwa!
Zdławiony krzyk przerwał mowę Ralfa i w tejże chwili pobiegłszy nieco na prawo, zobaczyli murzyna jakby skamieniałego ze strachu.
Po chwili gromada wystraszonych ptaków zerwała się, jakby szukając lepszego schronienia.
- To krzyk Zaruka, mego murzyna - rzekł Ralf - musiał się czegoś przestraszyć, co mu się trafia dość często!
Pobiegłszy nieco na prawo, zobaczyli murzyna jakby skamieniałego ze strachu; czarna, twarz jego przybrała barwę ziemistą, a wzburzone rysy i postawa skurczona świadczyły o najwyższem przerażeniu.
Jerzy ujrzał, że jest to niewidomy: źrenice jego przysłonięte były bielmem, lecz to jednak nie szpeciło go. Czoło miał wyniosłe i rysy regularne, a wargi nie były tak wstrętnie grube jak zwykle u Negrów.
Ralf zbliżył się do niego.
- Co ci jest, mój biedny Zaruku? - spytał troskliwie - nie myślałem, że jesteś takim tchórzem! Czy tu niema gdzie pantery?
Zaruk poruszył przecząco głową. Był zbyt wzruszonym, aby mówić; drżenie całego ciała jego było widoczne pod okrywającym je lekkim, białym burnusem. W ręce trzymał lejce muła, który zdawał się być równie jak on wystraszonym.
- To coś niezwykłego! - szepnął Jerzy do ucha Ralfa. - A przestrach tych ptaków przed chwilą... cóż to znaczy?
- Nie wiem sam, co myśleć o tem - odparł naturalista niespokojnie. - Zaruk widocznie odgadł niebezpieczeństwo - ale jakie? Oprócz kilku skorpionów, lub dzikich kotów, las ten, zwany Ain-Draham (po arabsku: źródło wody) nie ma szkodliwych stworzeń.
- A hyeny?
- O, to są podłe i bojaźliwe zwierzęta: nie napadają ludzi nigdy i Zaruk nie ulęknie się takiej drobnostki!
- Lecz przed chwilą mówiłeś pan o panterach?
- To nie na serjo; są one w Tunisie nader rzadkie i ledwie czasem, raz na kilka lat można jedną schwytać. Zresztą, Zaruk, będąc rodem z Sudanu, nie więcej się obawia panter, aniżeli hyen. To musi być coś innego!
- Zaraz się dowiemy; już odzyskuje przytomność!
- Czy możesz teraz mówić? - spytał Ralf murzyna - jaki jednak tchórz z ciebie! Wiesz przecie, że przy nas nic ci nie grozi! Doprawdy, miałem cię za odważniejszego.
- Panie - rzekł murzyn bezdźwięcznym głosem - Zaruk być odważnym - ale ty nie wiedzieć... ach, to straszne! Zaruk nie lękać się zwierząt, ani ptaków drapieżnych - ja bać się, oh, bardzo się bać złych duchów!
- Co to ma znaczyć?
- Panie, ja przysięgać na imię potężnego i miłosiernego Allaha, na świętą brodę proroka nad prorokami, Mahometa... ja przed chwilą być dotkniętym skrzydłem dżinn'a, może nawet samego Eblisa! Wszystka krew zbiegnąć mi do serca... ledwie zdążyć wymówić trzy razy święte imię Allaha, przed którem pierzchać wszystkie dżinny, gole i diwy... czyli złe duchy... Przez krótką chwilę, straszliwa płomienna twarz ukazać mi się w otaczających mnie ciemnościach i odlecieć natychmiast na skrzydłach... Panie, ja przysięgać: przez tę jedną chwilę ja to wszystko widzieć!
- Czyż to możebne? - rzekł Ralf niedowierzająco - a czemużmyśmy nic nie widzieli? Musiało to być złudzenie, widziadło, jakie często miewają palacze opium... Pociągnij dobry łyk tej buka - figowej wódki, a zapomnisz o tem głupstwie!
Murzyn pochwycił butelkę z napojem i połknął chciwie kilka łyków, potem rzekł powoli:
- Ja mówić prawdę... to nie być widziadło! Wy sami widzieć ptaki uciekające i muła wystraszonego, drżącego, jak przed lwem, dlaczego? Bo i oni wszyscy zlęknąć się bardzo! Wszechmogący Allah rozkazać moim umarłym źrenicom widzieć przez chwilę, aby nas ostrzedz przed niebezpieczeństwem!
- Ja jednak twierdzę, że to było przywidzeniem - zapewne pod jego wpływem szarpnąłeś uzdę muła, co go przestraszyło, a ptaki może się zlękły przelatującego sępa...
Zaruk pokręcił głową przecząco: tłomaczenie naturalisty, jako niezgadzające się z jego wiarą w złe duchy, nie trafiało mu do przekonania; jego kędzierzawa głowa była zbyt upartą!
Ralf z Jerzym poszli nieco naprzód i naturalista rzekł do swego gościa:
- Ten murzyn jest ciekawym typem! Pomimo swego kalectwa, jest idealnym służącym, gdyż jego słuch, powonienie i dotyk są nadzwyczaj czułe i wrażliwe; w laboratorjum zna wybornie wszystkie przedmioty i nigdy się w nich nie myli. Co ważniejsze, może określić liczbę i położenie obłoków na niebie, a kiedyśmy go wzięli z sobą na polowanie, zdumiewał nas celnością swoich strzałów.
- Tak, to dosyć, jak na niewidomego!
- Co więcej, jeśli tylko raz był w czyjem towarzystwie, wyczuje obecność jego za każdym razem, bez namysłu.
- To jest rzeczywiście zdumiewające; można to jednak sobie wytłomaczyć, gdyż podobne wypadki już się zdarzały...
- Zapewniam pana jednak, że Zaruk przedstawia nader ciekawy materjał do obserwacji i niedaleki jestem od prawdy, przypuszczając, że jego źrenice oddzielone bielmem od zwykłego światła, muszą być nader wrażliwe na promienie ciemne, promienie X i inne ich rodzaje, dotąd nie zbadane. Cóż w tem jest niemożebnego?
Jerzy milczał, mocno zajęty tą śmiałą hypotezą.
- Dlaczegoż dotąd nie poddano go operacji?
- Kapitan chciał tego dawno, lecz Zaruk sprzeciwia się stanowczo.
Zapanowało milczenie. Nagle dała się słyszeć melodja tęskna a przeciągła, powtarzająca się wciąż; jedna z tych, które wygrywają przewodnicy karawan, sunących długim sznurem wśród równin rozpalonego piasku.
Jerzy uległ urokowi tej muzyki, w której słyszał tęskne zawodzenie pustynnego wichru...
- To, co posłyszałem od pana - rzekł w końcu - nie jest wcale pocieszającem: jeśli Zaruk jest tak wrażliwym, to w tem co mówi, musi być część prawdy!
- Kto wie? - szepnął Ralf zamyślony - Szekspir ma słuszność, mówiąc, iż na niebie i ziemi jest wiele rzeczy, o których się nie śni najmędrszym... Może ten murzyn jest zwiastunem ewolucji oka ludzkiego, które, po upływie setek lat, lub nieco wcześniej, będzie mogło rozróżniać promieniowania, dotąd nam nieznane?
- To przypuszczenie zbyt śmiałe! - rzekł Jerzy.
- Dlaczego? Czyż i teraz, ludzie pogrążeni w śnie hypnotycznym, nie widzą osób oddalonych, lub przegrodzonych od nich grubym murem? A przecież wtedy mają oczy zamknięte! Dokładne zbadanie tych objawów, zamieni je w niezbite pewniki.
- Co to są owe dżinny, o których Zaruk wspominał? Co prawda, to mitologja mahometańska, wobec nauk poważniejszych, całkiem się ulotniła z mojej pamięci...
- Wiem o nich nie więcej od pana; ale zapytamy o nie Zaruka. Jest on w tyra przedmiocie niewyczerpanym, a wyobraźnia jego jest, pełną owych cudownych baśni, które się opowiadają zwykle przy ogniskach karawan, obozujących w pustyni.
- Zaruk! - zawołał głośno.
- Panie - odpowiedział murzyn, zbliżając się - ja słyszeć pytanie twego przyjaciela. Ale czy to rozsądnie mówić o tych strasznych istotach, kiedy one może krążyć dokoła nas?
- Nie bój się! Przecież sam mówiłeś, że w godzinę mogą przelatywać setki mil? Jeśli nawet tu były, to już muszą być daleko.
To rozumowanie napełniło radością Zaruka.
- Bez wątpienia! - zawołał z westchnieniem ulgi - to być prawdą i ja nie kłamać, ale ja się teraz niczego nie bać: Allah nas obronić!
I mówił dalej, głosem śpiewnym i nieco nosowym:
- Dżinny, to duchy niewidzialne: one zamieszkiwać między ziemią i niebem, a jest ich tysiąc razy więcej, aniżeli ludzi i zwierząt... Są między niemi dobre i złe - tych być wiele, wiele więcej! Oni być posłuszni Iblisowi, któremu Allah dać niezależność aż do dnia sądu ostatecznego... Mądry sułtan Sulejman (Salomon) szanowany nawet przez żydów i niewiernych, dostać od Allaha kamień zielony, błyszczący jak gwiazda: ten mu dać władzę rozkazywania tym duchom. One go do śmierci słuchać i nawet zbudować świątynię jerozolimską - ale po jego skonie dżinny rozproszyć się po całym świecie i popełniać wszelkie zbrodnie i dokuczać, oh, jak dokuczać ludziom!...
Zaruk w tym przedmiocie był niewyczerpanym i wyliczał długo różne rodzaje złych duchów i ich straszliwe własności.
Ralf i Jerzy milczeli; zdawało im się, że są dziećmi i słuchają z przejęciem baśni z "Tysiąca i jednej nocy", a powaga Zaruka, jego głęboka wiara w to wszystko, co mówił - dodawały uroku temu opowiadaniu.
Mówił on przytem płynnie po francusku, nie umiał tylko sobie radzić z czasownikami, których używał zawsze w trybie bezokolicznym.
Zajęci jego opowiadaniem, ani się spostrzegli, kiedy stanęli przed willą Palmową.