Kobieta o aksamitnym naszyjniku. La Femme au collier de velours - Aleksander Dumas

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CHAPITRE XII. L'ESTAMINET.

    

Hoffmann ne sortit de cette léthargie qu'en sentant une main se poser sur son épaule.

Il leva la t?te. Tout était noir et éteint autour de lui: le théâtre, sans lumi?re, lui apparaissait comme le cadavre du théâtre qu'il avait vu vivant. Le soldat de garde s'y promenait seul et silencieux comme le gardien de la mort; plus de lustres, plus d'orchestre, plus de rayon, plus de bruit.

Une voix seulement qui marmottait a son oreille:

-Mais, citoyen, mais, citoyen, que faites-vous donc? vous ?tes a l'Opéra, citoyen; on dort ici, c'est vrai, mais on n'y couche pas.

Hoffmann regarda enfin du côté d'o? venait la voix, et il vit une petite vieille qui le tirait par le collet de sa redingote.

C'était l'ouvreuse de l'orchestre, qui, ne connaissant pas les intentions de ce spectateur obstiné, ne voulait pas se retirer sans l'avoir vu sortir devant elle.

Au reste, une fois tiré de son sommeil, Hoffmann ne fit aucune résistance; il poussa un soupir et se leva en murmurant le mot:

-Ars?ne!

-Ah oui! Ars?ne, dit la petite vieille. Ars?ne! vous aussi, jeune homme, vous en ?tes amoureux comme tout le monde. C'est une grande perte pour l'Opéra, surtout pour nous autres ouvreuses.

-Pour vous autres ouvreuses, demanda Hoffmann, heureux de se rattacher a quelqu'un qui lui parlât de la danseuse, et comment donc est-ce une perte pour vous qu'Ars?ne soit ou ne soit plus au théâtre?

-Ah dame! c'est bien facile a comprendre cela: d'abord, toutes les fois qu'elle dansait, elle faisait salle comble; alors c'était un commerce de tabourets, de chaises et de petits bancs; a l'Opéra, tout se paye. On payait les petits bancs, les chaises et les tabourets de supplément, c'étaient nos petits profits. Je dis petits profits, ajouta la vieille d'un air malin, parce qu'a côté de ceux-la, citoyen, vous comprenez, il y avait les grands.

-Les grands profits?

-Oui.

Et la vieille cligna de l'?il.

-Et quels étaient les grands profits? voyons, ma bonne femme.

-Les grands profits venaient de ceux qui demandaient des renseignements sur elle, qui voulaient savoir son adresse, qui lui faisaient passer des billets. Il y avait prix pour tout, vous comprenez; tant pour les renseignements, tant pour l'adresse, tant pour le poulet; on faisait son petit commerce, enfin, et l'on vivait honn?tement.

Et la vieille poussa un soupir qui, sans désavantage, pouvait ?tre comparé au soupir poussé par Hoffmann au commencement du dialogue que nous venons de rapporter.

-Ah! ah! fit Hoffmann, vous vous chargiez de donner des renseignements, d'indiquer l'adresse, de remettre les billets; vous en chargez-vous toujours?

-Hélas, monsieur, les renseignements que je vous donnerais vous seraient inutiles maintenant; personne ne sait plus l'adresse d'Ars?ne, et le billet que vous me donneriez pour elle serait perdu. Si vous voulez pour une autre? Mme Vestris, mlle Bigottini, mlle....

-Merci, ma bonne femme, merci; je ne désirais rien savoir que sur mademoiselle Ars?ne.

Puis, tirant un petit écu de sa poche:

-Tenez, dit Hoffmann, voila pour la peine que vous avez prise de m'éveiller.

Et, prenant congé de la vieille, il reprit d'un pas lent le boulevard, avec l'intention de suivre le m?me chemin qu'il avait suivi la surveille, l'instinct qui l'avait guidé pour venir n'existait plus.

Seulement, ses impressions étaient bien différentes, et sa marche se ressentait de la différence de ces impressions.

L'autre soir, sa marche était celle d'un homme qui a vu passer l'Espérance et qui court apr?s elle, sans réfléchir que Dieu lui a donné ses longues ailes d'azur pour que les hommes ne l'atteignent jamais. Il avait la bouche ouverte et haletante, le front haut, les bras étendus; cette fois, au contraire, il marchait lentement, comme l'homme qui, apr?s l'avoir poursuivie inutilement, vient de la perdre de vue; sa bouche était serrée, son front abattu, ses bras tombants. L'autre fois il avait mis cinq minutes a peine pour aller de la porte Saint-Martin a la rue Montmartre; cette fois il mit plus d'une heure, et plus d'une heure encore pour aller de la rue Montmartre a son hôtel; car, dans l'esp?ce d'abattement o? il était tombé, peu lui importait de rentrer tôt ou tard, peu lui importait m?me de ne pas rentrer du tout.

On dit qu'il y a un Dieu pour les ivrognes et les amoureux; ce Dieu-la, sans doute, veillait sur Hoffmann. Il lui fit éviter les patrouilles; il lui fit trouver les quais, puis les ponts, puis son hôtel, o? il rentra, au grand scandale de son hôtesse, a une heure et demie du matin.

Cependant, au milieu de tout cela, une petite lueur dorée dansait au fond de l'imagination d'Hoffmann, comme un feu follet dans la nuit. Le médecin lui avait dit, si toutefois ce médecin existait, si ce n'était pas son imagination, une hallucination de son esprit; le médecin lui avait dit qu'Ars?ne avait été enlevée au théâtre par son amant, attendu que cet amant avait été jaloux d'un jeune homme placé a l'orchestre, avec lequel Ars?ne avait échangé de trop tendres regards.

Ce médecin avait ajouté, en outre, que ce qui avait porté la jalousie du tyran a son comble, c'est que ce m?me jeune homme avait été vu embusqué en face de la porte de sortie des artistes; c'est que ce m?me jeune homme avait couru en désespéré derri?re la voiture; or, ce jeune homme qui avait échangé de l'orchestre des regards passionnés avec Ars?ne, c'était lui, Hoffmann; or, ce jeune homme qui s'était embusqué a la porte de sortie des artistes, c'était toujours lui, Hoffmann. Donc Ars?ne l'avait remarqué, puisqu'elle payait la peine de sa distraction; donc Ars?ne souffrait pour lui; il était entré dans la vie de la belle danseuse par la porte de la douleur, mais il y était entré, c'était le principal; a lui de s'y maintenir. Mais comment? par quel moyen? par quelle voie correspondre avec Ars?ne, lui donner de ses nouvelles, lui dire qu'il l'aimait? C'e?t été déja une grande tâche pour un Parisien pur sang, que de retrouver cette belle Ars?ne perdue dans cette immense ville. C'était une tâche impossible pour Hoffmann, arrivé depuis trois jours et ayant grand-peine a se retrouver lui-m?me.

Hoffmann ne se donna donc m?me pas la peine de chercher; il comprenait que le hasard seul pouvait venir a son aide. Tous les deux jours, il regardait l'affiche de l'Opéra, et tous les deux jours il avait la douleur de voir que Paris rendait son jugement en l'absence de celle qui méritait la pomme bien autrement que Vénus.

D?s lors il ne songea pas a aller a l'Opéra.

Un instant il eut bien l'idée d'aller soit a la Convention, soit aux Cordeliers, de s'attacher aux pas de Danton et, en l'épiant jour et nuit, de deviner o? il avait caché la belle danseuse. Il alla m?me a la Convention, il alla m?me aux Cordeliers; mais Danton n'y était plus; las de la lutte qu'il soutenait depuis deux ans, vaincu par l'ennui bien plus que par la supériorité, Danton paraissait s'?tre retiré de l'ar?ne politique.

Danton, disait-on, était a sa maison de campagne. O? était cette maison de campagne? on n'en savait rien; les uns disaient a Rueil, les autres a Auteuil.

Danton était aussi introuvable qu'Ars?ne.

On e?t cru peut-?tre que cette absence d'Ars?ne e?t d? ramener Hoffmann a Antonia; mais, chose étrange! il n'en était rien. Hoffmann avait beau faire tous ses efforts pour ramener son esprit a la pauvre fille du chef d'orchestre de Mannheim: un instant, par la puissance de sa volonté, tous ses souvenirs se concentraient sur le cabinet de maître Gottlieb Murr; mais, au bout d'un moment, partitions entassées sur les tables et sur les pianos, maître Gottlieb trépignant devant son pupitre, Antonia couchée sur son canapé, tout cela disparaissait pour faire place a un grand cadre éclairé, dans lequel se mouvaient d'abord des ombres; puis ces ombres prenaient du corps, puis ces corps affectaient des formes mythologiques, puis enfin toutes ces formes mythologiques, tous ces héros, toutes ces nymphes, tous ces dieux, tous ces demi-dieux disparaissaient pour faire place a une seule déesse, a la déesse des jardins, a la belle Flore, c'est-a-dire a la divine Ars?ne, a la femme au collier de velours et a l'agrafe de diamants; alors Hoffmann tombait non plus dans une r?verie, mais dans une extase dont il ne venait a sortir qu'en se rejetant dans la vie réelle, qu'en coudoyant les paysans dans la rue, qu'en se roulant enfin dans la foule et dans le bruit.

Lorsque cette hallucination, a laquelle Hoffmann était en proie, devenait trop forte, il sortait donc, se laissait aller a la pente du quai, prenait le Pont-Neuf, et ne s'arr?tait presque jamais qu'au coin de la rue de la Monnaie. La, Hoffmann avait trouvé un estaminet, rendez-vous des plus rudes fumeurs de la capitale. La, Hoffmann pouvait se croire dans quelque taverne anglaise, dans quelque musico hollandais ou dans quelque table d'hôte allemande, tant la fumée de la pipe y faisait une atmosph?re impossible a respirer pour tout autre que pour un fumeur de premi?re classe.

Une fois entré dans l'estaminet de la Fraternité, Hoffmann gagnait une petite table sise a l'angle le plus enfoncé, demandait une bouteille de bi?re de la brasserie de M. Santerre, qui venait de se démettre, en faveur de M. Henriot, de son grade de général de la garde nationale de Paris, chargeait jusqu'a la gueule cette immense pipe que nous connaissons déja, et s'enveloppait en quelques instants d'un nuage de fumée aussi épais que celui dont la belle Vénus enveloppait son fils Énée, chaque fois que la tendre m?re jugeait urgent d'arracher son fils bien-aimé a la col?re de ses ennemis.

Huit ou dix jours étaient écoulés depuis l'aventure d'Hoffmann a l'Opéra, et, par conséquent, depuis la disparition de la belle danseuse; il était une heure de l'apr?s-midi; Hoffmann, depuis une demi-heure, a peu pr?s, se trouvait dans son estaminet, s'occupant, de toute la force de ses poumons, a établir autour de lui cette enceinte de fumée qui le séparait de ses voisins, quand il lui sembla, dans la vapeur, distinguer comme une forme humaine, puis, dominant tous les bruits, entendre le double bruit du chantonnement et du tambourinement habituel au petit homme noir; de plus, au milieu de cette vapeur, il lui semblait qu'un point lumineux dégageait des étincelles; il rouvrit ses yeux a demi fermés par une douce somnolence, écarta ses paupi?res avec peine, et, en face de lui, assis sur un tabouret, il reconnut son voisin de l'Opéra, et cela d'autant mieux que le fantastique docteur avait, ou plutôt semblait avoir, ses boucles en diamants a ses souliers, ses bagues en diamants a ses doigts et sa t?te de mort sur sa tabati?re.

-Bon, dit Hoffmann, voila que je redeviens fou.

Et il ferma rapidement les yeux.

Mais, les yeux une fois fermés, plus ils le furent hermétiquement, plus Hoffmann entendit, et le petit accompagnement de chant, et le petit tambourinement des doigts; le tout de la façon la plus distincte, si distincte qu'Hoffmann comprit qu'il y avait un fond de réalité dans tout cela, et que la différence était du plus au moins. Voila tout.

Il rouvrit donc un ?il, puis l'autre; le petit homme noir était toujours a sa place.

-Bonjour, jeune homme, dit-il a Hoffmann; vous dormez, je crois; prenez une prise, cela vous réveillera.

Et, ouvrant sa tabati?re, il offrit du tabac au jeune homme.

Celui-ci, machinalement, étendit la main, prit une prise et l'aspira.

A l'instant m?me, il lui sembla que les parois de son esprit s'éclairaient.

-Ah! s'écria Hoffmann! c'est vous, cher docteur? que je suis aise de vous revoir!

-Si vous ?tes aise de me revoir, demanda le docteur, pourquoi ne m'avez-vous pas cherché?

-Est-ce que je savais votre adresse?

-Oh! la belle affaire! au premier cimeti?re venu on vous l'e?t donnée.

-Est-ce que je savais votre nom?

-Le docteur a la t?te de mort, tout le monde me connaît sous ce nom-la. Puis il y avait un endroit o? vous étiez toujours s?r de me trouver.

-O? cela? A l'Opéra, dit Hoffmann en secouant la t?te et en poussant un soupir.

-Oui, vous n'y retournez plus?

-Je n'y retourne plus, non.

-Depuis que ce n'est plus Ars?ne qui remplit le rôle de Flore?

-Vous l'avez dit, et tant que ce ne sera pas elle, je n'y retournerai pas.

-Vous l'aimez, jeune homme, vous l'aimez.

-Je ne sais pas si la maladie que j'éprouve s'appelle de l'amour, mais je sais que si je ne la revois pas, ou je mourrai de son absence, ou je deviendrai fou.

-Peste! il ne faut pas devenir fou! peste! il ne faut pas mourir! A la folie il y a peu de rem?de, a la mort il n'y en a pas du tout.

-Que faut-il faire alors?

-Dame! il faut la revoir.

-Comment cela, la revoir?

-Sans doute!

-Avez-vous un moyen?

-Peut-?tre.

-Lequel?

-Attendez.

Et le docteur se mit a r?ver en clignotant des yeux et en tambourinant sur sa tabati?re.

Puis, apr?s un instant, rouvrant les yeux et laissant ses doigts suspendus sur l'éb?ne:

-Vous ?tes peintre, m'avez-vous dit?

-Oui, peintre, musicien, po?te.

-Nous n'avons besoin que de la peinture pour le moment.

-Eh bien!

-Eh bien! Ars?ne m'a chargé de lui chercher un peintre.

-Pour quoi faire?

-Pourquoi cherche-t-on un peintre, pardieu! pour lui faire son portrait.

-Le portrait d'Ars?ne! s'écria Hoffmann en se levant, oh! me voila! me voila!

-Chut! pensez donc que je suis un homme grave.

-Vous ?tes mon sauveur! s'écria Hoffmann en jetant ses bras autour du cou du petit homme noir.

-Jeunesse, jeunesse! murmura celui-ci en accompagnant ces deux mots du m?me rire dont e?t ricané sa t?te de mort si elle e?t été de grandeur naturelle.

-Allons! allons! répétait Hoffmann.

-Mais il vous faut une boîte a couleurs, des pinceaux, une toile.

-J'ai tout cela chez moi, allons!

-Allons! dit le docteur. Et tous deux sortirent de l'estaminet.

    

CHAPITRE XI. LA DEUXI?ME REPRÉSENTATION DU "JUGEMENT DE PARIS".

  

Mais l'élan d'Hoffmann ne le poussa pas bien loin. Au coin de la rue Saint-Martin il s'arr?ta.

Sa poitrine était haletante, son front ruisselant de sueur.

Il passa la main gauche sur son front, appuya sa main droite sur sa poitrine et respira.

En ce moment on lui toucha sur l'épaule.

Il tressaillit.

-Ah! pardieu, c'est lui! dit une voix.

Il se retourna et laissa échapper un cri.

C'était son ami Zacharias Werner. Les deux jeunes gens se jet?rent dans les bras l'un de l'autre.

Puis ces deux questions se crois?rent:

-Que faisais-tu la?

-O? vas-tu?

-Je suis arrivé d'hier, dit Hoffmann, j'ai vu guillotiner Mme Du Barry, et, pour me distraire, je suis venu a l'Opéra.

-Moi, je suis arrivé depuis six mois, depuis cinq je vois guillotiner tous les jours vingt ou vingt-cinq personnes, et, pour me distraire, je vais au jeu.

-Ah!

-Viens-tu avec moi?

-Non, merci.

-Tu as tort, je suis en veine; avec ton bonheur habituel, tu ferais fortune. Tu dois t'ennuyer horriblement a l'Opéra, toi qui es habitué a de la vraie musique; viens avec moi, je t'en ferai entendre.

-De la musique?

-Oui, celle de l'or; sans compter que la o? je vais tous les plaisirs sont réunis: des femmes charmantes, des soupers délicieux, un jeu féroce!

-Merci, mon ami, impossible! j'ai promis, mieux que cela, j'ai juré.

-A qui?

-A Antonia.

-Tu l'as donc vue?

-Je l'aime, mon ami, je l'adore.

-Ah! je comprends, c'est cela qui t'a retardé, et tu lui as juré?...

-Je lui ai juré de ne pas jouer, et....

Hoffmann hésita.

-Et puis quoi encore?

-Et de lui rester fid?le, balbutia-t-il.

-Alors il ne faut pas venir au 113.

-Qu'est-ce que le 113?

-C'est la maison dont je te parlais tout a l'heure; moi, comme je n'ai rien juré, j'y vais. Adieu, Théodore.

-Adieu, Zacharias.

Et Werner s'éloigna, tandis qu'Hoffmann demeurait cloué a sa place.

Quand Werner fut a cent pas, Hoffmann se rappela qu'il avait oublié de demander a Zacharias son adresse, et que la seule adresse que Zacharias lui e?t donnée, c'était celle de la maison de jeu.

Mais cette adresse était écrite dans le cerveau d'Hoffmann comme sur la porte de la maison fatale, en chiffres de feu!

Cependant ce qui venait de se passer avait un peu calmé les remords d'Hoffmann. La nature humaine est ainsi faite, toujours indulgente pour soi, attendu que son indulgence c'est de l'égo?sme.

Il venait de sacrifier le jeu a Antonia, et il se croyait quitte de son serment: oubliant que c'était parce qu'il était tout pr?t a manquer a la moitié la plus importante de ce serment, qu'il était la cloué au coin du boulevard et de la rue Saint-Martin.

Mais, je l'ai dit, sa résistance a l'endroit de Werner lui avait donné de l'indulgence a l'endroit d'Ars?ne. Il résolut donc de prendre un terme moyen, et, au lieu de rentrer dans la salle de l'Opéra, action a laquelle le poussait de toutes ses forces son démon tentateur, d'attendre a la porte des acteurs pour la voir sortir.

Cette porte des acteurs, Hoffmann connaissait trop la topographie des théâtres pour ne pas la trouver bientôt. Il vit, rue de Bondy, un long couloir éclairé a peine, sale et humide, dans lequel passaient, comme des ombres, des hommes aux v?tements sordides, et il comprit que c'était par cette porte qu'entraient et sortaient les pauvres mortels que le rouge, le blanc, le bleu, la gaze, la soie et les paillettes transformaient en dieux et déesses.

Le temps s'écoulait, la neige tombait, mais Hoffmann était si agité par cette étrange apparition, qui avait quelque chose de surnaturel, qu'il n'éprouvait pas cette sensation de froid qui semblait poursuivre les passants. Vainement condensait-il en vapeurs presque palpables le souffle qui sortait de sa bouche, ses mains n'en restaient pas moins br?lantes et son front humide. Il y a plus: arr?té contre la muraille, il y était resté immobile, les yeux fixés sur le corridor; de sorte que la neige, qui allait toujours tombant en flocons plus épais, couvrait lentement le jeune homme comme d'un linceul; et du jeune étudiant coiffé de sa casquette et v?tu de la redingote allemande, faisait peu a peu une statue de marbre. Enfin commenc?rent a sortir, par ce vomitoire, les premiers libérés par le spectacle, c'est-a-dire la garde de la soirée, puis les machinistes, puis tout ce monde sans nom qui vit du théâtre, puis les artistes mâles, moins longs a s'habiller que les femmes, puis enfin les femmes, puis enfin la belle danseuse, qu'Hoffmann reconnut non seulement a son charmant visage, mais a ce souple mouvement de hanches qui n'appartenait qu'a elle, mais encore a ce petit collier de velours qui serrait son col, et sur lequel étincelait l'étrange bijou que la Terreur venait de mettre a la mode.

A peine Ars?ne apparut-elle sur le seuil de la porte, qu'avant m?me qu'Hoffmann e?t le temps de faire un mouvement, une voiture s'avança rapidement, la porti?re s'ouvrit, la jeune fille s'y élança aussi lég?re que si elle bondissait encore sur le théâtre. Une ombre apparut a travers les vitres, qu'Hoffmann crut reconnaître pour celle de l'homme de l'avant-sc?ne, laquelle ombre reçut la belle nymphe dans ses bras; puis, sans qu'aucune voix e?t eu besoin de désigner un but au cocher, la voiture s'éloigna au galop.

Tout ce que nous venons de raconter en quinze ou vingt lignes s'était passé aussi rapidement que l'éclair.

Hoffmann jeta une esp?ce de cri en voyant fuir la voiture, se détacha de la muraille, pareil a une statue qui s'élance de sa niche, et, secouant par le mouvement la neige dont il était couvert, se mit a la poursuite de la voiture.

Mais elle était emportée par deux trop puissants chevaux, pour que le jeune homme, si rapide que f?t sa course irréfléchie, p?t les rejoindre.

Tant qu'elle suivit le boulevard, tout alla bien; tant qu'elle suivit m?me la rue de Bourbon-Villeneuve, qui venait d'?tre débaptisée pour prendre le nom de rue Neuve-Égalité, tout alla bien encore; mais, arrivée a la place des Victoires, devenue la place de la Victoire Nationale, elle prit a droite, et disparut aux yeux d'Hoffmann.

N'étant plus soutenue ni par le bruit ni par la vue, la course du jeune homme faiblit un instant. Il s'arr?ta au coin de la rue Neuve-Eustache, s'appuya a la muraille pour reprendre haleine, puis, ne voyant plus rien, n'entendant plus rien, il s'orienta, jugeant qu'il était temps de rentrer chez lui.

Ce ne fut pas chose facile pour Hoffmann que de se tirer de ce dédale de rues, qui forment un réseau presque inextricable de la pointe Saint-Eustache au quai de la Ferraille. Enfin, grâce aux nombreuses patrouilles qui circulaient dans les rues, grâce a son passeport bien en r?gle, grâce a la preuve qu'il n'était arrivé que la veille, preuve que le visa de la barri?re lui donnait la facilité de fournir, il obtint de la milice citoyenne des renseignements si précis, qu'il parvint a regagner son hôtel et a retrouver sa petite chambre, o? il s'enferma seul en apparence, mais, en réalité, avec le souvenir ardent de ce qui s'était passé.

A partir de ce moment, Hoffmann fut éminemment en proie a deux visions: dont l'une s'effaçait peu a peu, dont l'autre prenait peu a peu plus de consistance.

La vision qui s'effaçait, c'était la figure pâle et échevelée de la Du Barry, traînée de la Conciergerie a la charrette et de la charrette a l'échafaud.

La vision qui prenait de la réalité, c'était la figure animée et souriante de la belle danseuse, bondissant du fond du théâtre a la rampe, et tourbillonnant de la rampe a l'une et a l'autre avant-sc?ne.

Hoffmann fit tous ses efforts pour se débarrasser de cette vision. Il tira ses pinceaux de sa malle et peignit; il tira son violon de sa boîte et joua du violon; il demanda une plume et de l'encre et fit des vers. Mais ces vers qu'il composait, c'étaient des vers a la louange d'Ars?ne; cet air qu'il jouait, c'était l'air sur lequel elle lui était apparue, et dont les notes bondissantes la soulevaient, comme si elles eussent eu des ailes; enfin, les esquisses qu'il faisait, c'était son portrait avec ce m?me collier de velours, étrange ornement fixé au cou d'Ars?ne par une si étrange agrafe.

Pendant toute la nuit, pendant toute la journée du lendemain, pendant toute la nuit et toute la journée du surlendemain, Hoffmann ne vit qu'une chose ou plutôt que deux choses: c'était, d'un côté, la fantastique danseuse, et, de l'autre côté, le non moins fantastique docteur. Il y avait entre ces deux ?tres une telle corrélation, qu'Hoffmann ne comprenait pas l'un sans l'autre. Aussi n'était-ce pas, pendant cette hallucination qui lui offrait Ars?ne toujours bondissant sur le théâtre, l'orchestre qui bruissait a ses oreilles; non, c'était le petit chantonnement du docteur, c'était le petit tambourinement de ses doigts sur la tabati?re d'éb?ne; puis, de temps en temps, un éclair passait devant ses yeux, l'aveuglant d'étincelles jaillissantes; c'était le double rayon qui s'élançait de la tabati?re du docteur et du collier de la danseuse; c'était l'attraction sympathique de cette guillotine de diamants avec cette t?te de mort en diamants; c'était enfin la fixité des yeux du médecin qui semblaient a sa volonté attirer et repousser la charmante danseuse, comme l'?il du serpent attire et repousse l'oiseau qu'il fascine.

Vingt fois, cent fois, mille fois, l'idée s'était présentée a Hoffmann de retourner a l'Opéra; mais, tant que l'heure n'était pas venue, Hoffmann s'était bien promis de ne pas céder a la tentation; d'ailleurs, cette tentation, il l'avait combattue de toutes mani?res, en ayant recours a son médaillon d'abord, puis ensuite en essayant d'écrire a Antonia; mais le portrait d'Antonia semblait avoir pris un visage si triste, qu'Hoffmann refermait le médaillon presque aussitôt qu'il l'avait ouvert; mais les premi?res lignes de chaque lettre qu'il commençait étaient si embarrassées, qu'il avait déchiré dix lettres avant d'?tre au tiers de la premi?re page.

Enfin, ce fameux surlendemain s'écoula; enfin l'ouverture du théâtre s'approcha; enfin sept heures sonn?rent, et, a ce dernier appel, Hoffmann, enlevé comme malgré lui, descendit tout courant son escalier, et s'élança dans la direction de la rue Saint-Martin.

Cette fois, en moins d'un quart d'heure, cette fois, sans avoir besoin de demander son chemin a personne, cette fois, comme si un guide invisible lui e?t montré sa route, en moins de dix minutes il arriva a la porte de l'Opéra.

Mais, chose singuli?re! cette porte, comme deux jours auparavant, n'était pas encombrée de spectateurs, soit qu'un incident inconnu d'Hoffmann e?t rendu le spectacle moins attrayant, soit que les spectateurs fussent déja dans l'intérieur du théâtre.

Hoffmann jeta son écu de six livres a la buraliste, reçut son carton et s'élança dans la salle.

Mais l'aspect de la salle était bien changé. D'abord elle n'était qu'a moitié pleine; puis, a la place de ces femmes charmantes, de ces hommes élégants qu'il avait cru revoir, il ne vit que des femmes en casaquin et des hommes en carmagnole; pas de bijoux, pas de fleurs, pas de seins nus s'enflant et se désenflant sous cette atmosph?re voluptueuse des théâtres aristocratiques; des bonnets ronds et des bonnets rouges, le tout orné d'énormes cocardes nationales; des couleurs sombres dans les v?tements, un nuage triste sur les figures; puis, des deux côtés de la salle, deux bustes hideux, deux t?tes grimaçant, l'une le rire, l'autre la douleur, les bustes de Voltaire et de Marat enfin.

Enfin, a l'avant-sc?ne, un trou a peine éclairé, une ouverture sombre et vide. La caverne toujours, mais plus de lion.

Il y avait a l'orchestre deux places vacantes a côté l'une de l'autre. Hoffmann gagna l'une de ces deux places, c'était celle qu'il avait occupée. L'autre était celle qu'avait occupée le docteur, mais, comme nous l'avons dit, cette place était vacante.

Le premier acte fut joué sans qu'Hoffmann fit attention a l'orchestre ou s'occupât des acteurs.

Cet orchestre, il le connaissait et l'avait apprécié a une premi?re audition.

Ces acteurs lui importaient peu, il n'était pas venu pour les voir, il était venu pour voir Ars?ne.

La toile se leva sur le second acte, et le ballet commença.

Toute l'intelligence, toute l'âme, tout le c?ur du jeune homme étaient suspendus.

Il attendait l'entrée d'Ars?ne.

Tout a coup Hoffmann jeta un cri.

Ce n'était plus Ars?ne qui remplissait le rôle de Flore.

La femme qui apparaissait était une femme étrang?re, une femme comme toutes les femmes.

Toutes les fibres de ce corps haletant se détendirent; Hoffmann s'affaissa sur lui-m?me en poussant un long soupir, et regarda autour de lui.

Le petit homme noir était a sa place; seulement il n'avait plus ses boucles en diamants, ses bagues en diamants, sa tabati?re a t?te de mort en diamants.

Ses boucles étaient en cuivre, ses bagues en argent doré, sa tabati?re en argent mat. Il ne chantonnait plus, il ne battait plus la mesure. Comment était-il venu la? Hoffmann n'en savait rien: il ne l'avait ni vu venir, ni senti passer.

-Oh! monsieur! s'écria Hoffmann.

-Dites citoyen, mon jeune ami, et m?me tutoyez-moi... si c'est possible, répondit le petit homme noir, ou vous me ferez couper la t?te et a vous aussi.

-Mais o? est-elle donc? demanda Hoffmann.

-Ah! voila.... O? est-elle? Il paraît que son tigre, qui ne la quitte pas des yeux, s'est aperçu qu'avant-hier elle a correspondu par signes avec un jeune homme de l'orchestre. Il paraît que ce jeune homme a couru apr?s la voiture; de sorte que depuis hier il a rompu l'engagement d'Ars?ne, et qu'Ars?ne n'est plus au théâtre.

-Et comment le directeur a-t-il souffert?...

-Mon jeune ami, le directeur tient a conserver sa t?te sur ses épaules, quoique ce soit une assez vilaine t?te; mais il prétend qu'il a l'habitude de cette t?te-la et qu'une autre plus belle ne reprendrait peut-?tre pas bouture.

-Ah! mon Dieu! voila donc pourquoi cette salle est si triste! s'écria Hoffmann. Voila pourquoi il n'y a plus de fleurs, plus de diamants, plus de bijoux! voila pourquoi vous n'avez plus vos boucles en diamants! Voila pourquoi il y a, enfin, aux deux côtés de la sc?ne, au lieu des bustes d'Apollon et de Terpsichore, ces deux affreux bustes! Pouah!

-Ah ça! mais, que me dites-vous donc la, demanda le docteur, et o? avez-vous vu une salle telle que vous dites? O? m'avez-vous vu des bagues en diamants, des tabati?res en diamants? o? avez-vous vu enfin les bustes d'Apollon et de Terpsichore? Mais il y a deux ans que les fleurs ne fleurissent plus, que les diamants sont tournés en assignats, et que les bijoux sont fondus sur l'autel de la patrie. Quant a moi, Dieu merci! je n'ai jamais eu d'autres boucles que ces boucles de cuivre, d'autres bagues que cette méchante bague de vermeil, et d'autre tabati?re que cette pauvre tabati?re d'argent; pour les bustes d'Apollon et de Terpsichore, ils y ont été autrefois, mais les amis de l'humanité sont venus casser le buste d'Apollon et l'ont remplacé par celui de l'apôtre Voltaire; mais les amis du peuple sont venus briser le buste de Terpsichore et l'ont remplacé par celui du dieu Marat.

-Oh! s'écria Hoffmann, c'est impossible. Je vous dis qu'avant-hier j'ai vu une salle parfumée de fleurs, resplendissante de riches costumes, ruisselante de diamants, et des hommes élégants a la place de ces hareng?res en casaquin et de ces goujats en carmagnole. Je vous dis que vous aviez des boucles de diamants a vos souliers, des bagues en diamants a vos doigts, une t?te de mort en diamants sur votre tabati?re; je vous dis....

-Et moi, jeune homme, a mon tour, je vous dis, reprit le petit homme noir, je vous dis qu'avant-hier elle était la, je vous dis que sa présence illuminait tout, je vous dis que son souffle faisait naître les roses, faisait reluire les bijoux, faisait étinceler les diamants de votre imagination; je vous dis que vous l'aimez, jeune homme, et que vous avez vu la salle a travers le prisme de votre amour. Ars?ne n'est plus la, votre c?ur est mort, vos yeux sont désenchantés, et vous voyez du molleton, de l'indienne, du gros drap, des bonnets rouges, des mains sales et des cheveux crasseux. Vous voyez enfin le monde tel qu'il est, les choses telles qu'elles sont.

-Oh! mon Dieu! s'écria Hoffmann, en laissant tomber sa t?te dans ses mains, tout cela est-il vrai, et suis-je donc si pr?s de devenir fou?

  

KOBIETA O AKSAMITNYM NASZYJNIKU

    

ROZDZIAŁ I. RODZINA HOFFMANA

    

W liczbie uroczych miast rozrzuconych po wybrzeżach Renu, niby ziarna różańca, którego sznurkiem byłaby rzeka, stoi Manheim, druga stolica wielkiego księstwa Badeńskiego, druga rezydencja wielkiego księcia.

Dziś, kiedy statki parowe dochodzą do Manheimu, kiedy kolej żelazna prowadzi do Manheimu, a strzelanina rewolucyjna zbryzgała krwią jego szatę - nie wiem już, czem jest Manheim; ale w epoce rozpoczynającej to opowiadanie, to jest, lat temu sześćdziesiąt, określę wam czem ono było.

Było to miasto typowo niemieckie, ciche i polityczne zarazem, nieco smutne, a raczej marzycielskie; było to miasto romansów Augusta Lafontaine'a, poematów Goethego, Henryki Belmann i Werthera.

Dość rzucić okiem na jego domy uczciwie wyrównane, podzielone na cztery kwadraty, na ulice szerokie i piękne, gdzie kiełkuje trawa, na wodotrysk mitologiczny z promenadą, ocienioną dwurzędowemi akacjami, by osądzić, jak życie miłeby było i łatwe w podobnym raju, gdyby namiętności miłosne lub polityczne, nie wkładały tam czasami pistoletu do ręki Werthera, lub sztyletu do ręki Sanda.

Jest tam zwłaszcza miejsce mające charakter szczególny, to, na którem wznosi się kościół i teatr.

Musiały one być wybudowane razem i przez jednego architekta; zapewne w połowie przeszłego wieku, kiedy kaprysy jakiejś faworyty wpływały na artyzm do tego stopnia, że cała jedna część sztuki przybierała jej nazwisko, od kościoła, do maleńkiego domku, od posągu bronzowego o dziesięciu stopach, do figurki z saskiej porcelany.

Owóż, kościół i teatr Manheimski, są w stylu pompadur.

Kościół ma dwie nisze zewnętrzne, i w jednej z nich stoi Minerwa, w drugiej Hebe.

Nade drzwiami teatru znajdują się dwa sfinksy; jeden z nich przedstawia komedję, drugi tragedję. Pierwszy trzyma pod łapą maskę, drugi sztylet. Na głowach ich włosy układają się szczeciniasto z warkoczem pudrowanym, co się dziwnie nadaje do ich charakteru egipskiego.

Cały wreszcie plac, domy otaczające, drzewa przycinane, mury festonowane, wszystko otacza się tym samym charakterem, i tworzy całość nader wesołą.

Do pokoju jednego z tych domów, na pierwszem piętrze, którego okna skośnie wychodzą na drzwi kościoła Jezuitów, wprowadzimy czytelnika - cofając go do miłościwego lub niemiłościwego lata 1793, w dniu niedzielnym 10 maja. Wszystko więc rozkwita: wodorosty nad brzegiem rzeki, stokrotki na polu, przęcze po płotach, róże w ogrodach, miłość w teatrach.

Dodajmy teraz to, że jedno z serc bijących najmocniej w mieście Manheimie i okolicach, znajdowało się w piersi młodzieńca, zamieszkującego niewielki pokój, o którym mówimy.

Pokój i młodzieniec zasługują na opis szczegółowy. Pokój niechybnie znamionował umysł kapryśny i malowniczy, wyglądał bowiem jak pracownia malarska, magazyn muzyczny, i gabinet literacki.

Była w nim paleta, pędzle i stalugi, na stalugach zaczęty szkic.

Była gitara, wiola i fortepian, na fortepianie otwarta sonata.

Było pióro, kałamarz i papier, na papierze nagryzmolony początek ballady.

Następnie, wzdłuż ścian, łuki, strzały, arbalety z piętnastego wieku, narzędzia muzyczne z siedemnastego, szkatułki ze wszystkich wieków, czary wszystkich form, spinki wszystkich gatunków, nareszcie naszyjniki szklane, wachlarze z piór, wypchane jaszczurki, zasuszone kwiaty; ale wszystko to niewarte dwudziestu talarów bitych.

Mieszkaniec tego pokoju byłże to malarz, muzyk czy poeta? Nie wiemy.

Ale był to niezaprzeczenie palacz; wpośród bowiem wszystkich tych zbiorów, zbiór najkompletniejszy, zajmujący honorowe miejsce w słońcu nad starą kanapą, a tuż pod ręką - stanowiła fajczarnia.

Kimkolwiek on jednak był, poetą, muzykiem, malarzem, czy palaczem, w tej chwili nie palił, nie malował, nie komponował, nie pisał.

On patrzył.

Patrzył nieustannie, stojąc, oparty o mur, powstrzymując oddech; patrzył oknem otwartem z poza firanki, by widzieć, sam będąc niewidzianym; patrzył, jak w chwili, gdy oczy są tylko lunetą serca!

Na co patrzył?

Na miejsce w tej chwili opróżnione, na drzwi kościoła Jezuickiego.

Miejsce to wprawdzie było dlatego opróżnione, że kościół był pełen.

A teraz, jak wyglądał ten mieszkaniec tego pokoju, patrzący z poza firanki, którego serce biło mocniej przy tem wpatrywaniu się?

Był to młodzieniec najwyżej osiemnastoletni, niewielkiego wzrostu, chudy, z wejrzeniem dzikiem. Długie włosy z czoła spadały mu na oczy, zasłaniając je, gdy nie odrzucił czupryny; poza zasłoną włosów wzrok błyszczał nieustannie i bystro, jak u człowieka, którego władze umysłowe nie zawsze są w równowadze.

Młodzieniec ten nie był poetą, ani malarzem, ani muzykiem; była to mieszanina tego wszystkiego, całość dziwaczna, fantastyczna, dobra i zła, odważna i nieśmiała, czynna i leniwa; młodzieńcem tym, słowem, był Ernest Teodor Wilhelm Hoffman.

Urodził się wśród tęgiej zimy 1776 roku, podczas, gdy świszczał wiatr, sypał śnieg, gdy wszystko, co nie bogate, cierpiało. Urodził się w Królewcu, tak słaby, wątły, tak licho zbudowany, że wszyscy myśleli prędzej trumnę dlań sprawić, niż kolebkę. Urodził się w tym samym roku, gdy Schiller, pisząc swój dramat "Zbójcy", podpisał się:: "Schiller, niewolnik Klopstocka". Pochodził z rodziny staromieszczańskiej, jakich wkrótce nie będzie nigdzie. Matka jego była osobą chorobliwego usposobienia, ale rezygnacji głębokiej, co nadawało jej wygląd miłej melancholji; ojciec odznaczał się postawą i inteligencją surową, był bowiem radcą kryminalnym i komisarzem sprawiedliwości przy wyższym trybunale prowincjonalnym. Około tego ojca i matki przesuwali się stryjowie i wujowie, będący sędziami, intendentami, burmistrzami; ciotki młode jeszcze, ładne jeszcze, zalotne, a wszystko to grało, śpiewało, władało ołówkiem i pędzlem, pełne życia i wesołości.

W domu, gdzie Hoffman przepędził wiek chłopięcy, żyła jedna z sióstr jego matki, młoda kobieta o lubym wzroku i do głębi duszy przenikającym, sprytna i inteligentna, która w chłopcu, uważanym przez wszystkich za manjaka i dziwoląga, dostrzegła umysł świetny. Ona wraz z jego matką, rozumie się, sama jedna gardłowała za nim; przepowiadała mu talent, sławę, co nieraz łzy nasuwało na oczy matki; jako matka, wiedziała bowiem, że nieodłącznym towarzyszem talentu i sławy, jest nieszczęście.

Była to ciocia Zofja.

Jak cała rodzina, tak i ona zajmowała się muzyką i grała na lutni. Kiedy Hoffman budził się w kolebce, to zalany brzmiącą harmonją; gdy otwierał oczy, spostrzegał wdzięczną postać, jakby zrosłą z narzędziem muzycznem. Zazwyczaj ubierała się w suknię wodnego koloru z różowemi wstążkami; towarzyszył jej zwykle do grania stary muzyk o krzywych nogach, w białej peruce, grający na basetli większej od siebie. Z tego potoku harmonji spadającego kaskadą pereł z pod rąk pięknej Euterpy, wypijał Hoffman czarowny napój, który go samego uczynił muzykiem.

Więc też ciocia Zofja należała do jego najmilszych wspomnień.

Inaczej było ze stryjem. Śmierć ojca i choroba matki pozostawiła go w ręku stryja. Był to człowiek tak dokładny, ile Hoffman roprzężony, tak regularny, ile ten fantastyczny, i którego narów porządku i dokładności wiecznie się ścierał z bratankiem, lecz zawsze daremnie, tak jak daremnie porał się z zegarami umysł Karola piątego; cokolwiekbądź czynił w tym względzie stryj, godzina biła według fantazji bratanka, nigdy według jego.

Pomimo swej dokładności, nie był on wszelako wielkim wrogiem sztuk i wyobraźni; tolerował nawet muzykę, poezję i malarstwo; ale utrzymywał, że człowiek porządny używać może tego wczasu tylko po obiedzie, dla strawności. Według tego tematu urządził on życie bratanka: tyle godzin na sen, tyle na naukę prawa, tyle na posiłek; tyle minut na muzykę, tyle na poezję, tyle na malarstwo.

Bratanek radby był to odwrócić, i powiedzieć: tyle minut na naukę prawa, a tyle godzin na poezję, malarstwo i muzykę; ale nie był on panem. Wynikło stąd, że Hoffman znienawidził prawo i stryja, i pewnego pięknego dnia umknął z Królewca z kilku talarami w kieszeni, przybył do Heidelbergu, gdzie zatrzymał się chwil kilka, ale gdzie nie mógł pozostać dłużej z powodu złej muzyki, jaką wykonywano w teatrze.

Z Heidelberga więc udał się do Mamheimu, którego teatr uchodził za współzawodnika scen lirycznych Francji i Włoch - i zamieszkał w jego sąsiedztwie.

W Manheimie żył z muzyki, malarstwa i poezji, łącząc w to kilka frydrychsdorów, jakie mu niekiedy dobra matka przysyła - a to w chwili, gdy my, przywilejem Djabła kulawego, odsłoniliśmy sufit jego pokoju i ukazali go stojącego, opartego nieruchomie o ścianę za firanką, i z powstrzymanym oddechem spoglądającego na portal kościoła Jezuitów.

    

ROZDZIAŁ II. ZAKOCHANY I SZALENIEC

        

W chwili, gdy kilka osób wychodzących z kościoła jeszcze przed skończeniem sumy, najżywiej zajmowało uwagę Hoffmana, zastukano do jego drzwi. Młodzieniec wstrząsnął głową i tupnął z pewnem zniecierpliwieniem, ale nie odpowiedział.

Zastukano drugi raz.

Skośny wzrok padł piorunująco na natręta przeze drzwi.

Zastukano trzeci raz.

Na ten raz młodzieniec stał zgoła nieruchomy; widocznie postanowił nie otworzyć.

Ale zamiast upornie stukać, gość wymówił jedno z imion chrzestnych Hoffmana.

- Teodorze! - zawołał.

- A! to ty, Zacharjaszu Wernerze - rzekł zcicha Hoffman.

- Tak, to ja; czy chcesz być koniecznie sam?

- Nie, zaczekaj.

I poszedł otworzyć.

Wszedł młodzieniec wysoki, blady, chudy blondyn, nieco pomieszany, mógł być o trzy do czterech lat starszy od Hoffmana. Przy otwarciu drzwi położył mu rękę na ramieniu, a usta na czole, jakby to czynił starszy brat.

Był też on rzeczywiście dla Hoffmana bratem. Urodzony w tym samym domu co i on, Zacharjasz Werner przyszły twórca "Marcina Lutra", "Attyli", "24 lutego", "Krzyża bałtyckiego", wyrósł pod podwójną opieką matki własnej i ciotki Hoffmana.

Obie kobiety, dotknięte cierpieniem nerwowem, które zakończyło się obłąkaniem, przekazały synom tę chorobę która, złagodzona przez przeniesienie, u Hoffmana objawiła się wyobraźnią fantastyczną, u Wernera usposobieniem melancholijnem. Matka tego ostatniego sądziła się być, równie jak Najświętsza Panna, obdarzona pełnomocnictwem boskiem. Syn jej Zacharjasz, miał być nowym Zbawicielem, przyszłym Siloe, obiecanym przez pisma. Kiedy spał, ona plotła wieńce z bławatków i niemi otaczała czoło; klękała przed nim, śpiewając swym harmonijnym głosem najpiękniejsze pieśni Lutra, spodziewając się za każdą strofą przemiany wieńca na aureolę.

Obaj chłopcy wychowali się razem. Dlatego to Hoffman od stryja umknął do Heidelberga, że tam Zacharjasz mieszkał, odbywając studja. Nawzajem Zacharjasz, oddając Hoffmanowi przyjaźń za przyjaźń, opuścił Heidelberg i przeniósł się do Manheimu, skoro tamten znalazł tu muzykę lepszą od heidelberskiej.

Ale zszedłszy się w Manheimie, zdala od powagi matczynej, obaj młodzieńcy powzięli chęć podróży, tego nieuniknionego uzupełnienia edukacji studenta niemieckiego, i postanowili zwiedzić Paryż. Werner, z powodu dziwnego widowiska jakie przedstawiała stolica Francji podczas srożącego się w niej wtedy teroryzmu; Hoffman, dla porównania muzyki francuskiej z włoską, a zwłaszcza dla wystudjowania środków opery francuskiej pod względem wystawy i dekoracji, gdy wtedy już powziął myśl, którą piastował całe życie, zostania dyrektorem teatru.

Werner, wolnomyślny z temperamentem, chociaż religijny przez wychowanie, liczył też jednocześnie na przyjemność z tej dziwnej wolności obyczajów, jaka grasowała w r. 1793, i której jeden z jego przyjaciół, świeżo wróciwszy z Paryża, dał mu opis tak ponętny, że zawrócił głowę zmysłowemu studentowi.

Hoffman zaciekawił się do muzeów, o których opowiadano mu cuda, a nosił już myśl porównania malarstwa włoskiego z niemieckiem.

Jakiekolwiek wreszcie mogły być jeszcze pobudki tajemne obu przyjaciół, obaj zarówno pragnęli zwiedzić Francję.

Do urzeczywistnienia tych życzeń, brakło im jednej tylko rzeczy: pieniędzy. Ale szczególnym zbiegiem okoliczności, Zacharjasz i Hoffmain otrzymali jednego dnia od swych matek po pięć frydrychsdorów.

Dziesięć frydrychsdorów, czyli prawie dwieście franków, była to piękna sumka dla dwóch studentów, którzy z wiktem, mieszkaniem i opałem, wydawali po pięć talarów na miesiąc. Ale było to zamało dla odbycia owej wielkiej podróży.

Przyszła jedna myśl młodzieńcom, a ponieważ przyszła im do głowy razem, wzięli ją za natchnienie z nieba: oto, żeby pójść do domu gry i zaryzykować po pięć fryderyków. Boć ani myśleć, żeby za dziesięć tych sztuk, odbyć taką podróż, a ryzykując ją, można było wygrać sumę do odbycia podróży choćby naokoło świata.

Co umyślili, to wykonali: zbliżała się pora zdrojowisk, i od dnia 1 maja domy były otwarte; Werner i Hoffman wstąpili do jednego z nich.

Werner spróbował pierwszy i w pięciu pociągnięciach przegrał wszystkie pięć sztuk. Przyszła kolej na Hoffmana. Ze drżeniem postawił pierwszą sztukę, i wygrał.

Zachęcony tym początkiem, podwoił stawkę. Był przy wenie; wygrywał cztery razy na pięć, a był jednym z tych młodzieńców, którzy mają ufność w fortunie. Zamiast się namyślać, szedł śmiele z parolu na parol; można było mniemać, że go wspiera jakaś moc nadprzyrodzona, bez żadnej obmyślanej kombinacji, bez żadnego rachunku, rzucał złoto na kartę, złoto mnożyło się dwakroć, trzykroć, pięćkroć.

Zacharjasz, drżący jak w febrze, blady jak widmo, podszeptywał: - "Dosyć, Teodorze, dosyć"; - ale gracz szydził z tej dziecinnej obawy. Złoto czepiało się złota, wyradzało złoto. Nareszcie uderzyła druga godzina ranna, godzina zamknięcia zakładu, gra ustała; dwaj młodzieńcy nie licząc, zabrali każdy po kupie złota. Zacharjasz, nie mogąc uwierzyć, aby cała ta fortuna była jego własnością, wyszedł pierwszy. Hoffman miał iść za nim, kiedy jakiś stary oficer, który nie tracił go z oczu podczas całego grania, zatrzymał go na progu.

- Młodzieńcze - rzekł kładąc mu rękę na ramieniu i bystro patrząc w oczy - jak będziesz szedł tak dalej, rozbijesz bank, przyznaję; ale jak bank runie, ty staniesz się tem pewniejszą pastwą dla szatana.

I, nie czekając odpowiedzi Hoffmana, znikł. Ten odszedł również, ale nie był już tym samym. Przepowiednia starego żołnierza ochłodziła go jak zimna kąpiel, a złoto przepełniające jego kieszenie, ciążyło mu. Zdawało mu się, że dźwiga ciężar swych nieprawości.

Werner czekał go radosny. Obaj wrócili razem do mieszkania Hoffmana, jeden śmiejąc się, tańcząc, śpiewając, drugi zamyślony, prawie ponury. Obaj weszli postanowili wyjechać nazajutrz wieczorem do Francji. Pożegnali się uściskiem.

Hoffman pozostawszy sam, obrachował złoto. Miał pięć tysięcy talarów, około dwudziestu trzech tysięcy franków.

Namyślał się długo nad jakiemś postanowieniem. Podczas tego namyślania przy świetle lampy miedzianej, rozjaśniającej pokój, twarz jego była blada, czoło zwilżone potem.

Na każdy szelest koło siebie, choóby tak nieznaczny jak szum skrzydeł muszki, Hoffman drgał, obracał się, i patrzył dokoła z przestrachem wieszcza z Fausta, i zdawało mu się, że widzi na progu drzwi gryzącego szczura, a we framudze okiennej czarnego kundla.

Nareszcie zdecydował się.

Odsunął tysiąc talarów, które uważał za nieodzownie potrzebne na podróż, pozostałe cztery tysiące opakował; następnie na paczce, lakiem przylepił kartkę z napisem:

"Do wielmożnego pana burmistrza miasta Królewca, dla rozdzielenia pomiędzy najuboższe rodziny w mieście".

Potem, rad ze zwycięstwa odniesionego nad samym sobą, odświeżony tem co uczynił, rozebrał się, położył, i spał jednym ciągiem do godziny siódmej nazajutrz.

Po zbudzeniu, spojrzał najsamprzód na tysiąc talarów widzialne i cztery tysiące zapieczętowane. Zdawało mu się, że to był sen.

Widok przedmiotów upewnił go o rzeczywistości tego, co mu się wydarzyła wczoraj.

Ale co było nadewszystko rzeczywistością dla Hoffmana, choć w nieobecności przypominającego mu ją - to przepowiednia starego oficera.

Bez żadnego też żalu ubrał się jak zazwyczaj i wziąwwszy cztery tysiące talarów pachę, sam zaniósł je na dyliżans królewiecki, zamknąwszy poprzednio pozostały tysiąc na klucz w szufladzie.

Potem, ponieważ obaj przyjaciele mieli razem tegoż wieczora odjechać do Francji, Hoffman zaczął robić przygotowania do podróży.

Chodząc, wracając, czyszcząc surduty, gładząc koszulę wybierając chustki do nosa, Hoffman wyjrzał oknem na ulicę i pozostał w pozie, w jakiej go widzieliśmy.

Młoda, 16 lub 17 letnia dziewica, prześliczna, obca zapewne w Manheimie, bo Hoffman nie znał jej wcale, szła z przeciwnej strony ulicy ku kościołowi.

Hoffman w swych marzeniach poety, muzyka, i malarza, nic nigdy podobnego nie widział, ani nawet spodziewał się ujrzeć. Jednakże z tej odległości widział zachwycającą całość, szczegóły były mu niedostępne.

Za dziewicą szła stara służąca. Obie wstąpiły wolno po schodach kościoła i znikły w kruchcie.

Hoffman porzucił tłomok napół upakowany, frak barwy osadu winnego napół oczyszczony, surdut z potrzebami napół złożony, i stanął nieruchomy za firanką.

Tam to zastaliśmy go, czekającego na wyjście tej, którą widział wchodzącą.

Bał się tylko jednej rzeczy: aby to czasem nie był anioł, i zamiast wyjść przez drzwi, nie wyniósł się oknem, by wzlecieć ku niebu.

W tej to ujęliśmy go sytuacji, a po nas ujął go Zacharjasz Werner.

Nowoprzybyły, jak powiedzieliśmy, położył mu jednocześnie usta na czole, a rękę na ramieniu. Potem głęboko westchnął.

Lubo Zacharjasz Werner był zawsze bardziej blady, dziś jednak jeszcze bledszy był, niż zwykle.

- Cóż ci jest? - zapytał go Hoffman z istotnym niepokojem.

- Och! mój bracie! - zawołał Werner. - Jestem rozbójnikiem! nędznikiem! wartem śmierci... rozwal mi głowę toporem... serce przebij mi strzałą. Nie godnym już oglądać światła słonecznego.

- No! no! - odrzekł Hoffman z łagodnem roztargnieniem człowieka szczęśliwego - cóż to się stało, mój bracie?

- Stało się... Co się stało, pytasz?... chcesz wiedzieć, co się stało?... Otóż mój drogi, kusił mnie djabeł.

- Jakto?

- Kiedym zobaczył wszystko moje złoto dziś rano, było go tyle, iż myślałem, że to sen.

- Jakto! sen?

- Był go pełen stół, cały założony - mówił dalej Werner. - Jakem to zobaczył, to majątek, mój drogi, tysiąc frydrychów złotych. Otóż, kiedym to wszystko zobaczył, kiedym ujrzał z każdej sztuki tryskający promień, ogarnął mną szał, nie mogłem mu się oprzeć, wziąłem trzecią część mego złota, i poszedłem grać.

- I przegrałeś?

- Do ostatniego grajcara.

- To jeszcze niewielkie nieszczęście, skoro pozostają ci jeszcze dwie trzecie.

- Żebyż to!... Poszedłem po drugą część, i...

- Przegrałeś ją tak jak i pierwszą.

- Prędzej jeszcze, mój drogi, prędzej.

- I poszedłeś po trzecią część?

- Nie poszedłem, poleciałem; wziąłem pozostały tysiąc pięćset talarów i straciłem je na czerwoną.

- A wtedy wyszła czarna - rzekł Hoffman.

- Ah! czarniusieńka, jak piekło, mój drogi; czarna, potworna, bez wahania, bez zgryzot, jak gdyby wychodząc, nie pozbawiała mnie ostatniej nadziei! Wyszła! wyszła! mój bracie!

- A tobie żal tych frydrychów tylko z powodu podróży?

- Nie z żadnego innego. Oh! gdybym był przynajmniej jakie pięćset talarów odłożył na wyjazd do Paryża!

- To byś się pocieszył po stracie reszty?

- Odrazu.

- Niechże i tak będzie mój drogi Zacharjaszu - rzekł Hoffman, prowadząc go do swej szuflady - oto masz pięćset talarów; jedź.

- Jakto? A ty? - zawołał Werner.

- Ja nie wyjeżdżam.

- Jakto nie wyjeżdżasz?

- Przynajmniej nie w tej chwili.

- Ależ dlaczego? z jakiej przyczyny? kto ci przeszkadza? co cię zatrzymuje w Manheim?

Hoffman żywo pociągnął przyjaciela do okna. Zaczęto wychodzić, nabożeństwo się skończyło.

- Patrz, patrz - rzekł wskazując palcem Wernerowi kogoś wychodzącego.

Jakoż, młoda nieznajoma ukazała się na wysokości portalu, schodząc zwolna po schodach, z książką modlitewną wspartą na piersiach, z głową spuszczoną, skromna i zamyślona jak Małgorzata Goethego.

- Czy widzisz ją? czy widzisz? - rzekł Hoffman.

- Widzę.

- I cóż mówisz?

- Mówię, że niema na świecie kobiety, dla którejby warto poświęcić podróż do Paryża, choćby to nawet była piękna Antonina, córka starego Murra, nowego dyrektora orkiestry teatru Manheimskiego.

- Znasz ją więc?

- Znam.

- I ojca jej?

- Był dyrektorem orkiestry w teatrze Frankfurckim.

- Czy możesz mi dać do niego list?

- I owszem.

- To siadaj tu, Zacharjaszu, i pisz.

Zacharjasz usiadł i napisał.

W chwili wyjazdu do Francji, polecał swego młodego przyjaciela, Teodora Hoffmana, staremu przyjacielowi swemu, Bogumiłowi Murr.

Hoffman zaledwie dał czas Zacharjaszowi do dokończenia listu; po podpisaniu, wziął mu go z ręki, a uścisnąwszy przyjaciela, wybiegł z pokoju.

- Jak sobie chcesz! - krzyknął za nim po raz ostatni Zacharjasz Werner - przekonasz się, że niema kobiety, niewiedzieć jak pięknej, dla której możnaby zaniedbać podróż do Paryża.

Hoffman usłyszał słowa przyjaciela, ale nie uważał za właściwe nawet obejrzeć się, by mu odpowiedzieć, choćby znakiem zgody, lub niezgody.

Zacharjasz Werner zaś włożył do kieszeni swe pięćset talarów i, aby się już nie dać skusić szatanowi gry, biegł tak prędko do biura pocztowego, jak Hoffman do domu starego dyrektora orkiestry.

Hoffman pukał do drzwi mieszkania Bogumiła Murra w tejże samej chwili, kiedy Zacharjasz Werner wsiadał do dyliżansu strasburskiego.