III. La cour a saint-mandé
Le provisoire de l'Hôtel des Pyramides avait duré trois mois, six mois, avec les malles a peine défaites, les sacs bouclés, le désordre et l'incertitude d'un campement. Tous les jours d'excellentes nouvelles arrivaient d'Illyrie. Dépourvue de racines, sur un sol neuf o? elle n'avait ni passé, ni héros, la République ne prenait pas. Le peuple se lassait, regrettait ses princes, et des calculs d'une certitude infaillible venaient dire aux exilés : " Tenez-vous pr?ts... C'est pour demain. " On ne plantait pas un clou dans les appartements, on ne déplaçait pas un seul meuble, sans cette exclamation d'espoir : " Ce n'est plus la peine. " Pourtant l'exil se prolongeait, et la reine ne tardait pas a comprendre que ce séjour a l'hôtel dans un tourbillon d'étrangers, un passage d'oiseaux voyageurs de toute plume, deviendrait contraire a la dignité de leur rang. On leva la tente, on acheta une maison, on s'installa. De nomade l'exil se fit sédentaire.
C'était a Saint-Mandé, sur l'avenue Daumesnil, a la hauteur de la rue Herbillon, dans cette partie qui longe le bois, bordée de constructions élégantes, de grilles coquettes laissant voir des jardins sablés, des perrons arrondis, des pelouses anglaises qui donnent l'illusion d'un coin de l'avenue du Bois-de-Boulogne. Dans un de ces hôtels s'étaient déja réfugiés le roi et la reine de Palerme, sans grande fortune, fuyant l'entraînement et les quartiers luxueux du high-life. La duchesse de Malines, s?ur de la reine de Palerme, était venue la rejoindre a Saint-Mandé, et toutes deux attiraient sans peine leur cousine dans ce quartier. En dehors des questions d'amitié, Frédérique désirait se mettre a part de l'entrain joyeux de Paris, protester contre le monde moderne et les prospérités de la République, éviter cette curiosité qui s'attache aux gens connus et qui lui semblait une injure a sa déchéance. Le roi s'était d'abord récrié sur le lointain de l'habitation, mais il devait y trouver bientôt un prétexte aux longues absences et aux rentrées tardives. Enfin, ce qui primait tout, la vie était moins ch?re la que partout ailleurs, et l'on y pouvait soutenir son luxe a peu de frais.
L'installation fut confortable. La maison blanche, haute de trois étages, flanquée de deux tourelles, regardait le bois a travers les arbres de son petit parc, tandis que sur la rue Herbillon, entre les communs et les serres se faisant face, s'arrondissait une grande cour sablée jusqu'au perron que surmontait une marquise supportée en forme de tente par deux longues lances inclinées. Dix chevaux a l'écurie : chevaux de trait, chevaux de selle - la reine montait tous les jours, - la livrée aux couleurs d'Illyrie, coiffée en marteaux et poudrée, avec un suisse dont la hallebarde et le baudrier d'or vert étaient aussi légendaires a Saint-Mandé et a Vincennes que la jambe de bois du vieux Daumesnil, tout cela constituait un luxe convenable et presque neuf. Il n'y avait gu?re en effet plus d'un an que Tom Lévis avait improvisé, avec tous ses décors et accessoires, la sc?ne princi?re o? va se jouer le drame historique que nous racontons.
Eh ! mon Dieu, oui, Tom Lévis... En dépit des méfiances, des répugnances, il avait fallu recourir a lui. Ce tout petit gros homme était d'une ténacité, d'une élasticité surprenante. Et tant de malices plein son sac, tant de clefs, de pinces-monseigneur, pour ouvrir ou forcer les serrures résistantes, sans compter des façons a lui de gagner le c?ur des fournisseurs, des valets, des chambri?res. " Surtout pas de Tom Lévis ! " On disait toujours cela pour commencer. Mais alors rien n'avançait. Les fournisseurs ne livraient pas a temps leurs marchandises, les domestiques s'insurgeaient, jusqu'au jour o? l'homme au cab, apparaissant avec ses lunettes d'or et ses breloques, les tentures descendaient d'elles-m?mes des plafonds, s'allongeaient aux parquets, se nouaient, se compliquaient en porti?res, rideaux, tapis décoratifs et ouatés. Les calorif?res s'allumaient, les camélias montaient dans la serre, et les propriétaires, vite installés, n'avaient plus qu'a jouir et a attendre sur les si?ges commodes des salons le paquet de factures arrivant de tous les coins de Paris. Rue Herbillon, c'était le vieux Rosen, le chef de la maison civile et militaire, qui recevait les comptes, payait la livrée, gérait la petite fortune du roi, et si adroitement que, ce cadre doré donné a leur malheur, Christian et Frédérique vivaient encore largement. Tous deux rois, enfants de rois, ne savaient d'ailleurs le prix d'aucune chose, habitués a se voir en effigie sur toutes les pi?ces d'or, a battre monnaie selon leur bon plaisir ; et loin de s'étonner de ce bien-?tre, ils sentaient au contraire tout ce qui manquait a leur existence nouvelle, sans parler du vide refroidissant que laisse autour des fronts une couronne tombée. La maison de Saint-Mandé, si simple au dehors, avait beau s'orner en petit palais a l'intérieur, la chambre de la reine rappelant exactement par ses lampas bleus couverts de vieux bruges celle du château de Leybach, le cabinet du prince identique a celui qu'il quittait, dans l'escalier les reproductions des statues de la résidence royale, et dans la serre une singerie ti?de, garnie de glycines grimpantes pour les ouistitis favoris : qu'était-ce que tous ces petits détails de délicate flatterie, aux possesseurs de quatre châteaux historiques et de ces résidences d'été entre le ciel et l'eau, les pelouses mourant sous les vagues, dans les îles vertes qu'on appelle " les jardins de l'Adriatique ! "
A Saint-Mandé, l'Adriatique c'était le petit lac du bois, que la reine avait en face de ses fen?tres et qu'elle regardait tristement comme Andromaque exilée regardait son faux Simo?s. Si restreinte pourtant que f?t leur vie, il arrivait a Christian, plus expérimenté que Frédérique, de s'étonner de cette aisance relative :
- Ce Rosen est incroyable... Je ne sais vraiment comment il s'arrange pour suffire a tout avec le peu que nous avons.
Puis il ajoutait en riant :
- On peut ?tre s?r toujours qu'il n'y met pas du sien.
Le fait est qu'en Illyrie, Rosen était synonyme d'Harpagon. A Paris m?me, ce renom de ladrerie avait suivi le duc et se trouvait confirmé par le mariage de son fils, mariage conclu dans les agences spéciales, et que toute la gentillesse de la petite Sauvadon n'emp?chait pas d'?tre une sordide mésalliance. Cependant Rosen était riche. Le vieux pandour, qui portait tous ses instincts rapaces et pillards écrits dans son profil d'oiseau de proie, n'avait pas fait la guerre aux Turcs et aux Monténégrins uniquement pour la gloire. A chaque campagne, ses fourgons revenaient pleins, et le magnifique hôtel qu'il occupait a la pointe de l'île Saint-Louis, tout aupr?s de l'hôtel Lambert, regorgeait de choses précieuses, tentures d'Orient, meubles du moyen âge et de la chevalerie, triptyques d'or massif, sculptures, reliquaires, étoffes brodées et lamées, butin de couvents ou de harems entassé dans une suite d'immenses salons de réception ouverts seulement une fois lors du mariage d'Herbert et de la f?te féerique payée par l'oncle Sauvadon, mais qui depuis, mornes et verrouillés, conservaient leurs richesses derri?re les rideaux rejoints, les volets clos, sans craindre m?me l'indiscrétion d'un rayon de soleil. Le bonhomme menait la une véritable existence de maniaque, confiné a un seul étage de l'immense hôtel, se contentant de deux domestiques pour tout service, d'un régime de provincial avare, tandis que les vastes cuisines du sous-sol avec leurs tournebroches immobiles et leurs fourneaux refroidis, restaient aussi fermées que les appartements de gala.
L'arrivée de ses souverains, la nomination de tous les Rosen aux charges de la petite cour, avaient un peu changé les habitudes du vieux duc. D'abord les jeunes gens étaient venus vivre avec lui, leur installation du parc Monceau - une vraie cage moderne aux barreaux dorés - se trouvant trop loin de Vincennes. Tous les matins a neuf heures, par n'importe quel temps, la princesse Colette était pr?te pour le lever de la reine et montait en voiture a côté du général, dans ce brouillard riverain que les matins d'hiver et d'été laissent traîner jusqu'a midi a la pointe de l'île comme un voile sur le décor magique de la Seine. A cette heure le prince Herbert essayait de reprendre un peu de son sommeil perdu dans un rude service de nuit, le roi Christian ayant dix années de vie de province et de couvre-feu conjugal a rattraper, et pouvant si peu se passer du Paris nocturne que, les théâtres et les cafés fermés, il trouvait en sortant du club un charme a arpenter les boulevards déserts, secs et sonores ou luisants d'eau, avec la ligne des réverb?res comme une garde de feu tout au bord de la longue perspective.
A peine arrivée a Saint-Mandé, Colette montait pr?s de la reine. Le duc, lui, s'installait dans un pavillon-chalet attenant aux communs, a la portée du service et des fournisseurs. On appelait cela l'intendance ; et c'était touchant de voir ce grand vieux assis sur son fauteuil de moleskine parmi la paperasse, les classements, les cartons verts, recevant et réglant de petites factures bourgeoises, lui qui avait eu sous ses ordres a la résidence tout un peuple d'huissiers galonnés. Son avarice était telle, que, m?me en ne payant pas pour son compte, chaque fois qu'il devait donner de l'argent, il y avait sur sa figure une contraction de tous les traits, un froncement nerveux des rides, comme si on les lui e?t serrées avec le cordon d'un sac ; son corps raide et droit protestait, et jusqu'au geste automatique dont il ouvrait la caisse incrustée au mur. Malgré tout, il s'arrangeait pour ?tre toujours pr?t, et subvenir, avec les ressources modestes des princes d'Illyrie, au gaspillage inévitable dans une grande maison, aux charités de la reine, aux largesses du roi, m?me a ses plaisirs qui comptaient dans le budget ; car Christian II s'était tenu parole et passait joyeusement son temps d'exil. Assidu aux f?tes parisiennes, accueilli des grands cercles, recherché dans les salons, son profil narquois et fin entrevu dans la confusion animée des premi?res loges ou l'élan tumultueux d'un retour de courses, avait pris place désormais dans les médaillons connus du " tout Paris ", entre la chevelure hardie d'une actrice en vogue et la figure décomposée de ce prince royal en disgrâce qui roule les cafés du boulevard en attendant que sonne pour lui l'heure du r?gne. Christian menait la vie oisive et si remplie de la jeune Gomme. L'apr?s-midi au jeu de paume ou au skating, puis le Bois, une visite au jour tombant dans certain boudoir chic dont il aimait la tenue luxueuse et l'excessive liberté de paroles ; le soir, les petits théâtres, le foyer de la danse, le cercle et surtout le jeu, un maniement de cartes o? l'on e?t retrouvé son origine boh?me, la passion du hasard et de tous ses pressentiments. Il ne sortait presque jamais avec la reine, excepté le dimanche pour la mener a l'église de Saint-Mandé, et ne la voyait gu?re qu'aux repas. Il craignait cette nature raisonnable et droite, toujours préoccupée de devoir, et dont la méprisante froideur le g?nait comme une conscience visible. C'était le rappel a ses charges de roi, aux ambitions qu'il voulait oublier ; et trop faible pour se révolter en face contre cette domination muette, il aimait mieux fuir, mentir, se dérober. De son côté, Frédérique connaissait si bien ce tempérament de Slave ardent et mou, vibrant et fragile ; elle avait eu tant de fois a pardonner les écarts de cet homme enfant, qui gardait tout de l'enfance, la grâce, le rire, jusqu'a la cruauté de caprice ; elle l'avait vu si souvent a genoux devant elle apr?s une de ces fautes o? il jouait son bonheur et sa dignité, qu'elle s'était compl?tement découragée du mari et de l'homme, s'il lui restait encore des égards pour le roi. Et ce débat durait presque depuis dix ans, bien qu'en apparence le ménage f?t tr?s uni. A ces hauteurs d'existence, avec les appartements vastes, la domesticité nombreuse, le cérémonial qui écarte les distances et comprime les sentiments, ces sortes de mensonges sont possibles. Mais l'exil allait les trahir.
Frédérique avait d'abord espéré que cette dure épreuve m?rirait la raison du roi, éveillerait en lui ces belles révoltes qui font les héros et les vainqueurs. Au contraire, elle voyait grandir dans ses yeux une ivresse de f?te et de vertige allumée par le séjour de Paris, son phosphore diabolique, l'incognito, les tentations et la facilité du plaisir. Ah ! si elle avait voulu le suivre, partager cette course folle dans le tourbillon parisien, faire citer sa beauté, ses chevaux, ses toilettes, se pr?ter de toutes ses coquetteries de femme a la vaniteuse lég?reté du mari, un rapprochement aurait été possible. Mais elle restait plus reine que jamais, n'abdiquait rien de ses ambitions, de ses espérances, et de loin acharnée a la lutte, envoyant lettre sur lettre aux amis de la-bas, protestant, conspirant, elle entretenait toutes les cours d'Europe de l'iniquité de leur infortune. Le conseiller Boscovich écrivait sous sa dictée ; et a midi, quand le roi descendait, elle présentait elle-m?me le courrier a la signature. Il signait, parbleu ! il signait tout ce qu'elle voulait, mais avec un frisson d'ironie au coin des l?vres. Le scepticisme de son milieu railleur et froid l'avait gagné ; aux illusions du début, par un revirement propre a ces natures extr?mes, avait succédé la conviction formelle que l'exil se prolongerait indéfiniment. Aussi quel air d'ennui, quelle fatigue il apportait dans ces conversations o? Frédérique essayait de le monter jusqu'a sa fi?vre, cherchait au fond de ses yeux cette attention qu'elle ne pouvait y fixer ! Distrait, poursuivi de quelque refrain b?te, il avait toujours dans la t?te sa vision de la derni?re nuit, le tournoiement ivre et langoureux du plaisir. Et quel " ouf ! " de soulagement quand il était enfin dehors, quelle reprise de jeunesse et de vie qui, chaque fois, laissait la reine plus triste et plus seule !
Apr?s ce travail d'écritures dans la matinée, l'envoi de quelques-uns de ces billets éloquents et courts o? elle ravivait les courages, les dévouements pr?s de faiblir, les seules distractions de Frédérique étaient la lecture de sa biblioth?que de souveraine, composée de mémoires, de correspondances, de chroniques du temps passé ou de haute philosophie religieuse, puis les jeux de l'enfant dans le jardin et quelques promenades a cheval dans le bois de Vincennes, promenades rarement prolongées jusqu'a la lisi?re o? venaient aboutir les derniers échos du bruit parisien, échouer les derni?res mis?res du grand faubourg ; car Paris lui causait une antipathie, un effroi insurmontables. A peine, une fois par mois, la livrée en grande tenue, allait-elle faire sa tournée de visites chez les princes exilés. Partie sans plaisir, elle revenait découragée. Sous ces infortunes royales, décemment, noblement supportées, elle sentait l'abandon, le renoncement complet, l'exil accepté, pris en patience, en habitude, trompé par des manies, des enfantillages, ou m?me pis.
La plus digne, la plus fi?re de ces majestés tombées, le roi de Westphalie, pauvre vieil aveugle si touchant avec sa fille, sa blonde Antigone, gardait la pompe et les dehors de son rang, mais ne s'occupait plus que de collectionner des tabati?res, d'établir des vitrines de curiosités dans ses salons, raillerie singuli?re a l'infirmité qui l'emp?chait de jouir de ses trésors. Chez le roi de Palerme, m?me renoncement apathique, compliqué de deuils, de tristesse, de manque d'argent, le ménage désuni, l'ambition tuée par la perte de l'unique enfant. Le roi, presque toujours absent, laissait sa femme a son foyer de veuvage et d'exil ; tandis que la reine de Galice, fastueuse, passionnée de plaisir, ne changeait rien a ses m?urs turbulentes de souveraine exotique, et que le duc de Palma décrochait de temps en temps son escopette pour essayer de franchir la fronti?re qui chaque fois et durement le rejetait a l'oisiveté misérable de sa vie. Au fond, contrebandier bien plus que prétendant, faisant la guerre pour avoir de l'argent et des filles, et donnant a sa pauvre duchesse toutes les émotions d'une malheureuse mariée a l'un de ces bandits des Pyrénées que l'on rapporte sur une civi?re s'ils s'attardent au petit jour. Tous ces dépossédés n'avaient qu'un mot aux l?vres, une devise remplaçant les sonores devises de leurs maisons royales : " Pourquoi faire ?... A quoi bon ? " Aux élans, aux ferveurs actives de Frédérique, les plus polis répondaient par un sourire, les femmes répliquaient théâtre, religion, galanterie ou modes ; et peu a peu ce tacite abaissement d'un principe, ce désagr?gement de forces gagnait la fi?re Dalmate elle-m?me. Entre ce roi qui ne voulait plus l'?tre, le pauvre petit Zara si lent a grandir, tout la frappait de défaillance. Le vieux Rosen ne parlait gu?re, enfermé tout le jour dans son bureau. La princesse n'était qu'un oiseau, sans cesse occupé de lisser ses plumes, Boscovich un enfant, la marquise une folle. Il y avait encore le P?re Alphée, mais ce moine farouche et rugueux n'aurait pu comprendre a mi-mot les frissons intimes de la reine, les doutes, les peurs qui commençaient a l'envahir. La saison s'en m?lait aussi. Ce bois de Saint-Mandé, l'été tout en verdure et en fleurs, désert et calme comme un parc pendant la semaine, le dimanche grouillant de joie populaire, prenait sous l'hiver approchant, dans le deuil des horizons mouillés, dans la brume flottante de son lac, l'aspect désolé, sans grandeur, des lieux de plaisir abandonnés. Des tourbillons de corbeaux volaient au-dessus des buissons noirs, au-dessus des grands arbres tordus balançant des nids de pies, des guis chevelus, a leurs sommets découronnés. C'était le second hiver que Frédérique passait a Paris. Pourquoi lui semblait-il plus long, plus lugubre que l'autre ? Était-ce le tapage de l'hôtel qui lui manquait, le mouvement de la ville tumultueuse et riche ? Non. Mais a mesure que la reine décroissait en elle, la femme reprenait ses faiblesses, ses peines d'épouse délaissée, ses nostalgies d'étrang?re arrachée du sol natal.
Dans la galerie vitrée annexe du grand salon, dont elle avait fait un petit jardin d'hiver, un coin frileux loin du bruit domestique, orné de claires tentures, de plantes vertes a tous ses angles, elle se tenait maintenant des jours entiers, inactive, devant le jardin raviné et son fouillis de branches gr?les hachant l'horizon gris, comme une plaque d'eau-forte, avec un mélange de verdures foncées et résistantes que les houx, les buis conservaient m?me sous la neige dont leurs branches aiguës perçaient la blancheur. Sur les trois vasques superposées de la fontaine, les nappes d'eau retombantes prenaient un ton d'argent froid ; et au dela de la haute grille qui longeait l'avenue Daumesnil, de temps en temps rompant le silence et la solitude de deux lieues de bois, les tramways a vapeur passaient en sifflant, leur longue fumée rejetée en arri?re, si lourde a se disperser dans l'air jaune, que Frédérique pouvait la suivre longtemps, la voir se perdre peu a peu, lente et sans but comme sa vie.
Ce fut par un matin pluvieux d'hiver qu'Élisée Méraut donna sa premi?re leçon a l'enfant royal, dans ce petit abri de la tristesse et des songeries de la reine, qui prenait ce jour-la l'aspect d'un cabinet d'études : des livres, des cartons étalés sur la table, une lumi?re répandue d'atelier ou de classe, la m?re toute simple dans la robe de drap noir qui serrait sa haute taille, une petite travailleuse en laque roulée en face d'elle, et le maître et l'él?ve aussi hésitants, aussi émus l'un que l'autre de leur premi?re entrevue. Le petit prince reconnaissait vaguement cette t?te énorme et fulgurante qu'on lui avait montrée la nuit de Noël dans le crépuscule religieux de la chapelle, et que son imagination, tout encombrée des contes bleus de madame de Silvis, avait assimilée a quelque apparition du géant Robistor ou de l'enchanteur Merlin. Et l'impression d'Élisée était bien aussi chimérique, lui qui dans ce fr?le petit garçon, vieillot et maladif, au front déja plissé comme s'il e?t porté les six cents ans de sa race, croyait voir un chef prédestiné, un conducteur d'hommes et de peuples, et lui disait gravement, la voix tremblante :
- Monseigneur, vous serez roi un jour... il faut que vous appreniez ce que c'est qu'un roi... Écoutez-moi bien, regardez-moi bien, et ce que ma bouche n'exprimera pas assez clairement, le respect, de mes yeux vous le fera comprendre...
Alors, penché sur cette petite intelligence au ras du col, avec des mots et des images pour elle, il lui expliquait le dogme du droit divin, les rois en mission sur la terre, entre les peuples et Dieu, chargés de devoirs, de responsabilités que les autres hommes n'ont pas, et qui leur sont imposés depuis l'enfance... Que le petit prince comprît parfaitement ce qu'on lui disait, ce n'est gu?re probable ; peut-?tre se sentait-il enveloppé de cette tiédeur vivifiante dont les jardiniers, qui soignent une plante rare, entourent la fibre délicate, le bourgeon chétif. Quant a la reine, courbée sur sa tapisserie, elle écoutait venir a elle avec une surprise délicieuse cette parole qu'elle attendait désespérément depuis des années, qui répondait a ses pensées les plus secr?tes, les appelait, les secouait... Si longtemps elle avait r?vé seule ! Tant de choses qu'elle n'aurait su dire, et dont Élisée lui donnait la formule ! Devant lui, d?s le premier jour, elle se sentit comme un musicien inconnu, un artiste inexprimé, devant l'exécutant prestigieux de son ?uvre. Ses plus vagues sentiments sur cette grande idée de royauté prenaient corps et se résumaient magnifiquement, tr?s simplement aussi, puisqu'un enfant, un tout petit enfant, pouvait presque les comprendre. Tandis qu'elle regardait cet homme, ses grands traits animés de croyance et d'éloquence, elle voyait en opposition la jolie figure indolente, le sourire indécis de Christian, elle entendait l'éternel : " A quoi bon ? " de tous ces rois découronnés, les caquetages des boudoirs princiers. Et c'était ce plébéien, ce fils de tisserand - dont elle connaissait l'histoire - qui avait recueilli la tradition perdue, conservé les reliques et la châsse, le feu sacré dont la flamme était visible en ce moment sur son front, communicative dans l'ardeur de son discours. Ah ! si Christian e?t été comme cela, ils seraient encore sur le trône ou disparus tous deux, ensevelis sous ses décombres... Chose singuli?re ! dans cette attention dont elle ne pouvait se défendre, la voix, le visage d'Élisée lui donnaient une impression de ressouvenir. De quelle ombre de sa mémoire se levaient ce front de génie, ces accents qui lui résonnaient au plus profond de l'?tre, dans quelque cavité secr?te du c?ur ?...
Maintenant le maître s'était mis a interroger son él?ve, non sur ce qu'il savait - rien ou si peu de chose, hélas ! - mais en cherchant ce qu'on pourrait lui apprendre. " Oui, monsieur... Non, monsieur... " Le petit prince n'avait que ces deux mots aux l?vres et mettait toute sa force a les prononcer, avec cette gentillesse timide des garçons élevés par des femmes dans la perpétuité de leurs premiers enfantillages. Il essayait pourtant, le pauvre mignon, sous l'amas de connaissances variées que lui avait données madame de Silvis, de dém?ler quelques notions d'histoire générale parmi les aventures de nains et de fées qui pailletaient sa petite imagination machinée comme un théâtre de féerie. De sa place la reine le soutenait, l'encourageait, le soulevait sur son âme a elle. Au départ des hirondelles, si la plus petite du nid ne vole pas encore, la m?re lui donne ainsi l'essor sur ses propres ailes. Quand l'enfant hésitait a répondre, le regard de Frédérique, doré dans ses yeux d'aigue-marine, se fonçait comme le flot sous le grain qui passe ; mais lorsqu'il avait dit juste, quel sourire de triomphe elle tournait vers le maître ! Depuis bien des mois elle n'avait éprouvé une pareille plénitude de bien-?tre, de joie. Le teint de cire du petit Zara, sa physionomie affaissée d'enfant débile, semblaient infusés d'un sang nouveau ; jusqu'au paysage dont les plans tristes s'écartaient a la magie de cette parole, ne laissant plus voir que ce qu'avait d'imposant et de grandiose ce dénuement vaste de l'hiver. Et pendant que la reine restait attentive, le coude appuyé, le buste en avant, penchée tout enti?re vers cet avenir o? l'enfant-roi lui apparaissait dans le triomphe du retour a Leybach, Élisée frissonnant, émerveillé d'une transfiguration dont il ne savait pas ?tre la cause, voyait sur ce beau front au ton d'agate se tordre et s'enrouler en diad?me royal les reflets croisés des nattes lourdes.
Midi sonnait partout que la leçon durait encore. Dans le salon principal o? la petite cour se réunissait chaque matin a l'heure du déjeuner, on commençait a chuchoter, a s'étonner de ne voir paraître ni le roi ni la reine. L'appétit et le vide de cet instant o? le repas se fait attendre m?laient une certaine mauvaise humeur a ces entretiens a voix basse. Boscovich, pâle de froid et de faim, et qui venait de battre les taillis pendant deux heures pour trouver quelque fleurette d'arri?re-saison, se dégelait les doigts debout devant la haute cheminée de marbre blanc en forme d'autel, sur laquelle le P?re Alphée disait parfois, le dimanche, une messe particuli?re. La marquise, majestueuse et raide au bord d'un divan, dans sa robe de velours vert, hochait la t?te d'un air tragique sur son long cou maigre entortillé d'un boa, tout en faisant ses confidences a la princesse Colette. La pauvre femme était désespérée qu'on lui e?t repris son él?ve pour le confier a une esp?ce... une véritable esp?ce... ; elle l'avait vu le matin traverser la cour.
- Ma mie, il vous aurait fait peur... des cheveux longs comme ça, l'air d'un fou... Il faut le P?re Alphée pour de pareilles trouvailles.
- On le dit tr?s savant... fit la princesse, distraite, envolée...
L'autre bondit la-dessus... Tr?s savant... tr?s savant !... Est-ce qu'un fils de roi avait besoin d'?tre bourré de grec et de latin comme un dictionnaire ?... " Non, non, voyez-vous, ma petite, ces éducations-la exigent des connaissances spéciales... Moi je les avais. J'étais pr?te. J'ai travaillé le traité de l'abbé Diguet sur l'Institution d'un prince. Je sais par c?ur les différents moyens qu'il indique pour connaître les hommes, ceux pour écarter les flatteurs. Les premiers sont au nombre de six, on en compte sept des seconds. Les voici dans l'ordre... "
Et elle se mit a les réciter a la princesse qui ne l'écoutait pas, tout énervée, maussade, assise sur un pouf de coussins que dépassait d'une longueur de traîne sa robe d'un bleu tr?s pâle, a la mode de cette année-la ; et regardant la porte qui conduisait aux appartements du roi, des brins d'aimant au bout des cils, avec la mine fâchée d'une jolie femme qui a composé sa toilette pour quelqu'un qui n'arrive pas. Raide dans son habit croisé, le vieux duc de Rosen se promenait de long en large d'un pas automatique, régulier comme un balancier d'horloge, s'arr?tait a l'une ou l'autre des fen?tres donnant sur le jardin ou la cour, et la, le regard levé sous les plis du front, semblait l'officier de quart chargé de la marche et de la responsabilité du bord. Et vraiment l'aspect du navire lui faisait honneur. La brique rouge des communs, le pavillon de l'intendance, luisaient, lavés par la pluie qui bondissait sur la netteté des perrons et d'un sable fin caillouté. Dans le jour sombre, une clarté venait positivement de l'ordre des choses et se reflétait jusque dans le grand salon, égayé par la chaleur répandue des tapis et des calorif?res, le mobilier Louis XVI blanc et or, aux classiques ornements reproduits sur les boiseries des panneaux et des glaces, celles-ci tr?s grandes, un petit cartel doré retenu sur l'une d'elles par des attaches enrubannées. A l'un des angles de la vaste pi?ce, une encoignure du m?me temps soutenait dans une boîte transparente le diad?me sauvé du naufrage. Frédérique avait voulu qu'il f?t la : " pour qu'on se souvienne ! " disait-elle. Et malgré les railleries de Christian, qui trouvait cela rococo, musée des souverains en diable, le splendide joyau du moyen âge aux pierreries étincelantes dans le vieil or gaufré et repercé, jetait une note d'antique chevalerie au milieu de la coquetterie du dix-huiti?me si?cle et du go?t multiple du nôtre.
Le roulement sur le sable d'une voiture famili?re annonça l'arrivée de l'aide de camp. Enfin, c'était toujours quelqu'un.
- Comme vous venez tard aux ordres, Herbert, fit le duc avec gravité.
Le prince, quoique grand garçon, toujours tremblant devant son p?re, rougit, bégaya quelques excuses... Désolé... pas sa faute... service toute la nuit.
- C'est donc pour cela que le roi n'est pas encore descendu ? dit la princesse approchant son petit nez fin du dialogue des deux hommes. Un regard sév?re du duc lui ferma la bouche. La conduite du roi ne regardait personne.
- Montez vite, monsieur, Sa Majesté doit vous attendre.
Herbert obéit apr?s avoir essayé d'obtenir un sourire de sa bien aimée Colette, dont la mauvaise humeur, loin d'?tre calmée par sa venue, alla bouder sur le divan, les jolies boucles en déroute, et la robe bleue froissée par les crispations d'une main d'enfant. Il s'était fait pourtant bel homme, le prince Herbert, depuis quelques mois. Sa femme avait exigé qu'en sa qualité d'aide de camp il laissât pousser ses moustaches, ce qui donnait une expression formidablement martiale a sa bonne face amaigrie et pâlie par les veilles, les fatigues de son service aupr?s du roi... En outre, il boitait encore un peu, marchait appuyé sur sa canne comme un véritable héros de ce si?ge de Raguse dont il venait d'écrire le mémorial, mémorial déja fameux avant de paraître, et qui lu par l'auteur un soir chez la reine de Palerme, lui avait valu, avec une brillante ovation mondaine, la promesse formelle d'un prix a l'Académie. Pensez quelle situation, quelle autorité tout cela donnait au mari de Colette ! Mais il n'en gardait pas moins son air bon enfant, dadais, timide, surtout devant la princesse qui continuait a le traiter avec le plus gracieux mépris. Ce qui prouve bien qu'il n'est pas de grand homme pour sa femme.
- Eh bien ! qu'y a-t-il encore ? fit-elle d'un petit ton impertinent en le voyant reparaître, la figure stupéfaite et bouleversée.
- Le roi n'est pas rentré !
Ces quelques mots d'Herbert produisirent l'effet d'une décharge électrique dans le salon. Colette, tr?s pâle, les larmes aux yeux, retrouva la premi?re la parole :
- Est-ce possible ?
Et le duc, d'une voix br?ve :
- Pas rentré !... Comment ne m'a-t-on pas averti ?
Le boa de madame de Silvis se dressait, se tordait convulsivement.
- Pourvu qu'il ne lui soit rien arrivé !... dit la princesse dans un état d'exaltation extraordinaire.
Mais Herbert la tranquillisa. Lebeau, le valet de chambre, était parti depuis une heure avec la valise. Bien s?r il devait avoir des nouvelles.
Dans le silence qui suivit, planait pour tous la m?me pensée inquiétante que le duc de Rosen résuma subitement :
- Que va dire la reine ?
Et Boscovich, tout tremblant :
- Sa Majesté l'avait peut-?tre prévenue...
- Je suis s?re que non, affirma Colette... car la reine disait tout a l'heure qu'au déjeuner elle présenterait au roi le nouveau précepteur.
Et, frémissante, elle ajouta entre ses dents, assez haut pour ?tre entendue :
- A sa place, je sais bien ce que je ferais.
Le duc, indigné, se tourna - les yeux flambants - vers cette petite bourgeoise qu'il ne pouvait pas parvenir a décrasser, et probablement allait lui donner une verte leçon de respect monarchique, quand la reine parut, suivie d'Élisée, qui conduisait son royal él?ve par la main. Tous se lev?rent. Frédérique, avec un beau sourire de femme heureuse qu'on ne lui avait pas vu depuis longtemps, présenta M. Méraut... Oh ! le salut de la marquise, railleur et haut perché, voila huit jours qu'elle le répétait. La princesse, elle, ne trouva m?me pas la force d'un geste... De pâle, elle devenait pourpre, en reconnaissant dans le nouveau maître l'étrange grand garçon a côté de qui elle avait déjeuné chez son oncle et qui avait écrit le livre d'Herbert. Était-il la par l'effet du hasard ou de quelque machination diabolique ? Quelle honte pour son mari, quel ridicule nouveau si l'on apprenait sa supercherie littéraire ! Elle se rassura un peu devant le salut froid d'Élisée, qui devait pourtant bien l'avoir reconnue. " C'est un homme d'esprit, " pensa-t-elle. Malheureusement, tout fut compromis par la na?veté d'Herbert, sa stupéfaction a l'entrée du précepteur, et la poignée de main qu'il lui donna famili?rement avec un : " Bonjour, comment ça va ? "
- Vous connaissez donc monsieur ? lui demanda la reine, qui savait par son chapelain l'histoire du Mémorial et souriait non sans quelque malice.
Mais elle était bien trop bonne pour s'amuser longtemps d'un jeu cruel.
- Décidément, le roi nous oublie, dit-elle... Montez donc le prévenir, monsieur de Rosen.
Il fallut lui avouer la vérité, que le roi n'était pas a l'hôtel, qu'il avait passé la nuit dehors, et donner le renseignement de la valise. C'était la premi?re fois que pareille chose arrivait, et l'on s'attendait bien a un éclat de cette nature ardente et fi?re, d'autant que la présence d'un étranger aggravait encore le délit. Non. Elle resta calme. A peine quelques mots a l'aide de camp pour s'informer de la derni?re minute o? il avait vu Christian.
Vers trois heures du matin... Sa Majesté descendait le boulevard a pied avec monseigneur le prince d'Axel.
- Ah ! oui, c'est vrai... j'oubliais... Ils avaient a causer ensemble.
Dans ces intonations tranquilles elle achevait de reprendre sa sérénité. Mais personne ne s'y trompa. Chacun connaissait le prince d'Axel, savait a quel genre de conversation prévue cette Altesse dégradée, ce sinistre viveur était bon.
- Allons, a table, dit Frédérique, ralliant d'un geste souverain tout son petit entourage au calme qu'elle s'efforçait de montrer.
Il lui fallait un bras pour passer dans la salle. Elle hésitait, le roi n'étant pas la. Et tout a coup, se tournant vers le comte de Zara qui suivait de ses grands yeux, de son air entendu d'enfant malade et précoce toute cette sc?ne, elle lui dit avec une tendresse profonde, presque respectueuse, un sourire sérieux qu'il ne lui connaissait pas :
- Venez, sire.
II. Un royaliste
La t?te rase et nue sous une petite pluie acérée de décembre, qui givrait de pointes d'aiguille la laine brune de leur froc, deux moines portant la cordeli?re et la capuce arrondie de l'ordre de Saint-François, descendaient a grands pas la pente de la rue Monsieur-le-Prince. Au milieu des transformations du quartier Latin, de ces larges trouées par lesquelles s'en vont en poudre de démolitions l'originalité, les souvenirs du vieux Paris, la rue Monsieur-le-Prince garde sa physionomie de rue écoli?re. Les étalages de libraires, les crémeries, les rôtisseries, les marchands fripiers, " achat et vente d'or et d'argent ", y alternent jusqu'a la colline Sainte-Genevi?ve, et les étudiants l'arpentent a toute heure du jour, non plus les étudiants de Gavarni aux longs cheveux s'échappant d'un béret de laine, mais de futurs avoués, serrés du haut en bas de leurs ulsters, soignés et gantés, avec d'énormes serviettes en maroquin sous le bras, et déja des airs futés et froids d'agents d'affaires ; ou bien les médecins de l'avenir, un peu plus libres d'allures, gardant du côté matériel, humain, de leurs études, une expansion de vie physique, comme la revanche de leur perpétuelle préoccupation de la mort.
A cette heure matinale, des filles en peignoir et en pantoufles, les yeux bouffis de veilles, les cheveux déroulés dans un filet ballant, traversaient la rue pour chercher le lait de leur déjeuner chez la crémi?re, les unes riant et galopant sous le grésil, les autres tr?s dignes au contraire, balançant leur boîte en fer-blanc, et traînant leurs savates, leurs nippes fanées, avec la majestueuse indifférence de reines de féerie ; et comme en dépit des ulsters et des serviettes en maroquin les c?urs de vingt ans ont toujours leur âge, les étudiants souriaient aux belles. " Tiens, Léa. - Bonjour, Clémence ". On s'appelait d'un trottoir a l'autre, des rendez-vous se donnaient pour le soir : " A Médicis ", ou bien " a Louis XIII " ; et tout a coup, sur un madrigal trop vif ou pris de travers, une de ces indignations de fille stupéfiantes éclatait dans la formule invariable : " Passez donc votre chemin, esp?ce d'insolent ! " Pensez que les deux frocs devaient se hérisser au contact de toute cette jeunesse, retournée et riant sur leur passage, mais riant en dessous, car l'un des franciscains, maigre, noir et sec comme une caroube, avait une terrible physionomie de pirate sous ses sourcils embroussaillés, et sa robe que la cordeli?re serrait a gros plis bourrus lui dessinait des reins et des muscles d'athl?te. Ni lui, ni son compagnon ne semblaient d'ailleurs s'occuper de la rue dont ils secouaient l'atmosph?re a grands pas, l'?il fixe, absorbés, uniquement tendus au but de leur course. Avant d'arriver au large escalier qui descend vers l'École de médecine, le plus âgé fit signe a l'autre :
- C'est ici.
Ici, c'était un hôtel meublé, de pi?tre apparence, dont l'allée précédée d'une barri?re verte a sonnette s'ouvrait entre une boutique de journaux feuilletée de brochures, de chansons a deux sous, d'images coloriées o? le chapeau grotesque de Basile se répétait dans une foule d'attitudes, et une brasserie en sous-sol portant sur son enseigne : " Brasserie du Rialto ", sans doute parce que le service était fait par des demoiselles en coiffures vénitiennes.
- M. Élisée est-il sorti ? demanda l'un des P?res en passant au premier étage devant le bureau de l'hôtel.
Une grosse femme, qui avait d? rouler dans bien des garnis avant d'en tenir un pour son compte, répondit paresseusement de sa chaise et sans m?me consulter la rangée de clefs tristement alignées au casier :
- Sorti, a c'te heure !... Vous feriez ben mieux de demander s'il est rentré !...
Puis un coup d'?il aux robes de bure la faisait changer de ton, et elle indiquait, dans le plus grand trouble, la chambre d'Élisée Méraut :
- Numéro 36, au cinqui?me, au fond du couloir.
Les franciscains montaient, erraient parmi d'étroits corridors encombrés de bottes crottées et de bottines a hauts talons, grises, mordorées, fantaisistes, luxueuses ou misérables et qui en racontaient long sur les m?urs de " l'habitant " ; mais ils n'y prenaient pas garde, les balayaient au passage avec leurs jupes rudes et la croix de leurs grands chapelets, et s'émurent a peine quand une belle fille, v?tue d'un jupon rouge, la gorge et les bras nus dans un pardessus d'homme, traversa le palier du troisi?me étage, se pencha sur la rampe pour crier quelque chose au garçon, la voix et le rire éraillés dans une bouche singuli?rement canaille. Pourtant ils échang?rent un regard significatif.
- Si c'est l'homme que vous dites, murmura le corsaire avec un accent étranger, il s'est choisi un singulier milieu.
L'autre, le plus vieux, visage intelligent et fin, eut un sourire velouté de malice et d'indulgence sacerdotales :
- Saint Paul chez les Gentils ! murmura-t-il.
Arrivés au cinqui?me, les moines eurent encore un moment d'embarras, la vo?te de l'escalier abaissée et tr?s sombre laissant a peine distinguer les numéros et quelques portes ornées de cartes comme celle-ci : " Mlle Alice ", sans autre signalement de profession, signalement bien inutile du reste, car elles étaient plusieurs concurrentes du m?me métier dans la maison ; et voyez-vous les bons P?res allant frapper chez l'une d'elles a l'improviste !
- Il faut l'appeler, parbleu ! dit le moine aux sourcils noirs, qui fit retentir l'hôtel d'un " Monsieur Méraut ! " militairement accentué.
Non moins vigoureuse, non moins vibrante que son appel, fut la réponse partie de la chambre tout au fond du couloir. Et quand ils eurent ouvert la porte, la voix continua joyeusement :
- C'est donc vous, P?re Melchior ?... Pas de veine !... J'ai cru qu'on m'apportait une lettre chargée... Entrez tout de m?me, mes révérends, soyez les bienvenus... vous vous assiérez si vous pouvez.
C'était en effet, sur tous les meubles, des écroulements de livres, de journaux, de revues, habillant et cachant la sordide convention d'un garni de dix-huiti?me ordre, son carreau dérougi, son divan crevé, l'éternel secrétaire empire et les trois chaises en velours mort. Sur le lit, des papiers d'imprimerie confondus avec des v?tements et la mince couverture brune, des liasses d'épreuves que le maître du logis, encore couché, sabrait a grands coups de crayon de couleur. Ce misérable intérieur de travail, la cheminée sans feu, la nudité poudreuse des murs, étaient éclairés par le jour des toits voisins, le reflet d'un ciel pluvieux sur des ardoises lavées ; et le grand front de Méraut, sa face bilieuse et puissante, en recevaient l'éclat intelligent et triste qui distingue certains visages qu'on ne rencontre qu'a Paris.
- Toujours mon taudis, vous voyez, P?re Melchior !... Que voulez-vous ? Je suis descendu ici a mon arrivée, il y a dix-huit ans. Depuis, je n'en ai plus bougé... Tant de r?ves, d'espoirs enterrés dans tous les coins... des idées que je retrouve sous de vieilles poussi?res... Je suis s?r que si je quittais cette pauvre chambre, j'y laisserais le meilleur de moi-m?me... C'est si vrai que je l'avais gardée en partant la-bas...
- Eh bien ! au fait, votre voyage ? dit le P?re Melchior avec un petit clignement d'?il vers son compagnon... Je vous croyais parti pour longtemps... Qu'est-il donc arrivé ? L'emploi ne vous a donc pas convenu ?
- Oh ! si nous parlons de l'emploi, répondit Méraut en secouant sa crini?re, on n'en pouvait trouver de plus beau... Des appointements de ministre plénipotentiaire, logé au palais, chevaux, carrosses, domestiques... Tout le monde charmant pour moi, l'empereur, l'impératrice, les archiducs... Malgré tout, je m'ennuyais. Paris me manquait, le Quartier surtout, l'air qu'on y respire, léger, vibrant et jeune... Les galeries de l'Odéon, le livre frais, feuilleté debout avec deux doigts... ou la chasse aux bouquins, ces bouquins entassés sur la ligne des quais, comme un rempart abritant le Paris studieux contre la futilité et l'égo?sme de l'autre... Et puis, ce n'est pas encore tout ça - ici sa voix devint plus sérieuse - vous connaissez mes idées, P?re Melchior. Vous savez ce que j'ambitionnais en acceptant cette place de subalterne... Je voulais faire un roi de ce petit homme, un roi vraiment roi, ce qu'on ne voit plus ; l'élever, le pétrir, le tailler pour ce grand rôle qui les dépasse, les écrase tous, comme ces armures moyen âge restées dans les vieilles salles d'armes pour humilier nos épaules et nos poitrines étriquées... Ah ! ben oui !... des libéraux, mon cher, des réformateurs, des hommes de progr?s et d'idées nouvelles, voila ce que j'ai trouvé a la cour de X... D'affreux bourgeois qui ne comprennent pas que si la monarchie est condamnée, il vaut mieux qu'elle meure en combattant, roulée dans son drapeau, plutôt que de finir dans un fauteuil de ga-ga poussé par quelque Parlement... D?s ma premi?re leçon, ç'a été une clameur dans le palais... D'o? sort-il donc ? Que nous veut ce barbare ? Alors on m'a prié avec toute sorte de mamours de m'en tenir aux simples questions de pédagogie... Un pion, quoi ! Quand j'ai vu ça, j'ai pris mon chapeau, et bonsoir les Majestés !...
Il parlait d'une voix forte et pleine dont l'accent méridional frappait toutes les cordes métalliques, et a mesure sa physionomie se transfigurait. La t?te, au repos énorme et laide, bossuée d'un grand front au-dessus duquel se tordait dans un désordre invincible une chevelure noire aigrettée d'un large épi blanc, au nez épais et cassé, a la bouche violente sans un poil de barbe pour la cacher, car son teint avait les ardeurs, les crevasses, les stérilités d'un sol volcanique, la t?te s'animait merveilleusement dans la passion. Figurez-vous le déchirement d'un voile, le rideau noir d'un foyer, qu'on rel?ve sur la flambée joyeuse et réchauffante, le déploiement d'une éloquence attachée aux angles des yeux, du nez, et des l?vres, répandue avec le sang monté du c?ur sur cette face ternie par tous les exc?s et les veilles. Les paysages du Languedoc, du pays natal de Méraut, pelés, stériles, d'un gris d'oliviers poussiéreux, ont, sous les couchers irisés de leur soleil implacable, de ces splendides flamboiements traversés d'ombres féeriques qui semblent la décomposition d'un rayon, la mort lente et graduée d'un arc-en-ciel.
- Alors, vous voila dégo?té des grandeurs ? reprit le vieux moine, dont la voix insinueuse, sans résonance, formait un si grand contraste avec cette explosion d'éloquence.
- Certes !... répondit l'autre énergiquement.
- Pourtant, tous les rois ne se ressemblent pas... J'en connais a qui vos idées...
- Non, non, P?re Melchior... C'est fini. Je ne voudrais pas tenter l'épreuve une seconde fois... A voir les souverains de pr?s, j'aurais trop peur de perdre mon loyalisme.
Apr?s un silence, le malin pr?tre fit un détour et ramena sa pensée par une autre porte :
- Cet éloignement de six mois a d? vous faire du tort, Méraut ?
- Mais non, pas trop... D'abord, l'oncle Sauvadon m'est resté fid?le... vous savez, Sauvadon, mon richard de Bercy... Comme il rencontre beaucoup de monde chez sa ni?ce la princesse de Rosen et qu'il veut pouvoir se m?ler aux conversations, c'est moi qu'il a chargé de lui donner, trois fois la semaine, ce qu'il appelle " des idées sur les choses ". Il est charmant de na?veté, de confiance, ce brave homme. " Monsieur Méraut, qu'est-ce qu'il faut que je pense de ce livre ? - Exécrable. - Pourtant il me semblait... j'entendais dire l'autre soir chez la princesse... - Si vous avez une opinion, ma présence ici est inutile. - Mais non, mais non, mon cher ami... vous savez bien que je n'en ai pas, d'opinion. " Le fait est qu'il en manque absolument et prend les yeux fermés tout ce que je lui donne... Je suis sa mati?re pensante... Depuis mon départ, il ne parlait plus, faute d'idée... Et quand je suis revenu, il s'est jeté sur moi, faut voir ! J'ai encore deux Valaques auxquels je donne des leçons de droit politique...Puis toujours quelque bricole en train... Ainsi je termine en ce moment un Mémorial du si?ge de Raguse d'apr?s des documents authentiques... Il n'y a pas beaucoup de mon écriture la dedans... excepté un dernier chapitre, dont je suis assez content... J'ai les épreuves-la. Voulez-vous que je vous le lise ?... J'intitule ça : l'Europe sans rois !
Pendant qu'il lisait son factum royaliste, s'animant, s'émouvant jusqu'aux larmes, le réveil de l'hôtel garni mettait, tout autour, des rires de jeunesse, des gaietés de partie fine m?lées au choc des assiettes et des verres, aux notes cassées, sonnant le bois, d'un vieux piano qui jouait un air de bastringue. Contraste étonnant que les franciscains saisissaient a peine, tout a la joie d'entendre cette puissante et brutale apologie de royauté ; le grand, surtout, frémissant, piétinant, retenant des exclamations d'enthousiasme, avec un geste d'énergie qui lui serrait les bras sur la poitrine a la fracasser. La lecture finie, il se dressait, marchait a grands pas, débordant de gestes, de paroles :
- Oui ! c'est bien cela... voila le vrai... le droit divin, légitime, absolu... (il disait lézitime et assolu). Plus de Parlements... plus d'avocats !... Au feu toute la séquelle !
Et son regard pétillait et flambait comme un fagot de la Sainte- Hermandad. Plus calme, le P?re Melchior félicitait Méraut sur son livre.
- J'esp?re que vous le signerez, celui-la.
- Pas plus que les autres... Vous savez bien, P?re Melchior, que je n'ai d'ambition que pour mes idées... Le livre me sera payé, - c'est l'oncle Sauvadon qui m'a procuré cette aubaine ; - mais je l'aurais écrit pour rien, d'aussi grand go?t. C'est si beau de noter les annales de cette royauté a l'agonie, d'écouter le souffle décroissant du vieux monde battre et mourir dans les monarchies épuisées... Du moins, voila un roi tombé qui leur a donné une fi?re leçon a tous... Un héros, ce Christian... Il y a dans ces notes au jour le jour le récit d'une promenade faite par lui sous les bombes, au fort Saint-Ange... C'est d'un crâne !...
L'un des P?res baissa la t?te. Mieux que personne il savait a quoi s'en tenir sur cette manifestation héro?que, et ce mensonge plus héro?que encore... Mais une volonté au-dessus de la sienne lui commandait la discrétion. Il se contenta de faire un signe a son compagnon, qui dit tout a coup a Méraut en se levant :
- Eh bien ! c'est pour le fils de ce héros que je viens vous trouver... avec le P?re Alphée, aumônier de la cour d'Illyrie... Voulez-vous vous charger d'élever l'enfant royal ?
- Vous n'aurez chez nous ni palais, ni grands carrosses, continua le p?re Alphée avec mélancolie... ni les générosités impériales de la cour de X... Vous servirez des princes déchus, autour desquels un exil déja vieux de plus d'un an, et qui menace de se prolonger encore, a fait le deuil et la solitude... Vos idées sont les nôtres... Le roi a bien eu quelques velléités libérales, mais il en a reconnu le néant apr?s sa chute. La reine... la reine est sublime... vous la verrez.
- Quand ? demanda l'illuminé, subitement repris par sa chim?re de faire un roi de son génie, comme un écrivain fait son ?uvre.
Et sur l'heure m?me on convint d'un prochain rendez-vous.
Lorsque Élisée Méraut pensait a son enfance, - il y pensait souvent, car toutes les impressions fortes de sa vie étaient la, - voici réguli?rement ce qu'il voyait : une grande chambre a trois fen?tres, inondées de jour et remplies chacune par un métier Jacquart a tisser la soie, tendant comme un store actif ses hauts montants, ses mailles entre-croisées, sur la lumi?re et la perspective du dehors, un fouillis de toits, de maisons en escalade, toutes les fen?tres également garnies de métiers o? travaillaient assis deux hommes en bras de chemise alternant leurs gestes sur la trame, comme des pianistes devant un morceau a quatre mains. Entre ces maisons, de petits jardins en ruelle grimpaient la côte, jardinets du Midi br?lés et pâles, arides et privés d'air, pleins de plantes grasses, de cougourdiers montants et que de grands tournesols larges épanouis vers le couchant, avec l'attitude penchée des corolles cherchant le soleil, remplissaient de l'odeur fade de leurs graines m?rissantes, odeur qu'apr?s plus de trente ans Élisée croyait sentir encore quand il pensait a son faubourg. Ce qui dominait cette vue du quartier ouvrier bourdonnant et serré comme une ruche, c'était la butte pierreuse sur laquelle on l'avait bâti et quelques vieux moulins a vent abandonnés, anciens nourriciers de la ville, que l'on conservait pour leurs longs services, dressant la-haut le squelette de leurs ailes comme de gigantesques antennes brisées, et laissant se détacher et fuir leurs pierres dans le vent, le soleil et l'âcre poussi?re du Midi. Sous la protection de ces moulins anc?tres s'étaient gardées la des m?urs et des traditions d'un autre temps. Toute la bourgade, on appelle aussi ce coin de faubourg l'enclos de Rey, était, elle est encore ardemment royaliste, et dans chaque atelier on trouvait pendu a la muraille, bouffi, rose et blond, les cheveux longs bouclés et pommadés avec de jolies lumi?res sur leurs boucles, le portrait - a la mode de 1840 - de celui que les bourgadiers nommaient famili?rement entre eux lou Go? (le boîteux). Chez le p?re d'Élisée, au-dessous de ce cadre il y en avait un autre plus petit o? se détachait sur le bleu d'une feuille de papier a lettres un grand cachet de cire rouge avec ces deux mots " Fides, spes ", en exergue autour d'une croix de Saint-André. De sa place, en faisant aller sa navette, maître Méraut voyait le portrait et lisait la devise foi... espérance... et sa large face aux lignes sculpturales, vieille médaille frappée sous Antonin, qui avait elle-m?me le nez aquilin et les contours arrondis de ces Bourbons qu'il aimait tant, se gonflait, s'empourprait d'une forte émotion.
C'était, ce maître Méraut, un terrible homme, violent et despote, a qui l'habitude de dominer le bruit des battants et de la masse avait mis dans la voix des éclats et des roulements d'orage. Sa femme, au contraire, effacée et timide, imbue de ces traditions soumises qui font des Méridionales de la vieille roche de véritables esclaves d'Orient, avait pris le parti de ne plus prononcer une parole. C'est dans cet intérieur qu'Élisée avait grandi, mené moins durement que ses deux fr?res, parce qu'il était le dernier venu, le plus chétif. Au lieu de le mettre d?s huit ans a la navette, on lui laissait un peu de cette bonne liberté si nécessaire a l'enfance, liberté qu'il employait a courir l'enclos tout le jour et a batailler sur la butte des moulins a vent, blancs contre rouges, catholiques contre huguenots. Ils en sont encore a ces haines, dans cette partie du Languedoc ! Les enfants se divisaient en deux camps, choisissaient chacun un moulin dont la pierraille croulante leur servait de projectiles ; alors les invectives se croisaient, sifflaient les frondes, et pendant des heures on se livrait des assauts homériques, terminés toujours tragiquement par quelque fente saignante sur un front de dix ans ou dans le fouillis d'une chevelure soyeuse, une de ces blessures d'enfance qui marquent pour toute la vie sur l'épiderme tendre, et comme Élisée, devenu homme, en montrait encore a la tempe et au coin des l?vres.
Oh ! ces moulins a vent, la m?re les maudissait, quand son petit lui revenait au jour tombant, tout en sang et en loques. Le p?re, lui, grondait pour la forme, par habitude, pour ne pas laisser rouiller son tonnerre ; mais a table, il se faisait raconter les péripéties de la bataille et le nom des combattants :
- Tholozan !... Tholozan !... il y en a donc encore de cette race !... Ah ! le gueusard. J'ai tenu le p?re au bout de mon fusil en 1815, j'aurais bien mieux fait de le coucher.
Et alors une longue histoire racontée dans le patois languedocien, imagé et brutal, et qui ne fait grâce ni d'une phrase ni d'une syllabe, du temps o? il était allé s'enrôler dans les verdets du duc d'Angoul?me, un grand général, un saint...
Ces récits entendus cent fois, mais variés par la verve paternelle, restaient dans l'âme d'Élisée aussi profondément que les coups de pierre des moulins sur son visage. Il vivait dans une légende royaliste dont la Saint-Henri, le 21 janvier, étaient les dates commémoratives, dans la vénération de princes martyrs bénissant la foule avec des doigts d'év?ques, de princesses intrépides montant a cheval pour la bonne cause, persécutées, trahies, surprises sous la trappe noire d'une cheminée dans quelque vieil hôtel breton. Et pour égayer ce que cette suite de deuils et d'exils aurait eu de trop triste dans une t?te d'enfant, l'histoire de la Poule au pot et la chanson du " Vert-Galant " venaient y m?ler des souvenirs glorieux et tout l'entrain de la vieille France. Elle était la Marseillaise de l'enclos de Rey, cette chanson du Vert-Galant ! Quand le dimanche, apr?s v?pres, la table calée a grand'peine sur la pente du petit jardin, les Méraut dînaient au bon de l'air, comme on dit la-bas, dans l'atmosph?re étouffante qui suit la journée d'été o? la chaleur amassée au sol, au crépi des murs, se dégage plus forte, plus insalubre que de l'éclat du soleil plein, quand le vieux bourgadier entonnait d'une voix cél?bre parmi les voisins : " Vive Henri Quatre, vive ce roi vaillant..., " tout se taisait alentour, dans l'enclos. On n'entendait que le déchirement sec des roseaux de clôture se fendant sous la chaleur, les élytres criards de quelque cigale attardée, et l'antique chant royaliste se déroulant majestueusement sur sa mesure de pavane avec des raideurs de chausses bouffantes et de jupes en vertugadin. Le refrain se chantait en ch?ur : " A la santé de notre roi, - c'est un Henri de bon aloi, - qui fera le bien de toi, de moi. " Ce " de toi, de moi ", rythmé et fugué, amusait beaucoup Élisée et ses fr?res, qui le chantaient en se poussant, en se bousculant, ce qui leur valait toujours quelque bourrade du p?re ; mais la chanson n'était pas interrompue pour si peu et se continuait au milieu des coups, des rires, des sanglots, comme un cantique de possédés sur la tombe du diacre Paris.
Toujours m?lé aux f?tes de famille, ce nom de roi prenait pour Élisée, en dehors du prestige qu'il garde dans les contes de fées et " l'histoire racontée pour les enfants, " quelque chose d'intime et de familial. Ce qui ajoutait a ce sentiment, c'étaient les lettres mystérieuses sur papier-pelure qui arrivaient de Frohsdorf deux ou trois fois par an pour tous les habitants de l'enclos, des autographes d'une fine écriture a gros doigts, o? le roi parlait a son peuple pour lui faire prendre patience... Ces jours-la, maître Méraut lançait sa navette plus gravement que d'ordinaire, et le soir venu, les portes bien closes, il commençait la lecture de la circulaire, toujours la m?me proclamation douceâtre aux mots vagues comme l'espoir : " Français, on se trompe et l'on vous trompe... " Et toujours le cachet immuable : fides, spes. Ah ! les pauvres gens, ce n'étaient pas la foi ni l'espérance qui leur manquaient.
- Quand le roi reviendra, disait maître Méraut, je m'ach?terai un bon fauteuil... Quand le roi reviendra, nous changerons le papier de la chambre.
Plus tard, apr?s son voyage, a Frohsdorf, la formule fut changée :
- Quand j'ai eu l'honneur de voir le roi... disait-il a tout propos.
Le bonhomme avait en effet accompli son p?lerinage, vrai sacrifice de temps et d'argent pour ces ouvriers de la bourgade, et jamais Hadji revenant de la Mecque n'en rapporta un pareil éblouissement. L'entrevue avait été pourtant bien courte. Aux fid?les introduits en sa présence, le prétendant avait dit : " Ah ! vous voila... ", sans que personne p?t trouver rien a répondre a cet accueil affable, Méraut encore moins que les autres, suffoqué par l'émotion et les yeux tellement brouillés de larmes qu'il ne put pas m?me voir les traits de l'idole. Seulement, au départ, le duc d'Athis, secrétaire des commandements, l'avait longuement interrogé sur l'état des esprits en France ; et l'on se figure ce que dut répondre l'exalté tisserand qui n était jamais sorti de l'enclos de Rey :
- Mais qu'il vienne, coquin de bon sort ! qu'il vienne vite, notre Henri... on se languit tant de le voir...
La-dessus, le duc d'Athis, enchanté du renseignement, le remerciait beaucoup et brusquement lui demandait :
- Avez-vous des enfants, maître Méraut ?
- J'en ai trois, monsieur le duc.
- Des garçons ?
- Oui... trois enfants... répétait le vieux bourgadier (car dans le peuple la-bas les filles ne comptent pas pour des enfants).
- Bien... J'en prends bonne note... Monseigneur s'en souviendra le jour venu.
Alors M. le duc avait tiré son calepin, et cra... cra... Ce cra... cra... avec lequel le brave homme exprimait le geste du protecteur écrivant le nom des trois fils Méraut faisait invariablement partie du récit collectionné dans ces annales de famille attendrissantes par l'immuabilité de leurs moindres détails. Désormais, aux temps de chômage, quand la m?re s'effraya de voir son mari vieillir, et s'épuiser la petite réserve du ménage, ce cra... cra... répondit a ses inquiétudes timidement exprimées pour l'avenir des enfants :
- Sois donc tranquille, va !... le duc d'Athis a pris bonne note.
Et, devenu subitement ambitieux pour ses fils, le vieux tisserand, qui voyait les aînés déja partis et enserrés dans l'étroite route paternelle, reporta sur Élisée toutes ses espérances et ses désirs de grandeur. On l'envoya a l'institution Papel, tenue par un de ces réfugiés espagnols qui remplirent les villes du Midi apr?s la capitulation de Marotto. C'était au fond du quartier des Boucheries, dans une maison délabrée, moisie, a l'ombre de la cathédrale, comme le témoignaient ses petites vitres verdies et les lézardes salp?trées de ses murs. Pour y arriver, on suivait la file des boutiques hérissées de grilles et de fers de lance, d'o? pendaient d'énormes quartiers de viande entourés d'un bourdonnement malsain, un lacis de rues étroites aux pavés toujours gluants et rouges de quelque détritus. En y songeant, plus tard, il semblait a Élisée avoir vécu son enfance en plein moyen âge, sous la férule et la corde a n?uds d'un terrible fanatique dont le latin en ous alternait dans sa classe sordide et noire avec les bénédictions ou les col?res des cloches voisines tombant sur le chevet de la vieille église, sur ses assises, ses rinceaux de pierre et les t?tes bizarres de ses gargouilles. Ce petit Papel - face énorme et huileuse, ombragée d'un crasseux béret blanc enfoncé jusqu'aux yeux pour cacher une grosse veine bleue et gonflée qui lui partageait le front des sourcils a la naissance des cheveux, - ressemblait a un nain des tableaux de Velasquez, moins les tuniques éclatantes et le sév?re bronzage du temps. Brutal avec cela et cruel, mais gardant sous son large crâne un prodigieux emmagasinement d'idées, une encyclopédie vivante et lumineuse, fermée, aurait-on dit, par un royalisme ent?té comme une barre au milieu du front, et que figurait bien le gonflement anormal de l'étrange veine.
Le bruit courait dans la ville que ce nom de Papel en cachait un autre plus fameux, celui d'un cabecilla de don Carlos, cél?bre par sa féroce façon de faire la guerre et de varier la mort. Si pr?s de la fronti?re espagnole, sa honteuse gloire le g?nait et le forçait a vivre anonyme. Qu'y avait-il de vrai dans cette histoire ? Pendant les nombreuses années qu'il passa pr?s de son maître, Élisée, bien qu'il f?t l'él?ve favori de M. Papel, n'entendit jamais le terrible nain prononcer une parole, ne le vit jamais recevoir une visite ou une lettre qui p?t confirmer ses soupçons. Seulement, lorsque l'enfant devint homme et que, ses études finies, l'enclos de Rey se trouvant trop étroit pour ses lauriers, ses diplômes et les ambitions paternelles, il fut question de l'envoyer a Paris, M. Papel lui donna plusieurs lettres d'introduction pour les chefs du parti légitimiste, lourdes lettres scellées d'armoiries mystérieuses qui semblaient donner raison a la légende du cabecilla masqué.
Maître Méraut avait exigé ce voyage, car il commençait a trouver que le retour de son roi tardait trop. Il se saigna aux quatre veines, vendit avec sa montre d'or et le clavier d'argent de la m?re, la vigne que poss?de tout bourgadier, et cela simplement, héro?quement, pour le parti.
- Va-t-en voir un peu ce qu'ils font, dit-il a son cadet... qu'est-ce qu'ils attendent ? l'enclos se fatigue a la fin des fins.
A vingt ans, Élisée Méraut arriva a Paris, tout bouillonnant de convictions exaltées o? l'aveugle dévouement de son p?re se fortifiait du fanatisme armé de l'Espagnol. Il fut accueilli dans le parti comme un voyageur montant a mi-route, la nuit, dans un wagon de premi?re classe, o? chacun a fait son coin pour dormir. L'intrus vient du dehors, le sang activé par l'air vif et la marche, avec un désir communicatif de s'agiter, de causer, de prolonger l'insomnie du voyage ; il se heurte a la mauvaise humeur renfrognée et somnolente de gens pelotonnés dans leur fourrure, bercés par le mouvement du train, le petit rideau bleu tiré sur la lampe, et dont la moiteur alourdie ne craint rien tant que les vents coulis et les invasions dérangeantes. C'était cela l'aspect du clan légitimiste sous l'empire, dans son wagon en détresse sur une voie abandonnée.
Ce forcené aux yeux noirs, avec sa t?te de lion maigre, découpant chaque syllabe a l'emporte-pi?ce, chaque période a coups de gestes, possédant en lui, pr?te a tout, la verve d'un Suleau, l'audace d'un Cadoudal, causa dans le parti un étonnement m?lé d'effroi. On le trouva dangereux, inquiétant. Sous l'excessive politesse, les marques d'intér?t factice de la bonne éducation, Élisée, avec cette lucidité que garde le Midi français au fond de ses emportements, sentit vite ce qu'il y avait d'égo?ste, de maté chez ces gens-la. Selon eux, rien a faire pour le moment ; attendre, se calmer surtout, se garder des entraînements et des inconséquences juvéniles. " Voyez Monseigneur... quel exemple il nous donne ! " Et ces conseils de sagesse, de modération, allaient bien avec les vieux hôtels du Faubourg, ouatés de lierre, sourds au train de la rue, capitonnés de confort et de paresse derri?re leurs portes massives lourdes du poids des si?cles et des traditions. On l'invita par politesse a deux ou trois réunions politiques qui se tenaient en grand myst?re, avec toutes sortes de peurs et de précautions, au fond d'un de ces anciens nids a rancunes. Il vit la les grands noms des guerres vendéennes et des fusillades de Quiberon, tout le vocable fun?bre inscrit au champ des martyrs, portés par de bons vieux messieurs pr?s rasés, veloutés de drap fin comme des prélats, la parole douce, toujours empoissée de quelque jujube. Ils arrivaient avec des airs de conspirateurs, ayant tous la prétention d'?tre filés par la police, laquelle en vérité s'amusait beaucoup de ces rendez-vous platoniques. Le whist installé sous la lumi?re discr?te des hautes bougies a abat-jour, les crânes penchés, luisant comme les jetons, quelqu'un donnait des nouvelles de Frohsdorf, on admirait l'inaltérable patience des exilés, en s'encourageant a l'imiter. Tout bas, chut ! on se répétait le dernier calembour de M. de Barentin sur l'impératrice, on fredonnait une chansonnette sous le manteau : " Quand Napoléon, - vous donnant les étrivi?res, - aura tout de bon - endommagé vos derri?res... " Puis, effarés de leur audace, les conspirateurs se défilaient un par un, rasant les murs de la rue de Varenne, large et déserte, qui leur renvoyait le bruit inquiétant de leurs pas.
Élisée vit bien qu'il était trop jeune, trop actif, pour ces revenants de l'ancienne France. D'ailleurs on nageait alors en pleine épopée impériale, le retour des guerres d'Italie promenait par les boulevards des volées d'aigles victorieuses sous les fen?tres pavoisées. Le fils du bourgadier ne fut pas long a comprendre que l'opinion de l'enclos de Rey n'était pas universellement partagée et que le retour du roi légitime serait plus tardif qu'on ne le supposait la-bas. Son royalisme n'en fut pas entamé, mais il s'éleva, s'élargit dans l'idée, puisque l'action n'était plus possible. Il r?va d'en écrire un livre, de jeter ses convictions, ses croyances, ce qu'il avait besoin de dire et de répandre, au grand Paris qu'il e?t voulu convaincre. Son plan fut tout de suite fait : gagner la vie de tous les jours en donnant des leçons, et celles-ci furent vite trouvées ; écrire son livre dans les intervalles, ce qui demanda beaucoup plus de temps.
Comme tous ceux de son pays, Élisée Méraut était surtout un homme de parole et de geste. L'idée ne lui venait que debout, au son de sa voix, comme la foudre attirée aux vibrations des cloches. Nourrie de lectures, de faits, de constantes méditations, sa pensée, qui s'échappait de ses l?vres a flots bouillonnants, les mots entraînant les mots dans une sonore éloquence, sortait lentement, goutte a goutte, de sa plume, venue d'un réservoir trop vaste pour cette filtration mesurée et toutes les finesses de l'écriture. Parler ses convictions le soulageait, puisqu'il ne leur trouvait pas d'autre moyen d'écoulement. Il parla donc aux popottes, aux conférences, il parla surtout dans les cafés, ces cafés du quartier Latin qui, dans le Paris accroupi du second empire, quand le livre et le journal se taisaient muselés, faisaient seuls de l'opposition. Chaque buvette alors avait son orateur, son grand homme. On disait : " Pesquidoux du Voltaire est tr?s fort, mais Larminat du Procope est bien plus fort que lui. " De fait, il venait la toute une jeunesse instruite, éloquente, l'esprit occupé de choses élevées, renouvelant avec plus de verve les belles discussions politiques et philosophiques des brasseries de Bonn et d'Heidelberg.
Dans ces forges d'idées, fumeuses et bruyantes, o? l'on criait ferme, o? l'on buvait plus ferme encore, la verve singuli?re de ce grand Gascon, toujours monté, qui ne fumait pas, se grisait sans boire, cette parole imagée et brutale s'exerçant sur des convictions aussi démodées que les paniers et la poudre, aussi discordantes dans le cadre o? elles s'exprimaient que le go?t d'un antiquaire au milieu d'articles de Paris, tout cela conquit tr?s vite a Élisée la renommée et un auditoire. A l'heure o? le gaz flambe dans les cafés bourrés et ronflants, quand on le voyait paraître sur le seuil avec sa longue taille déhanchée, ses yeux de myope un peu hagards dont l'effort de vision semblait rejeter ses cheveux au vent, son chapeau en arri?re, et toujours sous le bras quelque bouquin ou revue d'o? sortait un énorme coupe-papier, on se levait, on criait : " Voila Méraut ! " Et l'on se serrait pour lui faire une grande place o? il p?t jouer des coudes et gesticuler a son aise. D?s en entrant, ces cris, cet accueil de jeunesse l'exaltaient, puis la chaleur, la lumi?re, cette lumi?re du gaz, congestionnante et grisante. Et sur un sujet, un autre, le journal du jour, le livre ouvert sous l'Odéon en passant, il partait, s'échappait, assis, debout, tenant le café avec sa voix, ramenant, groupant les auditeurs du geste. Les parties de dominos s'arr?taient, les joueurs de billard de l'entresol se penchaient sur l'escalier, la pipe aux dents, la longue queue d'ivoire a la main. Les vitres, les chopes, les soucoupes tremblaient comme au passage d'une voiture de poste, et la dame du comptoir disait avec orgueil a tous ceux qui entraient : " Arrivez vite... nous avons M. Méraut. " Ah ! Pesquidoux, Larminat pouvaient ?tre forts, il les enfonçait tous. Il devint l'orateur du quartier. Cette gloire qu'il n'avait pas cherchée lui suffit, si bien qu'il s'y attarda fatalement. Tel fut le sort de plus d'un Larminat a cette époque, - belles forces perdues, moteurs ou leviers laissant partir a grand bruit leur vapeur inutile, par désordre, incurie ou direction mauvaise du volant conducteur. Chez Élisée, il y eut encore autre chose : sans intrigue, sans ambition, ce Méridional, qui n'avait pris a son pays que la fougue, se considérait comme le missionnaire de sa foi, et il montrait bien en effet du missionnaire le prosélytisme infatigable, la nature indépendante et vigoureuse, le désintéressement qui fait bon marché du casuel, des prébendes, d'une vie m?me livrée aux plus durs hasards de la vocation.
Certes, depuis dix-huit ans qu'il jetait ses idées en semaille dans le Paris de la jeunesse, plus d'un maintenant arrivé tr?s haut et qui disait avec dédain : " Ah ! oui, Méraut... un vieil étudiant ! " avait fait le meilleur de sa gloire des bribes insouciamment dispersées a tous les coins de table o? ce singulier garçon s'asseyait. Élisée le savait, et quand il retrouvait sous l'habit vert a palmes d'un grand seigneur lettré quelqu'une de ses chim?res réduite a la raison dans une belle phrase académique, il était heureux, du bonheur désintéressé d'un p?re qui voit mariées et riches les filles de son c?ur, sans avoir aucun droit a leur tendresse. C'était l'abnégation chevaleresque du vieux tisseur de l'enclos de Rey, avec quelque chose de plus large encore, puisque la confiance au succ?s manquait, cette confiance inébranlable que le brave p?re Méraut garda jusqu'a son dernier souffle. La veille m?me de sa mort, - car il mourut presque subitement d'une insolation, apr?s un de ses dîners au bon de l'air, - le vieux chantait a pleine voix : " Vive Henri IV ! " Pr?s de passer, les yeux brouillés, la langue lourde, il disait encore a sa femme : " Tranquille pour les enfants... duc d'Athis... pris bonne note... " Et de ses mains mourantes, il essayait de faire " cra... cra... " sur le drap du lit.
Quand Élisée, prévenu trop tard de ce malheur foudroyant, arriva le matin de Paris, son p?re était étendu, les mains en croix, immobile et bl?me, le chevet a la muraille attendant toujours sa tenture neuve. Par la porte de l'atelier laissée ouverte par le passage de la mort qui écarte, délie, élargit tout autour d'elle, on apercevait les métiers au repos, celui du p?re, abandonné, pareil a la mâture échouée d'un navire o? ne soufflera plus le vent ; puis le portrait du roi et le cachet rouge qui avaient présidé a cette vie de travail et de fidélité, et la-haut, tout en haut de l'enclos de Rey, étagés et bourdonnant sur la côte, les vieux moulins toujours debout, levant leurs bras, au clair du ciel, en des signaux désespérés. Jamais Élisée n'oublia le spectacle de cette mort sereine prenant le travailleur au gîte et lui fermant le regard sur l'horizon accoutumé. Il en demeura frappé d'envie, lui qui se sentait saisi par le r?ve et l'aventure, et qui incarnait toutes les illusions , chimériques du beau vieillard endormi la.
C'est au retour de ce triste voyage qu'on lui proposa la place de précepteur a la cour de X... Sa déconvenue fut si vive, les petitesses, les compétitions, les calomnies envieuses auxquelles il s'était trouvé m?lé, le grand décor de la monarchie regardé de trop pr?s, du côté des coulisses, l'avaient si fort attristé, que, malgré son admiration pour le roi d'Illyrie, une fois les moines partis, la premi?re fi?vre d'entraînement tombée, il regretta de s'?tre décidé aussi vite. Toutes ses tracasseries de la-bas lui revenaient, le sacrifice a faire de sa liberté, de ses habitudes ; puis son livre, ce fameux livre toujours en rumeur dans sa t?te... Bref, apr?s de longs débats avec lui-m?me, il se résolut a dire non, et la veille de Noël, l'entrevue toute proche, il écrivit au p?re Melchior pour le prévenir de sa décision. Le moine ne protesta pas. Il se contenta de répondre :
" Ce soir, rue des Fourneaux, a l'office de nuit... J'esp?re encore vous convaincre ".
Le couvent des franciscains de la rue des Fourneaux, o? le p?re Melchior avait les fonctions d'économe, est un des coins les plus curieux, les plus inconnus du Paris catholique. Cette maison m?re d'un ordre cél?bre, cachée mystérieusement dans le faubourg sordide qui grouille derri?re la gare Montparnasse, s'intitule aussi : " Commissariat du Saint-Sépulcre. " C'est la que des moines a tournure exotique, m?lant leur bure voyageuse aux noires mis?res du quartier, apportent - pour le commerce des reliques - les morceaux de la vraie croix, les chapelets en noyaux d'olives du jardin des Oliviers, les roses de Jéricho, arides et ligneuses, attendant une goutte d'eau bénite, toute une pacotille miraculeuse changée dans les larges poches invisibles des cagoules en bel argent muet et lourd qu'on dirige ensuite sur Jérusalem pour l'entretien du tombeau sacré. Élisée avait été conduit rue des Fourneaux par un sculpteur de ses amis, un pauvre artiste en chambre nommé Dreux, qui venait de faire pour le couvent une sainte Marguerite d'Ossuna et amenait le plus de monde possible devant sa statue. L'endroit était si curieux, si pittoresque, flattait si bien les convictions du Méridional en les rattachant - pour les sauver de la lucidité moderne - au plus lointain des si?cles et des pays de tradition, qu'il y revint souvent depuis, a la grand joie de l'ami Dreux, tout fier du succ?s de sa Marguerite.
Le soir du rendez-vous, il était pr?s de minuit, lorsque Élisée Méraut quitta les rues grondantes du quartier Latin, o? les chaudes rôtisseries, les charcuteries enrubannées, les boutiques de victuailles ouvertes, les brasseries a femmes, les garnis d'étudiants, tous les débits de prunes de la rue Racine et du " Boul Mich " mettaient pour jusqu'au matin l'odeur et le flamboiement d'une ripaille universelle. Sans transition, il tombait dans la tristesse des avenues désertes o? le passant, rapetissé par le reflet du gaz, semble ramper plus qu'il ne marche. Le carillon gr?le des communautés tintait par-dessus leurs murs dépassés de squelettes d'arbres ; des bruits et des chaleurs de paille remuée, d'étables en sommeil, venaient des grandes cours fermées des nourrisseurs ; et pendant que la rue large gardait de la neige tombée durant le jour, des blancheurs vagues et piétinées, la-haut, dans les étoiles aiguisées par le froid, le fils du bourgadier marchant en plein r?ve d'ardeur croyante, s'imaginait reconnaître celle qui guida les rois a Bethléem. En la regardant, cette étoile, il se rappelait les Noëls d'autrefois, les blancs Noëls de son enfance célébrés a la cathédrale, et le retour par les rues fantastiques du quartier des Boucheries, découpées de toits et de lune, vers la table familiale de l'enclos de Rey o? les attendait le réveillon : les trois bougies traditionnelles dans la verdure du houx piqué d'écarlate, les estevenons (petits pains de Noël) sentant bon la pâte chaude et les lardons frits. Il s'enveloppait si bien de ces souvenirs de famille, que la lanterne d'un chiffonnier longeant le trottoir lui semblait celle que balançait le p?re Méraut, marchant en t?te de la troupe, a ces retours de messe de minuit.
Ah ! pauvre p?re qu'on ne reverra plus !...
Et tandis qu'il causait du passé tout bas avec des ombres ch?res, Élisée arrivait a la rue des Fourneaux, un faubourg a peine bâti, éclairé d'un réverb?re, avec de longs bâtiments d'usine surmontés de leurs cheminées droites, des palissades en planches, des murs faits de matériaux de démolitions. Le vent soufflait avec violence des grandes plaines de la banlieue. D'un abattoir voisin venaient des hurlements lamentables, des coups sourds, un go?t fade de sang et de graisse ; c'est la qu'on égorge les porcs sacrifiés a Noël, comme aux f?tes de quelque Teutat?s.
Le couvent qui tient le milieu de la rue avait son portail large ouvert, et dans sa cour deux ou trois équipages dont les somptueux harnais étonn?rent Méraut. L'office était commencé ; des bouffées d'orgues, des chants sortaient de l'église, déserte pourtant et tout éteinte, avec la seule lueur des petites lampes d'autel et les pâles reflets d'une nuit de neige sur la fantasmagorie des vitraux. C'était une nef presque ronde, parée des grands étendards de Jérusalem a croix rouge qui pendaient le long des murailles, de statues coloriées un peu barbares, au milieu desquelles la Marguerite d'Ossuna en marbre pur flagellait sans pitié ses épaules blanches, car - ainsi que vous le disaient les moines avec une certaine coquetterie : " Marguerite fut une grande pécheresse de notre ordre ". Le plafond de bois peint, croisillé de petites poutres, le maître-autel sous une sorte de dais soutenu par des colonnes, le ch?ur en rotonde boisé de stalles vides avec un rayon de lune sur la page ouverte du plain-chant, tout se devinait, rien n'était distinct ; mais par un large escalier caché sous le ch?ur, on descendait a l'église souterraine, o? - peut-?tre en souvenir des catacombes - l'office religieux se célébrait.
Tout au bout du caveau, dans la maçonnerie blanche soutenue d'énormes piliers romans, était reproduit le tombeau du Christ a Jérusalem, sa porte basse, sa cryte étroite éclairée d'une quantité de petites lampes sépulcrales clignotant - au fond de leurs alvéoles de pierre - sur un Christ en cire teintée, de grandeur naturelle, ses plaies saignant d'un rose vif dans l'écartement du linceul. A l'autre bout du caveau, comme une singuli?re antith?se résumant toute l'épopée chrétienne, s'étalait une de ces reproductions enfantines de la Nativité dont la cr?che, les animaux, le bambin, enguirlandés de couleurs tendres, de verdures en papier frisé, sont tirés tous les ans de la boîte aux légendes, tels qu'ils sortirent jadis - plus mal taillés, sans doute, mais bien plus grands - du cerveau d'un illuminé. Comme alors, un troupeau d'enfants et de vieilles femmes avides de tendresse et de merveilleux, de ces pauvres qu'aimait Jésus, se serraient autour de la cr?che, et parmi eux, ce qui surprit Élisée, au premier rang de ces humbles fid?les, deux hommes de tenue mondaine, deux femmes élégantes en toilette sombre agenouillées profondément sur les dalles, l'une d'elles tenant un petit garçon qu'elle enveloppait de ses deux bras croisés dans un geste de protection et de pri?re.
- C'est des reines ! lui dit tout bas une vieille, haletante d'admiration.
Élisée tressaillit, puis, s'étant rapproché, reconnut le profil fin, l'allure aristocratique de Christian d'Illyrie, et pr?s de lui, la t?te brune, osseuse, le front encore jeune et dépouillé du roi de Palerme. Des deux femmes on ne voyait que des cheveux noirs, des cheveux fauves, et cette attitude de m?re passionnée. Ah ! qu'il connaissait bien Méraut, le rusé pr?tre qui avait pour ainsi dire mis en sc?ne l'entrevue du jeune prince et de son futur gouverneur. Ces rois dépossédés venant rendre leur hommage au Dieu qui pour le recevoir semblait se cacher, lui aussi, dans cette crypte, cet assemblage de la royauté tombée et d'un culte en détresse, la triste étoile de l'exil guidant vers un Bethléem de faubourg ces pauvres mages déchus, sans cort?ge et les mains vides, tout cela lui gonflait le c?ur. L'enfant, l'enfant surtout, si attendrissant avec sa petite t?te penchée vers les animaux de la cr?che, la curiosité de son âge tempérée d'une réserve souffrante... Et devant ce front de six ans o? l'avenir tenait déja comme le papillon dans sa coque blonde, Élisée songeait combien de science, de soins tendres, il faudrait pour le faire éclore splendidement.
III. Dwór w Saint-Mande.
Prowizorjum w Hotelu pod Piramidami ciągnęło się trzy, potem sześć miesięcy: kufry były ledwie rozpakowane, walizy pozamykane, wokół - nieład i niepokój obozowiska. Z Ilirji nadchodziły codziennie doskonałe wieści. Republika, pozbawiona gruntu, nie mogła puścić korzeni w środowisku, gdzie brakło jej przeszłości i bohatera. Naród był zmęczony, żałował swych władców, i do wygnańców docierały niewzruszenie pewne rachuby, mówiące im: Bądźcie gotowi... Już wkrótce". Nie wbito w apartamentach jednego bodaj gwoździa, nie przesunięto ani jednego mebla, nie wołając przytem z nadzieją: "Nie warto wszak". Wygnanie przeciągało się jednak, i królowa zrozumiała niebawem, że pobyt w hotelu, pośród zgiełku cudzoziemców, przelotnego ptactwa o wszelkiem upierzeniu, stanie się szkodliwy dla ich dostojeństwa. Zwinięto namioty. Wygnanie dotąd koczownicze, nabrało charakteru osiadłego. Zamieszkano w domu, kupionym w Saint-Mande, przy avenue Daumesnil, na wysokości ulicy Herbillon, w tej części, która przytyka do Lasku i mieści szeregi eleganckich budowli, wdzięcznie otoczonych kratą, gdzie widać żwirowane ogrody, zaokrąglone wjazdy, angielskie trawniki, przypominające zakątki avenue Lasku bulońskiego. W jednym z tych pałacyków schronił się już król i królowa Palerma; nie posiadając wielkiej fortuny, usunęli się od gwaru i zbytkownych dzielnic high-life'u. Księżna Malines, siostra królowej Palerma, przybyła do Saint-Mande, i obydwie bez trudu skłoniły kuzynkę do wyboru tej dzielnicy. Pomijając kwestję przyjaźni, Fryderyka pragnęła odosobnić się od wesołej werwy Paryża, zaprotestować przeciwko nowoczesnemu życiu i pomyślności Republiki, uniknąć ciekawości, co, prześladując ludzi znanych, wydawała się jej w upadku obelgą. Król obruszył się zrazu na odległość siedziby, lecz wkrótce znalazł pretekst do długich wycieczek i późnych powrotów. Wreszcie, rzecz najważniejsza, życie mniej drogie tu, niż gdzieindziej, pozwalało małym kosztem utrzymywać zbytkowną stopę.
Pomieszczenie było wygodne. Biały dom trzypiętrowy o dwóch wieżyczkach, wychodził na lasek, widoczny poprzez drzewa niewielkiego parku, podczas gdy od strony ulicy Herbillon, pomiędzy zabudowaniami i szklarnią, duży, wyżwirowany dziedziniec biegł kolisto aż ku gankowi, zdobnemu w markizę w kształcie namiotu wspartego na dwóch pochylonych lancach. W stajni mieściło się dziesięć cugowych i pod wierzch - królowa używała codziennie konnej jazdy, - liberja nosiła barwy Ilirji, pudrowana, fryzurę, a halabarda i zielono-złota szarfa szwajcara były w Saint Mande i Vincennes równie legendarne, jak drewniana noga starego Dausmenila: wszystko to odznaczało się zbytkiem umiarkowanym i niemal nowym. Istotnie, rok zaledwie upłynął od chwili, gdy Tom Levis zaimprowizował ze wszystkiemi dekoracjami i akcesorjami książęcą scenę, gdzie ma się odegrać opowiadany tu dramat historyczny.
Tak, istotnie, Tom Levis... Pomimo nieufności i odrazy, trzeba było uciec się do niego. Ten zażywny człowieczek odznaczał się zdumiewającą elastycznością i uporem. A tyle miał w zanadrzu przebiegłości, ile kluczy i wytrychów do otwierania lub łamania opornych zamków, nie licząc właściwych mu sposobów zdobywania serc dostawców, lokajów, pokojówek, "Zwłaszcza zdaleka od Toma Levisa!". Tak mówiono zwykle na początku, Ale wówczas nie udawało się uczynić ani jednego kroku. Dostawcy nie przynosili w porę towarów, służba buntowała się, aż do chwili gdy, ze zjawieniem się w cabie człowieka w złotych okularach, tapety same pokrywały ściany, zwieszały się firanki i portjery, posadzki pokrywały ozdobne i miękkie dywany. Zapalały się kaloryfery, kamelje zapełniały cieplarnie, a właściciele, szybko się zainstalowawszy, rozkoszowali się, siedząc w wygodnych fotelach salonowych i oczekiwali na stosy rachunków, płynących ze wszystkich stron Paryża. Przy ulicy Herbillon stary Rosen, szef domu cywilnego i wojskowego odbierał rachunki, płacił służbę, zarządzał maleńkim majątkiem króla i to tak zręcznie, że Chrystjan i Fryderyka żyli dosyć zbytkownie w tych złotych ramach, otaczających ich nieszczęście. Oboje panujący, i dzieci panujących, nie znali zresztą ceny rzeczy, przyzwyczajeni do oglądania swych wizerunków na wszystkich złotych monetach, do bicia pieniędzy wedle upodobania. Miast odczuwać zdziwienie wobec dobrobytu, odczuwali raczej wszystkie braki swej nowej egzystencji, nic mówiąc o chłodnej pustce, jaką powoduje dokoła skroni upadek korony. Dom w Saint-Mande, tak prosty na zewnątrz, wewnątrz napróżno przybierał wygląd minjaturowego pałacu: pokój królowej dokładnie przypominał niebieskiem obiciem, pokryłem staremi koronkami, jej buduar w zamku w Lublanie, a gabinet królewski - gabinet pałacowy; na schodach stały reprodukcje posągów dawnej rezydencji, a w szklarni specjalna klatka, zdobna w pnącze glicynij dla ulubionych małpek. Czem były wszystkie te drobiazgi, dowody subtelnego pochlebstwa, dla posiadaczy czterech zamków historycznych i owych rezydencyj letnich, zawieszonych między niebem a wodą, o klombach zraszanych falami na zielonych wyspach, zwanych "ogrodami Adriatyku!".
W Saint-Mande Adrjatykiem było maleńkie jezioro w lasku, nawprost okien królowej, która spoglądała na nie smutno, niby wygnana Andromacha na - fałszywy Simois. Mimo całej skromności takiego życia, zdarzało się, że bardziej od Fryderyki doświadczony Chrystjan był zdziwiony tym względnym dobrobytem.
- Ten Rosen jest nieporównany... Nie pojmuję doprawdy, w jaki sposób udaje mu się wydołać wszystkiemu tak nieznacznemu środkami.
Potem dodawał, śmiejąc się:
- W każdym razie można być pewnym, że nie dokłada ze swego, Faktem było, że w Ilirji Rosen był synonimem Harpagona. Również i w Paryżu ta sława skąpstwa towarzyszyła księciu, znajdując potwierdzenie w małżeństwie jego syna, zawarłem dzięki specjalnym agencjom, i będącem fatalnym mezaljansem mimo całego wdzięku panny Sauvadon. Rosen był jednak bogaty. Stary żołnierz, którego instynkty łupieżcze tkwiły całkowicie w ptasim profilu drapieżcy, wojował z Turkami i Czarnogórcami nietylko gwoli wojnie. Po każdej kampanii wozy jego wracały naładowane, i wspaniały pałac, jaki zajmował na cyplu wyspy Św. Ludwika, tuż obok pałacu Lambert, pełen był cennych przedmiotów, obić wschodnich, sprzętów z epoki średniowiecznej i rycerskiej, tryptyków z masywnego złota, rzeźb, relikwiarzy, materyj haftowanych i litych, zdobyczy z klasztorów i haremów, nagromadzonych w amfiladzie olbrzymich sal gościnnych, raz jeden tylko otwartych w czasie wesela Herberta i czarodziejskiego festynu wyprawionego przez wuja Sauvadon. Od owej chwili ponure i zamknięte, chroniły swe bogactwa poza opuszczonemi firankami i zamkniętemi okiennicami, nie lękając się nawet niedyskrecji promienia słonecznego. Starzec wiódł tam istny żywot manjaka, zasklepiony na jednem tylko piętrze ogromnego pałacu, poprzestając wyłącznie na dwóch służących i trybie życia skąpego prowincjonalisty, podczas gdy obszerne kuchnie o nieruchomych rożnach i wystygłych rusztach były zamknięte, podobnie jak salony przyjęć.
Przyjazd króla, nominacje wszystkich Rosenów na godności przy maleńkim dworze zmieniły nieco przyzwyczajenia starego księcia. Zrazu młode małżeństwo zamieszkało u niego, gdyż pomieszczenie ich przy parku Monceaux - istna klatka nowoczesna o złotych prętach - było zbyt daleko od Vincennes. Codziennie o dziewiątej rano, niezależnie od pogody, księżna Koleta gotowa była asystować przy toalecie królowej, i wraz z generałem wsiadała do powozu pośród owej mgły nadrzecznej, co w ranki zimowe i letnie tłucze się na cyplu wyspy aż do południa, niby zasłona rzucona na czarodziejską scenerję Sekwany. W owym czasie książę Herbert usiłował powetować sobie sen stracony w twardej służbie nocnej, bowiem król Chrystjan miał do odrobienia zaległości dziesięciu lat życia prowincjonalnego i małżeńskiego, i tak dalece nie mógł się obejść bez nocnego trybu Paryża, że, po zamknięciu teatrów i kawiarń, wyszedłszy z klubu doznawał szczególnego uroku przemierzając bezludne bulwary, suche i dźwięczne lub lśniące od wody, na których szereg lamp stanowił niby ognistą straż na skraju długiej perspektywy.
Po przybyciu do Saint-Mande, Koleta udawała się zaraz do królowej, książę zaś zasiadał w pawilonie sąsiadującym z budynkami gospodarskiemi, dokąd mieli dostęp dostawcy i służba. Nazywano to intendenturą; i wzruszający był widok tego wysokiego starca, gdy usadowiony w skórzanym fotelu pośród papierów, segregatorów, zielonych skoroszytów, odbierał i regulował drobne rachunki mieszczańskie, on, który w rezydencji miał pod swemi rozkazami całą falangę ugalonowanych woźnych. Był do tego stopnia skąpy, że ilekroć musiał sięgnąć po pieniądze dla zapłacenia nie swojego nawet rachunku, rysy jego wykrzywiał skurcz i nerwowe drganie zmarszczek, jak gdyby ściągano je rzemykiem od sakiewki, całe zaś ciało sztywniejąc protestowało, gdy ruchem automatu otwierał kasę wmurowaną w ścianę, Pomimo wszystkiego, zawsze potrafił zaspokoić, przy pomocy skromnych dochodów władców Ilirji, i rozrzutność nieuniknioną w wielkim domu, i działalność dobroczynną królowej, i hojność króla, a nawet jego przyjemnostki, figurujące w budżecie, gdyż Chrystjan II dotrzymywał słowa i wesoło spędzał okres wygnania. Brał gorliwy udział w zabawach paryskich, skwapliwie przyjmowany w wielkich klubach i poszukiwany w salonach; Jego profil subtelny i ironiczny, oglądany w ożywionym rozgwarze pierwszych lóż i wśród zgiełkliwego powrotu z wyścigów, zjawiał się odtąd w ilustracjach znanych "całemu Paryżowi", pomiędzy śmiałą fryzurą modnej aktorki a zniszczonem obliczem owego księcia-następcy, co to trawił po kawiarniach bulwarowych okres niełaski, wyczekując chwili objęcia władzy, Chrystjan prowadził tryb życia gogusiów, pustego a tak czynnego. Popołudnie spędzał na tenisie lub skatingu, potem o zmierzchu odwiedzał pewne buduary greckie, które lubił za pełne zbytku wnętrza; wieczory wypełniały teatrzyki, ogniska tańca, klub a zwłaszcza gra w karty, gdzie odżywało jego cygańskie pochodzenie, namiętność do hazardu i właściwych mu przeczuć, Z królową niemal nie wychodził, prócz niedziel, kiedy to woził ją do kościoła w Saint-Mande; spotykali się zaś wyłącznie w czasie posiłku. Czuł lęk wobec tej istoty rozsądnej i równej, zawsze zajętej obowiązkiem, której pogardliwy chłód krępował go, niby widome sumienie. Była dlań przypomnieniem godności królewskiej, ambicyj, o których chciał zapomnieć; zbyt słaby, aby się buntować w obliczu tej niemej władzy, wolał kryć się, kłamać, uciekać. Ze swej strony Fryderyka znała doskonale ten temperament słowiański, gorący i miękki, żywy i kruchy; tylekroć musiała wybaczać wykroczenia temu dużemu dziecku, które zachowało dziecięcy wdzięk i śmiech, nawet okrucieństwo kaprysu; tylekroć widziała go u swych kole i po każdem z owych szaleństw, gdzie w grę wchodziło jej szczęście i godność, że straciła całkowicie wiarę w męża i człowieka, jeśli miała jeszcze względy dla króla. Walka ta trwała prawie dziesięć lat, jakkolwiek z pozoru małżeństwo żyło w zupełnej zgodzie. Na wyżynach egzystencji, pośród wielkich apartamentów, licznej służby, ceremonjału zwiększającego przedział i tłumiącego uczucia, tego rodzaju kłamstwa są możliwe. Ale wygnanie miało je zdemaskować.
Zrazu Fryderyka miała nadzieję, że ta twarda próba ustatkuje króla, wywoła w nim jeden z owych wspaniałych buntów, co tworzą bohaterów i zwycięzców. A tymczasem widziała w jego oczach coraz to większe upojenie weselne i szał rozpalony pobytem w Paryżu, jego szatańskie blaski, pokusy i łatwość użycia. Ach, gdyby chciała pójść za jego przykładem, wziąć udział w tej szalonej gonitwie w wirze paryskim, ściągnąć uwagę na swą urodę, toalety, konie, oddać całą kokieterję kobiecą na usługi próżnej lekkości męża, zbliżenie byłoby możliwe. Lecz bardziej niż kiedykolwiek była królową, nie poświęcając niczego ze swych ambicyj i nadziei, i z oddali prowadząc zaciekłą walkę za pomocą listów, wysyłanych bezustannie do przyjaciół, konspiracyj, protestów, informowała wszystkie dwory europejskie o swej krzywdzie i nieszczęściu. Radca Boskowicz pisał pod jej dyktando; a gdy król ukazywał się w południe, osobiście przynosiła pocztę do podpisu. Podpisywał, do kaduka! Podpisywał wszystko, czego zapragnęła, lecz z ironicznym grymasem ust. Ogarnął go sceptycyzm środowiska drwiącego i zimnego; początkowe złudzenia ustąpiły miejsca, jak to bywa u natur krańcowych, mocnej pewności, że wygnanie będzie trwało nieskończenie. To też niezmiernie znudzony i znużony prowadził rozmowy, podczas których Fryderyka próbowała podniecić go gorączkowo, daremnie szukając w jego oczach obcego mu zainteresowania. Roztargniony i zajęty jakimś niedorzecznym refrenem, miał w mózgu bezustannie wizję ostatniej nocy, szalone i zmysłowe majaki rozkoszy. I z jakiemż westchnieniem ulgi wychodził, pełen wracającej mu już energji młodzieńczej, podczas gdy królowa stawała się coraz to bardziej smutna i samotna.
Prócz tej korespondencji porannej, listów krótkich a wymownych, które miały ożywić odwagę i bliskie upadku przywiązanie, jedyną rozrywkę Fryderyki stanowiła lektura bibljoteki królewskiej, złożonej z pamiętników, zapisków, kronik epok ubiegłych, oraz dzieł podniosłej filozofji religijnej, - wreszcie zabawy dziecka w ogrodzie i konne przejażdżki do lasku w Vincennes; rzadko docierała do miejsca, gdzie słychać było echa gwaru paryskiego i głosy nędzy wielkiego przedmieścia, bowiem Paryż budził w niej antypatję i niepohamowany strach. Zaledwie raz na miesiąc odbywała z całą paradą liberji ceremonjał wizyt u zdetronizowanych władców. Czyniła to bez przyjemności, wracała - przygnębiona. Czuła w tych dramatach królewskich, znoszonych spokojnie i szlachetnie, zupełną uległość i rezygnację, pogodzenie się z wygnaniem, cierpliwe i weszłe już w zwyczaj, maskowane jakąś dziecinadą i manją, albo czemś gorszem jeszcze.
Najwięcej godności i dumy okazywał król westfalski, starzec niewidomy i wzruszający, oraz jego córka, jasnowłosa Antygona: zachowując pompę i pozory swego dostojeństwa, zajęty był jednak tylko kolekcjonowaniem tabakierek i zapełnianiem gablotek drobiazgami. Szczególna ironja wobec kalectwa, uniemożliwiającego mu widok tych skarbów! U króla Palerma ta sama rezygnacja apatyczna, zaostrzona żałobą, smutkiem i brakiem pieniędzy, dysharmonja małżeńska i zrujnowane ambicje wskutek straty jedynego dziecka. Król, niemal zawsze nieobecny, zostawiał żonę przy ognisku osieroconem i wygnańczem, podczas, gdy królowa Galicji, lubiąca zbytek i uciechy, zgoła nie zmieniała burzliwych przyzwyczajeń egzotycznej władczyni, a książę Palmy brał od czasu do czasu swoją krócicę i usiłował przekroczyć granicę, która za każdym razem odrzucała go twardo ku bezczynności nędznego żywota. W gruncie rzeczy kontrabandzista w wyższym stopniu niż król, prowadził wojnę, aby mieć pieniądze i kobiety, dając swej nieszczęśliwej małżonce wzruszenia, jakie przeżywa biedna żona któregoś z owych bandytów pirenejskich, co to wracają na noszach, jeżeli już zbytnio przeciągnęli strunę. Wszyscy ci wydziedziczeni mieli na ustach jedno tylko słowo, jedną dewizę, zastępującą dźwięczne hasła swych dworów królewskich: "Po co?... W jakim celu?" Na czynny zapał i wybuchy Fryderyki najuprzejmiejsi odpowiadali uśmiechem, kobiety wszczynały rozmowy o teatrze, religji, modzie i zalotach; i powoli zaczęło udzielać się dumnej Dalmatynce to milczące poniżenie książąt i rozkład sił. Wszystko odbierało odwagę kobiecie, żyjącej pomiędzy królem, co nie chciał być królem, a małym Zarą, tak wolno rosnącym. Stary Rożen nie odzywał się zgoła, zamknięty przez cały dzień w biurze. Księżna była ptakiem, wciąż muskającym swe piórka, Boskowicz - dzieckiem, margrabia - niespełna rozumu. Był jeszcze O. Alfeusz, ale ten mnich ponury i namarszczony nie mógłby z półsłówek tajemniczych zrozumieć drżeń królowej, wątpliwości i obaw, jakie ją ogarniały. Przyczyniła się do tego i pora roku. Lasek w Saint-Mande, latem pełen zieleni i kwiatów, niby park, pusty i spokojny w dni powszednie, w niedzielę zaś rojny i gwarny, - z początkiem zimy, pośród żałoby wilgotnych widnokręgów i mgły, zawieszonej nad jeziorem, przybierał wygląd rozpaczny i próżny wielkości miejsc opuszczonych, ongi radosnych. Chmary kruków wzbijały się ponad czarność krzaków i poskręcane drzewa, gdzie kołysały się gniazda i kosmata na nagich wierzchołkach jemioła. Drugą już zimę spędzała Fryderyka w Paryżu. Czemu obecna wydawała się jej dłuższa od pierwszej i bardziej ponura? Czy odczuwała brak gwaru pałacowego, życia miasta hucznego i bogatego? Nie? Lecz wraz z tem jak zanikała w niej królowa, wzmagały się słabostki kobiety, udręki opuszczonej żony i nostalgje cudzoziemki, wyrwanej z ojczystego gruntu.
Po całych dniach przebywała teraz w oszklonej galerji, przyległej do wielkiego salonu, którą zmieniła w maleńki ogród zimowy, zakątek oddalony od domowego gwaru, zdobny w jasne obicia i zielone w rogach rośliny. Trwała w bezczynności, wpatrzona w bezlistny ogród i gęstwę kruchych gałęzi, przecinających szary widnokrąg, podobny do akwaforty, i pomieszanych z mocną a trwałą zielonością bukszpanów, co ostrością konarów wynikały na tle śnieżnej bieli. Masy wody, spadającej na trzy kondygnacje wodotrysku, przybierały tony zimnego srebra, a poza wysoką kratą, biegnącą wzdłuż avenue Daumesnil, przebiegały od czasu do czasu parowe tramwaje, przerywając świstem ciszę i pustkę dwumilowego lasu, a długie pióropusze dymu, pozostawione w żółtem powietrzu, rozpływały się tak wolno, że Fryderyka mogła je długo śledzić, ciężkie i bez celu, jak i jej życie.
W taki to deszczowy ranek zimowy Elizeusz Méraut odbył pierwszą lekcję z dziecięciem królewskiem, w tem małem sanktuarjum smutku i marzeń, które tego dnia przybrało wygląd pokoju szkolnego: na stole leżały rozłożone książki i zeszyty w rozproszonem świetle niby pracowni lub klasy. Matka w skromnej sukni czarnej, obciskającej wysoką jej postać, pracowała przy stoliku z laki, a mistrz i uczeń siedzieli obaj jednakowo wzruszeni i pełni wahania w obliczu tego pierwszego spotkania. Młodociany książę rozpoznawał dość niewyraźnie tę wielką i imponującą postać, którą mu pokazano w wieczór wigilijny w uroczystym zmierzchu kaplicy, w wyobraźni jego, wypełnionej cudownemi opowieściami pani de Silvis, utożsamioną z wizją jakowegoś olbrzyma Robistora lub czarodzieja Merlina. Równie chimeryczne było wrażenie Elizeusza, widzącego w tem małem i słabem chłopięciu, chorowitem i zwiędłem, o czole zmarszczonem jak gdyby od sześćsetletniego ciężaru rasy, wybranego przez los władcę, przywódcę ludzi i narodów. Głosem drżącym mówił doń z powagą:
- Wasza Wysokość będzie królem... trzeba, by książę wiedział, co to jest król... Proszę mnie słuchać uważnie, pilnie na mnie patrzeć, a to, czego nie wyrażą dość jasno usta, dopowie respekt mojego spojrzenia...
I zniżywszy się do poziomu tej młodocianej inteligencji, tłumaczył, za pomocą słów i obrazów jej właściwych dogmat prawa boskiego, misję królów na ziemi, pośredników między narodem a Bogiem, obarczonych obowiązkiem i odpowiedzialnością, które, obce innym ludziom, im narzucone są cd dzieciństwa... Młody książę nie zrozumiał prawdopodobnie tego wszystkiego z całą dokładnością; może czuł ogarniające go ożywcze tchnienie, jakiem ogrodnicy, pielęgnujący rzadką roślinę, otaczają delikatne pędy, słabe pąki. Co się tyczy królowej, pochylonej nad jakimś haftem, to słuchała w rozkosznem zdziwieniu tej mowy, na którą od lat czekała beznadziejnie, słów, odpowiadających jej najtajniejszym myślom, wzywających je z ukrycia,.. Tak długo marzyła samotnie! Elizeusz oblekał w ciało tyle rzeczy, których nie zdołałaby wyrazić! Od pierwszego dnia czuła w obec niego to, co muzyk nieznany, artysta niesłyszany jeszcze czuje wobec cudownego wykonawcy jego dzieła. Najbardziej mgliste wyobrażenia o tej wielkiej idei królewskości przybierały kształt, ujawniając się wspaniale, a zarazem prosto, bowiem mogło je pojąć niemal dziecko, małe dziecko. A spoglądając na tego człowieka, o rysach wyrazistych, ożywionych wiarą i wymową, widziała, jak przeciwstawiała mu się wdzięczna, a miękka twarz i niezdecydowany jeszcze czuje wobec cudownego wykonawcy jego co wszystkich zdetronizowanych władców, i szczebiot buduarów książęcych. I właśnie ten plebejusz, ten syn tkacza - którego historję znała - podejmował przerwaną tradycję, przechowywał relikwię, ogień święty, którego płomień widniał teraz na jego czole, wynikając z żaru wymowy. Ach, gdyby Chrystjan był taki, znajdowaliby się jeszcze na tronie, lub zniknęliby, przysypani jego gruzami... Rzecz szczególna! W tem natężeniu, któremu nie mogła się obronić, głos Elizeusza, jego twarz przypominały jej coś. Z jakichż to cieni pamięci wyłaniało się to genjalne czoło, te akcenty, dźwięczące w ukrytej głębi jej istoty, w tajnych załamach serca?
Teraz mistrz zapytuje ucznia, ale nie o to, co umie - niestety, nie umie nic, lub prawie nic - jeno badając, czego możnaby go nauczyć. "Tak, proszę pana... Nie, proszę pana..." Tyle tylko wypowiadały usta książątka, a starał się mówić jak najgłośniej, z nieśmiałym wdziękiem chłopców, wychowanych nieprzerwanie przez kobiety w okresie wczesnego dzieciństwa. Biedaczek starał się jednak wydobyć z natłoku różnorodnych wiadomości, udzielonych przez panią de Silvis, parę faktów z historji powszechnej, zbłąkanych wśród bajek o karłach i wróżkach, niby teatr czarodziejski zaludniających jego wątłą wyobraźnię. Królowa z oddali dodawała mu zachęty i odwagi, podnosząc go duchowo. Przy odlocie jaskółek matka w ten sposób daje pomoc swych skrzydeł pisklęciu, co nie umie jeszcze fruwać. Gdy dziecko wahało się z odpowiedzią, wzrok Fryderyki, o złotych połyskach szmaragdu, marszczył się niby fala od rzuconego kamienia; lecz gdy powiedziało coś trafnie, jakiż triumfujący uśmiech kierował się ku mistrzowi. Od dawna nie doświadczyła takiej pełni szczęścia i radości. Zdawało się, że świeża krew zabarwiła woskową cerę małego Zary, zawiędłą twarz słabego dziecka; nawet krajobraz pod wpływem tej czarodziejskiej wymowy pozbywał się smutnych stron, Ukazując jedynie imponującą wielkość w tej nagiej pustce zimowej. A gdy królowa trwała tak w skupieniu, oparłszy się łokciami i podana naprzód, całą postacią wychylona ku przyszłości, w której jawiło się triumfalnie wracając do Lubiany królewskie dziecię, Elizeusz drżący, olśniony przemianą, której sam nie wiedząc o tem, był przyczyną, widział jak na tem pięknem czole o tonach agatu rozwiały się i, niby djadem królewski, lśniły sploty ciężkich warkoczy.
Południe biło na wszystkich zegarach, a lekcja trwała jeszcze. W głównym salonie, gdzie maleńki dwór zbierał się codziennie w porze śniadania, zaczęto szeptać, dziwiąc się, że nie widać króla, ani królowej. Do tych przyciszonych rozmów przyłączały się oznaki złego humoru, wywołane apetytem i pustką chwili wyczekiwania na posiłek. Boskowicz blady z głodu i zimna, bo rąbał przez dwie godziny w gaju w poszukiwaniu jakichś zapóźnionych kwiatuszków, grzał palce przy wysokim kominku z białego marmuru w kształcie ołtarza, gdzie O. Alfeusz odprawiał niekiedy, w niedzielę, specjalną mszę. Margrabina, majestatycznie sztywna na brzegu kanapy, w sukni z zielonego aksamitu, kiwała z tragiczną miną głową, osadzoną na cienkiej szyi, owiniętej boa, a jednocześnie zwierzała się księżnie Kolecie. Biedna kobieta była zrozpaczona, że odebrano jej ucznia, którego powierzono temu oto... no, poprostu niewiadomo komu... widziała go rano, gdy przechodził przez dziedziniec.
- Droga pani przestraszyłaby się... Włosy olbrzymie, mina szaleńca... Tylko O. Alfeusz zdolny jest do podobnych odkryć.
- Podobno jest bardzo uczony... - rzekła księżna roztargniona, myśląc o czem innem...
Tamta paruszyła się gwałtownie... Bardzo uczony... bardzo uczony!... Czyż syn królewski musi być naszpikowany łaciną i greką nakształt słownika?... "Nie, nie, droga przyjaciółko, tego rodzaju wykształcenie wymaga specjalnych wiadomości... które ja posiadałam. Byłam przygotowana. Pracowałam nad traktatem księdza Diguet O instytucji książęcej. Umiem na pamięć rozmaite środki, jakie podaje gwoli znajomości ludzi, i inne - w celu unikania pochlebców. Pierwszych jest sześć, podczas, gdy drugich liczy się siedem. Oto one w porządku..."
I jęła recytować je wobec księżny, która nie słuchała, siedząc zdenerwowana i chmurna na stosie poduszek, w sukni bladoniebieskiej z długim trenem, według panującej ówcześnie mody, Z pod magnetycznych, rzekłbyś, rzęs, rzucała spojrzenia na drzwi. Wiodące do apartamentów króla, z zagniewaną miną pięknej kobiety, która przystroiła się dla kogoś, co nie nadchodzi. Stary książę de Rosen, sztywny w swym mundurze, przemierzał salon wzdłuż i wszerz krokiem automatycznym, miarowym, niby wahadło zegara; coraz to zatrzymywał się przy jednem lub drugiem oknie, wychodzącem na ogród i dziedziniec, spoglądając wzrokiem z pod brwi namarszczonych niby oficer dyżurny, odpowiedzialny za porządek i należyty stan okrętu, I rzeczywiście wygląd okrętu przynosił mu zaszczyt. Czerwona cegła zabudowań, pawilon intendentury lśniły, zmyte deszczem, spadającym na czyste ganki i wyźwirowane aleje. Pośród dnia ponurego jasność, bijąca od tego wzorowego ładu, przenikała aż do wielkiego salonu, który rozweselało ciepło dywanów i kaloryferów, oraz umeblowanie w stylu Ludwika XVI, białe i złote, o klasycznych ozdobach, widniejących na boazerjach panneaux i wielkich luster, z których jedno dźwigało mały złocony zegar, strojny we wstążki. W rogu konsula z tej samej epoki podtrzymywała djadem ocalały z katastrofy i złożony w przezroczystem puzdrze. Fryderyka poleciła umieścić go tam, aby, jak mówiła, służył ku pamięci. I pomimo żartów Chrystjana, który uważał, że to muzeum wykolejonych władców jest w guście rocaco, - wspaniały klejnot średniowieczny, oprawny w stare złoto o wytłaczaniach i ażurach, błyszczał tonem starożytnej rycerskości pośród kokieterji wieku osiemnastego i wielostronnego smaku - dziewiętnastego.
Znajomy turkot powozu w alei zwiastował przybycie adjutanta. I to było coś warte.
- Jak późno zjawiasz się na służbę, Herbercie, - rzekł z powagą książę.
Młody de Rosen, choć dorosły mężczyzna, drżący wciąż w obliczu ojca, zaczerwienił się, bąkając coś na usprawiedliwienie... Bardzo mu przykro... nie z własnej winy... całonocna służba.
- Dlatego to więc króla nie widać jeszcze? - rzekła księżna, wsuwając zgrabny nosek między rozmawiających.
Surowy wzrok księcia zamknął jej usta. Postępowanie króla nie podlegało krytyce.
- Proszę zameldować się szybko. Jego Królewska Mość czeka zapewne.
Herbert wyszedł posłusznie, spróbowawszy uprzednio uzyskać uśmiech od swej umiłowanej Kolety, która, bynajmniej nie uspokojona jego przybyciem, uniosła ku kanapie kwaśną i zadąsaną minkę; tymczasem rozkręciły się piękne karby jej fryzury, zaś dziecięca rączka targała nerwowo błękitną suknię. A przecież książę Herbert bardzo wypiękniał w ciągu ostatnich miesięcy. Żona zażądała, aby piastując godność adjutanta, zapuścił wąsy, co nadawało szczególnie marsowego wyglądu tej poczciwej fizjognomji, wychudłej i pobladłej wskutek bezsenności oraz służby przy boku króla... Prócz tego, - ile że nieco jeszcze utykał, - chodząc opierał się na lasce, jak prawdziwy bohater oblężenia Raguzy, o którem napisał właśnie pamiętnik, głośny już przed opublikowaniem: autor, odczytawszy go któregoś wieczora u królowej Palerma zyskał wraz ze świetną owacją towarzyską solenną obietnicę nagrody Akademji. Jaką powagę, jakie stanowisko dawało to mężowi Kolety! Ale mimo to nie stracił nic ze swego wyglądu dobrodusznego, nieco głupkowatego i nieśmiałego, zwłaszcza wobec księżny, traktującej go z pełnem wdzięku lekceważeniem. Co dowodzi snadnie, że niemasz dla żony znakomitego męża.
- No i cóż tam się stało? - zapytała impertynenckim tonem, widząc, że powrócił wielce przerażony i wstrząśnięty.
- Króla niema!
Te dwa słowa Herberta spowodowały w salonie skutek prądu elektrycznego, Koleta, bardzo blada, ze łzami w oczach pierwsza odzyskała mowę:
- Czy to możliwe?
A stary książę rzekł krótko:
- Niema?... Dlaczego mi nie zameldowano?
Boa pani de Silvis zjeżyło się i konwulsyjnie skręcało.
- Oby tylko nie przytrafiło mu się co złego!... - wykrzyknęła księżna w stanie niezwykłego podniecenia.
Lecz Herbert ją uspokoił. Kamerdyner królewski Lebeau wyszedł przed godziną z walizą. Z pewnością przyniesie wiadomość.
Pośród ciszy, jaka zapanowała, unosiło się w powietrzu jedno, niepokojące wszystkich pytanie, które książę de Rosen streścił niespodzianie:
- Co powie królowa?
A Boskowicz, drżąc cały, dodał:
- Może Jego Królewska Mość uprzedził?...
- Jestem pewna, że nie, - potwierdziła Koleta... gdyż królowa dopiero co powiedziała, że podczas śniadania przedstawi królowi nowego wychowawcę.
I, poruszona, rzuciła przez zęby dość głośno, by ją usłyszano:
- Wiem dobrze, cobym zrobiła na jej miejscu.
Książę oburzony z pałającym wzrokiem odwrócił się ku tej mieszczce, której nie udało mu się ogładzić, z niechybnym zamiarem nauczenia jej respektu dla monarchów, gdy ukazała się królowa, poprzedzając Elizeusza, wiodącego za rękę swego królewskiego pupila. Wszyscy wstali. Fryderyka, z uśmiechem szczęśliwej kobiety, dawno u niej nieoglądanym, przedstawiła pana Méraut... Jakże dumny i drwiący był ukłon margrabiny, studjowany przez nią w ciągu tygodnia! Księżnie natomiast zabrakło siły do uczynienia jednego bodaj gestu... Z bladej stała się purpurowa, poznając w nowym mistrzu owego dziwnego młodziana, obok którego siedziała przy śniadaniu u swego wuja, i - autora książki Herberta. Byłże to skutek przypadku, czy też jakiejś szatańskiej machinacji? Jakiż wstyd dla jej męża, jaką okryje się śmiesznością, wskutek tej mistyfikacji literackiej! Uspokoił ją nieco zimny ukłon Elizeusza, który jednak z pewnością poznał księżnę. "To inteligentny człowiek" - pomyślała. Na nieszczęście, skompromitował wszystko swoją naiwnością Herbert, który, osłupiawszy na widok wychowawcy, wyciągnął doń następnie przyjacielskim ruchem rękę, mówiąc: "Dzień dobry, co słychać?"
- Książę zna pana? - zapytała królowa, która słyszała od swego kapelana o historji z Pamiętnikiem, i uśmiechała się nie bez lekkiej złośliwości.
Lecz była zbyt dobra, aby przeciągać, gwoli zabawie, tę okrutną grę.
- Król, istotnie, zapomina o nas, - rzekła... Proszę go zawiadomić, panie de Rosen.
Trzeba było wyznać całą prawdę, że król spędził noc poza domem, i dodać szczegół o walizie. Wydarzyło się to po raz pierwszy i spodziewano się jakiegoś wybuchu ze strony tej natury dumnej a gorącej, zwłaszcza, że obecność cudzoziemca potęgowała jeszcze występek. Lecz królowa zachowała spokój. Ledwie kilka słów zamieniła z adjutantem, by się dowiedzieć, kiedy widział po raz ostatni Chrystjana.
Około trzeciej w nocy... Jego Królewska Mość szedł pieszo bulwarem wraz z księciem Axelem.
- Ach, prawda!... Zapomniałam... Mieli z sobą do pomówienia.
Ta spokojna intonacja powróciła jej całkowitą pogodę. Lecz nie zwiodło to nikogo. Wszyscy znali księcia Axela, wiedziano dobrze, do jakiej rozmowy umówionej zdolny był Jego Wysokość Książę, upadły i złowieszczy typ viveura.
- Siadajmy do stołu, - rzekła Fryderyka, gestem monarszym nakazując całemu gronu spokój, jaki sama usiłowała ujawnić.
Ktoś musiał podać królowej ramię. Nieobecność króla sprawiła, iż Fryderyka zawahała się. Nagle, zwracając się do hrabiego Żary, śledzącego swemi dużemi oczyma tę scenę z całem zrozumieniem dziecka chorowitego i przedwcześnie dojrzałego, rzekła z głęboką tkliwością, niemal z czcią i poważnym uśmiechem, niewidzianym u niej:
- Proszę, Wasza Królewska Mości.
II. Rojalista.
Dwaj mnisi o głowach strzyżonych i obnażonych pod ostrym deszczem grudniowym, co mżył i drobnemi igłami pokrywał habity opatrzone sznurkiem i zaokrąglonym kapturem zakonu św. Franciszka, szybkiemi krokami schodzili po pochyłości ulicy Monsieur le Prince. Pośród przeobrażeń dzielnicy łacińskiej, pośród obszernych wyłomów, którędy uszła oryginalność, wspomnienia starego Paryża, ulica Monsieur le Prince zachowała swą fizjonomję szkolnej ulicy. Wystawy księgarskie, mleczarnie, garkuchnie, sklepy tandeciarskie, "kupno i sprzedaż złota i srebra" ciągną się stąd aż do wzgórza świętej Genowefy. Tu o każdej porze dnia roi się od studentów: nie są to bynajmniej studenci Gavarniego o długich włosach, wymykających się z pod wełnianego beretu, lecz przyszli adwokaci w zimowych paltach, w rękawiczkach, starannie ubrani z ogromnemi tekami skórzanemi pod pachą, i już z zimnemi i przebiegłemi minami ludzi interesu; albo przyszli lekarze, o nieco swobodniejszym kroku, czerpiący z ludzkiej, materjalnej strony swych studjów ekspansywność życia fizycznego, jakgdyby w nagrodę za nieustanne obcowanie ze śmiercią.
O tej wczesnej godzinie dziewczęta w peniuarach i pantoflach, o oczach obrzękłych z bezsenności, przebiegały ulicę po mleko, jedne - uśmiechnięte i mknące truchtem pod deszczem, inne - naodwrót dostojne, kołyszące blaszankami i wlokące swoje wychodzone trzewiki i wynoszone gałgany z majestatyczną obojętnością królowych feeryj; a ponieważ wbrew paltom zimowym i skórzanym tekom serca dwudziestolatków mają dwadzieścia lat, więc studenci uśmiechali się do ślicznotek. "Stój, Lea". "Dzień dobry, Klementyno". Obwoływano się, wyznaczano sobie spotkania na wieczór: "W Medicis" albo "w Louis XIII"; i znienacka w odpowiedzi na jakiś zbyt żywy albo źle zrozumiany madrygał, rozlegał się okrzyk oburzonej i zaskoczonej dziewczyny w uświęconej tu formie: "Zmykajże pan, zuchwalcze!". Obaj mnisi musieli się przedzierać przez ten tłum młodzieży, zwracający na nich uwagę, kpiący - ale za plecami, albowiem jeden z Franciszkanów, chudy, czarny i suchy, jak chleb świętojański, o najeżonych groźnie brwiach, miał straszny wygląd korsarza w swym habicie, ściągniętym sznurem i zaznaczającym wyraźnie biodra oraz mięśnie atlety, Ani on, ani jego towarzysz nie zwracali na pozór uwagi na ulicę, którą przemierzali wielkiemi krokami, wpatrzeni nieruchomo przed siebie, w cel, do którego dążyli. Zanim doszli do obszernych schodów, wiodących do budynków wydziału medycznego, starszy rzekł do swego towarzysza:
- To tu.
Wznosił się dom hotelowy, którego ganek mieścił się między sklepem z gazetami, wypełnionym broszurami, piosenkami za dwa sous, kolorowemi malowankami, gdzie groteskowy kapelusz Bazylego powtarzał się w mnóstwie póz, a piwiarnią w suterynie, noszącą na szyldzie kawę "Brasserie du Rialto", prawdopodobnie dlatego, że usługiwały dziewczyny w uczesaniu weneckiem.
- Czy pan Elizeusz wyszedł? - zapytał jeden z ojców w biurze hotelu, mieszczącem się na pierwszem piętrze.
Otyła kobieta, która zapewne służyła w wielu hotelach, zanim dorobiła się własnego, odpowiedziała leniwie, nie radząc się nawet rzędu kluczy, smutnie wiszących na tablicy:
- Wyszedł o tej porze! Raczej trzeba zapytać, czy już wrócił!
Ujrzawszy habit, zmieniła ton i wskazała pokój Elizeusza Merauta:
- Nr. trzydziesty szósty, na piątem piętrze, w głębi korytarza.
Franciszkanie weszli na górę. Przechodzili przez wąskie korytarze, zawalone zabłoconem obuwiem, pantoflami na wysokich obcasach, szaremi, bronzowemi, fantazyjnemi, luksusowemu nędznemi zdradzającemi obyczaje lokatorów; nie zważali na nic, zamiatając pył swemi długiem! sukniami, krzyżami wielkich szkaplerzy; ledwie zerknęli, gdy jakaś ładna dziewczyna o łobuzerskiej minie, w różowej sukience, z obnażoną szyją i ramionami, w palcie męskim, przechyliła się przez poręcz na trzeciem piętrze, aby krzyknąć coś ochrypłym głosem do chłopca, stojącego na dole. Obaj ojcowie zamienili porozumiewawcze spojrzenie.
- Jeśli to taki człowiek, jak pan mówił - szepnął korsarz z akcentem cudzoziemskim - to obrał sobie dziwne środowisko.
Drugi, starszy o inteligentnej i subtelnej twarzy odpowiedział z miękkim uśmiechem, pełnym przebiegłości i pobłażliwości kapłańskiej:
- Święty Paweł wśród pogan!
Przybywszy na piąte piętro, ojcowie przez chwilę stali zakłopotani. Pod niskiem i ciemnem sklepieniem trudno było rozpoznać numery. Kilkoro drzwi zdobiły wizytówki w rodzaju "M-elle Alice", bez bliższego oznaczenia profesji, co zresztą było zbyteczne, ponieważ w tym domu było wiele konkurentek tego samego zawodu; i oto można było widzieć poczciwych ojców, kołatających do drzwi jednej z tych pań!
- Trzeba go wezwać, na honor! - rzekł mnich o czarnych brwiach i głosem, który długo rozbrzmiewał w hotelu, zawołał:
- Panie Méraut!
Niemniej potężna i donośna była odpowiedź, która rozległa się z pokoju w głębi korytarza. Wyjrzawszy, gospodarz zawołał wesoło:
- To ojciec Melchior?... Nie mam szczęścia... Myślałem, że przyniesiono list pieniężny... Wejdźcie wielebni ojcowie, bądźcie pozdrowieni... Siadajcie, jeśli będziecie mogli.
Istotnie na każdym meblu leżały stosy książek, pism, przesłaniając brudną konwencjonalność pokojów umeblowanych osiemnastorzędnej kategorji, wypłowiały kwadrat, połamaną kanapkę, wieczny sekretarzyk empire i trzy krzesła obite wytartym aksamitem. Na łóżku druki zmieszane z ubiorami, pliki korekt, pokreślone kolorowemi ołówkami. To nędzne wnętrze pracownika umysłowego, ten kominek bez węgla, zakurzona nagość muru były oświetlone światłem z sąsiedniego dachu, odblaskiem deszczowego nieba na mokrych łupkach; i wielkie czoło Mérauta, jego twarz żółciowa i potężna rozjaśniła się blaskiem smutnej inteligencji, wyróżniającej pewne twarze, które spotykać można tylko w Paryżu.
- Zawsze ta sama nora, jak widzicie, ojcze Melchjorze!... Cóż pan chce? Przybywszy do Paryża, osiedliłem się tutaj, osiemnaście lat temu. Odtąd nie ruszałem się już... Tyle marzeń, tyle nadziei zakopanych we wszystkich kątach... myśli, które odnajduję pod starym kurzem... Jestem pewny, że jeśli opuszczę tę biedną komórkę, zostawię tu najlepszą część swej jaźni. To też wyjeżdżając, zachowałem dla siebie ten pokój.
- Nawiązując do tego, jakże tam było z pańską podróżą? - rzekł ojciec Melchjor, zerkając na swego towarzysza. - Sądziłem, że pan na dłużej wyjechał... Co się stało? Misja panu nie odpowiadała?
- O jeśli mamy mówić o misji - odparł Méraut, potrząsając grzywą - niepodobna znaleźć lepszej... Pensja ministra pełnomocnego, mieszkaniu w pałacu, konie, karety, służba... Wszyscy uprzejmi dla mnie, cesarz, cesarzowa, arcyksiążęta... Mimo to, byłem znudzony. Brakowało mi Paryża, zwłaszcza dzielnicy łacińskiej, powietrza, którem się oddycha, lekkiego, wibrującego, odmładzającego... Galerje Odeonu, świeże książki, czytane na stojąco, stronice podnoszone dwoma palcami... albo polowania u bukinistów, tych bukinistów, skupionych na wybrzeżu, stanowiących szaniec studjującego Paryża wobec próżności i egoizmu innego Paryża.... A następnie, to nie jest wszystko - głos jego stał się poważniejszy - zna pan moje poglądy, ojcze Melchjorze. Wiecie do czego zmierzałem, przyjmując tę posadę... Chciałem z tego małego człowieka uczynić króla, jakiego się już więcej nie widzi; wychować go, ukształtować, ulepić go ku tej wielkiej roli, która ich wszystkich przerasta, miażdży, jak owe średniowieczne zbroje, wystawione w starych zbrojowniach, aby poniżały nasze ramiona i zbyt wąskie torsy... Ach! tak... liberałowie, moi drodzy, reformatorzy, ludzie postępu i nowych idej - oto, co znalazłem na dworze X". Straszliwe mieszczuchy, którzy nie rozumieją, że jeżeli monarchja jest skazana na zagładę, lepiej, aby zginęła w walce, owinięta w chorągiew, niżby miała skończyć na starczym fotelu, zepchnięta przez jakiś parlament... Po pierwszej lekcji rozległy się krzyki w pałacu... Skąd on się wziął? Czego chce od nas ten barbarzyńca? Zaczęto mnie prosię gorąco, abym nie odstępował od zwyczajnego zadania pedagoga... Skoro zdałem sobie z tego sprawę, schwyciłem kapelusz i do widzenia, Wasza Królewska Mości!...
Mówił głosem silnym i pełnym, którego południowy akcent rozbrzmiewał metalowemi akordami. W miarę mówienia, zmieniał się wyraz jego twarzy. Głowa - w spoczynku ogromna i brzydka, o wielkiem czole, na którem leżały w nieporządku czarne włosy z szeroką siwą grzywą, o niekształtnymi nosie, gwałtownych ustach, których nie zakrywał zarost i skórze odznaczającej się pęknięciami, żarem i nieurodzajnością wulkanicznej ziemi, - to głowa ożywiła się wspaniale w porywie namiętności.
Wyobraźcie sobie rozdarcie zasłony, czarną zasłonę, która się podnosi z przed grzejącego i radosnego ogniska. Rozwinięcie elokwencji, złączonej z kącikami oczu, nosa, warg, roznoszonej przez krew, płynącej z serca po całej twarzy skażonej wszystkiemu nadużyciami i bezsennością. Pejzaże Langwedocji, ojczyzny Mérauta, obłupanej, jałowej, z szarzyzną swych zakurzonych drzew oliwnych pod tęczowemi zachodami bezlitosnego słońca, posiadają podobnie wspaniałe płomienistości, zmieszane z teoretycznemi cieniami, które wydają się rozkładem promienia, powolnym i stopniowym skonem tęczy.
- A więc ma pan dosyć wielkości? - odezwał się stary mnich głuchym, przymilającym głosem, który bardzo kontrastował z poprzedzającym wybuchem krasomóstwa.
- Pewnie - odpowiedział energicznie zagadnięty.
- A jednak nie wszyscy królowie są do siebie podobni. Znam jednego, któremu pańskie przekonania...
- Nie, nie, ojcze Melchjorze... Z tem koniec. Nie spróbowałbym po raz drugi... Obawiam się, że przyglądając się zbliska królom, zatracę lojalność.
Po chwili milczenia chytry kapłan podjął swą myśl z innej strony:
- Sześciomiesięczna nieobecność musiała pan" bardzo zaszkodzić?
- Bynajmniej, nie bardzo... Przedewszystkiem, wuj Sauvadon dochował mi wierności... wie pan, Sauvadon, mój bogacz z Bercey. Ponieważ spotyka elitę u swej bratanicy, księżny do Rosen i pragnie wtrącać się do rozmów, więc udzielam mu trzy razy tygodniowo, jak to on nazywa, "poglądów na rzeczy". Jest zachwycająco naiwny i ufny ten dzielny człowiek. "Panie Méraut, co powinienem myśleć o tej książce?" - "Szkaradna". - "A jednak zdaje mi się... słyszałem, jak mówiono kiedyś u księżny"... "Jeśli pan ma własne zdanie, to moja obecność jest tu niepotrzebna". - "Ale nie, ależ nic, mój drogi Méraut... Pan wie, że ja nie mam własnego zdania"... To fakt niewątpliwy, że nie posiada żadnych poglądów i z zamkniętemi oczyma przyjmuje wszystko, co mu wbijano do głowy... Jestem jego myślącą treścią... Od czasu, jak wyjechałem, przestał mówić z braku idej... trzeba było widzieć, jak się na mnie rzucił, skoro tylko wróciłem!... Mam pozatem dwuch Włochów, udzielam im lekcyj prawa politycznego... A następnie mam zawsze parę dodatkowych źródeł... A więc teraz kończę "Historję oblężenia Raguzy" według autentycznych źródeł... Niewiele tam pracy mego pióra, prócz ostatniego rozdziału, z którego jestem wielce zadowolony... Robię właśnie korektę... Chcecie, abym przeczytał?... Nazywam to "Europą bez królów"!
W miarę czytania ożywiał się i wzruszał do łez. Tymczasem wraz z przebudzeniem hotelu zaczęły się rozlegać wokoło śmiechy młodzieży, głośne przejawy wesołości, zmieszane z pobrzękiwaniem talerzy i szklanek i dźwiękami starego pianina, grającego jakąś karczemną piosenkę. Przedziwny kontrast, ledwo dostrzegany przez mnichów, z zachwytem wsłuchanych w potężną i brutalną apologję monarchji; zwłaszcza wyższy, kipiąc cały, tupał, wydawał okrzyki entuzjazmu, wykonywał energiczne gesty, przyciskał ręce do piersi, omal ich nie druzgocąc. Po odczytaniu, podniósł się, przemierzył pokój wielkemi krokami, żywo gestykulując i mówiąc:
- Tak, właśnie... oto prawdy... prawo boże, prawowite, absolutnie...
- Bez parlamentu, bez adwokatów!... Na stos całą zgraję!
I spojrzenie jego iskrzyło się i pałało, jak chróst świętej Hermandady. Ojciec Melchjor spokojniejszy winszował Merautowi:
- Mam nadzieję, że pan podpisze tę książkę.
- Bynajmniej... Wie pan, ojcze Melchjorze, że moją ambicję stanowią moje idee. Książka będzie opłacona - to wuj Sauvadon wystarał się o tę gratkę; - lecz napisałbym ją za nic, z własnego upodobania. Tak pięknie jest notować roczniki owej agonji monarchji; słuchać, jak oddech starego świata drga i umiera w tych wyczerpanych monarchjach... W każdym razie - oto upadły król, który wszystkim dał dumną nauczkę... Bohater z tego Chrystjana... W tych notatkach z dnia na dzień znajduje się opowieść o przechadzce pod bombami, w forcie Świętego Anioła... To szalona pałka!
Jeden z ojców opuścił głowę. Lepiej od kogokolwiek wiedział, co myśleć o tej heroicznej manifestacji i o bardziej nawet heroicznem kłamstwie... Lecz obca wola, silniejsza od jego własnej nakazała mu milczenie. Porozumiał się tylko spojrzeniem ze swym towarzyszem, który naraz podnosząc się, rzekł do Mérauta:
- Otóż w sprawie syna tego bohatera przychodzę do pana... w towarzystwie ojca Alfeusza, jałmużnika dworu Ilirji...
Czy chciałby się pan podjąć wychowania królewskiego dziecka?
- Nie będzie pan miał u nas ani pałacu, ani wielkich karet, - odezwał się z melancholią ojciec Alfeusz... - ani szczodrobliwości cesarskiej dworu X... Będzie pan służył władcom osamotnionym i zubożałym na wygnaniu, które trwa już rok, a może potrwać jeszcze dłużej... Idee pana są naszemi ideami... Król wprawdzie miał trochę zachcianek liberalnych, ale poznał ich czczość po upadku... królowa, to uosobienie wzniosłości... zobaczy pan.
- Kiedy? - zapytał Elizeusz Méraut, znowu ogarnięty pragnieniem kształtowania króla według swego pomysłu.
I odrazu ustalono rychłe spotkanie... Gdy Elizeusz Meraut myślał o dzieciństwie - myślał o tem często, ponieważ skupiły się w niem wszystkie silne wrażenia jego życia - oto, co widział zawsze: wielki pokój o trzech oknach, zalanych światłem i zajętych przez krosna, wyciągające swoje oczka pod światło ku zewnętrznej perspektywie, skłębieniu dachów i domów, których okna były podobnież zastawione warsztatami tkackiemi i dwoma pracownikami, naprzemian wykorzystującymi swe ruchy przy wątku, niczem pianiści, grający na cztery ręce. Między temi domami małe ogródki zaułków wspinały się po bokach, ogródki Południa, spalone i białe, suche i pozbawione powietrza, pełne grubego zielska, gdzie wysokie słoneczniki wyciągnięte w stronę zachodu z chorobliwym wyrazem koron szukających słońca, roztaczały ckliwy zapach dojrzewających ziaren, zapach, który po trzydziestu przeszło latach Elizeusz czuł jeszcze w nozdrzach, gdy myślał o swej dzielnicy. Nad życiem tej dzielnicy robotniczej, brzęczącej jak ul - panowało wzgórze kamieniste i parę starych porzuconych młynów wietrznych, niegdyś żywicieli miasta, które zostały zachowane dzięki swym zasługom i wystawiały szkielety skrzydeł, jak ogromne połamane reje. Pod opieką tych starych młynów zachowały się obyczaje i tradycje innych czasów. Cała ta duża wieś - nazywano ten zakątek przedmieściem Rey, - była, jest jeszcze płomiennie rojalistyczna, w każdej pracowni wisi na ścianie nadęty, różowy, blondyn o długich kędzierzawych włosach, ten, którego obywatele tutejsi nazywali poufale "lou Goi" (kulawy). Ojciec Elizeusza pod tą ramą zawiesił drugą, mniejszą, zawierającą arkusik z pieczęcią z różowego wosku, z dwoma słowami "Fides, Spes", dookoła krzyża św. Andrzeja. Ze swego miejsca, puszczając w ruch czółenko tkackie, majster Méraut oglądał portret i czytał dewizę "wiara... nadzieja..." I jego szeroka twarz o rysach rzeźbionych, jakby ze starych medali z czasów Antonjusza, o orlim nosie i zaokrąglonych konturach owych Burbonów, których tak kochał, nadymała się i czerwieniła z silnego wzruszenia.
Był to majster Méraut, straszliwy człowiek, gwałtowny i despotyczny, który mając zwyczaj zagłuszać zgiełk warsztatu, miał w głosie coś przypominającego pioruny. Żona jego, wręcz przeciwnie, przygnębiona i nieśmiała, przepełniona owemi tradycjami poddaństwa, które czynią z kobiet Południa istne niewolnice Wschodu, zawsze milczała, W tem otoczeniu wyrastał Elizeusz, wychowywany mniej surowo, niż obaj jago bracia, ponieważ był najmłodszy i najbardziej pieszczony. Zamiast usadowić go od dziesiątego roku życia przy czółenku, pozwolono korzystać z tej dobrej wolności, niezbędnej w dzieciństwie. Korzystał z niej w pełni: całemi dniami uganiał się na placu i staczał boje na wzgórzu w walce białych z czerwonymi, katolików z hugonotami. W tej części Langwedocji ludzie tkwią jeszcze w owych nienawiściach. Dzieci dzieliły się na dwa obozy; każda partja wybierała jeden z młynów, których kamienie służyły za pociski, padały zniewagi, świszczały proce. Długie godziny trwały oblężenia homeryckie, kończące się tragicznie, krwawą rysą na któremś dziesięcioletniem czole lub jedną z owych blizn dzieciństwa, ukrytą pod wichurą jedwabistych włosów, co to zostają na całe życie. Elizeusz pokazywał je, będąc dorosłym mężczyzną, na skroni i na wargach.
O, te wiatraki! Matka złorzeczyła im, gdy dzieciak wracał wieczorem cały we krwi i w strzępach. Ojciec gromił go dla pozoru, z przyzwyczajenia, zresztą, aby użyć do czegoś swego gromiącego głosu; lecz przy stole kazał sobie opowiadać perypetje walki i imiona walczących:
- Tholozan!... Tholozan!... Jeszcze to plemię istnieje!.,. Ach, ten łajdak. Ojca jego miałem w 1815 roku na muszce swej strzelby, powinienem był spuścić kurek.
Następowała długa opowieść w gwarze langwedockiej, obrazowa i brutalna, która nie pomijała ani jednego frazesu, ani jednej sylaby. Opowieść z czasów, gdy mistrz Meraut zaciągnął się do oddziałów księcia d'Angouleme, wielkiego jenerała, świętego...
Te opowieści, stokrotnie słyszane, lecz modulowane w zależności od werwy ojcowskiej utrwaliły się w duszy Elizeusza równie silnie jak pręgi na jego twarzy. Żył legendą rojalistyczną, której rocznicą był dzień św. Henryka, 21 stycznia, dzień czczenia książąt męczenników, błogosławiących tłumy rękami biskupów, nieuległych księżniczek, ściganych, zdradzanych, chwytanych w kryjówkach za kominkami starych bretońskich gospod. I aby złagodzić ten smutny szereg żałob i wygnań, dzieje o "kurze w garnku" i piosenka o "Vert-Galant" wskrzeszały humor starej Francji. To marsyljanka przedmieście Rey - ta piosenka o "Vert-Galant". Gdy niedzielą po nieszporach, przy stole, z trudem umocowanym na pochyłości ogródka, państwo Méraut spożywali obiad "na świeżem powietrzu", jak mawiano, w dusznej atmosferze, następującej po dniu letnim, gdy upał, skupiony w ziemi czy w tynku murów, rozprzestrzenił się, mocniejszy i niezdrowszy od żaru słonecznego, gdy stary tkacz zwiastował głosem znanym w sąsiedztwie: "Niech żyje Henryk Czwarty! niech żyje król waleczny!", wszystko dokoła milkło. Słyszano jedynie suche trzaskanie trzciny ogrodzenia, wrzaskliwe ćwierkanie spóźnionego świerszcza i starą pieśń królewską, rozwijającą się w takt pawany z sztywnością bufiastych pludrów i krynolin. Refren śpiewano chórem: "Zdrowie naszego króla". Zwrotka "uszczęśliwi mnie i ciebie" zawsze śmieszyła Elizeusza i jego braci. Śpiewał ją, potrącając się, pchając, co zawsze ściągało na nich gniew ojca; w każdym razie drobnostka ta nie przerywała pieśni i oto rozlegała się wśród razów, śmiechów i łkań jak kantyczka opętanych nad grobem djakona Parysa.
Nieustannie wspominane w uroczystościach rodzinnych, to imię króla, niezależnie od prestige, które miało w bajkach o wróżkach i w opowieściach dla dzieci, posiadało dlań zażyłość i poufałość. Podniecały to uczucie tajemnicze listy, pisane na papierze wełnistym, przybywające z Frohsdorfu dwa czy trzy razy rocznie do wszystkich mieszkańców dzielnicy, autografy o subtelnem piśmie, w których król wzywał swój lud do cierpliwości... W takie dni majster Méraut puszczał czółenko silniej, niż zazwyczaj. Wieczorami, zamknąwszy szczelnie drzwi, brał się do czytania cyrkularza, zawsze tej samej łagodnej proklamacji o słowach nieokreślonych, jak nadzieja: "Francuzi, tamci oszukują siebie i was". I zawsze ta sama pieczęć: "Fides spes". O! biedni ludzie, nie brakło im wiary ani nadziei.
- Kiedy król powróci - mawiał majster Méraut - kupię sobie wygodny fotel. - Kiedy król powróci, zmienię papierowe obicie pokoju.
Później, po podróży do Frohsdorfu, formula była zmieniona:
- Gdy miałem zaszczyt ujrzeć króla - mówił przy każdej okazji.
Poczciwiec w istocie rzeczy odbył tę pielgrzymkę, będącą dla robotnika z miasteczka wielką ofiarą czasu i pieniędzy. Nigdy żaden Hadżi nie wracał chyba z Mekki tak zachwycony. Spotkanie było wszakże krótkie. Na audjencjach pretendent zwykł mówić: "Ah, otóż i pan..." i nikt nie mógł się zdobyć na odpowiedź, zwłaszcza Méraut, którego wzruszenie ścisnęło za gardło i oczy zamgliło łzami, tak, że nie widział nawet wyraźnie rysów swego bóstwa. Za to przy wyjeździe książę d'Athis, sekretarz przyboczny, rozpytywał go długo o stan umysłów we Francji; można sobie wyobrazić, co odpowiadał egzaltowany tkacz, który nigdy nie opuścił swej mieściny.
- Niech przybędzie nasz Henryk, niech przybędzie co rychlej - naród się niecierpliwi...
Książę d'Athis, zachwycony odpowiedzią, podziękował serdecznie i znienacka zagadnął:
- Ma pan dzieci, majstrze Méraut?
- Trójkę, książę panie.
- Chłopaki?
- Tak... troje dzieci... - powtórzył stary majster (gdyż w pojęciach tego ludu dziewczęta nie uchodziły za dzieci).
- Dobrze... Zanotuję to sobie... Jego Królewska Mość przypomni sobie o tem, gdy nadejdzie pora.
Książę wyjął swój notes i "kra... kra...". Owe "kra... kra...", którem majster zobrazował gest protektora, zapisującego imiona trzech synów, było nieodjemną częścią kolektywnego opowiadania w rocznikach rodzinnych, wzruszających niezmiennością najdrobniejszych szczegółów. Odtąd podczas bezrobocia, gdy matka martwiła się złym wyglądem męża i wyczerpywaniem się małych rezerw małżeństwa, to "kra... kra" odpowiadało na wszystkie jej lękliwie wyrażone niepokoje co do przyszłości dzieci:
- Bądźże spokojna.... książę d'Athis zapisał imiona.
Zapaławszy nagłą ambicją w stosunku do synów, stary tkacz, który widział, że starsi synowie bezpowrotnie wstąpili na ścieżkę ojcowską, skupił na Elizeuszu wszystkie swe nadzieje i całe pragnienie wielkości. Wysłano go do "instytucji Papcia", założonej przez jednego z uciekinierów hiszpańskich, od których zaroiło się w miastach Południa po kapitulacji Marotta. Mieściła się w głębi dzielnicy Jatek, w spleśniałym opuszczonym domku pod osłoną katedry, jak o tem świadczyły małe zielonkawe okienka i głębokie szczeliny w murach. Aby dojść doń, trzeba było przejść przez ciąg sklepów, najeżonych kratami gdzie wisiały ogromne ćwiartki, otoczone niezdrowym szmerem, gęstwą wąskich ulic o bruku zawsze lepkim i czerwonym od odpadków zwierzęcych, W późniejszych latach Elizeuszowi wydawało się, że przeżył swoje dzieciństwo w wiekach średnich, pod dyscypliną straszliwego fanatyka, którego łacina na "us" rozlegała się w brudnej i czarnej klasie między błogosławieństwami czy przystępami gniewu przylegającej dzwonnicy. Ten mały Papel - ogromna, oleista twarz, ocieniona brudnym białym beretem, wciągniętym aż na oczy w celu ukrycia wzdętej sinej żyły, przepoławiającej czoło od brwi aż do linji włosów - przypominał karła z obrazów Velasqueza, różniących się tylko połyskującemi tunikami i mroczną polewą czasu. Brutalny i okrutny, lecz pod obszemem czołem przechowujący zdumiewający magazyn idej, żywą i błyskotliwą encyklopedję zamkniętą, rzec można, na zaworę uporczywego rojalizmu, uosobioną w dziwnej żyle na czole.
Mówiono w mieście, że pod nazwiskiem Papel ukrywało się inne, bardziej rozgłośne, pewnego cabecilla don Carlosa, znanego z okrutnego urozmaicania sposobów walki i śmierci. Tu, niedaleko granicy hiszpańskiej, jego haniebna sława krępowała go i kazała żyć anonimowo. Ile było prawdy w tych gadkach? Podczas długich lat, spędzonych ze swym mistrzem, Elizeusz, mimo, że był jego towarzyszem, nie słyszał, ani nie widział nic takiego, coby go umocniło w posądzeniach. Atoli, gdy wyrósł, gdy po skończeniu studjów okazało się, że dzielnica Rey jest zbyt wąska dla jego laurów, dyplomów i ambicyj ojcowskich, gdy miano go wysłać do Paryża, Papel dał mu sporo listów polecających do szefów rojalistycznych, listów, opieczętowanych tajemniczemi herbami, które zda się potwierdzały legendę o zamaskowanym cabecillu.
Majster Méraut pragnął tej podróży, ponieważ zaczynał uważać, że powrót króla opóźnia się znacznie, więc sprzedał wraz ze starym zegarkiem i srebrną matczyną obręczę do kluczy, winnicę, stanowiącą składową część dobytku każdego obywatela. Uczynił to heroicznie, prosto, dla partji.
- Idź, popatrz, co oni tam robią - rzekł do swego najmłodszego syna - na co tam czekają? Mieścina koniec końcem całkiem cię zmęczy.
W dwudziestym roku życia Elizeusz Méraut przybył do Paryża, kipiąc od egzaltowanych przekonań, w których ślepe poświęcenie ojca potęgował waleczny fanatyzm Hiszpana. Przyjęto go w partji, jak się przyjmuje nowego pasażera w nocy pośród drogi w wagonie pierwszej klasy, gdzie każdy zdrzemnął się w swym kącie. Intruz przybywa z zewnątrz, ma krew ożywioną świeżem powietrzem i chodzeniem, pragnie działać, rozmawiać, kontynuować bezsenność podróży, rozbija się o zły humor sennych ludzi, opatulonych w futra, ukołysanych ruchem pociągu, lękających się najbardziej w świecie przeciągów i deranżujących inwazyj. Tak przedstawiała się partja legitymistów w swym wagonie klęski, na wykolejonych szynach.
Ten szaleniec o czarnych oczach, o głowie wychudzonego lwa, ucinający każdą sylabę, jakby nożycami, każdy okres ostrym gestem, posiadający golową na wszystko werwę Suleau, odwagę Cadoudala, wywołał w partji zdumienie, połączone ze strachem. Uważano go za człowieka niebezpiecznego i niepokojącego. Pod przesadną grzecznością, pod oznakami dobrego wychowania, Elizeusz z ową jasnością, jaką Południe zachowuje w swych uniesieniach, rychło wykrył całą egoistyczną mierność tych ludzi. Według ich zdania chwilowo nic nie można było zrobić; czekać, zachowywać spokój przedewszystkiem, wstrzymywać się od porywów i niekonsekwencyj młodzieńczych, "Niech Wasza Królewska Mość uważa... jaki on przykład daje!" Te rady rozwagi, umiarkowania odpowiadały starym pałacom arystokratycznej dzielnicy, spowitej w bluszcz, głuchej wobec ruchu ulicy, wymoszczonej komfortem i rozleniwieniem, ukrywającej się za masywnemi wrotami, ciężkiemi od ciężaru stuleci i tradycji. Przez grzeczność zaproszono go na dwa czy trzy zebrania polityczne, odbywające się w wielkim sekrecie z całym systemem ostrożności w głębi któregoś z tych starych gniazd. Spotkał tu nazwiska z wojen wandejskich i egzekucyj Quiberona cały żałobny patronat, zapisany na "połach męczenników". Nosili je starzy, poczciwi panowie, dobrze ogoleni, odziani w cienkie sukna, niczem prałaci, zawsze wyrażający się łagodnie. Zbierali się z minami spiskowców. Każdy był pewny, że jest inwigilowany przez policję, która w rzeczywistości kpiła sobie z tych platonicznych spotkań. Wist pod dyskretnem światłem wysokich świec z abażurami, schylone czoła, świecące jak żetony. Ktoś udzielił wiadomości z Frohsdorfu, podziwiano zdumiewającą cierpliwość wygnańców, której przykład dodawał otuchy. Zupełnie cichym szeptem powtarzano sobie ostatni kalambur de Barentin o cesarzowej, nucono piosenkę: "Gdy Napoleon - wymierza wam baty" i t. d. Poczem, podziwiając własną zuchwałość, spiskowcy rozchodzili się po jednym, przyciskając się do murów ulicy de Varenne, obszernej i pustej, która niepokoiła odgłosem ich własnych kroków.
Elizeusz stwierdził wkrótce, że jest zbyt młody i zbyt czynny dla tych widm starej Francji.
Zresztą pływano wówczas w pełni epopei cesarskiej, wracające z wojen włoskich kroczyły zwycięskie orły. Syn tkacza nie długo musiał się rozglądać, by się przekonać, że przekonania przedmieścia Rey nie były powszechnie podzielane, że powrót prawowitego króla nie nastąpi rychło, jak to mniemano w miasteczku. Jego rojalizm nie został osłabiony, naodwrót, wzmógł się, rozwinął w idei, ponieważ działanie było uniemożliwione. Marzył o tem, aby napisać książkę, rzucić swe myśli i wiarę wielkiemu Paryżowi, którym pragnął zawładnąć. Natychmiast wykuł sobie plan: zarabiać na życie lekcjami, które też rychło znalazł; w wolnym czasie pisać książkę, co wymagało o wiele więcej czasu.
Jak wszyscy jego krajanie, Elizeusz Méraut był przedewszystkiem człowiekiem słowa i gestu. Myśli nawiedzały go, gdy przemawiał, stojąc, na dźwięk własnych słów, na podobieństwo błyskawicy, którą przyciąga drganie dzwonów. Karmiona literaturą, faktami, ciągiem rozmyślaniem myśl jego, która zrywała się z warg spienionemi falami, która pociągała słowo za słowem w posępnem krasomówstwie, spływała natomiast powoli, pojedyńczemi kroplami z jego pióra. Rezerwoar był zbyt obszerny dla wymierzonej filtracji i dla wszystkich subtelności pisma. Sprawiało mu ulgę wypowiadanie swych poglądów, ponieważ nie znajdował innych sposobów ich uzewnętrznienia. Mówił więc na bibkach, na konferencjach, przedewszystkiem w kawiarniach, w tych kawiarniach dzielnicy łacińskiej, które jedne stanowiły opozycję w skulonym Paryżu drugiego Cesarstwa, gdy książka i dzienniki, skute kagańcem, milczały. Każdy szynk miał swego mówcę, swego wielkiego człowieka, Mówiono: - Pesquidoux od "Voltaire'a" jest mocny w gębie, ale Larminet od "Procope'a" jest mocniejszy. W istocie skupiała się w nich cała ucząca się młodzież wymowna, umysłem krążąca koło wzniosłych spraw, odnawiająca z większym zapałem piękne dyskusje polityczne i filozoficzne knajp w Bonn i w Heidelbergu.
Szczególna werwa tego dużego Gaskończyka, który nie palił i upajał się bez trunków, jego wymowa, pełna obrazów i obcesowa, operująca zasadami, równie niemodnemi, co paniers i puder, a tak różnemi od otaczających go ram, jak upodobania antykwarjusza pośród "articles de Paris" - zyskały szybko Elizeuszowi sławę i słuchaczy w owych dymnych i gwarnych kuźnicach idej, gdzie tęgo krzyczano, a tężej jeszcze - pito. Skoro światło gazowe zabłysło w kawiarniach, natłoczonych i huczących, a na progu spostrzegano jego długą i niezgrabną postać, o spojrzeniu krótkowzrocznem, nieco błędnem, którego naprężony wysiłek rozrzucał, rzekłbyś, pasma włosów na czole, w kapeluszu, zsuniętym na tył głowy, dźwigającą pod pachą książkę lub perjodyk, z którego wysterczał olbrzymi nóż do przecinania kartek, wówczas wstawano z miejsc, krzycząc: "Oto Méraut!". I usuwano się, czyniąc mu tem więcej miejsca, gdzieby mógł poruszać się swobodniej i gestykulować, Już przy wejściu porywały go krzyki i powitania młodzieży, potem zaś - gorąco i światło, to światło gazowe, co chwytało za gardło i upajało. Podejmował to jeden temat, to - drugi, pochwycony z popularnego dziennika, z książki otworzonej po drodze gdzieś koło Odeonu, to znów porzucał go; siadał i wstawał, głosem swym panując nad kawiarnią, skupiając wokół i grupując słuchaczy gestu.
Przerywano grę w domino, gracze bilardowi wychylali się ze schodów antresoli, z fajką w zębach, przytrzymując ręką długi cybuch z kości słoniowej. Drżały szyby, kufle, spodki, jak gdyby przejeżdżał furgon pocztowy, a właścicielka za ladą mówiła z dumą do wszystkich, którzy wchodzili: "Proszę prędzej... jest pan Méraut". Cóż, że Pasquidoux, Larminat byli to zuchy, - on pogrążał ich wszystkich. Stał się mówcą dzielnicy. Ta sława, której nie szukał, dała mu zadowolenie tak zupełne, że uległ jej w sposób nieunikniony. Taki był w owej epoce los niejednego Larminat: zmarnowany został piękny zapał, a z motorów lub dźwigarów uchodziła z wielkim hałasem bezpożyteczna para wskutek rozwiązłości, niedbalstwa lub złego kierunku kierowniczej korby. W Elizeuszu było coś więcej nadto: ten południowiec próżny intryg i ambicyj, co wziął od swych stron rodzinnych jeno zapał, uważał się za misjonarza wiary, i, rzeczywiście, ujawniał niezmordowaną żarliwość misjonarza, charakter tęgi i niezależny, bezinteresowność życia, poddanego najgorszym nawet przypadkom powołania, a lekceważącą sobie sposobność i korzyści.
Tak, od osiemnastu lat, w ciągu których rozrzucał swój posiew ideowy wśród młodzieży paryskiej, niejeden z tych, co zaszli już daleko i mawiali pogardliwie: "Ach, Méraut... ten wieczny student", zawdzięczali co najcenniejszą cząstkę swej sławy okruchom niedbale porzucanym przez tego szczególnego chłopca wszędzie, gdziekolwiek siadywał. Elizeusz wiedział o tem, a ilekroć odnajdował pod zielonym, w palmy zdobnym, frakiem, piszącego magnata którąś ze swych chimer, już pełną statku w okrągłym frazesie akademickim, był szczęśliwy bezinteresownym szczęściem ojca, co wydał bogato zamąż umiłowane córki, nie pretendując już zgoła do ich tkliwości. Była to abnegncja rycerska starego tkacza z przedmieścia Rey, ale i coś więcej jeszcze, bowiem brakło tu wiary w swe powodzenie, owej niezachwianej wiary, którą dzielny ojciec Méraut zachował do ostatniego tchnienia. W wilję śmierci - bo zmarł nagle wskutek porażenia słonecznego, po obiedzie, spożytym na świeżem powietrzu, - stary śpiewał jeszcze w głos: "Niech żyje Henryk czwarty!" Przed skonem, gdy mgłą zachodziły oczy, a język sztywniał, mówił jeszcze do żony: "Spokojna bądź o dzieci... książę d'Athis... ma w palnięci...". A stygnące ręce gestykulowały "kra... kra..." na kołdrze.
Gdy Elizeusz przybył rankiem z Paryża, zbyt późno powiadomiony o tem druzgoczącem nieszczęściu, ojciec leżał wyciągnięty, nieruchomy i blady, z rękoma w krzyż złożonemu, głową odwrócony od ściany, wciąż czekającej na nową tapetę. Przez drzwi od pracowni, otwarte na przyjście śmierci, która wokół siebie wszystko usuwa, wyzwala, poszerza, widać było odpoczywające warsztaty, i warsztat ojca opuszczony, podobny do strzaskanego masztu na okręcie, gdzie nie zaświszcze już wiatr; i portret króla oraz czerwoną pieczęć, co przewodniczyły temu żywotowi, pełnemu pracy i wierności, a wysoko, w najwyższym punkcie zagrody w Rey, stare wiatraki, piętrzące się i szumiące na stokach, wyprostowane na jasnem tle nieba, o ramionach wzniesionych w rozpacznym geście. Elizeusz zapamiętał na zawsze widok tej pogodnej śmierci, co zaskoczyła pracownika pod rodzinną strzechą, zamykając oczy wpatrzone w znajomy widnokrąg. Uczuł zazdrość, on, którego porywało wszak marzenie i przygoda, co był wcieleniem wszystkich złudzeń chimerycznych.
Gdy powrócił z tej smutnej podróży, zaproponowano mu właśnie miejsce guwernera na dworze w X... Rozczarowanie jego tak było żywe, i tak bardzo zasmuciły go małostki, rywalizacje, zawistne kalumnje, pośród których się znalazł, oraz wielka pompa monarchji oglądanej zbyt blisko, od strony kulis, że mimo podziwu dla króla Ilyrji, pożałował swej szybkiej decyzji, skoro tylko odjechali mnisi i spadła pierwsza gorączka zapału. Powracały w pamięci wszystkie owe utrapienia, konieczność ofiary z wolności, z przyzwyczajeń. Przytem huczała wciąż w mózgu książka, jego okrzyczana książka... Słowem, po długich rozmyślaniach, postanowił odmówić, i w wilję Bożego Narodzenia, gdy spotkanie było już bardzo bliskie, napisał do ojca Melchjora, aby go uprzedzić o swej decyzji. Mnich nie protestował. Poprzestał na odpowiedzi:
"Dziś wieczór, przy ulicy Foureaux, na nocnem nabożeństwie. Mam jeszcze nadzieję, że pana przekonam".
Klasztor Franciszkanów przy ulicy Fourneaux, gdzie ojciec Melchjor pełnił obowiązki intendenta, jest jednym z najciekawszych i najmniej znanych zakątków katolickiego Paryża. Ta siedziba macierzysta słynnego zakonu, ukryta tajemniczo na plugawem przedmieściu, mrowiącem się poza stacją Mont-Parnasse, zwie się też "Komisarjatem Grobu Świętego". Tam właśnie mnisi o wyglądzie egzotycznym, zmieszawszy swój płaszcz podróżniczy z ponurą nędzą dzielnicy, przynoszą - do sklepów z relikwiami - kawałki prawdziwego krzyża, szkaplerze z pestek oliwek, pochodzących z Ogrodu Oliwnego, róże jerychońskie, suche i drewnowate, oczekujące kropli wody święconej, cały ten cudowny towar, przemieniony w obszernych kieszeniach w piękny pieniądz, niemy a ciężki, który kierują następnie do Jerozolimy na utrzymanie Grobu Świętego. Elizeusza zaprowadził na ulicę Fourneaux jeden z jego przyjaciół, artysta-rzeźbiarz, nazwiskiem Dreux, który wykończył właśnie dla klasztoru posąg świętej Małgorzaty z Ossuna, i kogo tylko mógł, wiódł do swej rzeźby. Miejsce było tak ciekawe i malownicze, tak bardzo odpowiadało przekonaniom południowca, wiążąc je - w obronie przed nowoczesną jaskrawością - z zamierzchłemi wieki i tradycją, że potem jął tu powracać ku wielkiej radości przyjaciela Dreux, dumnego z powodzenia swej Małgorzaty.
Była już prawie północ w dniu umówionym na spotkanie, gdy Elizeusz Méraut opuścił hałaśliwe ulice dzielnicy łacińskiej, gdzie gorące paszteciarnie, masarnie przybrane w girlandy, sklepy spożywcze, piwiarnie pełne kobiet, mieszkanka studenckie i wszystkie wyszynki ulicy Racine i "Boul Mich" aż do rana szerzyły tryskające tchnienie powszechnego użycia. Bez żadnego zgoła przejścia ogarnął go smutek wyludnionych alej, gdzie przechodzień, pomniejszony odblaskiem świateł gazowych, raczej zda się pełznie, niż kroczy. Słabe dzwonki klasztorne brzmiały z poza murów, gdzie wznosiły się szkielety drzew; z zamkniętych dziedzińców hodowców dochodziły odgłosy, gorąco rozkładanej słomy i drzemiącego bydła. A pośród śniegu, spadłego w ciągu dnia z mglistych wysokości, a nieroztajałego w chłodzie, co zaostrzył blaski gwiazd, kroczył syn mieszczański, pochwycony marzeniem żarliwej wiary, widząc w wyobraźni gwiazdę, co królów wiodła ku Betleem. Patrząc na nią, wspominał minione święta Bożego Narodzenia, białe święta młodości, obchodzone w katedrze i powrót przez fantastyczne ulice dzielnicy Boucheries wśród załamanych w świetle księżyca dachów, ku rodzinnej wieczerzy, oczekującej na nich w zagrodzie Rey, wspomniał trzy tradycyjne świece w zieleni ostrokrzewu, przetykanej czerwienią, małe bułeczki świąteczne, mile pachnące gorącem ciastem i smażoną słoninę. Tak głęboko pogrążył się w tych wspomnieniach rodzinnych, że nawet latarnia mijającego go gałganiarza wydała mu się światłem, niesionem przez ojca Méraut, wracającego na czele gromadki z pasterki.
Ach, nie zobaczy już biednego ojca!...
I z cicha rozmawiając z drogiemi cieniami o przeszłości, dotarł Elizeusz do ulicy Fourneaux na słabo zabudowanem przedmieściu, oświetlonem jedną latarnią, gdzie wznosiły się długie budynki fabryczne o kominach prostych, stosy desek i mury z rozebranych gdzieindziej materjałów. Z wielkich równin okolicznych dął gwałtowny wiatr. Z sąsiedniej rzeźni dochodziły przeraźliwe ryki, głuche uderzenia, mdła woń krwi i tłuszczu: tam właśnie rzną wieprze przeznaczone na Boże Narodzenie, niby na uroczystości jakowegoś Teutatesa.
Brama klasztoru, zajmującego środek ulicy, była naoścież otwarta, a w dziedzińcu stały dwa czy trzy pojazdy, których bogaty zaprzęg zadziwił Mérauta. Nabożeństwo już się zaczęło; dźwięki organów i śpiewy wynikały z kościoła, pustego i ciemnego, gdzie jeno słabo lśniły maleńkie lampki na ołtarzu i blade odblaski śnieżnej nocy na fantasmogorjach witraży. Nawa była niemal okrągła, ozdobiona wielkiemi, o czerwonych krzyżach, sztandarami jerozolimskiemu, zwisającemi ze ścian, posągami barwnemi, nieco prostaczemi, pośród których Małgorzata z Ossuny, z czystego marmuru, biczowała bezlitośnie białe swe ramiona, bowiem - jak to twierdzili z pewną kokieterją mnisi: "Małgorzata była wielką grzesznicą naszego zakonu". Sufit z malowanego drzewa, przecinany belkami na krzyż, główny ołtarz pod baldachimem, wspartym na kolumnach, biegnący półkolem chór o pustych stalach, gdzie promień księżyca ślizgał się na stronicy otwartego mszału - wszystko to odgadywało się raczej, gdyż nic nie było widać; lecz szerokie schody, ukryte pod chórem, wiodły do dolnego kościoła, gdzie - na pamiątkę katakumb - celebrowano nabożeństwo.
Przy końcu krypty, pośród olbrzymich kolumn romańskich, stał wiernie odtworzony grobowiec Chrystusa w Jerozolimie o drzwiach niskich i wąskiem wejściu, oświetlonem mnogością lampeczek grobowcowych, migocących z głębi swych wnętrz kamiennych nad Chrystusem naturalnej wielkości z kolorowego wosku, o ranach krwawiących żywą czerwienią z pod odwiniętego całunu. Na drugim krańcu podziemi, niby szczególna antyteza, obrazująca całą epopeę chrześcijańską, jawiła się jedna z owych dziecięcych reprodukcyj Narodzenia Dzieciątka, do której stajenka i zwierzęta, otoczone jasnemi barwami, zielonością z karbowanej bibułki, wyciągane są co roku z osłon legendy tak, jak wynikły ongi - bardziej prostacze, lecz niewątpliwie o wiele większe - z mózgu jakiegoś iluminata. Jak dawniej, gromadka dzieci i staruch, żądnych rzeczy tkliwych i cudownych, oraz biedaków, których umiłował Chrystus, kupiła się wokół żłobka, a pośród nich, - co Elizeusza zadziwiło, - w pierwszym szeregu tych pokornych wiernych, dwaj mężczyźni o wyglądzie światowym, dwie eleganckie kobiety w ciemnych strojach, klęczące na kamieniach; jedna z nich trzymała małego chłopczyka, obejmując go ramionami, skrzyżowanemi do modlitwy i obrony.
- To są królowe! - szepnęła jakaś stara, dysząc z podziwu.
Elizeusz zadrżał, poczem, zbliżywszy się, poznał delikatny profil i arystokratyczną postawę Chrystjana iliryjskiego, a obok niego, głowę króla Palerma, ciemną i kanciastą, o czole miodem jeszcze i zniszczonem. Widać też było włosy kobiet, włosy czarne i płowe, i - ten ruch namiętny matki. Ach, jak dobrze znał Méraut'a ów ksiądz przebiegły, który zainscenizował, rzecby można, spotkanie młodego księcia z przyszłym guwernerem. Ci królowie wydziedziczeni, przybywający dla złożenia hołdu Bogu, który na ich przyjęcie, jak gdyby również schronił się do krypty, to połączenie poniżonej królewskości i ubogiego ceremoniału, smętna gwiazda wygnańcza, wiodąca ku Betleem na przedmieściu owych zdetronizowanych władców, próżnych orszaku i darów, wszystko to targnęło jego sercem. I dziecko, szczególnie dziecko, tak wzruszająco chylące główkę ku zwierzętom w stajence, z ciekawością właściwą wiekowi, a miarkowaną przez jakąś wstrzemięźliwość cierpienia...
I wobec tego czoła młodocianego, gdzie tkwiła już przyszłość, jak motyl w swem jasnem zamknięciu, Elizeusz myślał ile trzeba będzie umiejętności i tkliwych starań, aby dać mu rozwinąć się wspaniale.
Les Rois en exil
I. Le premier jour
Frédérique dormait depuis le matin. Un sommeil de fi?vre et de fatigue o? le r?ve était fait de toutes ses détresses de reine exilée et déchue, un sommeil que le fracas, les angoisses d'un si?ge de deux mois secouaient encore, traversé de visions sanglantes et guerri?res, de sanglots, de frissons, de détentes nerveuses, et dont elle ne sortit que par un sursaut d'épouvante.
- Zara ?... O? est Zara ?... criait-elle.
Une de ses femmes s'approcha du lit, la rassura doucement : S. A. R. le comte de Zara dormait, bien tranquille, dans sa chambre ; madame Éléonore était aupr?s de lui.
- Et le roi ?
- Sorti depuis midi dans une des voitures de l'hôtel.
- Tout seul ?
Non. Sa Majesté avait emmené le conseiller Boscovich avec elle... A mesure que la servante parlait dans son patois dalmate, sonore et dur comme un flot roulant des galets, la reine sentait se dissiper ses terreurs ; et peu a peu la paisible chambre d'hôtel qu'elle n'avait fait qu'entrevoir, en arrivant, au petit jour, lui apparaissait dans sa banalité rassurante et luxueuse, ses claires tentures, ses hautes glaces, le blanc laineux de ses tapis o? le vol silencieux et vif des hirondelles tombait en ombre des stores, s'entre-croisait en larges papillons de nuit.
- Déja cinq heures !... Allons, Petscha, coiffe-moi vite... J'ai honte d'avoir tant dormi.
Cinq heures, et la journée la plus admirable dont l'été de 1872 e?t encore égayé les Parisiens. Quand la reine s'avança sur le balcon, ce long balcon de l'Hôtel des Pyramides qui aligne ses quinze fen?tres voilées de coutil rose au plus bel endroit de la rue de Rivoli, elle resta émerveillée. En bas, sur la large voie, m?lant le bruit des roues a la pluie lég?re des arrosages, une file ininterrompue de voitures descendait vers le Bois avec un papillotement d'essieux, de harnais, de toilettes claires envolées dans un vent de vitesse. Puis, de la foule pressée a la grille dorée des Tuileries, les yeux charmés de la reine allaient vers cette confusion lumineuse de robes blanches, de cheveux blonds, de soies voyantes, de jeux aériens, vers tout ce train d'endimanchement et d'enfance que le grand jardin parisien répand autour de ses terrasses, les jours de soleil, et se reposaient enfin délicieusement sur le dôme de verdure, l'immense toit de feuilles arrondi et plein que faisaient de la-haut les marronniers du centre abritant a cette heure un orchestre militaire, et tout frémissants de cris d'enfants, d'éclats de cuivre. L'âpre ranc?ur de l'exilée se calmait peu a peu a tant d'allégresse répandue. Un bien-?tre de chaleur l'enveloppait de partout, collant et souple comme un réseau de soie ; ses joues fanées par les veilles, les privations, s'animaient d'une rose vie. Elle pensait : " Dieu ! qu'on est bien."
Les plus grandes infortunes ont de ces subits et inconscients réconforts. Et ce n'est pas des ?tres, mais de la multiple éloquence des choses qu'ils leur viennent. A cette reine dépossédée, jetée sur la terre d'exil avec son mari, son enfant, par un de ces soul?vements de peuple qui font penser aux tremblements de terre accompagnés d'ouvertures d'abîmes, d'éclairs de foudre et d'éruptions volcaniques ; a cette femme dont le front un peu bas et pourtant si hautain gardait le pli et comme le tassement d'une des plus belles couronnes d'Europe, aucune formule humaine n'aurait pu apporter de consolation. Et voici que la nature, joyeuse et renouvelée, apparue dans ce merveilleux été de Paris qui tient de la serre chaude et de la molle fraîcheur des pays de rivi?re, lui parlait d'espérance, de résurrection, d'apaisement. Mais tandis qu'elle laisse ses nerfs se détendre, ses yeux boire a pleines prunelles a ce verdoyant horizon, tout a coup l'exilée a tressailli. A sa gauche, la-bas, vers l'entrée du jardin, se dresse un monument spectral, fait de murs calcinés, de colonnes roussies, le toit croulé, les fen?tres en trous bleu d'espace, une façade a jour sur des perspectives de ruines, et tout au bout - regardant la Seine - un pavillon presque entier, atteint et doré par la flamme qui a noirci le fer de ses balcons. C'est tout ce qu'il restait du palais des Tuileries.
Cette vue lui causa une émotion profonde, l'étourdissement d'une chute le c?ur en avant sur ces pierres. Dix ans, il n'y avait pas dix ans encore, - oh ! le triste hasard et qui lui parut prophétique d'?tre venue se loger en face de ces ruines, - elle avait habité la, avec son mari. C'était au printemps de 1864. Mariée depuis trois mois, la comtesse de Zara promenait alors par les cours alliées tous ses bonheurs d'épouse et de princesse héréditaire. Tout le monde l'aimait, lui faisait accueil. Aux Tuileries surtout, que de bals, que de f?tes ! Sous ces murs effondrés elle les retrouvait encore. Elle revoyait les galeries immenses et splendides, éblouissantes de lumi?res et de pierreries, les robes de cour ondulant sur les grands escaliers entre une double haie de cuirasses étincelantes, et cette musique invisible qui montait du jardin par bouffées lui semblait l'orchestre de Valdteufel dans la salle des Maréchaux. N'était-ce pas sur cet air sautillant et vif qu'elle avait dansé avec leur cousin Maximilien, huit jours avant son départ au Mexique ?... Oui, c'était bien cela... Un quadrille croisé d'empereurs et de rois, de reines et d'impératrices, dont ce motif de la Belle Hél?ne faisait passer devant elle l'enlacement luxueux et les augustes physionomies... Max soucieux, mordillant sa barbe blonde. Charlotte en face de lui, pr?s de Napoléon, rayonnante, transfigurée par cette joie d'?tre impératrice... O? étaient-ils, aujourd'hui, les danseurs de ce beau quadrille ? Tous morts, exilés ou fous. Deuils sur deuils ! Désastres sur désastres ! Dieu n'était donc plus du côté des rois maintenant !...
Alors elle se rappelait tout ce qu'elle avait souffert depuis que la mort du vieux Léopold lui avait mis au front la double couronne d'Illyrie et de Dalmatie. Sa fille, son premier-né, emportée au milieu des f?tes du sacre par une de ces maladies étranges et sans nom qui résument l'épuisement d'un sang et la fin d'une race, - si bien que les cierges de la veille fun?bre se m?laient aux illuminations de la ville, et que le jour de l'enterrement a l'église du Dôme on n'avait pas eu le temps d'enlever les drapeaux. Puis, a côté de ces grandes douleurs, a côté des transes que lui donnait sans cesse la débile santé de son fils, d'autres tristesses connues d'elle seule, cachées au coin le plus secret de son orgueil de femme. Hélas ! le c?ur des peuples n'est pas plus fid?le que celui des rois. Un jour, sans qu'on s?t pourquoi, cette Illyrie qui leur avait fait tant de f?tes se désaffectionnait de ses princes. Venaient les malentendus, les ent?tements, les méfiances, enfin la haine, cette horrible haine de tout un pays, cette haine qu'elle sentait dans l'air, dans le silence des rues, l'ironie des regards, le frémissement des fronts courbés, qui lui faisaient craindre de se montrer a une fen?tre, la rejetaient au fond de son carrosse pendant ses courtes promenades. Oh ! ces cris de mort sous les terrasses de son château de Leybach, en regardant le grand palais des rois de France, elle croyait les entendre encore. Elle voyait la derni?re séance du conseil, les ministres bl?mes, fous de peur, suppliant le roi d'abdiquer... puis la fuite, en paysans, la nuit, a travers la montagne... les villages soulevés et hurlants, ivres de liberté comme les villes... des feux de joie partout, sur les cimes... et l'explosion de larmes tendres qu'elle avait eue au milieu de ce grand désastre, en trouvant dans une cabane du lait pour le souper de son fils... enfin la subite résolution qu'elle inspirait au roi de s'enfermer dans Raguse encore fid?le, et la, deux mois de privations et d'angoisses, la ville investie, bombardée, l'enfant royal malade, mourant presque de faim, la honte de la reddition pour finir, l'embarquement sinistre au milieu d'une foule silencieuse et lasse, et le navire français les emportant vers d'autres mis?res, vers le froid, l'inconnu de l'exil, tandis que derri?re eux le drapeau de la République illyrienne flottait tout neuf et vainqueur sur le château royal effondré... Les Tuileries en ruine lui rappelaient tout cela.
- C'est beau Paris, n'est-ce pas ? dit tout a coup pr?s d'elle une voix joyeuse et jeune, malgré son nasillement.
Le roi venait de paraître sur le balcon, tenant entre ses bras le petit prince et lui montrant cet horizon de verdure, de toits, de coupoles, et le mouvement de la rue dans sa belle lumi?re de fin du jour.
- Oh ! oui, bien beau !... disait l'enfant, un pauvre petit de cinq a six ans, aux traits tirés et marqués, les cheveux trop blonds, coupés ras comme apr?s une maladie, et qui regardait autour de lui avec un bon petit sourire souffreteux, étonné de ne plus entendre les canons du si?ge et tout égayé de la joie d'alentour. Pour celui-la, l'exil s'annonçait d'une façon heureuse. Le roi non plus n'avait pas l'air bien triste ; il apportait du dehors, de deux heures de boulevard, une physionomie brillante, émoustillée, qui faisait contraste au chagrin de la reine. C'étaient, du reste, deux types absolument distincts : lui, mince, fr?le, le teint mat, des cheveux noirs et frisés, sa moustache claire qu'il effilait perpétuellement d'une main pâle et trop souple, de jolis yeux un peu troubles et dans le regard quelque chose d'irrésolu, d'enfantin, qui faisait dire en le voyant et bien qu'il e?t passé la trentaine : " Comme il est jeune ! " La reine, au contraire, une robuste Dalmate, l'air sérieux, le geste rare, le vrai mâle des deux malgré la splendeur transparente de son teint et ses magnifiques cheveux de ce blond de Venise o? l'Orient semble m?ler les tons rouges et fauves du henné. Christian, vis-a-vis d'elle, avait l'attitude contrainte, un peu g?née, d'un mari qui a accepté trop de dévouements, de sacrifices. Il s'informait doucement de sa santé, si elle avait dormi, comment elle se trouvait du voyage. Elle répondait avec une douceur voulue, pleine de condescendance, mais en réalité ne s'occupait que de son fils, dont elle tâtait le nez, les joues, dont elle épiait tous les mouvements avec une anxiété de couveuse.
- Il va déja mieux que la-bas, disait Christian a demi-voix.
- Oui, les couleurs lui reviennent, répondait-elle sur le m?me ton intime qu'ils ne prenaient que pour parler de l'enfant.
Lui riait a l'un et a l'autre, rapprochait leurs fronts dans sa jolie caresse, comme s'il e?t compris que ses deux petits bras formaient le seul vrai lien entre ces deux ?tres dissemblables. En bas, sur le trottoir, quelques curieux, avertis de l'arrivée des princes, s'étaient arr?tés depuis un moment, les yeux levés vers ce roi et cette reine d'Illyrie que leur héro?que défense dans Raguse avait rendus cél?bres et dont les portraits figuraient a la premi?re page des journaux illustrés. Peu a peu, comme on regarde un pigeon au bord d'un toit ou une perruche évadée, les badauds s'amassaient, le nez en l'air, sans savoir de quoi il s'agissait. Un rassemblement se formait en face de l'hôtel, et tous ces regards tendus attiraient d'autres regards vers ce jeune couple en costume de voyage, que l'enfant dominait de sa t?te blonde, comme soulevé par l'espérance des vaincus et la joie qu'ils sentaient de le tenir encore vivant apr?s une si effroyable temp?te.
- Venez-vous, Frédérique ? demanda le roi, g?né par l'attention de tout ce monde.
Mais elle, la t?te haute, en reine habituée a braver l'antipathie des foules :
- Pourquoi ? l'on est tr?s bien sur ce balcon.
- C'est que... j'avais oublié... Rosen est la avec son fils et sa bru... Il demande a vous voir.
A ce nom de Rosen qui lui rappelait tant de bons, de loyaux services, les yeux de la reine s'allum?rent :
- Mon brave duc ! Je l'attendais... dit-elle, et comme avant de rentrer elle jetait un regard hautain dans la rue, un homme, en face d'elle, s'élança sur le soubassement de la grille des Tuileries, dominant pendant une minute l'attroupement de toute sa hauteur. C'était comme a Leybach quand on avait tiré sur leur fen?tre. Frédérique eut vaguement l'idée d'un attentat de ce genre et se rejeta en arri?re. Un grand front, un chapeau levé, des cheveux au vent s'éparpillant dans le soleil, tandis qu'une voix calme et forte criait : " Vive le roi ! " par-dessus les bruits de la foule, c'est tout ce qu'elle avait pu voir de cet ami inconnu qui osait en plein Paris républicain, devant les Tuileries écroulées, souhaiter la bienvenue a des souverains sans couronne. Ce salut sympathique dont elle était privée depuis si longtemps fit sur la reine l'impression d'un feu flambant clair apr?s une marche au grand froid. Elle en fut réchauffée du c?ur a l'épiderme, et la vue du vieux Rosen compléta cette vive et bienfaisante réaction.
Le général duc de Rosen, l'ancien chef de la maison militaire, avait quitté l'Illyrie depuis trois ans, depuis que le roi lui avait retiré son poste de confiance pour le donner a un libéral, favorisant ainsi les idées nouvelles au détriment de ce qu'on appelait alors a Leybach le parti de la reine. Certes, il pouvait en vouloir a Christian qui l'avait sacrifié froidement, laissé partir sans un regret, sans un adieu, lui le vainqueur de Mostar, de Livno, le héros des grandes guerres monténégrines. Apr?s avoir vendu châteaux, terres et biens, caractérisé son départ de tout l'éclat d'une protestation, le vieux général s'était fixé a Paris, y mariait son fils, et pendant trois longues années d'attente vaine sentait sa col?re contre l'ingratitude royale s'accroître des tristesses de l'émigration, des mélancolies d'une vie inoccupée. Et pourtant a la premi?re nouvelle de l'arrivée de ses princes, il accourait a eux sans hésiter ; et maintenant raide et debout au milieu du salon, dressant jusqu'au lustre sa taille colossale, il attendait avec tant d'émotion la grâce d'un accueil favorable qu'on pouvait voir trembler ses longues jambes de pandour, haleter sous le grand cordon de l'ordre son buste large et court rev?tu d'un frac bleu collant et militairement coupé. La t?te seule, une petite t?te d'émouchet, regard d'acier et bec de proie, restait impassible avec ses trois cheveux blancs hérissés et les mille petites rides de son cuir racorni au feu. Le roi, qui n'aimait pas les sc?nes et que cette entrevue g?nait un peu, s'en tira par un ton d'enjouement, de cordialité cavali?re :
- Eh bien ! général, dit-il en venant vers lui les mains tendues, c'est vous qui aviez raison... J'ai trop tendu la bride... Je me suis fait secouer, et raide.
Puis, voyant que le vieux serviteur inclinait le genou, il le releva d'un mouvement plein de noblesse et l'étreignit contre sa poitrine longuement. Personne, par exemple, n'aurait pu emp?cher le duc de s'agenouiller devant sa reine, a qui la caresse respectueusement passionnée de cette antique moustache sur sa main causa une émotion singuli?re.
- Ah ! mon pauvre Rosen !... mon pauvre Rosen !... murmura-t-elle.
Et doucement elle fermait les yeux pour qu'on ne vît pas ses larmes. Mais toutes celles qu'elle versait depuis des années avaient laissé leur trace sur la soie délicate et froissée de ses paupi?res de blonde, avec les veilles, les angoisses, les inquiétudes, ces meurtrissures que les femmes croient garder au plus profond de l'?tre et qui remontent a la surface, comme les moindres agitations de l'eau la sillonnent de plis visibles. L'espace d'une seconde, ce beau visage aux lignes pures eut une expression fatiguée, douloureuse, qui n'échappa point au vieux soldat. " Comme elle a souffert ! " pensait-il en la regardant ; et pour cacher son émotion, lui aussi, il se releva brusquement, se tourna vers son fils et sa bru restés a l'autre bout du salon, et, du m?me air farouche qu'il criait dans les rues de Leybach : " Sabre haut !... Chargez la canaille !... " commanda :
- Colette, Herbert, venez saluer votre reine.
Le prince Herbert de Rosen, presque aussi grand que son p?re, avec une mâchoire de cheval, des joues innocentes et poupines, s'approcha, suivi de sa jeune femme. Il marchait péniblement, appuyé sur une canne. Huit mois auparavant, aux courses de Chantilly, il s'était cassé la jambe, défoncé quelques côtes ; et le général ne manqua pas de faire remarquer que, sans cet accident qui avait mis la vie de son fils en danger, tous deux auraient couru s'enfermer dans Raguse.
- J'y serais allée avec vous, mon p?re ! interrompit la princesse d'un ton héro?que qui jurait avec son nom de Colette et son petit nez de chatte spirituel et gai sous un ébouriffement de boucles lég?res.
La reine ne put s'emp?cher de sourire et lui tendit la main cordialement. Christian, tortillant sa moustache, dévisageait, avec un intér?t d'amateur, une curiosité avide, cette Parisienne frétillante, ce joli oiseau de la mode au long et chatoyant plumage, tout en jupes et tout en volants, et dont la gentillesse parée le changeait des grands traits et du type majestueux de la-bas. " Diable d'Herbert ! o? a-t-il pu se procurer un bijou pareil ? " se disait-il en enviant son ancien camarade d'enfance, ce grand dadais aux yeux a fleur de t?te, aux cheveux divisés et plaqués a la russe sur un front court et trop étroit ; puis l'idée lui vint que si ce type de femme manquait en Illyrie, a Paris il courait les rues, et l'exil lui parut définitivement supportable. Du reste, cet exil ne pouvait pas durer longtemps. Les Illyriens en auraient vite assez de leur République. C'était une affaire de deux ou trois mois a passer loin du pays, des vacances royales qu'il fallait employer aussi gaiement que possible.
- Comprenez-vous cela, général ? disait-il en riant... on a déja voulu me faire acheter une maison... C'est un monsieur, un Anglais, qui est venu ce matin... Il s'engageait a me livrer un hôtel magnifique, meublé, tapissé, chevaux a l'écurie, voitures dans la remise, linge, argenterie, service, personnel, le tout en quarante-huit heures et dans le quartier qui me plairait le mieux.
- Je connais votre Anglais, Monseigneur : c'est Tom Lévis, l'agent des étrangers...
- Oui, il me semble bien... un nom dans ce go?t-la... Vous avez eu affaire a lui ?
- Oh ! tous les étrangers en arrivant a Paris reçoivent la visite de Tom et de son cab... Mais je souhaite a Votre Majesté que la connaissance en reste la...
L'attention particuli?re avec laquelle le prince Herbert, d?s qu'on parla de Tom Lévis, se mit a considérer les rubans de ses souliers découverts sur la rayure de ses bas de soie, le regard furtif que la princesse jetait a son mari, avertirent Christian que s'il avait besoin de renseignements sur l'illustre faiseur de la rue Royale, les jeunes gens pourraient lui en fournir. Mais en quoi les services de l'agence Lévis pouvaient-ils lui ?tre utiles ? Il ne désirait ni maison, ni voiture et comptait bien passer a l'hôtel les quelques mois de leur séjour a Paris.
- N'est-ce pas votre avis, Frédérique ?
- Oh ! certainement, c'est plus sage... répondit la reine, quoique au fond du c?ur elle ne partageât pas les illusions de son mari, ni son go?t pour les installations provisoires.
A son tour le vieux Rosen hasarda quelques observations. Cette vie d'auberge ne lui semblait gu?re convenir a la dignité de la maison d'Illyrie. Paris, en ce moment, était plein de souverains en exil. Tous y figuraient de façon somptueuse. Le roi de Westphalie occupait rue de Neubourg une magnifique résidence, avec un pavillon annexe pour les services administratifs. Aux Champs-Élysées, l'hôtel de la reine de Galice était un véritable palais d'un luxe, d'un train royal. Le roi de Palerme avait maison montée a Saint-Mandé, nombreux chevaux a l'écurie, tout un bataillon d'aides de camp. Il n'y avait pas jusqu'au duc de Palma qui, dans sa petite maison de Passy, n'e?t un semblant de cour et toujours cinq ou six généraux a sa table.
- Sans doute, sans doute, disait Christian impatienté... mais ce n'est pas la m?me chose... Ceux-la ne quitteront plus Paris... C'est entendu, définitif, tandis que nous... D'ailleurs il y a une bonne raison pour que nous n'achetions pas de palais, ami Rosen. On nous a tout pris, la-bas... Quelques cent mille francs chez les Rothschild de Naples et notre pauvre diad?me que Mme de Silvis a sauvé dans un carton a chapeau, voila tout ce qu'il nous reste... Dire que la marquise a fait ce grand voyage de l'exil, a pied, sur mer, en wagon, en voiture, avec son précieux carton a la main. C'était si drôle, si drôle !...
Et l'enfantillage reprenant le dessus, il se mit a rire de leur détresse comme de la chose la plus plaisante du monde.
Le duc ne riait pas, lui.
- Sire, dit-il si ému que toutes ses vieilles rides en tremblaient, vous me faisiez l'honneur de m'assurer tout a l'heure que vous regrettiez de m'avoir laissé si longtemps loin de vos conseils et de votre c?ur... Eh bien ! je vous demande une faveur en retour... Tant que votre exil durera, rendez-moi les fonctions que j'occupais a Leybach, pr?s de Vos Majestés... chef de la maison civile et militaire.
- Voyez-vous l'ambitieux ! fit le roi gaiement.
Puis avec amitié :
- Mais il n'y a plus de maison, mon pauvre général, pas plus civile que militaire... La reine a son chapelain et deux femmes... Zara, sa gouvernante... Moi j'ai emmené Boscovich pour la correspondance et maître Lebeau pour me raser le menton... Et c'est tout...
- En ce cas, je vais encore solliciter... Votre Majesté voudra-t-elle bien prendre mon fils Herbert pour aide de camp et donner a la reine comme lectrice et dame d'honneur la princesse ici présente ?...
- C'est accordé pour ma part, duc, dit la reine en tournant son beau sourire vers Colette, tout éblouie de sa nouvelle dignité.
Quant au prince, il eut pour remercier son souverain, qui lui octroyait un brevet d'aide de camp avec la m?me bonne grâce, un gracieux hennissement dont il avait pris l'habitude a force de vivre au Tattershal.
- Je présenterai les trois nominations demain matin a la signature, ajouta le général d'un ton respectueux mais bref, indiquant qu'il se considérait déja comme entré en fonctions.
En entendant cette voix, cette formule qui l'avaient si longtemps et si solennellement poursuivi, le jeune roi laissa voir sur sa figure une expression de découragement et d'ennui, puis il se consola en regardant la princesse que le bonheur embellissait, transfigurait, comme il arrive a ces mignons visages sans traits qui sont tous dans le voile piquant et déplacé sans cesse de leur physionomie. Songez ! dame d'honneur de la reine Frédérique, elle, Colette Sauvadon, la ni?ce a Sauvadon, le gros marchand de vins de Bercy ! Qu'est-ce qu'on dirait rue de Varennes, rue Saint-Dominique, dans ces salons si exclusifs o? son mariage avec Herbert de Rosen l'avait fait admettre aux grands jours, mais jamais dans l'intimité ! Déja sa petite imagination mondaine voyageait dans une cour de fantaisie. Elle songeait aux cartes de visite qu'elle se ferait faire, a tout un renouveau de toilettes, une robe aux couleurs d'Illyrie, avec des cocardes pareilles pour les t?ti?res des chevaux... Mais le roi parlait aupr?s d'elle :
- C'est notre premier repas sur la terre d'exil, disait-il a Rosen d'un ton demi-sérieux, a dessein emphatique... Je veux que la table soit gaie et entourée de tous nos amis.
Et voyant l'air effaré du général devant cette brusque invitation :
- Ah ! oui, c'est vrai, l'étiquette, la tenue... Dame ! nous nous sommes déshabitués de tout cela depuis le si?ge, et le chef de notre maison va trouver bien des réformes a faire... Seulement je demande qu'elles ne commencent que demain.
A ce moment, entre les deux battants largement écartés de la porte, le maître d'hôtel annonça le dîner de Leurs Majestés. La princesse se dressait déja toute glorieuse pour prendre le bras de Christian ; mais il alla l'offrir a la reine et, sans s'inquiéter des autres convives, la conduisit dans la salle a manger. Tout le cérémonial de la cour n'était pas resté, quoi qu'il en dît, au fond des casemates de Raguse.
La transition du soleil aux lumi?res saisit les invités en entrant. Malgré le lustre, les candélabres, deux grosses lampes posées sur les buffets, on y voyait a peine, comme si le jour, brutalement chassé avant l'heure, avait laissé sur les choses l'hésitation d'un crépuscule. Ce qui ajoutait a cette tristesse d'apparence, c'était la longueur et la disproportion de la table avec le petit nombre des convives, une table que l'on avait cherchée dans tout l'hôtel, conforme aux exigences de l'étiquette, et o? le roi et la reine prirent place ensemble a l'un des bouts, sans personne a leurs côtés ni en face. Ceci remplit d'étonnement et d'admiration la petite princesse de Rosen. Dans les derniers temps de l'empire, admise a un dîner aux Tuileries, elle se souvenait bien d'avoir vu l'empereur et l'impératrice bourgeoisement assis en face l'un de l'autre, comme les premiers mariés venus a leur repas de noces. " Ah ! voila, se dit la petite cocodette, fermant son éventail d'un geste résolu et le posant pr?s d'elle, a côté de ses gants. La légitimité !... Il n'y a que ça." Cette pensée transformait, a ses yeux, cette esp?ce de table d'hôte dépeuplée dont l'aspect rappelait les splendides auberges de la Corniche Italienne, entre Monaco et San-Remo, au commencement de la saison, quand le gros des touristes n'est pas encore arrivé. Le m?me bariolage de monde et de toilettes : Christian en veston, la reine dans son amazone de voyage, Herbert et sa femme en watteau des boulevards, la robe de franciscain du P?re Alphée, le chapelain de la reine, frôlant le semi-uniforme chamarré du général. Rien de moins imposant en somme. Une seule chose eut de la grandeur, la pri?re du chapelain appelant la bénédiction divine sur ce premier repas de l'exil :
... Qu? sumus sumpturi prima die in exilio... disait le moine, les mains étendues ; et ces mots lentement récités sembl?rent prolonger bien loin dans l'avenir les courtes vacances du roi Christian.
- Amen ! répondit d'une voix grave le souverain dépossédé, comme si, dans le latin de l'Eglise, il venait enfin de sentir les mille liens brisés, encore animés et frémissants, que traînent - comme des arbres arrachés leurs racines vivantes - les bannis de tous les temps.
Mais sur cette nature de Slave, caressante et polie, les impressions les plus fortes ne tenaient pas. A peine assis, il reprit sa gaieté, son air absent, et se mit a causer beaucoup, s'appliquant, par égard pour la Parisienne qui était la, a parler français, tr?s purement, mais avec un léger zézaiement italien qui allait bien a son rire. Sur un ton héro?comique, il raconta certains épisodes du si?ge : l'installation de la cour dans les casemates et la singuli?re figure qu'y faisait, avec sa toque a plume verte et son plaid, la marquise gouvernante Éléonore de Silvis. Heureusement que l'innocente dame dînait dans la chambre de son él?ve et ne pouvait entendre les rires provoqués par les plaisanteries du roi. Boscovich et son herbier lui servirent ensuite de cible. On e?t dit vraiment qu'il voulait, a force de gaminerie, se venger de la gravité des circonstances. Le conseiller aulique Boscovich, petit homme sans âge, peureux et doux, avec des yeux de lapin qui regardaient toujours de côté, était un jurisconsulte savant, fort passionné pour la botanique. A Raguse, les tribunaux étant fermés, il passait son temps a herboriser, sous les bombes, dans les fossés des fortifications ; héro?sme bien inconscient d'un esprit tout a sa manie, et qui se préoccupait uniquement, dans l'immense désarroi de son pays, d'un herbier magnifique resté aux mains des libéraux.
- Tu penses, mon pauvre Boscovich, disait Christian pour l'effrayer, quel beau feu de joie ils ont d? faire de ces entassements de fleurs séchées... a moins que la République, étant trop pauvre, n'ait imaginé de tailler dans tes gros buvards gris des capotes de rechange pour ses miliciens...
Le conseiller riait comme tout le monde, mais avec des mines effarées, des " Ma che... ma che " qui trahissaient ses peurs enfantines.
- Que le roi est charmant !... qu'il a de l'esprit !...et quels yeux !... pensait la petite princesse vers qui Christian se penchait a chaque instant, cherchant a diminuer la distance que le cérémonial mettait entre eux.
C'était plaisir de la voir s'épanouir sous la complaisance évidente de cet auguste regard, jouer avec son éventail, pousser de petits cris, renverser sa taille souple o? palpitait le rire en ondes sonores et visibles. La reine, par son attitude, la conversation intime qu'elle avait avec le vieux duc son voisin, semblait s'isoler de cette gaieté débordante. A deux ou trois reprises, quand on parla du si?ge, elle dit quelques mots, et chaque fois pour mettre en lumi?re la bravoure du roi, sa science stratégique, puis elle reprenait son aparté. A demi-voix le général s'informait des gens de la cour, de ses anciens compagnons qui, plus heureux que lui, avaient suivi leurs princes a Raguse. Beaucoup y étaient restés, et a chaque nom que prononçait Rosen, on entendait la reine répondre de sa voix sérieuse un : " Mort !... mort !... " note fun?bre sonnant le glas de ces pertes si récentes. Pourtant, apr?s le dîner, quand on fut rentré dans le salon, Frédérique s'égaya un peu ; elle fit asseoir Colette de Rosen sur un divan a côté d'elle, et lui parla avec cette familiarité affectueuse dont elle se servait pour attirer les sympathies et qui ressemblait a la pression de sa belle main tendue, fine aux doigts mais forte de paume, et vous communiquant sa bienfaisante énergie. Puis tout a coup :
- Allons voir coucher Zara, princesse.
Au bout d'un long corridor encombré, comme le reste de l'appartement, de caisses empilées, de malles ouvertes, d'o? débordaient le linge, les effets, dans le grand désordre de l'arrivée, s'ouvrait la chambre du petit prince, éclairée par une lampe a l'abat-jour surbaissé dont la clarté s'arr?tait juste au niveau des rideaux bleuâtres du lit. Une servante dormait assise sur une malle, la t?te enveloppée dans sa coiffe blanche et ce grand fichu bordé de rose qui compl?te la coiffure des femmes dalmates. Pr?s de la table, la gouvernante, lég?rement appuyée sur son coude, un livre ouvert sur les genoux, subissait, elle aussi, l'influence soporifique de sa lecture et gardait m?me dans le sommeil cet air romanesque et sentimental que le roi raillait si fort. L'entrée de la reine ne la réveilla pas ; mais le petit prince, au premier mouvement de la moustiquaire de gaze dont sa couchette était voilée, étendit ses petits poings et fit l'effort de se redresser, les yeux ouverts, le regard perdu. Depuis quelques mois, il était tellement habitué a ?tre levé en pleine nuit, précipitamment habillé, pour des fuites ou des départs, a voir autour de lui au réveil des endroits nouveaux et de nouveaux visages, que son sommeil avait perdu sa bonne unité, n'était plus ce voyage de dix heures au pays des r?ves que les enfants accomplissent au souffle continu, régulier, presque insaisissable de leur petite bouche entr'ouverte.
- Bonsoir, maman, dit-il tout bas... Est-ce qu'il faut nous sauver encore ?
On sentait, dans cette exclamation résignée et touchante, l'enfant qui a beaucoup souffert, et d'un malheur trop grand pour lui.
- Non, non, mon chéri, nous sommes en s?reté, cette fois... Dormez, il faut dormir.
- Oh ! tant mieux alors... Je vais retourner avec le géant Robistor dans la montagne de verre... J'étais si bien.
- Ce sont les histoires de Mme Éléonore qui lui troublent les idées, dit la reine doucement... Pauvre petit ! la vie est si noire pour lui... Il n'y a que les contes qui l'amusent... Il faudra pourtant bien se décider a lui mettre autre chose dans la t?te.
Tout en parlant, elle redressait l'oreiller de l'enfant, l'installait dans son repos avec des gestes de caresse, comme aurait fait une simple bourgeoise, ce qui renversait toutes les idées grandioses de Colette de Rosen sur la royauté. Puis, comme elle se penchait pour embrasser son fils, il lui demanda a l'oreille si c'était le canon ou la mer qu'on entendait gronder au loin. La reine écouta une seconde un roulement confus, perpétuel, qui, par instant, faisait craquer les cloisons et trembler les vitres, enveloppait la maison du sol au faîte, diminuait pour se renouveler, augmentait tout a coup pour fuir dans des étendues de bruit semblable.
- Ce n'est rien... C'est Paris, mon fils... Dormez.
Et ce petit tombé du trône, a qui l'on avait parlé de Paris comme du refuge, se rendormit avec confiance, bercé par la ville des révolutions.
Quand la reine et la princesse revinrent au salon, elles y trouv?rent une femme jeune et de fort grand air causant debout avec le roi. Le ton familier de l'entretien, la distance respectueuse o? se tenait le reste de l'auditoire, indiquaient que c'était la un personnage d'importance. La reine eut un cri ému :
- Maria !
- Frédérique !
Et le m?me élan de tendresse les jeta dans leurs bras ouverts. A une muette interrogation de sa femme, Herbert de Rosen nomma la visiteuse. C'était la reine de Palerme. Un peu plus grande et plus mince que sa cousine d'Illyrie, elle semblait avoir quelques années de plus. Ses yeux noirs, ses cheveux noirs relevés a plat sur le front, son teint mat, lui donnaient l'aspect d'une Italienne, bien qu'elle f?t née a la cour de Bavi?re. Il n'y avait d'allemand en elle que la raideur de la taille longue et plate, l'expression hautaine du sourire et je ne sais quoi de fagoté, de discord dans la toilette, qui distingue les femmes d'outre-Rhin. Frédérique, orpheline de bonne heure, avait été élevée a Munich avec cette cousine ; et, séparées par la vie, elles s'étaient gardé l'une a l'autre une vive affection.
- Vois-tu, je n'ai pas pu attendre, disait la reine de Palerme en lui tenant les mains. Cecco ne rentrait pas... je suis venue sans lui.... Il me tardait tant !... J'ai si souvent pensé a toi, a vous... Oh ! ce canon de Raguse, de Vincennes, la nuit, je croyais l'entendre...
- Il n'était que l'écho de celui de Caserte, interrompit Christian, faisant allusion a l'héro?que attitude qu'avaie eue, quelques années auparavant, cette reine exilée et déchue comme eux.
Elle soupira :
- Ah ! oui, Caserte... on nous a laissés bien seuls, nous aussi.,. Quelle pitié ! Comme si toutes les couronnes ne devaient pas ?tre solidaires... Mais maintenant, c'est fini. Le monde est fou...
Puis, se tournant vers Christian :
- C'est égal ! mon compliment, cousin... vous ?tes tombé en roi.
- Oh ! dit-il en montrant Frédérique, le vrai roi de nous deux...
Un geste de sa femme lui ferma la bouche... Il s'inclina en souriant,. fit une pirouette :
- Allons fumer, Herbert ! dit-il a son aide de camp.
Et tous deux pass?rent sur le balcon.
La soirée était chaude et splendide, le jour a peine éteint dans l'éblouissement du gaz o? il mourait en lueurs bleues. La masse noire des marronniers des Tuileries entretenait un souffle d'éventail autour d'elle et dans le ciel au-dessus avivait l'éclat des étoiles. Avec ce fond de fraîcheur, cet espace pour les bruits de la foule, la rue de Rivoli perdait l'aspect étouffant des rues de Paris l'été ; mais on sentait pourtant l'immense circulation de la ville vers les Champs-Élysées, leurs concerts en plein air sous des girandoles de feu. Le plaisir que l'hiver enferme derri?re les chaudes tentures des croisées closes chantait librement, riait, courait le plaisir, en chapeaux de fleurs, en mantilles. flottantes, en robes de toile dont un réverb?re au passage éclairait l'échancrure sur un cou blanc serré d'un ruban noir. Les cafés, les glaciers débordaient sur les trottoirs avec des bruits de monnaie, des appels, des tintements de verres.
- Ce Paris est inou?, disait Christian d'Illyrie en poussant sa fumée devant lui dans l'ombre... L'air n'y est pas le m?me qu'ailleurs..- il a quelque chose de capiteux, de montant... Quand je pense qu'a Leybach, a cette heure-ci tout est fermé, couché, éteint...
Puis, sur un ton joyeux :
- Ah ça ! mon aide de camp, j'esp?re qu'on va m'initier aux plaisirs parisiens... tu me parais au courant, tout a fait lancé...
- Ça, oui, Monseigneur, dit Herbert hennissant d'orgueil satisfait... Au cercle, a l'Opéra, partout, ils m'appellent le roi de la Gomme.
Et pendant que Christian se faisait expliquer le sens de ce nouveau mot, les deux reines qui, pour causer plus librement étaient entrées dans la chambre de Frédérique, s'épanchaient en longs récits, en tristes confidences dont on entendait le chuchotement derri?re la persienne entr'ouverte. Dans le salon, le P?re Alphée et le vieux duc causaient a voix basse, eux aussi.
- Il a bien raison, disait le chapelain, c'est elle qui est le roi... le vrai roi... Si vous l'aviez vue a cheval, courant nuit et jour les avant-postes !... Au fort Saint-Ange, quand il pleuvait du fer, pour donner du c?ur aux soldats elle a fait deux fois le tour des talus, droite et fi?re, l'amazone relevée sur le bras et la cravache au poing, comme dans son parc de la résidence... Il fallait voir nos marins, quand elle est descendue... Lui, pendant ce temps-la, couraillait Dieu sait o? !... Brave, parbleu ! aussi brave qu'elle... mais pas d'étoile, pas de foi... Et pour gagner le ciel, comme pour sauver sa couronne, monsieur le duc, il faut la foi !
Le moine s'exaltait, grandi dans sa longue robe, et Rosen était obligé de le calmer :
- Doucement, P?re Alphée... P?re Alphée, allons, allons... car il avait peur que Colette les entendît.
Celle-ci restait abandonnée au conseiller Boscovich qui l'entretenait de ses plantes, m?lant les termes scientifiques aux détails minutieux de ses courses de botaniste. Sa conversation sentait l'herbe fanée et la poussi?re remuée d'une vieille biblioth?que de campagne. Eh bien ! il y a dans les grandeurs un si puissant attrait, l'atmosph?re qu'elles répandent grise si fort et si délicieusement certaines petites natures avides a l'aspirer, que la jeune princesse, cette princesse Colette des bals du high-life, des courses et des premi?res représentations, toujours a l'avant-garde du Paris qui s'amuse, gardait son plus joli sourire en écoutant les arides nomenclatures du conseiller. Il lui suffisait de savoir qu'un roi causait a cette fen?tre, que deux reines échangeaient leurs confidences dans la pi?ce a côté, pour que ce banal salon d'hôtel o? son élégance s'étalait toute dépaysée, s'emplît de la grandeur, de la majesté triste qui rend si mélancoliques les vastes salles de Versailles aux parquets cirés, luisants comme leurs glaces. Elle serait restée la, en extase, jusqu'a minuit, sans bouger, sans s'ennuyer, un peu intriguée seulement de la longue conversation qu'avait Christian avec son mari. Quelles graves questions agitaient-ils ? quels vastes projets de restauration monarchique ? Sa curiosité redoubla quand elle les vit reparaître tous deux, la figure animée, les yeux décidés et brillants.
- Je sors avec Monseigneur, lui dit Herbert a voix basse... mon p?re vous reconduira.
Le roi s'approcha a son tour :
- Vous ne m'en voudrez pas trop, princesse... C'est son service qui commence.
- Tous les instants de notre vie appartiennent a Vos Majestés, répondit la jeune femme, persuadée qu'il s'agissait de quelque démarche importante et mystérieuse, peut-?tre d'un premier rendez-vous de conjurés. Oh ! si elle avait pu en ?tre, elle aussi !...
Christian s'était avancé vers la chambre de la reine ; mais, pr?s de la porte, il s'arr?ta :
- On pleure, dit-il a Herbert en s'en retournant... Bonsoir, je n'entre pas.
Dans la rue, il eut une explosion de joie, de soulagement, passa son bras sous celui de l'aide de camp, apr?s avoir allumé un nouveau cigare dans le vestibule de l'hôtel :
- Vois-tu, c'est bon de s'en aller seul, en pleine foule, de marcher dans le rang comme les autres, d'?tre maître de ses paroles, de ses gestes, et, quand une jolie fille passe, de pouvoir retourner la t?te sans que l'Europe en soit ébranlée... C'est le bénéfice de l'exil... Quand je suis venu il y a huit ans, je n'ai vu Paris que des fen?tres des Tuileries, du haut des carrosses de gala... Cette fois, je veux tout connaître, aller partout... Sapristi ! mais j'y pense... je te fais marcher, marcher, et tu boîtes, mon pauvre Herbert...Attends, nous allons arr?ter une voiture.
Le prince voulut protester. Sa jambe ne lui faisait aucun mal. Il se sentait de force a aller jusque la-bas. Mais Christian tint bon :
- Non, non, je ne veux pas que mon guide soit fourbu d?s le premier soir.
Il héla un maraudeur qui roulait vers la place de la Concorde avec un bruit de ressorts faussés et des claquements de fouet sur l'échine osseuse de sa b?te, sauta lég?rement, s'installa, en se frottant les mains avec une joie d'enfant, sur le vieux drap bleu des coussins.
- O? allons-nous, mon prince ? dit le cocher sans se douter qu'il avait parlé si juste.
Et Christian d'Illyrie répondit d'une voix triomphante de collégien émancipé :
- A Mabille !
Królowie na wygnaniu
I. Pierwszy dzień.
Fryderyka spała od rana. Spała snem gorączki i znużenia, w którym zespoliły się wszystkie niedole tej wygnanej i poniżonej królowej, snem, którym wstrząsały jeszcze zgiełki i zmory dwumiesięcznego oblężenia, pełne krwawych wizyj walk, łkań, dreszczów i nerwowych paroksyzmów. Nagle zerwała się przerażona.
- Zara? Gdzie jest Zara?... krzyknęła.
Jedna z kobiet podeszła do łóżka i uspokoiła ją: Jego Królewska Wysokość hrabia Zary spał spokojnie w swym pokoju. Pani Eleonora czuwała przy nim.
- A król?
- Wyjechał koło południa hotelowym powozem.
- Czy sam?
- Nie. Jego Królewska Mość zabrał ze sobą radcę Boskowicza... Słuchając słów gwary dalmatyńskiej, posępnej i twardej, jak fala tocząca się po żwirze, królowa czuła, że rozpraszają się jej obawy: spokojny pokój hotelowy, na który ledwo zdążyła rzucić okiem, przybywszy o zmierzchu, ukazał się jej w uspakajającej i pysznej banalności, z wysokiemi zwierciadłami, z wełnistą białością, zasłon, w których cieniu milkłiwy i szybki lot jaskółek krzyżował się z wielkiemi ćmami.
- Już piąta!... Żywo, Petscha, uczesz mnie prędzej... Wstyd, żem tak długo spała.
Godzina piąta po południu, a dzień, najpiękniejszy dzień letni roku 1872, jeszcze się uśmiechał do mieszkańców Paryża. Królowa była zachwycona, skoro wyszła na balkon, długi balkon "Hotelu pod Piramidami", prezentującego piętnaście okien, zasłoniętych różowym cwelichem, na najpiękniejszej części ulicy Rivoli, Na szerokiej jezdni, gdzie zgiełk kół łączył się z lekkim szmerem polewaczek, nieprzerwany szpaler pojazdów sunął w stronę Lasku, migocąc osiami, uprzężą, blaskiem jasnych toalet, unoszonych wirem ruchu. Następnie z tłumu stłoczonego przy złoconej kracie Tuilerjów, strwożone oczy królowej przeniosły się na promienną ciżbę białych ubiorów, blond włosów, na zabawy i uniesienia dziecięce, które skupiają się w słoneczne dni na tarasach wielkich ogrodów paryskich. Wreszcie spoczęły na daszku z liści, ogromnej zaokrąglonej kopule rozległych kasztanów, ocieniających o tej porze orkiestrę wojskową i drżących od krzyków dziecięcych i grzmotów trąb. Cierpki wstręt do życia powoli cichł w niej na widok powszechnej uciechy. Wewnętrzne ciepło otuliło ją, jakby siatką jedwabną; policzki pobladłe od bezsenności, braków i trosk, okryły się żywym rumieńcem. Pomyślała: - Boże, jak tu pięknie!
Najnieszczęśliwsi ludzie miewają podobne chwile nieoczekiwanej i nieświadomej ulgi. Spływa na nich nie z istot ludzkich, lecz z wymownej różnorodności rzeczy. Tej królowej wydziedziczonej, wygnanej wraz z mężem i dzieckiem przez jedno z owych powstań ludu, przypominających trzęsienie ziemi, połączone z rozwieraniem się otchłani, z błyskawicami i wulkanicznemi wybuchami; tej kobiecie, której nieco niskie a jednak wyniosłe czoło zachowało ślad po jednej z najpiękniejszych koron Europy, - żadne słowo ludzkie nie mogło przynieść pociechy. Ale oto przyroda, radosna i odnowiona, objawiając się w tem wspaniałem lecie paryskiem, mającem coś z cieplarni i miękkiej świeżości krain nadrzecznych, przemówiła do niej głosem nadziei, zmartwychwstania i ukojenia. Lecz, pozwoliwszy swym nerwom odpocząć, a oczom - wchłonąć rozszerzonemi źrenicami zieleniejący widnokrąg, królowa nagle zadrżała, Z lewej strony na dole, koło bramy ogrodu, wznosił się, jak widmo, monument ze zrudziałemi kolumnami i zapadniętym dachem, oknami - pełnemi błękitu nieba, z fasadą, skroś której przeświecała perspektywa ruin, a na końcu - nawprost Sekwany - pawilon cały prawie pozłocony tym ogniem, który poczernił był żelazo balkonów. To wszystko, co zostało z pałacu Tuilerjów.
Widok ten przejął ją głębokiem wzruszeniem; wydawało się jej, że nagiem sercem uderza o te kamienie, Dziesięć lat temu, niespełna dziesięć lat - przez jakąż smutną i niemal proroczą przypadkowość znalazła się nawprost tych ruin! - mieszkała tam wraz z mężem. To było wiosną 186... roku. Zamężna od trzech miesięcy hrabina Żary przechadzała się tu wówczas, jako szczęśliwa małżonka i następczyni tronu. Wszyscy ją kochali, wszyscy przyjmowali z radością. Zwłaszcza w Tuilerjach, jakie bale, jakie uroczystości! Odnajdowała je jeszcze pod temi rumowiskami. Znów widziała ogromne i wspaniałe galerje, lśniące światłem i klejnotami, dworskie suknie falujące na obszernych schodach pomiędzy dwoma szpalerami połyskujących pancerzy, i - oto teraz ta muzyka niewidzialna, która dochodziła z ogrodu w powiewach, wydawała się jej orkiestrą Waldteufla w sali Marszałków, Czyż nie pod tę skończoną i żywą melodję tańczyła z kuzynem Maksymilianem, osiem dni przed jego wyjazdem do Meksyku? Tak, ta sama melodja. Kadryl cesarzy i królów, królowych i cesarzowych, których władne oblicza wywołał żywo w jej pamięci motyw Pięknej Heleny"... Maks, zatroskany, gryzący blond brodę, Szarlotta nawprost niego, u boku Napoleona, promieniejąca, odmieniona w radosnem poczuciu swej nowej, cesarskiej godności. Gdzież są dziś tancerze pięknego kadryla? Wszyscy umarli, lub wygnani. Żałoba po żałobie! Ruina po ruinie! Bóg odwrócił się od królów!
Więc przypomniała sobie wszystkie cierpienia od chwili, gdy śmierć starego Leopolda uwieńczyła jej skroń podwójną koroną Ilirji i Dalmacji. Córka, pierworodna, zmarła podczas uroczystości koronacyjnych wskutek jednej z owych dziwnych, nie mających nazwy chorób, powstałych z wyczerpania krwi gasnących ras. Gromnice żałobne zmieszały swój blask z iluminacjami miejskiemi w dniu pogrzebu, w katedrze nie zdążono zdjąć sztandarów. Później, poza tem wielkiem cierpieniem, poza trwogą o zdrowie wątłego syna, przybyły nowe smutki, jej tylko wiadome, ukrywane w najtajniejszym zakątku dumy kobiecej. Niestety, serce ludu nie jest wierniejsze od serca królów. Pewnego razu niewiadomo czemu ta sama Ilirja, która zgotowała im tyle solennych manifestacyj, odwróciła się od swych władców. Nastąpiły nieporozumienia, nieufność, wreszcie nienawiść, straszliwa nienawiść całej krainy, owa nienawiść, którą czuła w powietrzu, w ciszy ulic, w ironji spojrzeń, w drżeniu schylonych twarzy, która jej niepozwoliła wyglądać przez okno, i kazała ukrywać sic w głębi powozu podczas spacerów. Oh, te okrzyki śmierci pod tarasami jej zamku w Lublunie, - słyszała je jeszcze teraz, gdy spoglądała na wielki pałac królów Francji. Widziała ostatnie posiedzenie rady ministrów, bladych, struchlałych, oszalałych ze strachu, błagających króla, aby abdykował... Później ucieczka w przebraniu chłopskiem, noc w górach... wioski, jak miasta, zbuntowane, pijane wolnością... znicze radości na zgliszczach.. i łzawy wybuch rozczulenia, gdy w chatce znalazła mleko dla syna... Wreszcie nagłe postanowienie, którem natchnęła króla: zamknięcie się w wiernej jeszcze Raguzie, a w niej dwa miesiące prywacyj i strachu, oblężenie, zbombardowanie miasta, dziecię królewskie chore, prawie umierające z głodu, hańba kapitulacji ze zmęczenia, posępne wsiadanie na okręt pośród milczącego i znużonego tłumu, i - okręt francuski, który ich wiózł ku nowym niedolom, w chłód i niepewność wygnanie, podczas gdy za niemi, na zrujnowanym zamku królewskim powiewała chorągiew rzeczypospolitej iliryjskiej, nowa i triumfująca.... Ruiny Tuilerjów przywołały jej to wszystko na pamięć.
- Piękny jest Paryż, prawda? - rozległ się nagle nad jej uchem głos młody i wesoły, aczkolwiek nieco nosowy.
Król stał na balkonie, trzymając młodego księcia i pokazując mu widnokrąg zieleni, dachów i kopuł, i ruch ulicy w pięknem oświetleniu zmierzchowej pogody.
- O, tak, piękny! - odpowiedziało dziecko, wątły pięcio czy sześcioletni chłopczyk, o ostrych i wychudłych rysach, zbyt jasnych włosach, ściętych, jak po chorobie. Rozglądał się wokoło z miłym boleściwym uśmiechem, zdumiony, że nie słyszy już huku armat i odurzony radością otoczenia. Dla niego wygnanie zapowiadało się szczęśliwie. Król również nie wyglądał smutnie; z dwugodzinnego pobytu na bulwarach wrócił z twarzą podnieconą i rzeźką, odbiegającą od smutku królowej. Były to wogóle dwa odmienne typy. On - drobny, wątły o matowej cerze, czarnych ufryzowanych włosach, bladych i zbyt ruchliwych rękach, nieustannie szarpiących jasny wąs, o pięknych oczach nieco mętnych, niezdecydowanych i dziecięcych, na które patrząc mówiono: "Jaki on młody!" aczkolwiek przekroczył trzydziestkę. Królowa, przeciwnie, zdrowa Dalmatynka o poważnym wyrazie twarzy, skąpa w geście, z nich dwojga bardziej męska, mimo przezroczystej wspaniałości cery, mimo bajecznych włosów barwy złota weneckiego, do którego Wschód, zdawało się, domieszał czerwonych i żółtych odcieni henny. Chrystjan zachowywał się powściągliwie, z zażenowaniem, jak mąż, dla którego żona się poświęciła. Zapytał łagodnie czy spała, jak się czuje po podróży. Odpowiedziała mu z uległą słodyczą, lecz w istocie myślała tylko o synu, pieściła jego policzki, nosek, śledziła za nim z niepokojem pielęgniarki.
- Ma się lepiej niż tam - rzekł półgłosem Chrystjan.
- Tak, odzyskał kolory - odpowiedziała tym samym intymnym tonem, którym się posługiwali rozmawiając o dziecku.
Chłopczyk zaś uśmiechnął się do obojga, w słodkiej pieszczocie zbliżał do siebie ich czoła, jakgdyby pojmował, że jego małe rączki stanowią jedyny łącznik między temi dwiema różnemi istotami. Na trotuarze, kilku gapiów, poinformowanych o przybyciu wygnańców, wypatrywało się pilnie w króla i królowę Ilirji, których rozsławiła bohaterska obrona Raguzy, których portrety widniały na pierwszych stronicach ilustrowanych pism. Niebawem - tak jak się ogląda gołębia na dachu lub zbiegłą papugę - przechodnie zatrzymywali się i stali z zadartą głową, nie wiedząc zresztą, o co chodzi. Utworzyło się nawprost hotelu zbiegowisko. Powiększało się coraz bardziej, wpatrzone w tę młodą parę w ubiorach podróżnych, nad którą dziecko wznosiło swą jasną główkę, niby unoszone nadzieją i radością, jaką oboje odczuwali, zachowawszy je żywe po tak straszliwej burzy.
- Idziemy, Fryderyko? - zapytał król, stropiony uwagą tłumu.
Lecz ona, z podniesioną głową, przywykła do lekceważenia niechęci tłuszczy, odparła:
- Dlaczego? Dobrze tu na balkonie. - Zapomniałem zupełnie... Rosen jest tu ze swym synem i synową... Pragnie cię widzieć.
Na dźwięk nazwiska tego człowieka, który wyświadczył jej tyle dobrych, lojalnych przysług, oczy królowej zapłonęły:
- Mój dzielny książę! Oczekiwałam go... rzekła.
W tej chwili ujrzała kogoś, kto naprzeciwko niej wdrapał się na podmurowanie kraty Tuilerjów pnad zgromadzeniem przygodnych widzów. Zupełnie, jak w Lublanie, gdy strzelano do jej okien, Fryderyha miała niejasne przeczucie zamachu i cofnęła się gwałtownie. Szerokie czoło, podniesiony kapelusz, włosy rozwiane na wietrze, głos spokojny i silny, zagłuszający okrzykiem: "Niech żyje król!" pomruk tłumu - oto wszystko, co zdołała spostrzec w tym nieznanym przyjacielu, który ośmielił się we Francji republikańskiej, wobec zniszczonych Tuilerjów pozdrowić monarchów, pozbawionych korony. To symboliczne powitanie, z jakiem się już dawno nie spotykała, sprawiło na niej wrażenie jasnych ogrzewających płomieni po długim marszu na mrozie. Ogrzało ją od serca do naskórka; a żywe i błogie uczucie wzmogło się jeszcze bardziej na widok starego Rosena.
Generał książę Rosen, dawny szef wojskowego gabinetu, opuścił był Ilirję przed trzema laty, z chwilą gdy król pozbawił go stanowiska na rzecz liberała, przychylając się ku nowym ideom naprzekór tak zwanej "partji królowej". Pewnie, mógł żywić urazę do Chrystjana, który poświęcił go na zimno, pozwolił jemu, zwycięzcy z pod Mostar, z pod Liwna, bohaterowi wielkich wojen czarnogórskich, opuścić kraj, nie żegnając się, nie wyrażając ubolewania. Wyprzedawszy swe zamki, dobra, jaskrawo zaznaczywszy protest, stary generał osiedlił się w Paryżu, ożenił syna i przez trzy długie lata płonnego oczekiwania, podsycał swój gniew przeciw niewidzianemu królowi smutkami emigracji, melancholią bezczynnego życia. A jednak na pierwszą wiadomość o przybyciu swych władców przybiegł do nich, nie zwlekając. I oto stał pośrodku salonu, wyprostowany sięgając głową niemal żyrandola i oczekiwał łaskawego przyjęcia z takiem wzruszeniem, że można było dostrzec drżenie jego długich nóg, gwałtowny oddech szerokiego i krótkiego torsu, okrytego błękitnym frakiem wojskowym. Jedynie twarz, mała krogulcza twarz, o stalowem spojrzeniu, długim nosie, i tysiącu drobnych zmarszczek skóry stwardniałej w bojach ani drgnęła, niewzruszona. Król, nie lubiący wzruszających scen, zresztą nieco zażenowany tem spotkaniem, nadrabiał tonem żartobliwej, rycerskiej serdeczności:
- Naturalnie, generale - rzekł, podchodząc doń z wyciągniętemi rękoma - to pan miał rację... Ja zbyt popuściłem cugli. Pozwoliłem się strącić i to gwałtownie.
Widząc, że stary generał zamierza ugiąć kolano, powstrzymał go ruchem pełnym godności i przycisnął do piersi. Nikt nie mógł przeszkodzić generałowi uklęknąć przed królową. Doznała osobliwego wzruszenia, czując na swej ręce muśnięcie jego wąsa.
- O, mój biedny Rosenie!... mój biedny Rosenie! - wyszeptała.
I powoli zamknęła oczy, aby nie zauważono jej łez. Lecz te wszystkie łzy, które przelała od lat wyżłobiły ślady na delikatnym jedwabiu powiek, wraz z bezsennością, trwogą, niepokojem, udrękami, które zda się, tkwią ukryte w najtajniejszych, głębinach jaźni, a jednak wypływają na powierzchnię. Na przeciąg sekundy jej piękna twarz o czystych linjach, miała wyraz znużony, umęczony. Nie uszło to uwadze starego żołnierza: "Jakże ona cierpiała!" - myślał, patrząc na nią; i aby ukryć swe wzruszenie, zwrócił się nagle w stronę syna i jego żony, stojących w drugim rogu salonu i tym samym ostrym głosem, jakim wydawał był na ulicach Lubiany rozkazy; "Baczność!... Szarżuj!..." - rzekł:
- Koleto, Herbercie, podejdźcie przywitać swą królowe.
Książę Herbert Rosen, równie wielki, jak ojciec, o końskiej szczęce, niewinnych i lalkowatych policzkach, zbliżył się wraz z młodą żoną. Chodził z trudem, wsparty na lasce. Osiem miesięcy temu na wyścigach w Chantilly złamał był nogę i niebezpiecznie się potłukł; generał napomknął, że gdyby nie ten wypadek, który groził życiu jego syna, obaj nie omieszkaliby pośpieszyć do Raguzy.
- Pojechałabym z wami, - odezwała się księżna bohaterskim tonem, który jaskrawo odbijał od jej imienia filuternego i rozwichrzonych loków.
Królowa nie mogła się powstrzymać od uśmiechu i z serdecznością podała jej rękę. Chrystjan, szarpiąc wąsa, przyglądał się z zainteresowaniem amatora, z chciwą ciekawością tej nadmiernie ożywionej Paryżance, ślicznemu ptakowi o długich połyskujących piórkach, całej w fałdach i falbanach. Jej wdzięk i elegancja wielce się różniły od majestatycznego i zdrowego typu kobiet mu znanych. "To szczęściarz! Skądże on wziął ten klejnot? - rzekł, mimowoli zazdroszcząc przyjacielowi z lat dziecinnych, temu wielkiemu mazgajowi o wyłupiastych oczach, włosach przedzielonych i ułożonych w grzywkę po rosyjsku na niskiem czole; następnie przyszło mu na myśl, że o ile niema tego typu kobiet w Ilirji, to przecież pełno ich w Paryżu. Wygnanie wydało mu się ostatecznie dosyć znośne. Zresztą nie mogło potrwać długo. Iliryjczycy niebawem będą mieli dosyć tej rzeczypospolitej. Była to sprawa dwuch lub trzech miesięcy życia na obczyźnie, rodzaj wakacyj królewskich, które należało spędzić jak najweselej.
- Czy rozumie pan, generale - rzekł ze śmiechem - chciano mi tu już sprzedać dom. Pewien pan, Anglik, który zgłosił się dziś rano... Proponował mi kupno wspaniałego pałacu, całkowicie umeblowanego i urządzonego, wraz z końmi, powozami, srebrem, bielizną, służbą, wszystko w dwadzieścia cztery godziny w dowolnej dzielnicy.
- Znam tego Anglika, Wasza Królewska Mości, To Tom Levis, ajent obsługujący cudzoziemców...
- Tak, tak mi się wydaje... nazwisko podobnie brzmiące... Czy miał pan z nim do czynienia?
- Wszystkich cudzoziemców, przybywających do Paryża, Tom odwiedza... Ale życzę Waszej Królewskiej Mości, aby na tem skończyła się ta znajomość.
Szczególna uwaga, z jaką książę Herbert oglądał kokardy u swego obuwia, gdy mówiono o Tomie Levis, spojrzenie księżny, ukradkowo rzucone na męża, świadczyły, że wiedzą coś więcej o ajencie z ulicy Royale. Ale czy królowi mogły być potrzebne usługi Levisa. Nie pragnął domu, ani powozu. Postanowił spędzić w hotelu kilka miesięcy pobytu w Paryżu.
- Jak myślisz, Fryderyko?
- O, pewnie, że tak będzie najrozsądniej - odparła królowa, aczkolwiek w duszy nie podzielała złudzeń męża, ani jego upodobania do prowizorycznych mieszkań.
Stary Rosen wtrącił też uwagę. Nie wydawało mu się, aby życie hotelowe odpowiadało godności domu panującego Ilirji. Paryż w owym czasie pełen był wygnanych królów. Wszyscy przenieśli tu przepych swych dworów. Król Westfalji miał przepyszną rezydencję przy ulicy de Neubourg z osobnym pawilonem dla administracji. Na Polach Elizejskich pałac królowej Galicji był iście królewskim dworem. Król Palerma miał dom w Saint Mande, wielką stadninę i cały bataljon adjutantów. Nawet książę Palmy w swym małym domku w Passy był otoczony drobnym dworem. Przy stole jego zasiadało zawsze pięciu czy sześciu generałów.
- Niewątpliwie, niewątpliwie - rzekł zniecierpliwiony Chrystjan - ale to inna rzecz,,. Tamci nigdy już nie opuszczą Paryża... To pewne, nieodwołalne, podczas gdy my... A następnie z innych względów nie możemy kupić pałacu, mój drogi Rosenie... Wszystko nam zabrali, tam... Kilkaset tysięcy franków u neapolitańskich Rotszyldów i nasz biedny djadem, ocalony przez panią de Silvis w pudle od kapeluszy - oto wszystko, co nam zostało... Pomyśleć tylko, że markiza odbyła długą tułaczkę pieszo, w wagonie, na morzu, w powozie, nie wypuszczając z ręki drogocennego pudła. To śmieszne, jakże śmieszne!
I zaczął się śmiać z przebytych strapień, niczem z najzabawniejszej przygody.
Książę nie śmiał się bynajmniej. Wasza Królewska Mość, - rzekł z takiem wzruszeniem, że wystąpiły mu na twarzy wszystkie dawne zmarszczki - przed chwilą zaszczycił mnie, wyrażając ubolewanie, że tak długo byłem trzymany zdała... Dobrze więc, proszę o łaskę... Póki trwać będzie wygnanie, niech mi Wasza Królewska Mość powierzy funkcję, jakie piastowałem ongi w Lublanie... funkcje szefa gabinetu cywilnego i wojskowego.
- Widzicie go, jaki ambitny! - zawołał król.
Poczem dodał z przyjaznym akcentem:
- Ale niema już gabinetu, mój biedny generale, ani cywilnego, ani wojskowego... Królowa ma kapelana i dwie panny... Zara - guwernantkę. Ja zaś przywiozłem ze sobą Boskowicza do korespondencji i mistrza Lebeau do golenia... Na tem koniec.
- W takim razie poproszę o coś,... Czy Wasza Królewska Mość nie zechce przyjąć mego syna Herberta na adjutanta, a synowej przydzielić do osoby królowej, jako damy dworu...
- Ja się godzę, - rzekła królowa, uśmiechając się do Koletty, stropionej nową godnością.
Co się tyczy młodego księcia, to w podzięce za nominację odpowiedział swemu królowi zadowolonem rżeniem, do którego się przyzwyczaił wskutek stałego przebywania w ujeżdżalni.
- Wszystkie trzy nominacje przedstawię jutro do podpisu - wtrącił generał tonem pełnym uszanowania, ale zwięzłym, jakby dla zaznaczenia, że zaczął pełnić funkcje.
Słysząc ten głos i to zdanie, które go tak długo i tak solennie prześladowało, młody król nie mógł ukryć wyrazu zniechęcenia i nudy. Lecz wkrótce pocieszył go widok księżny, którą radość uczyniła piękniejszą, przeobraziła, jak to bywa często z temi drobnemi twarzyczkami bez wyraźnych rysów. Pomyśleć tylko! Dama dworu królowej Fryderyki, ona Kolette Sauvadon, wnuczka Sauvadona, hurtowego kupca win z Bercy! Co powiedzą przy ulicy de Varennes, Saint Dominique, w tych zazdrosnych salonach, dokąd, dzięki małżeństwu z Herbertem de Rosen, zapraszano ją na wielkie przyjęcia, ale tylko wtedy! I oto jej uboga próżna wyobraźnia zaczęła podróżować po przestworzach fantazji. Marzyła już o kartach wizytowych, które zamówi, o nowych toaletach, o sukni w kolorach narodowych Ilirji, i takichż kokardach dla koni.
- To nasz pierwszy obiad na wygnaniu - rzekł król do Rosena tonem na poły poważnym i umyślnie emfatycznym. Pragnę, aby przy naszym stole było wesoło i aby zasiedli wszyscy nasi przyjaciele.
Na widok wystraszonej miny jenerała, dodał:
- Ah, tak, prawda, etykieta... Ani słowa! Odzwyczailiśmy się od tego od czasu oblężenia i szef naszego domu będzie musiał przeprowadzić wiele reform... Jednakże chciałbym, aby się rozpoczęły nie dziś, a jutro.
W tej chwili, rozwarłszy naoścież drzwi, marszałek oznajmił, że podano do stołu. Księżna podniosła się, aby ująć rękę Christiana, atoli on wziął królową pod rękę i nie zważając na gości zaprowadził ją do jadalni. Cokolwiek się mówiło nie cały ceremonjał dworu pozostał w koszarach Raguzy.
Przejście od światła słonecznego do sztucznego raziło nieprzyjemnie. Mimo żyrandoli, kandelabrów, dwuch wielkich lamp, ustawionych na bufecie, panował półmrok, jakgdyby dzień, wypędzony przedwcześnie, pozostawił na rzeczach chwiejność zmierzchu. Ponurość tego otoczenia potęgowała zwłaszcza długość stołu, jego niewspółmierność z małą ilością biesiadników; stołu tego, licującego z wymaganiami etykiety, trzeba było szukać po całym hotelu. Król i królowa usiedli razem przy jednym końcu, nie mając nikogo ani po bokach, ani naprzeciwko. Wprawiło to w podziw małą księżnę de Rosen. W ostatnich dniach Cesarstwa, dopuszczona do obiadu w Tuilerjach widziała, jak cesarz i cesarzowa siedzieli nawprost siebie, niby nowożeńcy przy obiedzie ślubnym. A, to tak - pomyślała mała kokietka, zamykając zdecydowanym gestem wachlarz i kładąc go na stole przy rękawiczkach - "Legitymizm..." Ta myśl przeobraziła w jej oczach ten stół, przypominający tak bardzo stoły w luksusowych hotelach między Monaco a San Remo na początku sezonu, gdy większość turystów jeszcze się nie zjechała. Ta sama pstrocizna ludzi i toalet: Chrystjan w surducie, królowa w amazonce podróżnej, Herbert i jego żona w kostjumach spacerowych, franciszkański habit kapelana królowej, ojca Alfeusza, obok uniformu generała. Nic imponującego i wzniosłego, prócz może modlitwy kapelana, błagającego o błogosławieństwo boże dla tego, pierwszego obiadu na wygnaniu.
- Quae sumus sumpturi prima die in exilio... - rzekł mnich, wyciągnąwszy ręce; i te słowa, wypowiedziane powoli, zda się przedłużały w przyszłość krótkie wakacje króla Chrystjana.
- Amen! - odpowiedział poważnym głosem wydziedziczony władca, jakgdyby dopiero w tej kościelnej łacinie odczuł tysiące zerwanych węzłów, jeszcze żywych i drgających, wleczonych - jak żywe korzenie wyrwanych drzew - przez wygnańców wszelakich czasów.
Lecz najmocniejsze wrażenia nie utrwalały się w niestałej i miękkiej duszy tego Słowianina. Ledwo usiadł, odzyskał humor i zwykły roztargniony wyraz twarzy, i zaczął mówić wiele, po francusku przez wzgląd na obecną Paryżankę - bardzo czystym językiem, ale z lekkiem seplenieniem z włoska, zresztą harmonizującem z jego śmiechem. Bohatersko komicznym tonem opowiedział kilka epizodów oblężenia: zainstalowanie dworu w koszarach, w których szczególnie cudacznie wyglądała wychowawczyni markiza Eleonora de Silvis ze swym szalem i toczkiem o zielonych piórkach. Szczęście, że ta dama jadła obiad w pokoju swego wychowanka i nie mogła słyszeć śmiechów, wywołanych dowcipami króla. Boskowicz oraz zielnik stały się z kolei przedmiotem jego kpin. Można było pomyśleć, że kpinami pragnął mścić się za powagę faktów. Radca dworu Boskowicz, drobny mężczyzna w nieokreślonym wieku, łagodny i trwożliwy, o spojrzeniu zająca, rzucanem zawsze nieco z podełba, był wielce uczonym prawnikiem, namiętnie oddającym się botanicznym studjom. W Raguzie, gdy trybunały były nieczynne - spędzał czas na zbieraniu ziół pod pociskami, w rowach fortyfikacyj: nieświadomy heroizm manjackiego umysłu zajętego, pośród straszliwego chaosu ojczyzny, wyłącznie wspaniałym coprawda zielnikiem, który wpadł później w ręce liberałów.
- Czy ty wyobrażasz sobie, mój biedny Boskowiczu - rzekł król - jakie wspaniałe ognisko rozpalą z tego ogromnego zbiorowiska suchych liści... a może rzeczpospolita z powodu swego ubóstwa postanowiła wyrabiać z twych wielkich szarych liści zapasowe płaszcze dla milicjantów.
Radca śmiał się wraz ze wszystkimi, ale jego wystraszone miny oraz "Ma che... ma che" świadczyły o dziecięcej trwodze.
- Jaki zachwycający jest król!.. Jaki dowcipny i jakie ma oczy! - myślała mała księżna, ku której Chrystjan stale się nachylał, chcąc zmniejszyć odległość, wyznaczoną przez ceremonjał. Rozkwitała pod królewskiem spojrzeniem, bawiła się wachlarzem, wydawała lekkie okrzyki, przechylała smukłą kibić. Królowa, rozmawiająca półgłosem ze swoim sąsiadem, starym księciem, była jakgdyby izolowana. Gdy rozmawiano o oblężeniu, wtrąciła parę zdań, chwaląc odwagę króla, jego wiedzę strategiczną, poczem znowu się odosobniała. Generał informował się półgłosem o dworakach, o swych starych kolegach, szczęśliwszych od niego, którzy, poszli za swym monarchą do Raguzy. Wielu tam pozostało na witki. Przy każdem niemal nazwisku, wymienionem przez de Rosena, królowa niezmiennie odpowiadała: "Poległ!.. umarł!", żałobnem słowem, brzmiącem jak dzwony, oo towarzyszą pogrzebom. Wszelako po powrocie do salonu, Fryderyki nieco się ożywiła; usadowiła Koletę de Rosen obok siebie na kanapie i mówiła z nią z uczuciową poufałością, którą się posługiwała, gdy pragnęła zaskarbić sobie czyjąś sympatię, a podobną do uścisku jej silnej dłoni o subtelnych palcach.
Potem znagła rzekła:
- Chodźmy zobaczyć, jak śpi Zara, księżno.
Na końcu długiego korytarza napełnionego, jak reszta apartamentu, stosami kaset, otwartych waliz, z których wyglądała bielizna, ubranie, pośród chaosu pierwszych chwil w hotelu, znajdował się pokój małego księcia.
Oświetlony był lampą z nisko opuszczonym abażurem, z pod którego światło dosięgało poziomu błękitnawych zasłon łóżka. Służąca drzemała na walizie, w białym czepku na głowie, i chustce haftowanej na różowo, która stanowi dopełnienie fryzury Dalmatynek. W pobliży stołu wychowawczyni, złożywszy głowę na łokciu, z otwartą książką na kolanach, również nie oparła się usypiającemu oddziaływaniu lektury i nawet we śnie zachowywała ten romantyczny i sentymentalny wyraz, z którego król tak bardzo sobie pokpiwał. Nie obudziło jej wejście królowej. - Atoli dzieciak przy pierwszem poruszeniu gazowej zasłony wyciągnął swe drobne piąstki i starał się rozewrzeć powieki. W kilka miesięcy przyzwyczaił się do raptownych ocknięć pośród ciemnej nocy, do szybkiego ubierania, ucieczek i wyjazdów, do nowych krajobrazów i nowych twarzy. Sen jego stracił ciągłość, nie był już ową dziesięciogodzinną podróżą w krainę marzeń, odbywaną przez dzieci przy różnym, ciągłym, prawie nieuchwytnym oddechem wpółotwartych ust.
- Dobry wieczór, mamo - rzekł pocichu. - Czy już trzeba uciekać?
W tem zrezygnowanem i wzruszającem pytaniu wyraziła się niedola dziecka, które przecierpiało i do znało nieszczęść ponad swoje siły.
- Nie, nie, mój drogi, teraz nic mi nie grozi... śpij, należy spać.
- O, tem lepiej... Wrócę więc z olbrzymem Robisterem do szklanych gór... Tam było tak dobrze.
- Te bajania madame Eleonory przewracają ci w głowie - rzekła łagodnie królowa. - Biedne dziecko! Życie jest dla ciebie tak okrutne. Bawią je tylko bajki... Należy go jednak stanowczo karmić rzeczywistością.
Nie przestając mówić, poprawiła poduszkę, uśpiła go gestem pieszczotliwym, tak jak to czyniły zwykłe mieszczki, co odrazu zmieniło wyobrażenia Kolety o majestacie królewskim. Gdy Fryderyka nachyliła się nad synem, aby go pocałować, malec zapytał, czy to łoskot morza, czy huki dział dochodzą zdała. Królowa wsłuchała się w niejasny turkot, który chwilami wywoływał drżenie szyb, potrząsał domem od piwnic do szczytów, zmniejszał się, aby znów się wzmóc, huczał wyraźnie i przeistaczał się w szmer.
- To nic... To Paryż, mój synu.. Śpij.
I ten malec, strącony z tronu, któremu opowiadano o Paryżu, jako o bezpiecznem schronieniu, zasnął spokojnie z ufnością, ukołysany szmerem miasta rewolucyj.
Gdy obie kobiety wróciły do salonu, zastały młodą, wysoką kobietę, rozmawiającą z królem. Ton poufały ich rozmowy, powaga słuchaczy stwierdzały, że była to poważna osobistość. Królowa krzyknęła głosem wzruszonym:
- Marjo!
- Fryderyko!
Jednakowy przypływ czułości rzucił je ku sobie. Na nieme zapytanie żony, Herbert wymienił nazwisko przybyłej... Była to królowa Palerma. Trochę wyższa i chudsza od swej kuzynki iliryjskiej, wydawała się o kilka lat starszą. Czarne oczy, czarne włosy, ułożone wysoko na czole, matowa cera nadawały jej wygląd Włoszki, aczkolwiek urodziła się na dworze bawarskim. Nie było w niej nic niemieckiego, poza sztywnością długiej i płaskiej kibici, poza dumnym wyrazem uśmiechu i brakiem harmonji w tualecie, charakteryzującym tamtejsze kobiety. Rozłączone przez życie, zachowały dla siebie wzajemną przyjaźń.
- Widzisz, nie mogłam się doczekać - rzekła królowa Palerma, ściskając jej ręce. - Cecco nie wrócił... przyszłam bez niego... Tak się spóźnił... Często myślałam o tobie, o was... O, te działa Raguzy, w nocy zdawało mi się, że je słyszę...
- Było to echo dział Caserty - odezwał się Chrystjan, - czyniąc aluzję do bohaterstwa Marji, wygnanej o kilka lat wcześniej.
Westchnęła:
- Ah, tak, Caserta... opuszczono nas, nas także... Co za niedola! Jakgdyby wszystkie korony nie powinny były działać solidarnie... Teraz wszystko skończone. Świat oszalał...
Potem zwracając się do Chrystjana:
- To wszystko jedno! Winszuję kuzynie... postąpił pan, jak przystoi królowi.
- Oh! - odparł, wskazując na Fryderykę - właściwym królem z nas dwojga...
Królowa gestem nakazała mu milczenie...
Skłonił się z uśmiechem:
- Chodźmy, zapalimy papierosa, Herbercie - rzekł do swego adjutanta.
I obaj wyszli na balkon.
Wieczór był ciepły i przepyszny; dzień gasnął w błękitnym blasku światła gazowego. Czarna masa kasztanów Tuileryjskich roztaczała się nad niemi, jak wachlarz, a wyżej, na niebie płonęły gwiazdy. Dzięki zielonemu tłu rozległej przestrzeni, wchłaniającej wrzawę tłumów, ulica Rivoli nie miała dusznego wyglądu ulic paryskich latem; czuło się tu ogromną cyrkulację miasta w kierunku Pól Elizejskich, słuchało się koncertów pod niebem, śród żyrandoli świateł. Rozkosze, które zima więzi za szczelnie zamkniętemi okiennicami, śpiewały swobodnie, śmiały się, biegły na spotkanie rozkoszy w kwiecistych kapeluszach, w fruwających mantylach, w sukniach z płócienka, z dekoltem, okolonym czarną wstążeczką, oświetlonym przelotnie latarnią. Kawiarnie i cukiernie mieściły się niemal na trotuarze, hucząc pobrzękiwaniem monet, wezwaniami, brzęczeniem kieliszków.
- Ten Paryż jest niezwykły - rzekł Chrystjan, puszczając w mrok kłęby dymu. - Powietrze tu jest inne, niż gdzieindziej... jest tu coś, co się pieni, oszałamia... Gdy pomyślę, że w Lublanie o tej porze wszystko jest zamknięte, śpiące, zgaszone...
Następnie głosem wesołym:
- Panie adjutancie, spodziewam się, że zaczniemy wtajemniczać się w rozkosze paryskie... wydaje mi się, że jesteś doskonale obeznany...
- A jakże, sire, - odpowiedział Herbert, rżąc z połechtanej dumy - w klubie, w Operze, wszędzie zwą mnie królem dandysów.
I podczas gdy król kazał sobie wyjaśnić sens tego nieznanego mu wyrazu, obie królowe, które, aby swobodniej ze sobą porozmawiać, udały się do pokoju Fryderyki, zwierzały się sobie szeptem, dochodzącym przez pół otwarte zasłony.
W salonie zaś rozprawiali półgłosem stary książę i ojciec Alfeusz.
- Miał rację - rzekł kapelan - to ona jest królem... Właściwym królem... Gdyby pan ją widział na koniu we dnie i w nocy, objeżdżającą pozycję... W forcie Świętego Anioła pod deszczem pocisków, dwa razy objechała pagórki, aby zagrzać do walki serca żołnierzy, wyniosła i wyprostowana, ze szpicrutą w garści, jak za dobrych czasów' w swej rezydencji. Trzeba było widzieć naszych marynarzy... Tymczasem on wałęsał się Bóg wie gdzie! Odważny, na honor, taki sam odważny, jak ona, ale bez zapału, bez wiary...
Mnich uniósł się, wydłużony długim habitem, i książę musiał go uspokoić:
- Spokojnie, ojcze Alfeuszu... Chodźmy, chodźmy, - lękał się bowiem, że usłyszy ich Koleta.
Została z radcą Boskowiczem, który bawił ją rozmową o ziołach, mieszając terminy naukowe z drobiazgowemi detalami swoich wykładów botaniki. Jego konwersacja upodobniła się do zasuszonej i zakurzonej rośliny w bibljotece wiejskiej. Cóż z tego! Wielkość tak potężnie przyciąga, atmosfera, jaką roztacza, tak mocno i tak słodko oszałamia pewne żądne jej natury, że młoda księżna, owa księżna Koleta z balów high-lifu, wyścigów, premjer, zawsze przodująca bawiącemu się Paryżowi, słuchając jałowych nomenklatur radcy, zachowywała na twarzy swój najpiękniejszy uśmiech. Wystarczała świadomość, że dwie królowe zwierzają się sobie w sąsiednim pokoju że król rozmawia przy oknie, aby ten banalny pokój hotelowy wypełnił się wielkością i smutnym majestatem, owym majestatem, który unosił się melancholijnie w obszernych komnatach Wersalu o froterowanych posadzkach, świecących, jak lustra. Zostałaby tu w zachwyceniu do północy, i nie poruszyłaby się, nie znudziła. Intrygowała ją jedynie długa rozmowa męża z królem. Jakie to poważne sprawy roztrząsali? Jakież wielkie plany wskrzeszenia monarchji? Jej ciekawość wzmogła się, gdy wrócili do salonu, obaj ożywieni, o błyszczących i zdecydowanych spojrzeniach.
- Wychodzę z Jego Królewską Mością - rzekł do niej szeptem Herbert - ojciec cię odprowadzi.
Król podszedł do nich:
- Nie weźmie mi pani tego za złe, księżno - rzekł. - Mąż rozpoczął służbę.
- Wszystkie chwile naszego życia należą do naszych władców - odpowiedziała Koleta, przeświadczona, że chodzi o jakąś ważną i tajemniczą wyprawę, o tajne zebranie spiskowców. O, gdybyż to ona mogła im towarzyszyć!
Chrystjan podszedł do drzwi pokoju królowej, ale nie wszedł:
- Płaczą - rzekł do Herberta. - Do widzenia, nie wejdę.
Na ulicy opanował go szał radości i ulgi. Miał przy sobie adjutanta i szedł z cygarem w ustach, zapalonem jeszcze w przedsionku hotelu.
- Jak to przyjemnie chodzić samemu w ciżbie ludzkiej, rozpychać się w szeregu, jak inni, być panem swych słów, swych ruchów i odwracać się za ładną dziewczynką, nie gorsząc tem Europy... To są dobrodziejstwa wygnania... Gdy byłem tu przed ośmiu laty, widziałem Paryż jedynie przez okna Tuileriów, z wyżyny galowych pojazdów... Tym razem chcę wszystko poznać, wszędzie być... Sapristi! Nie pomyślałem o tem, że każę ci chodzić i chodzić, a ty wszak kulejesz, mój biedny Herbercie... Poczekaj, zatrzymamy powóz.
Książę usiłował protestować. Noga nie sprawiała mu żadnego bólu. Czuł się na siłach odbyć przechadzkę. Lecz Chrystjan nie zgodził się:
- Nie, nie, nie chcę, aby mój przewodnik był zmaltretowany już pierwszego wieczoru.
Zatrzymał dorożkarza, który jechał w stronę placu de la Concorde, turkocąc wykręconemi resorami i okładając biczem kościsty kręgosłup zwierzęcia, wskoczył lekko i, zacierając ręce z uciechy dziecięcej, usadowił się na starem błękitnem suknie poduszek.
- Dokąd jedziemy, książę-panie? - zapytał dorożkarz, nie podejrzewając wcale, że oddaje tu należny hołd.
A Chrystjan, król Ilirji odpowiedział triumfującym głosem wyzwolonego sztubaka:
- Do "Mabille!"