PREMIER ÉPISODE
Le client du docteur Lamar
I. Le stigmate héréditaire
Ce matin-la, le mardi 13 juin, le docteur Max Lamar, médecin légiste attaché a l'administration de la police de Los Angeles, travaillait avec sa sténographe dans son bureau officiel.
Le bureau était une vaste pi?ce froide et morose, aux meubles sév?res, aux boiseries brunes, et qui avait cet aspect rev?che et impersonnel qu'on pourrait appeler le style administration. Deux portes s'y ouvraient : l'une, vitrée, avec une inscription : Docteur Max Lamar, donnait sur une galerie ; l'autre, pleine, communiquait avec le bureau des secrétaires.
La sténographe, Mlle Hayes, était une jeune fille de vingt-quatre a vingt-cinq ans, habillée avec sévérité ; elle était loin d'?tre jolie, mais son visage était intelligent et sérieux.
Elle répéta a mi-voix la derni?re phrase qui lui avait été dictée : " ... En résumé, la responsabilité du sujet paraît grandement atténuée par l'hérédité lourde qui p?se sur lui... "
Et, le crayon en l'air, elle attendit la suite, les yeux fixés sur son patron.
Celui-ci restait silencieux. Assis devant sa grande table encombrée d'instruments, de papiers et de documents de toutes sortes, il relisait une note avec attention. Dans la pi?ce on n'entendait aucun bruit que le tic-tac de l'horloge fixée au mur.
Mais la matinée s'avançait. Le docteur Lamar avait hâte de terminer son travail. Il se leva et se mit a marcher lentement d'un bout a l'autre de la chambre.
- O? en étions-nous, mademoiselle Hayes ? demanda-t-il.
Elle relut la phrase inachevée.
Il alluma une cigarette et reprit sa dictée d'une voix lente et nette.
Le docteur Max Lamar étonnait vivement ceux qui, le connaissant de réputation, le voyaient pour la premi?re fois.
Étant donné la profonde expérience et la somme de connaissances acquises que dénotaient ses remarquables études sur la criminalité, sur les impulsions morbides, sur les tares héréditaires physiques et morales, on se serait attendu a voir un personnage d'âge m?r, un homme de cabinet, prématurément vieilli.
Max Lamar n'était rien de tout cela. A trente-six ans, il gardait tout l'aspect d'un jeune homme, grand, svelte, musclé, élégant et correct dans son complet sombre et bien coupé, il présentait l'image de la force souple et rapide.
L'intelligence était inscrite sur son large front que découvrait son épaisse chevelure noire. Dans ses yeux gris, pénétrants, clairs et assurés, dans toutes les lignes de son visage rasé, aux traits réguliers, au teint mat, on lisait la perspicacité, la décision et l'énergie, une énergie pouvant aller jusqu'a l'inflexibilité, jusqu'a la résolution la plus impitoyable... Mais quand il souriait, quand un sentiment de pitié ou de tendresse détendait ses traits, on se rendait compte de toute la bonté qu'il cachait sous son habituel sang-froid.
Ses amis disaient de lui qu'il était le plus s?r et le plus serviable des hommes, et cette opinion était partagée par tous les malheureux qu'il avait jugés dignes d'intér?t au cours de ses enqu?tes et qu'il avait secourus avec une bienveillance éclairée et discr?te.
Ses ennemis - c'est-a-dire quelques-uns des plus mauvais parmi les individus composant la misérable client?le que lui assignaient ses fonctions - le redoutaient extr?mement. Tout le gibier de prison et d'asile qu'il visitait, tous les dévoyés, tous les alcooliques, tous les demi-fous, tous les monomanes dont il pesait les tares et mesurait le discernement tremblaient sous son regard scrutateur et, devant lui, oubliaient leurs mensonges.
Mais Max Lamar avait encore d'autres ennemis, il est vrai : un petit nombre de confr?res de médiocre valeur et qui ne pouvaient lui pardonner d'avoir conquis, tr?s jeune encore, une situation importante et élevée.
Ceux-la disaient que Max Lamar poussait si loin l'amour de son métier qu'il dépassait les bornes de ses fonctions et qu'il lui arrivait parfois de se laisser emporter par la curiosité professionnelle, par sa passion pour les investigations criminalistes, jusqu'a poursuivre des enqu?tes sur le terrain qui n'est plus celui du médecin, mais du détective.
Mais lui, a ces critiques dont l'écho plusieurs fois lui était venu aux oreilles, répondait, en riant, de son rire tranquille :
- C'est vrai, c'est plus fort que moi. La solution d'un probl?me psychologique vaut plus pour moi que la solution d'un probl?me de science exacte. Il m'est difficile de résister a la tentation qui me saisit toujours de déchiffrer l'énigme que laisse derri?re lui un malfaiteur habile. Du reste, n'est-ce pas pour moi indispensable que d'étudier le crime pour connaître le criminel ? Ce n'est pas dans les livres qu'on apprend la médecine, c'est a l'hôpital ; ce n'est pas dans un bureau fermé que se résout l'inconnue de la responsabilité ou de l'irresponsabilité d'un sujet. Mon laboratoire, c'est le grouillement de larves humaines qui s'agitent dans les bas-fonds de la grande ville, et j'analyse l'écume de la société, comme un chimiste analyse un corps composé d'éléments encore ignorés...
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Quand il eut terminé son rapport, le docteur Lamar revint a sa table de travail.
Onze heures venaient de sonner. Il avait dicté deux lettres et s'appr?tait a en commencer une troisi?me, quand la porte qui donnait dans le bureau des secrétaires s'ouvrit.
Un employé parut et s'avança vers son chef :
- Une lettre pour vous, monsieur le docteur.
Max Lamar prit la lettre qu'on lui tendait et l'ouvrit, pendant que l'employé rentrait dans son bureau.
En lisant, Max Lamar tressaillit imperceptiblement. Une expression de vif intér?t passa sur son visage. Il posa la lettre devant lui et resta silencieux et pensif.
- Mademoiselle Hayes, dit-il enfin a sa sténographe il est probable que je ne viendrai pas ici ce tantôt, et pas demain non plus, peut-?tre. Préparez la copie en double expédition du rapport que je viens de vous dicter. Tout a l'heure, en sortant, je donnerai mes instructions aux secrétaires...
" Je vais avoir beaucoup a faire pendant quelques jours, ajouta-t-il a demi-voix et comme se parlant a lui-m?me... et c'est une besogne qui vaut la peine que je la fasse moi-m?me. "
Enfoncé dans son fauteuil, il s'absorba dans ses réflexions et seul le frémissement de ses narines indiqua son excitation intérieure.
- Oui, reprit-il apr?s quelques minutes de silence, une besogne qui en vaut la peine... Vous ferez demander a l'administration le dossier de Jim Barden, mademoiselle Hayes... Je vais avoir sans doute a le compléter...
- Le dossier de Jim Barden ? Bien, monsieur, dit la sténographe, en prenant une note.
Elle leva les yeux sur son patron et ajouta :
- C'est un criminel, monsieur ?
Mlle Hayes était curieuse comme toutes les femmes, mais elle était curieuse seulement pour sa satisfaction personnelle et non pas pour faire part aux autres de ce qu'elle avait appris. Le docteur Lamar savait qu'il pouvait compter sur sa discrétion et il savait aussi qu'elle lui était enti?rement dévouée.
Aussi, il lui arrivait souvent de raconter dans le détail a Mlle Hayes les affaires qu'il poursuivait. C'était pour lui, estimait-il, un exercice excellent. Il aimait a " parler " les probl?mes qui le préoccupaient, y trouvant souvent, en les exposant, des clartés nouvelles et l'avantage d'une utile mise mise en ordre de ses idées.
- Voici ce qui vous renseignera, mademoiselle Hayes, dit Lamar en lui tendant la lettre qu'il venait de recevoir.
La jeune fille lut ce qui suit :
" A Monsieur Max Lamar, médecin légiste.
" Mon cher Max,
" Le fameux Jim Barden, que nous tenons emprisonné dans notre asile d'aliénés va, sur un rapport favorable du médecin-chef de l'hôpital, ?tre remis en liberté.
" Je m'empresse de vous en aviser, afin, que vous puissiez continuer l'active surveillance que vous avez toujours exercée sur lui.
" Bien cordialement a vous.
" Randolph Allen, chef de police. "
- Alors, Jim Barden est un fou ? demanda la sténographe.
- Vous voyez bien que non, puisque le médecin-chef lui signe son exeat, dit le docteur Lamar, avec un léger sourire.
Il eut un mouvement d'épaules et continua :
- Du reste, que Jim Barden soit fou ou non, c'est ce que je ne sais pas moi-m?me. Je sais seulement que c'est l'?tre le plus dangereux pour la société que je connaisse. Je l'étudié depuis plusieurs années. Trois fois, j'ai d? le faire enfermer dans un asile d'aliénés ; trois fois, apr?s un temps plus ou moins long, il a été remis en liberté.
- Mais, pourquoi le relâche-t-on, s'il est fou ? dit la jeune fille.
- On le relâche quand il n'est plus fou. Il ne l'est que par intermittence et jamais compl?tement. On pourrait dire plus exactement que, par périodes plus ou moins longues, il change d'âme. Autant que j'aie pu m'en rendre compte, il y a en Jim Barden deux hommes dissemblables. Cela ne va pas, chez lui, jusqu'au doublement tranché et défini d'existence, que nous appelons l'état prime et l'état second, o? un m?me individu a en lui deux personnalités distinctes, différentes, parfois diamétralement opposées d'instinct et de go?t, qui se succ?dent en s'ignorant l'une l'autre, Non, Jim Barden, est toujours Jim Barden. Jamais il ne cesse d'?tre lui-m?me pour devenir un autre. Mais en lui, a des intervalles irréguliers, se dresse une impulsion irrésistible qui le pousse vers le mal et qui fait de lui un criminel déterminé, habile et redoutable. Alors, il ne connaît plus rien que la violence déchaînée de ses instincts féroces. En tout temps, d'ailleurs, c'est un homme taciturne, farouche, brutal et soupçonneux ; mais, dans les périodes de calme, il a, je crois, le remords des crimes qu'il a commis pendant qu'il est sous l'influence morbide. J'ai épié son sommeil et je l'ai vu parfois se tordre d'angoisse sous le poids de cauchemars affreux, je l'ai entendu gémir, se plaindre, se débattre comme pour repousser des visions d'horreur.
- Quel forfait a-t-il commis ? demanda la jeune fille, frissonnante.
- Je ne les connais pas tous, et ceux dont on le soupçonne n'ont jamais été prouvés, tant son habileté est grande. Mon ami Randolph Allen, le chef de police, qui vient de me prévenir est, comme moi, persuadé que Jim Barden est coupable de nombreux crimes, exécutés toujours avec autant d'adresse que d'audace.
- Et on le laisse faire ?
- La loi est la loi. Barden est couvert par son adresse diabolique, et c'est, je vous le rép?te, un malade autant qu'un coupable. Il est dominé par la fatalité de son hérédité, il porte sur lui la marque de son destin.
Mlle Hayes regarda avec surprise le docteur Lamar.
- La marque de son destin ? répéta-t-elle avec curiosité.
- Oui, Jim Barden est sous l'influence du Cercle Rouge.
- Le Cercle Rouge ? Qu'est-ce que cela, monsieur Lamar ? demanda, de plus en plus intriguée, la jeune fille. Est-ce que c'est un cercle d'anarchistes ? ajouta-t-elle a la réflexion.
Max Lamar secoua la t?te.
- Non, c'est un phénom?ne physiologique mystérieux et frappant. Dans les moments o? Jim devient un impulsif dominé par ses instincts criminels, o? il est comme un fauve qui cherche une proie, sur le dos de sa main droite apparaît une marque. C'est d'abord une ombre rose, a peine visible, qui se précise rapidement, fonce de couleur, devient un stigmate circulaire, irrégulier, écarlate, qui couvre l'épiderme de sa main comme une couronne de sang : le Cercle Rouge.
- Monsieur Lamar, d'o? lui vient cela ? murmura avec un frémissement de terreur Mlle Hayes.
- Je ne sais pas. C'est une particularité physiologique analogue sans doute a ces n?vus qu'on appelle vulgairement taches de vin, a ces signes violets ou bruns que beaucoup de personnes présentent.
- Mais cela n'est rouge que par moments, dites-vous ?... Comment est-ce possible ?...
- Vous m'en demandez trop, mademoiselle Hayes, je vous ai dit que c'était inexplicable. On peut remarquer pourtant que, chez toutes les créatures humaines, certaines émotions font rougir le visage. Eh bien, le visage de Jim Barden ne rougit jamais, quelle que soit la fureur qui l'agite, mais alors, sur sa main, paraît le Cercle rouge...
- Dans les bas-fonds o? vit cet homme, cette particularité est bien connue et l'environne d'une sorte de terreur superstitieuse. On l'appelle Jim-Cercle-Rouge et on raconte - je ne sais si c'est une légende - que ce stigmate est héréditaire. On affirme que, dans le passé, de génération en génération, il y a toujours eu un membre de la famille Barden qui était un ?tre moralement taré, extravagant, fou ou criminel, et qui portait, au dos de la main droite, cette m?me marque mystérieuse.
Le docteur Lamar fit une pause. Il alluma une cigarette, regarda un moment, pensivement, les tourbillons de fumée frisée qui s'envolaient de ses l?vres et continua :
- Jim Barden a un fils. C'est le type parfait de ce que les Français appellent un jeune apache, ce qui est montrer peu d'égards pour ces anciens et fiers guerriers de nos prairies. Il a une vingtaine d'années et il s'est contenté, jusqu'ici, de vivre en marge de la société, traînant de bar en bar, et chapardant tout ce qui se trouve a sa portée. Il n'a, jusqu'a présent, jamais été pincé dans une affaire sérieuse, et je n'ai pas entendu dire non plus que personne ait vu sur sa main le terrible Cercle rouge.
Le docteur Lamar se leva et regarda sa montre.
- Mademoiselle Hayes, voila les données du probl?me. Vous en savez autant que moi. Maintenant, il est midi, le moment approche o? Jim Barden doit ?tre mis en liberté. Je vais aller l'attendre a sa sortie afin de savoir ce qu'il fera et de surveiller secr?tement ses faits et gestes. Sans doute, il va essayer de retrouver son fils, et il retournera chez lui, c'est-a-dire dans un asile mystérieux que la police est persuadée qu'il s'est ménagé - car il disparaît quand il veut, sans qu'on puisse retrouver sa trace.
Le docteur Lamar se coiffa de son chapeau et ouvrit un tiroir de son bureau. Il y prit un revolver de précision qu'il glissa dans une poche et une paire de menottes d'acier, nickelées, étincelantes et jolies comme une parure, qu'il mit dans une autre poche.
- Que le Cercle Rouge ne vous fasse pas oublier mes instructions, mademoiselle Hayes, recommanda-t-il.
- Non, monsieur, dit la jeune fille.
- Et maintenant, il faut que je me hâte si je veux assister au lâcher de la b?te fauve, murmura-t-il en sortant.
II
Cette lucarne, par o? un peu de jour et d'air entrait dans la cellule, était toujours ouverte. Le soupirail, en pente douce, qui perçait un mur d'environ deux m?tres d'épaisseur, de la lucarne a la cellule, allait en s'évasant.
Bien souvent, Jim s'était glissé a plat ventre jusqu'a l'orifice extérieur, trop étroit pour qu'on ait cru nécessaire de le griller, et de la, pendant de longues heures, le prisonnier avait plongé son regard plein d'ennui farouche sur une petite cour, sombre comme un puits, dont il apercevait, a trente pieds au-dessous de lui, les pavés humides et verdâtres.
Jim, apr?s s'?tre assuré que le couloir était désert, refit cette man?uvre. Ses épaules, trop larges, se heurt?rent aux moellons des parois, mais sa t?te émergea.
En face et un peu au-dessus de lui, il y eut un léger sifflement.
Il leva les yeux.
Bob se trouvait sur un toit, de l'autre côté de la cour, au bas d'une pente d'ardoises si abrupte que c'était folie de s'y aventurer. Deux corps de cheminées en briques l'encadraient, et Jim s'avisa, sans surprise d'ailleurs, car il savait son fils assez peu brave, qu'une corde lui entourait la taille et que quelqu'un, par conséquent, posté derri?re une des cheminées, devait le tenir solidement.
Trois m?tres au plus séparaient le p?re et le fils. Bob allait parler, mais Jim lui souffla :
- Tais-toi. Pas un mot.
Alors Bob saisit a côté de lui une planche qui était posée sur les ardoises et la rabattit comme un pont-levis entre le toit et le rebord de la lucarne.
- Non, protesta Jim, c'est idiot ! on va te surprendre !
Il avait reculé, et il vit son fils qui se laissait glisser le long de la planche.
Jim redescendit dans la cellule. Bob, adolescent long et mince, et qui semblait désarticulé comme un acrobate, passa sans trop de peine par la lucarne et rejoignit son p?re. Il défit le lien fixé a sa ceinture.
Tout cela n'avait pas duré deux minutes.
Le soleil avait d? disparaître derri?re les hautes maisons voisines, l'ombre était plus lourde au creux de la cellule, et c'est a peine si Jim distinguait les traits de son fils.
Il murmura :
- Pas de bruit... le gardien est la...
Il appuya sa main sur l'épaule de Bob, le poussa a un endroit o? on ne pouvait pas le voir de la grille et chuchota d'une voix br?ve et dure :
- Qu'est-ce que tu veux ?... Pourquoi es-tu venu ? Parle...
Bob subissait la réaction de son effort excessif et du danger couru.
Peut-?tre aussi avait-il peur de son p?re. Il était blafard et haletait. Enfin, il commença un récit gémissant de son entreprise. Il avait eu l'idée, " avec un de ses amis ", de monter sur le toit de l'immeuble voisin ; il avait hésité en face des lucarnes...
- Je ne savais pas laquelle c'était... Et comment t'avertir ? Trois fois, nous sommes venus...
Jim l'interrompit :
- Cesse de baliverner. Parle... Pourquoi es-tu venu ? Que veux-tu de moi ?...
- Eh bien ! mais... balbutia Bob... voila... peut-?tre bien que tu pourrais t'évader...
- M'évader ? par quel moyen ? Je ne suis pas une couleuvre, moi... Et puis, tu sais bien que je ne veux pas m'évader ! Un bandit de mon esp?ce doit rester dans sa cage... Ici, je ne peux pas nuire !... J'ai fait trop de mal, déja...
Il jeta ces mots, d'une voix sombre. Puis, ayant réfléchi, il ajouta :
- D'ailleurs, tu mens. Tu ne tiens pas tant que ça a ce que je sois libre... Tu ne vas pas me parler d'affection, hein ? Ce n'est pas un sentiment qui te g?ne... Ni moi non plus, du reste... Tu as fait ce qu'il fallait pour ça. J'aurais voulu un fils... un vrai fils, quoi... Un homme, un travailleur, vivant d'un métier honn?te... au lieu de ça...
Il n'avait pas lâché l'épaule de Bob, il la serra d'une main brutale.
- Qu'est-ce que tu fais, maintenant ? Il y a six mois, quand j'étais encore libre, je t'avais trouvé une place sérieuse... Quoi ? Qu'as-tu dit ? On t'a renvoyé ? Et alors ? Comment vis-tu ? Chez qui travailles-tu ? Car tu travailles, j'esp?re ?
- Oui, je travaille, grogna Bob.
- Chez qui ? Réponds donc !
- Chez... chez Sam Smiling.
Jim sursauta.
- Chez Sam Smiling !... Chez ce cordonnier de malheur !... Ah ! par exemple...
- Mais c'est un de tes amis ! risqua Bob.
- Tais-toi ! C'est un bandit !... un vrai bandit, lui ! Il sait ce qu'il fait... il sait toujours ce qu'il fait...
- Mais, je t'assure, il s'occupe de moi, il me donne de bons conseils.
- Allons donc ! Sam Smiling ! Je les connais, ses conseils !... Ah ! tu " travailles " chez lui ? Mais alors... je comprends... Avoue donc : c'est lui qui t'envoie ?
Jim tremblait de col?re. Il se contint cependant pour ne pas effrayer son fils et pour obtenir de lui un aveu complet.
- Eh bien, oui, murmura Bob, c'est lui qui m'envoie... Du reste, il n'y a rien a cacher, au contraire... C'est pour une bonne action, acheva-t-il avec emphase.
- Une bonne action ? lui ? fit le vieux Jim, dont les poings se crispaient. Enfin, raconte... apr?s tout... on verra...
- Voila... prononça Bob, qui ne se défiait plus. Il paraît qu'il y a trois ans, vous avez rendu tous les deux service a un banquier tr?s riche, la-bas, dans le Far-West. Et il vous a dit que si vous veniez a San Francisco, o? il habite, il faudrait aller le trouver, que, s'il était absent, sa fille vous recevrait, il la préviendrait... Pour qu'elle vous reconnaisse, vous n'auriez qu'a lui présenter, a sa fille...
- Présenter quoi ?
- Eh bien, un bracelet... un bracelet de corail, qui t'appartenait a toi... et qui avait appartenu a...
- A ma femme, dit Jim d'une voix sourde.
- Et alors, un jour, paraît-il, il y a eu une dispute entre toi et Sam et le bracelet a été cassé. Sam en a pris la moitié... Maintenant le banquier voyage en Europe et Sam a appris, par hasard, qu'on veut le dévaliser... Alors, il veut prévenir la fille, mais pour qu'elle ait confiance en lui, il te demande l'autre moitié du bracelet... Tu vois comme c'est simple.
- Oui, dit Jim, qui faisait tous ses efforts pour rester maître de lui... Oui, c'est tr?s simple... Il ne s'est pas donné de mal pour inventer ça, Sam Smiling. Mais il me croit donc devenu idiot pour me laisser prendre a une histoire aussi grossi?re... En effet, il veut inspirer confiance, il ira a San Francisco, et, une fois dans la maison il volera, il assassinera... et tu seras son complice.
- Je pensais bien que tu refuserais, murmura Bob ; mais il a voulu a toute force que j'essaie...
- Et c'est lui qui t'a amené ici, c'est lui qui te tenait par la corde ?...
Jim s'interrompit. Sa col?re montait et l'étouffait. Un silence sourd pesa sur le p?re et sur le fils. Dans l'angle o? ils se trouvaient, la seconde lucarne les éclairait un peu et sa lumi?re tombait sur les mains frissonnantes du vieux Jim.
Et soudain, Jim s'aperçut que son fils, dont l'épaule touchait la sienne, s'était mis a trembler ; il entendit sa voix gémir, avec une épouvante inexprimable :
- Ah ! le Cercle rouge !... le Cercle rouge sur ta main... Ne me fais pas de mal... Grâce... c'est Sam qui m'a forcé a venir...
Jim ne bougea pas d'abord. Il savait bien que le Cercle rouge s'était dessiné sur le dos de sa main droite, et que l'horrible stigmate connu de son fils et connu de tous, que l'horrible stigmate, marque visible de ses instincts criminels, s'arrondissait en une couronne de sang sur la peau rugueuse. Il le savait au bouillonnement de ses idées mauvaises, au déchaînement des forces irrésistibles qui le poussaient a la violence...
Une minute s'écoula, terrifiante, Bob tremblait toujours sans avoir le courage de fuir, ou de se défendre, sans pouvoir jeter un cri d'appel. Le p?re se raidissait dans une tension de toute son énergie, qui gonflait ses muscles comme des cordes.
Et le Cercle, rose d'abord, puis rouge vif, s'empourprait d'un afflux de sang qui lui donnait une sorte de relief au-dessus de la peau.
- Le Cercle rouge ! bégaya Bob... j'ai peur... j'ai peur... le Cercle...
Il n'acheva pas. Son p?re l'avait saisi a la gorge de ses deux mains exaspérées, et l'adolescent s'écrasa sur le parquet.
Il n'y eut pas de lutte, il n'y eut pas de résistance. Jim, a genoux, implacable, serrait.
Dans l'ombre, le stigmate étincelait ou, du moins, Jim croyait en voir le scintillement, et il ne voyait que cela, et il ne regardait que cela, cette flamme qui courait sous sa peau, ce serpent de feu qui tournait indéfiniment sur lui-m?me, immobile en apparence, mais vivant d'une vie infernale.
Il avait l'impression affreuse que ses deux mains jointes traçaient autour du cou de son fils le plus épouvantable des cercles rouges, celui de la mort.
Il lâcha prise subitement. Cette vision de la mort le bouleversait. Son fils étranglé par lui ! Durant quelques secondes, le génie mauvais de l'instinct fut tenu en échec, mais durant quelques secondes seulement. Le Cercle rouge n'avait pas disparu.
Jim bondit jusqu'a la grille. Il lui semblait entendre les pas du gardien faisant sa tournée.
Au m?me moment, Bob, toujours étendu sur le sol et qui ne pouvait ou n'osait se relever, lança une plainte assez haute.
Alors, Jim s'affola. Sa crise évoluait, sa surexcitation changeait d'objet. Le gardien allait venir. Et ce serait l'arrestation de Bob, ce serait son fils en prison.
Et le Cercle rouge pénétrait dans sa chair, souffrance intolérable ! Le Cercle rouge entraînait ses idées en un tourbillon vertigineux, o? il y avait des flammes et du sang.
Les pas s'approch?rent.
D'un effort violent Jim, a bout de bras, le poussa jusqu'a la lucarne ouverte. Un obstacle. Puis, le fracas de quelque chose qui tombait sur les pavés de la cour. C'était la planche, le pont qui reliait la lucarne au toit voisin.
Une derni?re poussée.
Bob disparut.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Lorsque le gardien entra dans la cellule, il trouva le vieux Jim écroulé par terre et qui sanglotait convulsivement...
Rozdział II. Wypuszczenie na wolność.
Więzienie karne, duży masywny budynek o oknach zakratowanych, wydawało się jeszcze bardziej ponure w blaskach promiennego słońca wiosennego południa.
Luksusowy samochód objechał okrężną aleję i zatrzymał się przed ciężką zakratowaną bramą więzienia.
Z auta wysiadły dwie eleganckie kobiety. Najpierw młoda panienka wyskoczyła lekko na chodnik i podała rękę swej towarzyszce, kobiecie w pewnym wieku.
Młoda dziewczyna zadzwoniła do bramy. Ukazał się dozorca, ukłonił się paniom, które, zdawało się, że zna, wpuścił je za ogrodzenie i oddalił się. Za chwilę powrócił, mówiąc, że dyrektor oczekuje panią Travis i pannę Florę Travis.
Pani Travis, licząca około pięćdziesięciu lat, o twarzy spokojnej i dobrej, okolonej włosami prawie zupełnie siwemi, zwróciła się do córki:
- Idziemy, Florciu? - zapytała z akcentem, wyrażającym całą jej tkliwość.
Florcia - to spieszczenie śliczne, bardzo było odpowiednie dla tej promiennej dziewczyny, której piękność zdawała się rozjaśniać to ponure wiezienie.
Zdawała się ona wysoka i smukła w miękkiej sukni z czarnego aksamitu w szerokie białe pasy. Wycięty stanik odsłaniał ładnie zarysowaną szyję, przykrytą kołnierzem z białego lisa. Jej śliczną twarzyczkę o czystej cerze i ustach świeżych rozpromieniały oczy duże, chwilami marzące i prawie poważne, chwilami zaś sypiące skrami jakby dziecięcej wesołości. Na białe czoło zwisały się loki puszystych ciemnych włosów, uwięzionych pod lekkim białym kapeluszem. Wszystko w niej było harmonijne j pociągające a humor kapryśny i fantazyjny Flory Travis, jej pogarda dla błahych zajęć, jakim oddawały się jej rówieśniczki, szczera oryginalność gustów i nieoczekiwane pomysły tej młodej panny czyniły z niej osobistość niezwykłą i podbijającą wszystkich, ale osobistość o charakterze niepodległym, bardzo odrębnym, jednaki zawsze bardzo prostolinijnym i szczerym, którego wybitną cechą było gorące, serdeczne współczucie dla wszystkich niedoli i wszystkich nieszczęśliwych. I to właśnie uczucie, podzielone przez panią Travis, spowodowało Florę i jej matkę do przybycia w piękne wiosenne południe do pewnego przytułku, gdzie tyle nędznych rozbitków zbrodni i szaleństwa odsiadywało lata całe.
Dozorca wpuścił panie do gabinetu dyrektora.
Dyrektor ten, p. Miller, był to człowiek zimny, ponury i uroczysty.
Ale nikt nie uniknął wpływu wdzięku Flory. Widząc ją p. dyrektor przypomniał sobie, że ludzkość cała nie składa się li tylko z więźniów i dozorców. Uśmiechnął się nawet uprzejmie, wskazując krzesła.
- Więc pani nie traci odwagi, panno Floro? - spytał. - Prowadzi pani dalej swoje piękne dzieło, mimo rozczarowań, jakie pani przyniosło?
- Dlaczegobym miała stracić odwagę? - przerwała Flora. - Chyba nie z powodu tych kilku rozczarowań, o jakich pan wspomina... Tak, tak, panie dyrektorze, - dodała śmiejąc się, - wiem, że Dżons, którym zajmowałam się ubiegłej zimy, próbował okraść naszą rezydencję Blanc-Castel. Ale wiem również, że udawało mi się dobrze częściej, niż przeciwnie i że kilku z pańskich dawnych pensjonariuszy, dzięki pomocy, jakiej im dostarczyłyśmy, wróciło obecnie na dobrą drogę i uczciwie pracuje na życie. Trudno przecie, by każde staranie uwieńczone było powodzeniem, nieprawdaż, panie Miller? Dobrze, jeżeli powiedzie się czasem... Tyle mam współczucia dla tych wydziedziczonych, dla tych biednych rozbitków życiowych, którzy częściej zasługują na współczucie, niż na potępienie...
Zatrzymała się. Oczy jej błyszczały, piękna twarzyczka płonęła wzruszeniem.
Dyrektor spoglądał na nią z podziwem, z pewną domieszką zdziwienia szyderczego.
- Niestety! panno Travis, - powiedział, - widzę tu entuzjazm, którego podzielić nie może taki stary urzędnik, jak ja. Zbyt wiele już widziałem. Ale to nie przeszkadza nie podziwiać pani zajęcia humanitarne... i pani niezmęczoną gorliwość... Pani jest taka odmienna od swych rówieśniczek!
- Nie wiem, czy jestem od nich różna, ale w każdym razie niema w tem wielkiej mojej zasługi, gdyż to wszystko, co zajmuje i bawi inne panny, nie bawi mnie wcale. A jeżeli przytem jeszcze jest się bogatą i szczęśliwą, jak my, to jut będzie prostym obowiązkiem zająć się biedakami...
- Zapewne, zapewne... - odpowiedział p. Miller. - Alę proszę panie za mną, jeżeli chcą panie widzieć słynnego Dżima Bardena, którego właśnie zwalniamy... Jeżeli wpływ pani dosięgnie tego człowieka, no - to będę bardzo zdziwiony... Zresztą, najlepiej wydam rozkaz, by go przyprowadzono tutaj.
Dyrektor zadzwonił. Ukazał się dozorca, któremu wydał odpowiednie zarządzenia.
* * *
W oddziale, przeznaczonym dla więźniów najniebezpieczniejszych, Dżim stał koło drzwi swej celi.
Poprzez pręty swej ciężkiej kraty wysunął prawą rękę, tak, że dłoń zwisała nazewnątrz. Jego oczy nieruchome wpatrzyły się wprost, zdając się nic nie widzieć i tak stał więzień, jak ponury obraz buntu bezsilnego i skamieniałej rozpaczy.
Nagle na jego prawej ręce zarysował się znak, stygmat okrągły, różowy z początku, potem ciemniejszy wreszcie jak wieniec szkarłatny: Czerwone Koło. Dżim Barden wchodził w atak furji.
Podniósł rękę do wysokości oczu, popatrzył na pieczęć tajemniczą i odezwał się głuchym jękiem warjata. W tej chwili dały się słyszeć kroki. Dżim schował rękę. Ukazał się dozorca, otworzył drzwi i wszedł, niosąc pakiet ubrania, które rzucił więźniowi.
- Ubieraj się, - rozkazał. - Pójdzież ze mną do dyrektora i wypuszczą cię na wolność.
Po chwili dodał.
- Tak, tak, stary Dżimie! Na wolność! Widzisz, co znaczy być rozsądnym. Od kilku miesięcy nie mam ci nic do zarzucenia, taki jesteś grzeczny! Zauważyłem, że to od tego dnia, kiedy cię znalazłem tutaj, na ziemi, płaczącego jak dziecko... Tak, odtąd ani jednego kryzysu. Więc zasłużyłeś sobie na wolność, mój chłopcze! Bez słowa, nie okazując najmniejszego zdziwienia, wzruszenia lub radości, bez ostatniego spojrzenia na swą celę, Dżim ubrał się w swoje stare ubranie, garnitur szary, zniszczony i poplamiony i wyszedł za dozorcą do dyrektora.
- A, jesteście, Dżimie Barden, wychodzicie więc na wolność, - powiedział mu dyrektor. - Te oto panie chcą zająć się wami...
Dżim Barden, wchodząc do biura dyrektora, rzucił spojrzenie na Florę i jej matkę, ale teraz, po słowach dyrektora, nie zwrócił nawet głowy w ich kierunku.
- Nie chcę niczego, - odpowiedział twardo.
Flora wstała i zbliżyła się parę kroków ku niemu.
- Wiemy, że pan niczego nie chce, - powiedziała łagodnie, - ale byłybyśmy bardzo szczęśliwe, gdybyśmy mogły dopomóc panu.
- Tak, - dorzuciła pani Travis, - przecie pan się znajdzie bez pieniędzy, bez mieszkania...
- To już moja rzecz, - przerwał brutalnie Barden. - Ja nie potrzebuję nikogo. Wrzucono mnie do klatki, ale to nie powód, by przychodzono oglądać mnie jak dzikie zwierzę. Nałożył mocno kapelusz na głowę i zrobił ruch do wyjścia, ale Flora podbiegła ku niemu i położyła mu swoją białą i delikatną rączkę na rękawie.
- Nie, nie! proszę tak nie odchodzić! Rozumiem pana dobrze! Pan wycierpiał tyle!... Ale proszę nie myśleć, że przyprowadza nas tu zwykła ciekawość... Chcę, aby pan stał się nanowo uczciwym człowiekiem. I szczęśliwym... Nie jest na to zapóźno... Zapewne pan nie jest sam na świecie? Ma pan rodzinę?... Żonę?...
Drżenie przebiegło ciężkie plecy więźnia. Bolesny skurcz skrzywił mu twarz.
- Żona?... och żona... Jest dwadzieścia lat, jak zmarła, powiedział głucho.
- Och, przepraszam pana... zrobiłam panu mimowoli przykrość... - szepnęła panna, wzruszona przebłyskiem wzruszenia na tej ponurej twarzy. - Ale jeżeli pańska żona umarła, to może pan ma dzieci, któremi trzeba zaopiekować się, poprowadzić w życiu, a które będą pana kochały i będą podporą starości... Córka?... Syn?
- Syn... - rzekł Dżim cicho, z odcieniem goryczy w głosie.
Pozostał tak chwilkę, zamyślony, potem nagle odsunął dłoń Flory ze swego ramienia i bardziej ponury, niż zwykle, skierował się ku wyjściu.
Dozorca wzrokiem zapytał dyrektora, a gdy tenże skinął potakująco głową, dozorca przepuścił Dżima i towarzyszył mu wzdłuż posępnych, ciemnych kurytarzy.
- Widzi pani, oto próba mało zachęcająca, panno Floro, - zaczął dyrektor Miller.
Ale panna Flora, jakby skamieniała na miejscu, gdzie ją opuścił Barden, przerwała dyrektorowi tok jego przemowy?
- Nie, nie, to niemożliwe! Nie mogę mu pozwolić tak odejść! Pobiegnę za nim, spróbuję jeszcze...
I mimo wołania matki, młoda dziewczyna wybiegła z gabinetu dyrektora i puściła się w pogoń za uwolnionym więźniem.
Właśnie otwarto przed nim bramę. Dżim przeszedł ją i znalazł się w pustej aleji. Na chwilę znieruchomiał po opuszczeniu cienia wewnętrznego.
Właśnie wówczas Flora znalazła się przy nim.
Dziewczę znów położyło mu dłoń na ramię.
Dżim obrócił się a twarz jego skurczyła się pod wpływem dzikiego zniecierpliwienia.
- Proszę mnie posłuchać, - rzekła panna Flora z najmilszym swoim uśmiechem - mam jeszcze parę słów panu do powiedzenia. Zdaje mi się, że przed chwilą zirytowałam pana. Nie chciałam źle zrobić, proszę mi wybaczyć! I proszę przyjąć odemnie ten drobiazg, aby pan mógł spokojnie przeżyć, zanim znajdzie się jaka praca.
To mówiąc, wyciągnęła z torebki zwitek banknotów.
Dżim Barden rzucił się zniecierpliwiony. Gniew błysnął w jego wzroku. Brutalnie wyrwał z ręki młodej dziewczyny banknoty, zmiął je i rzucił na ziemię.
- Nie chcę tych pieniędzy, - burknął szorstko.
- Proszę pana bardzo, nalegała Flora.
Wtem słowa uwięzły jej w gardle. Przed nią znajdował się jakby inny człowiek. Dżim Barden szalał w ataku wściekłej furji.
- Czy zostawicie mnie w spokoju! - ryczał.
Był tak groźny, że dozorca uznał za stosowne obezwładnić go, chwytając wpół.
Dżim wydał ze siebie głos, podobny do zduszonego ryku a jego potężne ręce zacisnęły się dokoła szyji dozorcy.
Walka trwała krótko. Człowiek z Czerwonym Kołem rzucił na ziemię przeciwnika i furja jego zwróciła się teraz przeciwko dziewczynie.
Ale silna ręka schwyciła groźne ramię. Szaleniec ujrzał przed oczami swemi lufę rewolweru.
- Ręce do góry! - rozkazał Maks Lamar, który tak w porę zainterweniował.
Wychodząc z biura, skierował kroki swe, jak to oznajmił sekretarce, do gmachu więziennego.
Tam, znalazłszy kryjówkę w załomie muru, skąd dobrze można było obserwować bramę, schował się, oczekując wyjścia straszliwego człowieka, którego zamierzał śledzić. Z tego punktu obserwacyjnego był świadkiem gwałtownej sceny między Dżimem a młodą dziewczyną i pospieszył na jej ratunek.
- To znowu pan doktór, - mruczał Barden
- Ręce do góry! - powtórzył Lamar.
Dżim-Czerwone-Koło zawahał się chwilę ale gwałtowne napięcie ataku już minęło. Podniósł więc ręce, mrucząc złowrogo, jak pojmane zwierzę.
Maks Lamar nie spuszczając z niego wzroku, wyciągnął z kieszeni parę kajdanków.
- Włóżcie mu te bransolety, - rozkazał dozorcy.
Flora nie cofnęła się przed Dżimem. Spokojna, zdecydowana, piękniejsza jeszcze, niż kiedykolwiek w swem śmiałem postanowieniu, widziała jak jej zbawca zwyciężył szaleńca. Ale gdy dozorca zabierał się do usłuchania rozkazu nałożenia kajdanków, dziewczyna rzuciła się ku doktorowi, głęboko wstrząśnięta litością.
- Nie nie! - zawołała. - Panie, proszę mu pozwolić odejść, błagam pana!... To z mojej winy, z mojej niezręczności. Ja doprowadziłam go do tej pasji przez moje nalegania niedyskretne... Proszę pana puścić go wolno.
Oczy jej błagały. Maks był oczarowany pięknością młodej dziewczyny.
- Dobrze, możesz odejść, - powiedział do starego bandyty. - Jesteś wolny! Podziękuj tej pani, na którą napadłeś, a która wspaniałomyślnie prosi, by nie odsyłać ciebie tam, skąd wychodzisz.
Dżim Barden nie odpowiedział ani słówka. Nacisnął kapelusz na oczy i oddalił się ciężkim krokiem.
Flora patrzyła wślad za nim. Na ślicznej jej twarzyczce malował się wyraz ogromnego miłosierdzia. Potem zwróci a się do Maksa Lamara, dziękując mu serdecznie.
- Floro, dziecino moja, czy nic się tobie nie stało? - wołała z przerażeniem pani Travis, nadbiegająca pospiesznie.
- Nie, nie, mateńko! Dzięki panu jestem cala i zdrowa.
Maks Lamar uczuł pewne zmieszanie wobec tego pięknego dziewczęcia, wyrażającego mu swą wdzięczność. Machinalnie nachylił się, pozbierał banknoty, zmięte ręką Dżima i zwrócił je Florze. Gdy pani Travis zarzucała go z kolei swemi podziękowaniami, doktorowi wróciła jego pewność siebie.
- Ależ, proszę pani, spełniłem tylko mój obowiązek. To mój zawód... Nie, nie jestem detektywem, - dodał śmiejąc się, - jestem lekarzem - doktór Maks Lamar - przedstawił się paniom - a rolą moją jest czasem opanowywać szaleńców.
- Tak, tak, prawda, że ten atak furji to choroba? - zawołała panna. - Bo i cóż ja mu zrobiłam złego?
- To warjat, ale nietylko warjat, - rzekł Maks Lamar. - Jest to człowiek bardzo groźny dla społeczeństwa, obecnie puszczony na wolność. Obawiam się, że pani szlachetność kazała mi popełnić wielką nieostrożność.
- Człowiek ten interesuje mnie i budzi litość, - mówiła Flora do młodego lekarza. - I jeżeli pan, panie doktorze, zechcesz poświęcić mi parę minut czasu by opowiedzieć o swoich pracach i poszukiwaniach w tym kierunku, będę panu bardzo zobowiązana... Kwestje te są tak bardzo zajmujące, a nikt tak ich nie badał, jak pan...
Pani Travis przyłączyła swe zaproszenie do słów córki i Maks Lamar obiecał złożyć wizytę paniom.
Flora i matka w siadły do samochodu. Doktór, stojąc na miejscu, wpatrywał się w auto, aż znikło za drzewami.
Wówczas dopiero oddalił się w kierunku, w którym poszedł Dżim Barden.
W samochodzie, unoszącym kobiety całą szybkością, Flora starała się uspokoić matkę i była weselsza, niż zwykle. Chwilami jednak chmurka smutku przelotnie ukazywała się na lej obliczu.
W aleji, po obu stronach której wznosiły się bogate pałace prywatne, samochód zatrzymał się przed bramą wspaniałego ogrodu, pośród drzew widać było zbytkowną willę. Był to pałacyk Blanc-Castel, rezydencja pań Travis. Matka weszła do mieszkania, córka zaś skierowała się powoli w głąb parku. Tam spotkała ją kobieta lat czterdziestu pięcia - sześciu, ubrana czarno, o twarzy energicznej i dobrej. Nazywała się Mary i była ongiś mamką Flory; potem zaś pozostała przy niej, bardziej jako nieoceniona, wierna przyjaciółka, niż guwernantka młodej dziewczyny, którą otaczała przywiązaniem i poświęceniem niestrudzonem. Zamieniła z wychowanką swą parę słów, a widząc ją zamyśloną, odeszła.
Flora pozostała sama. W roztargnieniu zrobiła parę kroków wśród podzwrotnikowej roślinności i znalazłszy się nad brzegiem dużej sadzawki usiadła na ławeczce trzcinowej. Powoli twarz jej przybierała wyraz coraz bardziej smutny i nagle, jakby czując gwałtowny ból, przycisnęła rękę do piersi.
- Floro, dziecino moja, co ci jest? Cierpisz, kochanko? - szepnął obok niej głos niespokojny.
Flora obejrzała się i zahaczyła wierną swą guwernantkę, która będąc niespokojna o swą wychowankę, poszła w jej ślady.
- Nie, Mary, upewniam cię, że nie. Nic mi nie jest. Dlaczegożbym miała cierpieć?
- Nie wiem, dlaczego, ale widzę, że Jesteś inna, niż zwykle. Co z tobą?
- Doprawdy, droga Mary, nie wiem. Może to wskutek wzruszenia sceną, jaką przeżyłam... Ale nie...
Zamilkła, a po chwili głosem przyciszonym, powiedziała:
- To coś innego... To jakieś przeczucie, które mnie opanowało, przeczucie nieszczęścia, jakie mnie spotka...
Drgnęła nerwowo, rozejrzała się dokoła z przerażeniem i jeszcze ciszej, szeptem prawie, dodała:
- Nieszczęścia, jakie mnie spotkało... w tej chwili właśnie... nieszczęścia niepowetowanego... To szaleństwo, ale mam wrażenie jasne i okrutne, że ktoś z moich zginął...
Drżąca cała oparła się na ramieniu swej wiernej towarzyszki. Mary przytuliła ją do siebie z czułością i starała się uspokoić łagodnymi słowami.
Ale i głos Mary był dziwnie zmieniony i w oczach jej przebijała trwoga.
Rozdział I. Stygmat dziedziczny.
Zrana, we wtorek, 13. czerwca doktór Maks Lamar, lekarz sądowy, zajęty przy administracji policji w Los Angelos, pracował ze swą stenografistką w swem biurze urzędowem, pokoju dużym, ponurym i zimnym!
Stenografistka, pna Hayes, powtórzyła półgłosem ostatnie dyktowane sobie zdanie: "Streszczając więc, odpowiedzialność danego osobnika zdaje się być bardzo zmniejszona wskutek ciążącej na nim dziedziczności..."
I z ołówkiem w ręku oczekiwała dalszego ciągu, wpatrzona w swego szefa.
Szef milczał. Siedząc przed dużem biurkiem, zawalonem instrumentami, papierami i dokumentami najrozmaitszego rodzaju, odczytał z uwagą jakąś notatkę.
Ale czas uciekał. Doktór Lamar spieszył się z robotą. Wstał z krzesła i zaczął przechadzać się po pokoju wielkimi krokami.
- Gdzieśmy się zatrzymali, proszę pani? - zapytał.
Panna Hayes odczytała niedokończone zdanie.
Doktór zapalił papierosa i podjął dyktowanie głosem wolnym i dobitnym.
Maks Lamar wywoływał zawsze zdziwienie u tych, którzy znając go z reputacji, stykali się z nim osobiście poraz pierwszy.
Zważywszy jego głębokie doświadczenie oraz sumę wiedzy, zebranej z głębokich studjów o kryminalistyce, o popędach zbrodniczych, o dziedziczności fizycznej i moralnej, możnaby oczekiwać spotkania się z człowiekiem dojrzałym, nerwowym, przedwcześnie zestarzałym.
Maks Lemar przedstawiał zupełnie co innego. Mając lat trzydzieści sześć, zachował wygląd młodzieńca; wysoki, szczupły, muskularny; elegancki w swojem ubraniu ciemnem i dobrze skrajanem, przedstawiając obraz siły giętkiej i prędko spełniającej rozkazy.
Inteligencja widniała na jego czole szerokiem, które odsłaniała gęsta, ciemna czupryna. W jego szarych oczach, przenikliwych, jasnych i spokojnych, we wszystkich linjach jego wygolonej twarzy, o rysach regularnych i cerze matowej, wyczytać można było decyzję, domyślność i energję, energję dochodzącą aż do postanowienia najbardziej nielitościwego... Ale gdy uśmiechnął się, gdy jakieś uczucie miłosierdzia lub tkliwości rozjaśniało mu rysy, wówczas można było bez trudu zdać sobie sprawę z całej dobroci, tak starannie ukrywanej pod jego zwykłą flegmą.
Przyjaciele jego mówili o nim, że jest to najpewniejszy i najusłużniejszy z ludzi, a zdanie to podzielali wszyscy ci nieszczęśliwi, którymi doktór zainteresował się podczas swoich badań i których wspomagał z życzliwością mądrą i zawsze dyskretną.
Wrogowie jego - t. j. niektórzy z najgorszych jego kljentów - bali się go straszliwie. Cała ta zwierzyna więzień i przytułków, które on odwiedzał, wszyscy wykolejeńcy, alkoholicy, półwariaci, monomani, których on badał wady i obciążenia dziedziczne, drżeli pod jego badawczem okiem i przed nim zapominali swych kłamstw.
Ale Maks Lamer miał jeszcze innych nieprzyjaciół: mała ilość kolegów miernej wartości, nie mogących mu przebaczyć że w tak stosunkowo młodym wieku zdobył sobie stanowisko znaczne i wysokie.
Koledzy ci twierdzili, iż Maks Lemar tak daleko posunął miłość swego zawodu, że przekraczał granice swych zadań i że czasami zdawało mu się dać unieść przez ciekawość zawodową, przez pasję w dochodzeniach kryminalistycznych, że wpędzał się aż na tereny, nie będące już odpowiednie dla lekarza, lecz dla detektywa.
Ale on, choć echo tych krytyk obijało się kilkakrotnie o jego uszy, odpowiadał, śmiejąc się spokojnie:
- To prawda. Rozwiązanie problemu psychologicznego więcej ma dla mnie wartości, niż rozwiązanie zadania nauki czystej. Trudno mi oprzeć się pokusie, rozwiązania zagadki chwytającej mię zawsze na widok śladu, jakie pozostawia po sobie zręczny złoczyńca. A zresztą, czyż nie jest dla mnie rzeczą konieczną studjować zbrodnię, by poznać zbrodniarza? Nie z książek przecie uczymy się medycyny, ale w szpitalach; nie w biurze zamkniętem można rozstrzygnąć kwestję odpowiedzialności lub nieodpowiedzialności danego osobnika. Moje laboratorjum - to rojenie się poczwarek ludzkich, uwijających się w nizinach wielkiego miasta. Ja analizuję planę społeczeństwa tak, jak chemik bada ciało, złożone z pierwiastków jeszcze nieznanych.
- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -
Po ukończeniu swego raportu doktór Lamer powrócił do swego biurka.
Wybiło właśnie jedenaście. Podyktował tuż dwa listy i zamierzał zabrać się do trzeciego, kiedy otworzyły się drzwi, prowadzące do pokoju sekretarzy.
Wszedł urzędnik, niosąc list, który Maks Lamar otworzył natychmiast.
Czytając, zadrżał nieznacznie i wyraz żywego zainteresowania odbił się na jego twarzy. Położył list przed sobą i chwilę siedział milczący i zamyślony.
- Proszę pani - zwrócił się wreszcie do swej stenografistki, - jest rzeczą prawdopodobną, że nie przyjdę tu dzisiaj, a i jutro również.
- Będę miał bardzo dużo do roboty w czasie tych kilku dni - dodał półgłosem, jakby mówiąc do siebie.., - ale jest to praca warta zachodu...
Zagłębiony w fotelu, pogrążył się w rozmyślaniach.
- Tak, tak, - dodał w parę chwil później, - praca warta zachodu... Zażąda pani z administracji aktów Dżima Bardena... Słyszy pani, panno Hayes? Zapewne będę miał dużo do skompletowania tych aktów...
- Akty Dżima Bardena? Dobrze, proszę pana, - odpowiedziała stenografistka, zapisując sobie w notatniku.
Podniosła wzrok na szefa i zapytała:
- Czy to jest zbrodniarz?
- Oto, proszę niech pani sobie to przeczyta, a dowie się pani wszystkiego, - odpowiedział Lamar, podając stenografistce list.
Mój kochany Maksie.
Słynny Dżim Barden, znajdujący się u nas w celi pod kluczem w szpitalu obłąkanych, ma być wypuszczony na wolność z powodu korzystnej opinii naczelnego lekarza.
Spieszę uwiadomić o tem ciebie, abyś mógł roztoczyć swą czynną opiekę i dozór, jak to zwykle czyniłeś.
Serdecznie ci oddany
Ralf Allen - szef policji.
- Więc Dżim Barden jest obłąkany? - spytała stenografistka.
- Widzi pani, że nie, ponieważ lekarz naczelny podpisał mu jego zwolnienie, - odpowiedział doktór Lamar z lekkim uśmiechem.
- A zresztą, wzruszając ramionami, - czy Dżim Barden jest obłąkany czy nie - trudno mi to dzisiaj stanowczo stwierdzić. Wiem tylko, że jest to człowiek najniebezpieczniejszy dla społeczeństwa. Badam go już od kilku lat. Trzy razy musiałem go już kazać zamknąć w przytułku obłąkanych i trzy razy został on niebawem wypuszczony na wolność.
- Więc dlaczego wypuszczają go, kiedy to wariat?
Wypuszczają go, gdy już nie zdradza cech obłąkania. Warjuje on okresami i nigdy w zupełności. Możnaby o nim powiedzieć, że perjodycznie zmienia on duszę. O ile mogłem stwierdzić, w Dżimie jest dwóch różnych ludzi. Po przerwach nieregularnych, w odstępach których obliczyć niepodobna, powstaje w nim pęd niepohamowany, pchający go do złego i czyniący z niego złoczyńcę zdecydowanego, bardzo zręcznego, przebiegłego i strasznego. Wówczas nie zna on nic więcej, jak swe okrutne instynkty i rozbujałą gwałtowność. A wogóle jest to człowiek ponury, brutalny i podejrzliwy; ale w okresach pokoju miewa on, o ile mi się zdaje, wyrzuty sumienia za zbrodnie, popełnione w perjodach chorobliwych. Obserwowałem jego sen i widziałem, jak czasem wije się pod ciężarem zmor straszliwych.
- Jakież popełnił on zbrodnie? - spytała sekretarka.
- Nie znam wszystkich, a i te, o które go posądzają, nie są mu dowiedzione, bowiem odznacza się on wielką zręcznością. Przyjaciel mój, Randolf Allen, szef policji, ten właśnie, który mnie uprzedza o zwolnieniu jego, jest również przekonany, że na Dżimie ciężą rozmaite zbrodnie, popełnione z równem zuchwalstwem, jak przebiegłością.
- I niema na to kary?
- Prawo jest prawem. Dżima Bardena kryje jego djabelska zręczność, a przytem, powtarzam raz jeszcze, jest on nietylko przestępcą ale i chorym. Znajduje się pod wpływem okropnej dziedziczności i nosi na sobie znak swego przeznaczenia.
Panna Hayes popatrzyła ze zdziwieniem ma doktora Lamara.
- Znak swego przeznaczenia? - powtórzyła.
- Tak. Dżim Barden znajduje się pod wpływem Czerwonego Koła.
- Czerwone Koło? A co to jest, panie doktorze? - zapytała sekretarka, coraz bardziej zaintrygowana. - Czy to jakieś koło anarchistów? - dodała po chwili namysłu.
Maks Lamar pokręcił głową.
- Nie. Jest to fenomen fizjologiczny, tajemniczy i mało znany. W chwilach, kiedy Dżim staje się impulsywnym, opanowanym przez swe zbrodnicze instynkty, kiedy jest jak zwierz dziki, szukający ofiary, w chwilach tych na grzbiecie jego prawej ręki ukazuje się znak. Jest to najpierw cień różowy, zaledwie widoczny, który szybko nabiera ciemniejszego koloru, staje się stygmatem okrągławym, nieregularnym, szkarłatnym, jak krwawy wieniec.
- Panie doktorze, skąd to pochodzi? - wyszeptała drżąca z przerażenia panna Hayes.
- Nie wiem. Jest to szczególny znak fizjologiczny, analogiczny z plamami, zwanemi "noevus", które są zwane pospolicie jako "plamy winne". Widywała i pani zapewne rozmaite znaki fjoletowe, czerwone lub brunatne, przyrodzone wielu osobom.
- Ale tamto czerwienieje tylko w pewnych razach?
Jakie to jest możliwem?
- Chce pani wiedzieć zbyt wiele, panno Hayes, a mówiłem przecie pani, że jest to kwestja nie do wytłómaczenia. Przez analogję można chyba zauważyć, że u niektórych osobników twarz pod wpływem wzruszenia pokrywa się rumieńcem. Otóż twarz Dżima Bardena nie czerwienieje nigdy, nawet w atakach najgwałtowniejszej furji. Ale na ręku jego pojawia się wówczas Czerwone Koło. W niskich warstwach społeczeństwa gdzie przebywa ten człowiek, osobliwość ta jest znaną i powoduje ona pewien rodzaj przesądnego strachu. Nazywają go "Dżim - Czerwone - Koło" i opowiadają o nim - nie sprawdziłem dotychczas, czy nie jest to legendą - że stygmat ten jest dziedziczny. Twierdzą, że w przeszłości, z pokolenia na pokolenie, był zawsze jakiś człowiek rodziny Bardenów, będący istotą upośledzoną z urodzenia, moralnie obciążoną, obłąkaną lub zbrodniczą i noszącą zawsze, na grzbiecie ręki prawej, tenże sam znak tajemniczy.
Doktor Lamar umilkł na chwilę. Zapalił papierosa, popatrzył w zamyśleniu na kółka dymu niebieskiego, wypływające mu z ust i mówił dalej:
- Dżim Barden ma syna. Jest to skończony typ tego, co Francuzi nazywają młodym apaszem, bez żadnych względów dla przodków tych dzielnych i walecznych wojowników na naszych prerjach. Syn ten liczy obecnie około dwudziestu lat i zadawalniał się dotychczas życiem poza nawiasem społeczeństwa, włócząc się od szynku do szynku i chowając do kieszeni wszystko, co znalazło się mu pod ręką. Ale dotychczas nie złapano go w żadnej poważniejszej sprawie i nie słyszałem jeszcze, by ktokolwiek ujrzał na ręku jego straszliwą pieczęć Czerwonego Koła.
Doktór Lamar wstał i popatrzył na zegarek.
- Oto wszystkie dane tej zagadki. Teraz wie pani tyleż, co ja. Ale już dochodzi południe, tj. chwila, kiedy Dżim Barden będzie wypuszczony na wolność. Będę go oczekiwał przy wyjściu, bo chcę wiedzieć, co on uczyni i jednocześnie zamierzam dawać baczność na jego czyny. Zapewne zechce on zobaczyć się z synem a potem pójdzie do siebie, to jest do schronienia tajemniczego, jakie posiada, według zdania policji, gdyż umie on znikać, gdy chce i policja nie może wówczas go wytropić.
Doktor Lamar włożył kapelusz i otworzył szufladę w biurku. Wyjął stamtąd rewolwer i parę stalowych kajdanków i oba te przedmioty schował do kieszeni.
- A teraz muszę się spieszyć, jeżeli chcę być obecnym przy wypuszczeniu dzikiego zwierza, - mruknął do siebie, opuszczając biuro.
Rozdział IV. Dwu trupy i to, co przeżyto.
W kryjówce swej Dżim z synem przykucnęli nieruchomo, wstrzymując nawet oddech.
Wkrótce rozległy się w aleji przyspieszone kroki Maksa Lamara i dwóch agentów policyjnych.
Dżim wsłuchiwał się, gotów do skoku, zdecydowany wałczyć aż do śmierci.
Pogoń przeszła nie podejrzewając wcale, że ci, których poszukują, znajdują się w oddaleniu paru metrów, z drugiej strony parkanu, tak szczelnie zamkniętego. Stary Barden, wyciągając szyję, mógł przez szpary pomiędzy deskami, zobaczyć swoich wrogów.
Kiedy odgłos ich kroków zginął w oddaleniu, stary bandyta, ciągnąc za sobą Boba, wyszedł z kryjówki.
- No, było gorąco... - zaczął drwić młody rzezimieszek, zadowolony, iż jest w miejscu bezpiecznem.
Ale Dżim straszliwym gestem nakazał mu milczenie i pociągnął go ze sobą do wielkiego śmietnika, złożonego z resztek i łachmanów najrozmaitszego gatunku. Śmietnik, ten jednym bokiem opierał się o parkan.
Dżim nachylił się w prawym rogu i zaczął rozgarniać śmiecie. Pomiędzy staremi kawałkami desek natrafił na kółko żelazne, bardzo zardzewiałe, schwycił je i z wielkim wysiłkiem, pociągnął do góry. Najniespodziewaniej podniosła się klapa drewniana, zupełnie przykryta śmieciem i deszczułkami, które razem z nią pojechały do góry. Wówczas u nóg starego Bardena ukazała się głęboka jama, niby studnia bez dna, gdzie w ciemności można było dostrzec pierwsze stopnie drabiny, zczerniałej od wilgoci.
Dżim, nie mówiąc ani słowa, pokazał palcem otwór swemu synowi. Bob cofnął się przerażony.
Ale już stary swym niemiłosiernym uściskiem pchnął go do studni i Bob, mrucząc i wzdrygając się, musiał spuścić do dziury. Dżim zszedł za nim, zamykając klapę. Śmietnik przybrał swój poprzedni wygląd i nawet najbardziej badawcze oko nie mogło w nim znaleźć nic podejrzanego.
- Ha, ha, a to ci dopiero heca! - zawołał głosik dzieciny.
Był to ów chłopczyk, który przed chwilą siedząc na dachu zrujnowanej szopy, był świadkiem ucieczki dwóch ludzi. Skorzystał on z chwili, gdy oni skryli się za beczkami, by zleźć ostrożnie ze swego punktu obserwacyjnego i przybliżyć się do nich niepostrzeżenie.
To, co zobaczył, zadziwiło go i wprawiło w stan zachwytu. Więc na jego terenach była klapa, której nie znał! I klapa ta pożerała ludzi, zamykała się potem i wyglądała jak kupa starego drewna!
Z rękami w kieszeniach swych podartych spodni, z włosami rozczochranemi i głową opuszczoną nisko, malec stal przy tajemniczym śmietniku, wpatrując się z zaciekawieniem w milczące deski.
Nagle zdecydował się, ukląkł i zaczął gorączkowo myszkować między kawałkami zbutwiałych deszczułek, aż natrafił na żelazne kółko. Pochwycił je radośnie, próbując otworzyć. Ale słabe siły dziecka nie starczyły, na pociągniecie, klapa była niewidzialna i nieruchoma.
Zdyszony i rozczarowany chłopak powstał. W tejże chwili posłyszał odgłos kroków w pustyni zaułku. Rzucił się do parkanu, rozsunął szparę między deskami i prześlizgnął i się jak wąż, zaczepiając przechodnia.
- Panie! Panie! proszę poczekać! Mam panu coś do powiedzenia!... A a to przecie pan doktor Lamar!
Istotnie, był to Maks Lamar, który po daremnem gonieniu Dżima powracał zły, iż zgubił ślady przestępców. Widział przecie, jak stary popchnął swego syna w aleję, którą w minutę później, przeszedł z dwoma policjantami. Ale dobiegłszy do końca, nie znalazł najmniejszego śladu zbiegów. Pożegnał więc agentów policyjnych i powracał tąż samą drogą, gdy malec go zaczepił:
- Ja znam pana doktora, pan doktor leczył w przytułku moją ciotkę Deborę, gdy miała atak... Ja jestem Janek Mac Quaid... Tatu jest zamiataczem ulic i mieszka tam...
Wyciągnięty palec ukazywał biedną lepiankę, przytuloną do zrujnowanej szopy.
- Więc mam panu coś do pokazania, doktorze Lamar, - mówił malec z miną bardzo poważną, - coś bardzo niezwykłego. Proszę iść tędy. To na placu. A wejść tu wcale nie jest trudno, trzeba tylko pociągnąć tę belkę w parkanie, a otworzy się sama...
Zainteresowanie doktora wzrastało z każdą chwilą, bez wahania poszedł za Jankiem, który mu opowiedział wszystko, czego był świadkiem. Wypróbował sam owe kółko i zbadał że klapa się podnosi. Opuścił ją, usiadł obok i zaczął kombinować.
Po chwili wyciągnął portfel, wyjął bilet wizytowy i nakreślił na nim kilka słów ołówkiem.
Potem, podając bilet Jankowi, rzekł:
- Uważaj, chłopcze! Daję ci tutaj bardzo ważną misję. Pobiegniesz jak możesz najprędzej z tym biletem i oddasz to pierwszemu spotkanemu policjantowi. Zrozumiałeś?
- Lecę już, panie doktorze!
Maks Lamar wyciągnął jeszcze z kieszeni parę sztuk monety i wręczył malcowi.
Janek wziął nogi za pas.
Pozostawszy sam Maks Lamar chodził jakiś czas rozmyślając nad sytuacją.
Czekanie bezczynne irytowało go. Czy Dżim Barden, którego, niespodziewanym zbiegiem okoliczności, udało się mu odnaleźć ślady, nie skorzysta z tej przerwy, by znowu uciec? I, nie mogąc wytrzymać, wrócił do klapy, otworzył ją i odważnie zapuścił się w głąb czarnej czeluści.
Tymczasem Janek Mac Quaid siedząc na wysokim taborecie przed bufetem szynku, zamówił sobie z całą powagą szklankę grogu. Bilet Maksa Lamara spoczywał spokojnie w kieszeni chłopaka. Zamierzał on doręczyć go za chwilę. Tymczasem miał pragnienie, więc popijał. Zdawało mu się, że jest człowiekiem, że ma pieniądze, że był świadkiem niezwykłych wypadków, że obarczono go misją doniosłą, że ziemia nie była godną go nosić.
Dopiero gdy wypił swój alkohol i gdy majestatycznie zapłacił rachunek, wówczas opuścił szynk i udał się na poszukiwanie policjanta.
Niedaleko, bo na rogu ulicy. ujrzał aż dwóch, rozmawiających z ożywieniem.
- Mówię ci, że oni napewno skręcili na lewo, wychodząc z aleji, - mówił jeden do swego kolegi.
- Hallo, - rzekł Janek, ciągnąc go za rękaw, czy chce pan coś zobaczyć?
- Policjant ze zdziwieniem przeczytał bilet:
MAKS LAMAR
dr. med. lekarz sądowy.
Proszę iść z tym chłopcem. Potrzebuję pomocy.
Policjanci, napotkani przez Janka, byli tymi samymi, którzy towarzyszyli Maksowi Lamarowi w jego pogoni. Nie pytając więc o nic więcej, pobiegli za Jankem na plac, ogrodowy parkanem.
Doktora już tam nie znaleźli, ale Janek wytłómaczył im tajemnicę kryjówki i pokazał klapę. Policjanci podnieśli ją i spuścili się w głąb po drabinie, przypuszczając słusznie, że doktór ich tam wyprzedził. Ale nie pozwolili Jankowi, który pałał chęcią doznania niezwykłych przygód, towarzyszyć im do nieznanej czeluści.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Kiedy stary Barden opuścił nad swoją głową klapę, popchnął Boba, trzymanego wciąż żelazną dłonią, na ziemię, w głąb po drabinie.
Bob znalazłszy się w tej nieznanej studni, w nieprzeniknionych ciemnościach, na drabinie, trzeszczącej mu pod nogami, był przerażony bardziej, niż kiedykolwiek i słuchał ulegle.
Drabina prowadziła do wąskiej piwnicy, skąpo oświetlonej przez małą szybkę u góry. Za piwnicą otwierał się ciasny kurytarz, prowadzący do drugiej piwnicy, napełnionej odpadkami wszelkiego rodzaju i pustemi flaszkami. Dżim obracał i się tu ze znajomością terenu, gdyż odrzuciwszy kilka flaszek w kącie, natrafił na małe schodki, gdzie zaczął schodzić, pchając przed sobą syna. Po paru minutach podniósł w ścianie klapę i zaciągnął tam Boba ze sobą. Znaleźli się teraz w małej izbie, oświetlonej ponurem światłem brudnego okienka. Za całe umeblowanie były tu stary kredens, stół z desek i dwa nadłamane krzesła, wyplatane słomą.
Dzim Barden opuścił klapę.
Niemiłosierny, zwrócił się teraz do syna:
- Ty! Ty jesteś bandytą! Tak, otom się z ciebie dochował pociechy! - warczał głosem zduszonym ze wściekłości. - A dlaczego? Przecie nigdy ci na niczem nie zbywało! Otaczałem ciebie opieką i staraniem od lat dziecinnych! Strzegłem ciebie od tego! Miałeś wszystko, czego ja nie miałem! Ach, istoty takie, jak ty, nie mają prawa do życia!
Bob przerażony nie odzywał się. Ojciec popchnął go brutalnie i zdyszany, z twarzą wykrzywioną konwulsyjni, zamilkł na chwilę.
Potem, jakby po namyśle, zbliżył się znów do syna, schwycił go za ramię i wepchnął do izby sąsiedniej. Był to pokoik jeszcze mniejszy. Znajdowało się tam stare łóżko żelazne, stołek z połamanem siedzeniem i mała szafka, na której stała miednica i dzbanek nadszczerbiony. Na ścianie, obok podartego oleodruku wisiał brudny ręcznik, zasłaniający kurek od gazu.
Gwałtownym ruchem Dżim rzucił syna swego na łóżko i potrząsnął nad nim, jak maczugą, swą potężną pięścią. Chcąc zasłonić się przed ciosami, jakie czuł, że się zbliżają, podniósł Bob obie ręce na wysokość twarzy, ale stary Barden uspokoił się najwyższym wysiłkiem. Nie ruszając syna, opuścił swe maczugi, poczem wyszedł do pierwszej izby i usiadł przed stołem, oparłszy głowę w dłoniach.
- To ci dopiero heca! Ależ ja mam pecha, - mruczał do siebie Bob, widząc że jest sam. Ale tu pocieszał się tem, że widocznie u ojca kryzys minął i na ten raz jeszcze jest ocalony.
Przeciągnął się. Wypity naczczo alkohol zamroczył go, a szalone tempo ucieczki zmęczyło go bardzo. Wzruszył cynicznie ramionami i obojętnie zupełnie ułożywszy się na bok, zasnął snem kamiennym.
Tymczasem Dżim Barden długą chwilę siedział pogrążony w smutnych myślach.
Jego furja ustąpiła, miejsca rozpaczy. Milczący, nieruchomy, był on obecnie człowiekiem zupełnie złamanym, którego przygniata wciąż wzrastający straszliwy ciężar choroby dziedzicznej, która - on wie już dobrze, - jest nieuleczalna i wzmagająca się z wiekiem. W przeżywanych obecnie uczuciach strachu, wstrętu, wyrzutów sumienia, bezradności, powracało wciąż, jak dzwon żałobny, zdanie, które wykrzyczał śpiącemu obecnie obok snem sprawiedliwych nędznikowi:
- My nie mamy prawa do życia!
Zdanie to dzwoniło mu w uszach a właściwie słyszał je w mózgu swoim już od szeregu miesięcy. Obecnie zaś, powzięta decyzja wpłynęła na niego uspokajająco.
- My nie mamy prawa do życia!
Dżim Barden wstał z krzesła. I głucho, z głębi serca, powtórzył to zdanie:
- My nie mamy prawa do życia!
Z wzrokiem osłupiałym, jakby patrząc w głąb siebie, mówił dalej:
- Jesteśmy dwaj ostatni, on i ja... Kiedy my umrzemy, rasa przeklęta przestanie istnieć. Musimy zginąć.
Żadnej innej walki... Żadnego innego rozumowania. Decyzja nieodwołalna.
Z twarzą bardziej ziemistą, niż kiedykolwiek, zbliżył się do drzwi, otworzył je cicho, podszedł do łóżka, naktórem syn jego spał dalej snem ciężkim, nachylił się nad nim i długo patrzył w jego twarz koloru ołowiu, przedwcześnie zniszczoną nadużyciem alkoholu i cyniczną w wyrazie.
Dżim Barden podniósł głowę: ostatnia chwila wahania...
Potem gwałtownie chwycił kurek od gazu i odkręcił go. Wrócił znów do izby sąsiedniej, zamknął cichutko drzwi i oparł się o nie, wyczerpany zupełnie.
- Umrze, nie zdając sobie sprawy, - szepnął do siebie. - Nie chcę, by cierpiał. Czyż nie jest on również ofiarą, on również!... jak ja... Czyż nie jest on pod wpływem Czerwonego Koła, jeżeli jest moim synem?
Nagle drgnął jak zwierz dziki, czujący niebezpieczeństwo, pochylił się naprzód, z oczami utkwionemi w podłogę, skulony, gotów do skoku.
Klapa w podłodze podnosiła się.
Podnosiła się pomału, bez hałasu, podnoszona mocnym wysiłkiem.
Najpierw ukazał się jakiś przedmiot, będący lufą rewolweru, potem ręka, trzymająca broń.
Dżim Barden, skulony, milczący, posunął się znienacka i raptownie chwycił w obie swe potężne dłonie rękę z rewolwerem.
Kilka chwil trwała walka. Nadchodzący, jeszcze niewidzialny, bronił się rozpaczliwie. Stary bandyta był tu jednakże górą. Wyrwał rewolwer z zaciśniętych palców i pociągnął brutalnie nieznajomego w górę, do izby.
Dżim-Czerwone-Koło poznał w przybyszu Maksa Lamara. Skurcz furji wykrzywił mu twarz. Zdobyty rewolwer wycelował w pierś doktora.
- Ręce do góry! warknął.
Maks Lamar usłuchał z najdoskonalszą zimną krwią.
Chwilę trwało groźne milczenie.
- Aa... ty mnie trzy razy kazałeś zamykać do szpitala wariatów, ty, przeklęty doktorze! Ale teraz to ja ciebie trzymam w ręku...
- Widzę to i stwierdzam, jak to zresztą już przedtem zauważyłem, że zbyt wcześnie wypuszczono was, Dżimie Barden, na wolność, - odpowiedział spokojnie doktor Lamar. - Widzę, że wcale nie jesteście wyleczeni...
- Siadaj tam, - przerwał bandyta, wskazując mu krzesło lufą rewolweru. - Mamy do pogadania ze sobą.
I sam trzymając wciąż doktora pod groźbą nabitej broni, upadł na drugie krzesło po przeciwnej stronie stołu i podniósł wysoko rękę prawą, na której widniał, czerwony, jak krew, stygmat dziedziczny.
- A, a to widziałeś? Czy znasz to? To mój znaki Czy wiesz, co on znaczy? Zawsze, od niepamiętnych czasów, był z pokolenia w pokolenie Jeden Barden z tym znakiem na ręku. I ten Barden był istotą obciążoną dziedzicznie, chorą lub oryginalną, zbrodniczą lub szaloną...
- Myślałem zawsze, że dziedziczność tego niezwykłego stygmatu jest legendą, - oznajmił, wciąż bardzo spokojnie, Maks Lamar, śledzący bacznie wzrokiem każde poruszenie swego niebezpiecznego interlokutora.
- Nadeszła chwila, gdy dziedziczność ustanie, - mówił dalej Dżim. - Trzeba, by nasza przeklęta rasa zginęła! Jest nas obecnie dwóch tylko, mój syn i ja... Dla syna, to już się rozpoczęło... Tam (tu uczynił ruch wskazujący na drugą izbę), posłuchaj! Nie słyszysz jak on jęczy, uduszony gazem?... A teraz, moja kolej... Ty mnie dostarczyłeś broni. Ale, ale bój się, nie zostawię cię, wezmę ciebie ze sobą, doktorze Lamar, ponieważ ty sam przybyłeś tu na postukiwanie mnie.
Ze skurczu twarzy Bardena Lamar poznał, że nadeszła chwila decydująca, że bandyta strzeli. Szybkim jak błyskawica ruchem schwycił rewolwer, starając się rozbroić szaleńca.
Spleceni wściekłym uściskiem obydwaj potoczyli się na podłogę i powstali, nie wypuszczając siebie z objęć. Rozległ się wystrzał, zresztą bez szkody dla zapaśników. Lamar, zbierając sity, unieruchomił na chwilę rękę Bardena i jednem uderzeniem otwierając magazyn rewolweru, wysypał wszystkie naboje.
W tejże sekundzie podniosła się klapa i dwaj policjanci sprowadzeni przez Janka, wpadli do izby, z rewolwerami w rękach.
Dżim odepchnął swego przeciwnika, chwycił krzesło i cisnął je całym impetem we wchodzących. Zapóźno: Policjanci byli już przy nim.
Maks Lamar, wyczerpany walką, chwilę pozostał nieruchomy, bez sił i bez oddechu. Po minucie zdał sobie sprawę, że silna woń gazu napełnia izbę i dusi go. Słowa Bardena: "Mój syn... tam... czy nie słyszysz jego jęków?" błyskawicznie przeleciały mu przez mózg. Zerwał się, otworzył drzwi od sąsiedniej izdebki, ale odurzony, cofnął się. Odetchnął głęboko, znów jednym susem znalazł się obok, zamknął kurek od gazu, chwycił stołek i wybił nim szyby w okienku. Powrócił wówczas do łóżka, na którem widział jakiś kształt ludzki nieruchomy, wziął Boba aa ręce i przeniósł do drugiego pokoju.
Tu walka trwała, coraz zaciętsza, między starym Dżimem a policjantami. Barden nie starał się uciec, tylko chciał umrzeć. W tym celu chwycił zbrojną w rewolwer rękę jednego policjanta i wszelkiemi siłami skierowywał lufę w swoją pierś. Udało mu się: roziegł się strzał i Dżim Barden upadł nawznak, z rozkrzyżowanemi ramionami.
Maks Lamar nachylony nad ciałem młodego Bardena, które zsunęło się na ziemię, czynił wszystkie możliwe wysiłki w celu przywrócenia młodzieńcowi życia. Napróżno, gdyż śmierć zrobiła już swoje.
Następnie lekarz pochylił się nad ciałem Dżimia. Ale i ten już nie oddychał. Kula przeszyła serce.
Maks Lamar wstał. Przez chwilę wpatrywał się w lezące obok siebie zwłoki ojca i syna.
- Nie żyją obydwaj, - powiedział głośno. - A z ich śmiercią kończy się istnienie przeklętego znaku Czerwonego Koła...
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Tragiczny koniec Dżima Bardena i jego syna wywołał wśród publiczności wielkie wyrażenie.
Maks Lamar starał się ukryć przed prasą rolę, jaką odegrał w tej sprawie. Ale napróżno. Jego przenikliwość i odwaga, których złożył świetne dowody, zrobiły mu zasłużoną sławę.
Doktor jednakże, przemęczony raportami i zeznaniami, jakich wciąż żądano od niego, czuł potrzebę rozrywki i widywania rzeczy pięknych po tych przejściach tragicznych. Wówczas to przypomniał sobie - ale czyż istotnie zapomniał o tem choć na chwilę? - obietnicę swoją, daną Florze Travis l jej matce złożenia im wizyty.
Pewnego więc popołudnia, w dwu lub trzy dni po śmierci Bardenów, wybrał się w kierunku Blanc-Castel'u.
Pogoda była piękna, Maks Lamar szedł powoli, uważając, że godzina jest zbyt wczesna na wizytę.
Wchodząc na duży plac, zauważył auto, stojące niedaleko. Mimowolnie rzucił nań okiem, lecz wzrok jego jak przykuty przylgnął zachwycony do ręki kobiecej, która niedbale oparta o brzeg drzwiczek, odbijała na ciemnem tle samochodu.
Pasażerów nie było widać. Ukazywała się jedynie ręka, ale od niej doktor nie mógł oderwać oczu.
Była to ręka kobieca, ręka drobna, subtelna i wypieszczona.
W tejże chwili auto skręciło i odjechało.
Maks Lamar wydał okrzyk zdumienia. Na rączce białej, na rączce wypielęgnowanej, tworzył się znak, niewyraźny z początku, stygmat okrągły, który ciemniejąc, stał się jak wieniec nieregularny, koloru krwi - Czerwone Koło.
Maks Lamar rzucił się pomiędzy samochody, ale auto pędziło z wielką szybkością, tak, że zaledwie miał czas odczytać numer, umieszczony z tyłu wozu. Powrócił więc na chodnik, wyciągnął portfel i ręką, która mimo wielkiego opanowania, drżała, zapisał na bilecie wizytowym krótką notatkę:
"Samochód 126694, Czerwone Koło".
Le Cercle rouge
Prologue
I
- Et tu vois, vieux Jim, prononça le gardien, en frappant sur l'épaule de l'homme, on a repeint les murs de ta cellule. Si tu les esquintes de nouveau, gare a toi ! Hein ! plus d'inscriptions. Sinon...
L'homme ne bougeait pas, juché sur un escabeau. Le gardien le regarda un instant, et, d'une voix plus douce, o? il y avait de la pitié :
- Allons, tu es plus calme. Cela t'a réussi, l'isolement. Ah ! coquin ! c'est que tu nous en as fait voir avec tes crises ! C'est-il fini ? Tant mieux. A bientôt, vieux Jim !
L'homme resta seul dans sa cellule, au milieu de la lumi?re indécise qui glissait de deux lucarnes taillées en sifflet dans l'épaisseur du mur, au milieu du silence sépulcral que troublaient parfois des hurlements lointains.
Jim paraissait cinquante ans. Ses cheveux gris tombaient sur son front en longues m?ches. Sous le v?tement rayé que portent les prisonniers aux États-Unis, il était maigre, mais d'une carrure d'athl?te. Sa face, d'une pâleur pierreuse, aux grands traits lourds, était figée dans une expression hagarde.
Jim se leva et s'approcha de la grille qui servait de porte a la cellule. Entre ses mains puissantes, il en saisit les barreaux, et, un moment, apathiquement distraits, ses regards err?rent dans l'ombre du couloir, o? le gardien s'était éloigné. Puis il se mit a marcher de long en large dans la cellule étroite.
L'allure était a la fois pesante et élastique, comme celle d'un grand fauve. Et, tout a coup, il s'arr?ta, ainsi que la b?te s'arr?te, sous le choc d'une sensation : désir qui s'éveille, instinct qui cherche a s'assouvir.
Ses yeux se fix?rent d'abord sur la muraille nue, a droite de la grille, et face aux lucarnes. Le plâtre en était recouvert d'une peinture brune, Presque noire, et toute neuve comme l'avait dit le gardien. Cela parut l'embarrasser. Ses doigts frémirent, impatients et crispés. Mais il y avait, dans l'encoignure, un petit placard d'angle o? il rangeait son pain et sa cruche d'eau. Il l'ouvrit. A l'intérieur, la couche de plâtre était blanche, lisse et propre.
Alors Jim revint a son escabeau, qu'il empoigna et fit pirouetter. En dessous du si?ge, le bois s'était fendu. Il introduisit un de ses ongles dans cette fente et la suivit jusqu'a son extrémité. Quelque chose tomba, un morceau de mine de crayon, d'un rouge écarlate.
Tenant cette mine entre le pouce et l'index, il retourna vers le placard. La, debout, le coude appuyé contre l'un des rayons, posément, avec une tension de tout l'?tre, qui durcissait son visage, il se mit a dessiner quelque chose sur le plâtre blanc.
Quand il eut fini, il recula un peu pour contempler son ?uvre.
Il avait dessiné un cercle rouge.
Un cercle, large environ comme un bracelet de femme, un cercle a peu pr?s régulier dans son diam?tre, mais inégal dans la ligne épaisse qui le formait, tantôt plus étroite et tantôt plus renflée ; inégal aussi dans sa couleur tantôt plus éclatante et tantôt plus foncée ; un cercle de sang, rouge vif ici, la presque noir.
Jim en avait fixé tous les détails, non pas au hasard et selon une simple fantaisie, mais comme si, devant lui, e?t été un mod?le dont il n'e?t pas pu ne point reproduire la plus insignifiante particularité.
Il le regarda longtemps, longtemps, avec des expressions diverses et rapides qui contractaient ses traits, expressions de fureur, de haine, de désespoir, de résignation farouche. Ses yeux s'emplissaient de ce rouge anneau insolite, de cette petite figure énigmatique qui semblait lui dire tant de choses terribles et douloureuses. Et, soudain, il parut souffrir a un tel point que, brusquement, il referma la porte du placard et s'en écarta.
Mais il n'avait pas fait quatre pas en arri?re qu'il bondit sur lui-m?me, étouffant un cri de stupeur.
En face de lui, sur la partie du mur qui s'étendait entre le placard et la grille, sur cette surface lisse et brunie du plâtre nouvellement repeint, il y avait un cercle rouge.
Pas une seconde, il n'hésita et, si folle que f?t l'idée qui assaillit son cerveau, il l'accepta aussitôt. Le cercle qu'il voyait, c'était celui-la m?me qu'il venait de dessiner.
En deux enjambées, il sauta jusqu'au placard : le premier cercle était la.
Mais alors, l'autre ?... l'autre qui jaillissait de la muraille nue ?...
Il tourna la t?te et regarda de côté, en tremblant, avec l'espérance de ne plus le voir et la certitude profonde de le voir encore.
Il le vit.
Il le vit. Ses regards s'y clou?rent ardemment. Le second cercle était l'image du premier... en m?me temps, il en différait... En quoi ?... En quoi ?... M?me grandeur, m?me aspect, m?me éclat sanglant... et pourtant...
A pas sournois, Jim se glissa le long du mur, et, tout a coup, projeta sa main violemment.
Il le tenait ! Il l'avait écrasé comme on écrase une b?te nuisible ! Il l'avait anéanti ! Quel soulagement !
Il écarta la main. Cette fois, il ne put retenir un cri rauque qui déchira sa gorge.
Le cercle rouge était plus loin, a trente centim?tres de distance.
Et voila que se produisit la chose du monde la plus effarante : le cercle rouge bougea de nouveau ! Il se mit a danser sur la muraille nue, allant et venant, disparaissant, reparaissant, bondissant.
Sous nos paupi?res closes, un point de lumi?re qui persiste danse ainsi souvent, s'enfle et diminue, devient un disque frissonnant, se transforme en un anneau de clarté, se multiplie, se divise en feux follets qui jouent dans le temple fermé de notre vision. De m?me, Jim voyait - mais devant ses yeux grands ouverts - toute une fantasmagorie de cercles rouges, de points lumineux, de taches de sang, de couronnes écarlates, de boules enflammées qui tourbillonnaient en une ronde éperdue.
Sa raison s'égara. Il s'abattit sur le mur, et de ses poings formidables il frappa sans relâche, forcené, tandis que, de sa gorge, jaillissaient des cris incohérents.
- Eh bien ! Jim, qu'est-ce qu'il y a ? Encore tes acc?s de rage ? C'était le gardien que le bruit avait attiré et qui regardait entre les barreaux.
Jim recula et, par un effort, se maîtrisa, non pas qu'il e?t peur, mais il ne voulait pas que le gardien entrât et vît le cercle rouge sur la muraille.
Le gardien examina l'homme durant quelques instants. Des gouttes de sueur baignaient le visage et le cou de Jim. Cependant, il paraissait maintenant calme et maître de lui.
- C'est fini, n'est-ce pas ? Un peu de silence a présent ! dit le gardien, qui s'éloigna.
Jim n'avait plus bougé. De nouveau, il regardait la muraille.
Le cercle rouge n'était plus la.
En m?me temps, par un phénom?ne inconcevable, mais dont il ne pouvait mettre en doute un seul moment la réalité affreuse, il avait la sensation nette, irrécusable, que le cercle rouge traversait l'étoffe de son v?tement, s'imprimait dans son dos, pénétrait dans sa chair et la br?lait comme un fer chauffé a blanc.
Sensation diabolique ! Et, pourtant, comment la nier ?
C'était intolérable. D'un coup, Jim sauta de côté, livrant passage a cette chose inconnue qui le torturait, et la chose se rua sur le mur, comme projetée par une puissance indomptable.
Le cercle était la de nouveau.
Et puis, soudain, il disparut. Plus rien. La muraille vide.
Jim respira.
Mais il y eut, coup sur coup, deux apparitions, deux boules de lumi?re qui jaillirent du mur, encore une interruption, puis toute une série d'éclairs, séparés les uns des autres par des intervalles réguliers.
Machinalement, Jim les compta, ainsi que l'on compte les vibrations lumineuses d'un phare.
Il y en eut quinze.
Une autre interruption. Puis deux éclairs.
Jim attendit. Mais il ne se produisit plus rien et, au bout de quelques minutes, il put croire qu'il ne se produirait plus rien.
- Deux... Quinze... Deux... murmura-t-il, se rappelant les nombres respectifs des trois séries d'apparitions du cercle rouge.
Cela n'eut pour lui, tout d'abord, aucune signification, car il n'en cherchait point. Mais, apr?s un instant, il eut cette idée, tout a fait inconsciente, d'ailleurs, de confronter chacun de ces nombres avec la lettre qui lui correspondait dans l'alphabet.
Il obtint un B, un O et un B.
Alors, il éprouva une surprise sans bornes. Réunies, ces trois lettres - il s'en rendit compte - formaient un mot, ou plutôt un nom : Bob.
Et Bob, c'était le nom de son fils.
L'émotion le fit chanceler, il dut s'asseoir sur l'escabeau. Mais son effroi mystérieux était dissipé. Il n'était plus en face d'un prodige, et, sans comprendre encore la crise par laquelle il venait de passer, sans comprendre qu'il avait été le jouet de son cerveau malade et que le cercle rouge qu'il avait dessiné, ce cercle rouge qui l'obsédait, s'était, par hallucination toute naturelle, confondu avec la tache de lumi?re qui dansait sur le mur pour lui transmettre les signaux de son fils Bob, il comprenait, du moins, l'origine de cette tache de lumi?re et le sens de ces signaux.
Un grand apaisement l'envahit. Le cauchemar sournois et terrifiant de l'inexplicable s'éloignait de lui. Il savait.
Il savait ! Quelque part, juché sur un toit voisin, Bob, a travers le soupirail d'une des lucarnes de la cellule, l'avertissait de sa présence au moyen d'une petite glace de poche qui captait des rayons de soleil et les envoyait dans la cellule obscure.
Rozdział III. W jaki sposób Bob pojmuje sport.
Pan Robert Barden, którego najbliżsi jego przyjaciele tj. włóczęgi rozmaite i początkujący włamywacze, eks-bokserzy czarni, oddający się pijaństwu i napadom nocnym, dawni służący chińscy obecnie złodzieje i fałszerze i rozmaici łotrzykowie płci obojga nazywali familjarnie: "Bob", był młodzieńcem, rokującym wielkie nadzieje. Nie dlatego bynajmniej, by się odznaczał jakimś głośnym czynem. Nie, dotychczas brakło mu sposobności, jak opowiadał wszem i wobec, niejako w celu usprawiedliwienia. Ale liczył dopiero lat dwadzieścia, miał więc jeszcze czas się poprawić!
Był to tymczasem młody gentleman o cerze nalanej, ziemistej, o włosach przyklejonych do skroni pod czapką zbyt głęboko nasuniętą, o oczach fałszywych, biegających niespokojnie. Ubranie jego było bardzo zaniedbane, chód niepewny a wysłowienie nie dla wszystkich zrozumiałe.
Żywił on dla pracy pod jakąkolwiekbądź postacią, wstręt instyktowny, chorobliwy prawie, uważając natomiast dobro bliźniego jako swoje własne. Pozatem nie chodziło mu wcale o popełnienie kradzieży, nie lubił bowiem willegjatur, jakie rząd amerykański ofiarowuje bezpłatnie ludziom tej kategorji. Ponieważ jednak przedewszystkiem wolał on nic nie robić, zsuwał się więc coraz niżej po pochyłości, po której pchały go lenistwo i wady, a która kończy się zwykle nie słomą więzienną, gdyż dzisiejsze więzienia amerykańskie jej nie posiadają, ale robotami przymusowemi, co dla ludzi pokroju Boba jest o wiele gorsze.
Pan Bob Barden dnia tego był w bardzo złym humorze.
Od rana spotykały go same przeciwności losu. Najpierw właściciel mieszkania, człowiek najwidoczniej brutalny, wyrzucił go na ulicę, dokuczyło mu bowiem nie pobierać nigdy zapłaty za nędzny pokoik. Z wielkim trudem Bob otrzymał pozwolenie zabrania swych ruchomości, składających się z trzech kołnierzyków, dwóch dziurawych chustek do nosa i grzebyka z połamanemi zębami.
Potem napróżno oczekiwał na naznaczonem rendez-vous jednego z najlepszych swych przyjaciół, Izaaka Hands'a, mającego mu przynieść należną mu część ze sprzedaży roweru, znalezionego zupełnie osamotnionego przedwczoraj, na rogu ulicy.
A wreszcie kroki, poczynione z rozpaczy w celu pożyczenia jednego dolara od jednego również serdecznego znajomego, zawiodły na całej linji.
O zwróceniu się zaś do Sama Smillinga nie warto nawet myśleć. Po nieudaniu się próby wydobycia od Dżima Bardena drugiej połowy bransoletki koralowej, Sam Smilling, mimo iż Bob o mały włos nie pogruchotał sobie kości podczas swej niefortunnej misji, wyrzucił chłopca za drzwi a Bob zanadto obawiał się straszliwego szewca, by pokazywać się mu znów na oczy. W skutek tych niepowodzeń około godziny jedenastej Bob znajdował się w szynku bardzo podejrzanym i siedząc przed szklanką alkoholu, wydanego mu im kredyt, apatyczny i zniechęcony, przysłuchiwał się jednem uchem rozmowie, prowadzonej w żargonie przez trzech rzezimieszków, bliżej mu znanych.
- Więc to banda Sama Smillinga znowu się odznaczyła? Wspaniała rzecz! - szepnął młodzieniec chudy i blady. - Zapewne wiesz szczegóły, Wilsonie?
- Tak, - odpowiedział Wilson, człek czerwony i dobrze odżywiony. - To Sam, który obmyślił wszystko.
- Ach, on zawsze, mądry i dowcipny, ten szewc, - zachwycał się trzeci z towarzystwa, Mulat.
- To należy mu przyznać, - zgodził się Wilson. - Zna się na rzeczy a rzecz warta była roboty... Stary Sam kierował wszystkiem razem z Paddy'm i Chińczykiem, jako swymi adjutantami. Wynajęli oni sklep za jubilerem. Jacek, siostrzeniec starego Sama, urządził tam zakład fryzjerski. To dopiero pomysł! Bo klijenci, rzecz naturalna, to byli sami z bandy; wchodzili, wychodzili i nikt się temu nie dziwił. I tak wreszcie przedziurawili mur od swojej piwnicy do piwnicy jubilera. Stróż był w porozumieniu, obiecali mu tysiąc dolarów, pozwolił się związać i zakneblować. Co nie przeszkadza, że przed opuszczeniem lokalu wsadzili mu majcher pod żebro, aby go nie wzięła czasem chęć gadać... O, tak! można powiedzieć, że on zna się na swojem rzemiośle, Sam Smilling. Pamiętacie, jak on oszukał doktorów i powiedzieli o nim, że jest klep... keloto... keltoman czy jak to! Koniec końców, zabrali biżuterji więcej jak na czterdzieści tysięcy dolarów.
- Psia mać! to sztuka! - zawołał zachwycony Bob Barden. - Coś takiego przydałoby się mnie bardzo.
- Iii.. masz dobry gust, nie mogę ci zaprzeczyć, ale do takich rzeczy należy mieć więcej nerwów, niż ty, chłopaczku, - powiedział z pogardą Wilson. Bob wyszedł za nimi, ale pozwolił im się wyprzedzić. Czuł się bowiem głęboko zraniony tonem pogardliwym Wilsona i nie chciało mi się żyć na świecie tak bez grosza przy duszy.
Wkrótce jednak poszedł żwawiej, skierowując się na plac sąsiedni, gdzie zgromadziła się liczna ciżba ludzi. Tego poranku bowiem rozgrywano turniej sportowy, którego rezultaty, w miarę, jak nadchodziły, były ogłaszane olbrzymiemi literami przed biurem agencji:
Bob zmieszał się z tłumem, przybierając wygląd spacerowicza, przechadzającego się powolnie.
Wreszcie zbliżając się do grupy publiczności, bardziej w tem miejscu stłoczonej, stanął obok jednego z gapiów, o wyglądzie prowincjonalnym i bardzo naiwnym. Nie zwrócił on najmniejszej uwagi na podejrzane indywiduum, które stanęło przy nim, cały pochłonięty oczekiwaniem rezultatów sportowych, które agencja ogłaszała. Z kieszeni jego kamizelki zwieszał się piękny łańcuszek od zegarka, zakończony ciężkim złotym medalem.
Bob rozejrzał się w prawo i w lewo i zbliżył się jeszcze bardziej.
W tejże chwili Dżim Barden, wypuszczony na wolność dzięki interwencji Flory Travis, znalazł się również na placu.
Nagle zadrżał i wlepił wzrok przed siebie. Rzucając bowiem okiem na tłum zgromadzony, ujrzał tam swego syna.
Syn jego! Zapewne Dżim zdawał sobie dobrze sprawę, że Bob nie zginał wówczas, gdy on wyrzucił go przez okienko w murze celi. Obecnie Dżim był spokojny i widząc Boba, doznał pewnego wzruszenia, które jednak minęło szybko ma myśl, jakiemu dziwnemu zajęciu oddawał się tutaj jego syn.
Obserwował go chwilą, potem, skradając się, stanął tuż poza nim.
Bob nie zauważył tego: jego obecne zajęcie pochłaniało wszystkie jego zdolności i zmysły. Niby to nie Patrząc wcale, wpatrywał się z pod oka w sąsiada, a ręka jego zbliżała się chyłkiem, powolusieńku do pięknego łańcuszka. I zanim Dżim miał czas zatrzymać jego ramię, schwycił przedmiot swego pożądania z zadziwiającą zręcznością.
Nieszczęściem dla siebie w tejże chwili zobaczył z boku swego ojca ze wzrokiem utkwionym w niego. Nie mógł opanować ruchu przerażenia, a wówczas gość z prowincji, szarpnięty niebacznie, spostrzegł kradzież.
- Złodziej! Złodziej! - zaczął krzyczeć potężnym głosem.
- Łapać złodzieja!
I byłby napewno złapał Boba, gdyby nie stary Dżim, który odepchnął go tak gwałtownie, iż stracił równowagę. Korzystając z tej chwili, Dżim schwycił sam swego syna za kołnierz i pchając go przed sobą z niepohamowaną siłą, wyciągnął go z tłumu, poczerń zaczęli uciekać co sił w nogach.
Tłum niepokoił się, nie wiedząc, o co chodzi. Nadbiegło dwóch policjantów ale nikt nie mógł im dać objaśnienia, gdy Maks Lamar, w poszukiwaniu śladów Dżima, znalazł się na miejscu wypadku. W jednej chwili zorjentował się, o co chodzi. W oddali zobaczył uciekających Dżima z synem.
- Prędzej! Prędzej! gońmy tych ludzi! - krzyknął, pokazując zbiegów policjantom.
Wówczas obydwaj, oraz doktór, puścili się w pogoń. Pobiegła za nimi również grupa ochotników z publiczności, ale wkrótce zaczęli, zadyszani i zmęczeni, odpadać jeden za drugim.
Dżim pchając ciągle przed sobą młodego rzezimieszka, który niezadowolony ze swej niezgrabności i przerażony ukazaniem się ojca słuchał biernie, przebiegł całym rozpędem parę ulic.
Oglądnąwszy się, poznał Maksa Lamara w towarzystwie dwóch policjantów. Na ręce jego, trzymającej żelaznym uściskiem syna za kołnierz, krwawy wieniec Koła Czerwonego odmierzał jego wściekły szał.
Pogoń przybliżała się.
Najwyższym wysiłkiem, pchając Boba jeszcze silniej, zdyszany Dżim przyspieszył biegu. Zagłębił się teraz w pusty zaułek, pobiegł jeszcze około stu metrów i skręcił w ścieżkę wąską i ciemną.
Tu pobiegł do wysokiego parkanu, okalającego puste place, zarzucone starem drzewem. Na rogu parkanu Dżim zatrzymał się. Pogoni jeszcze nie było widać. Wówczas schwycił wystający kół w parkanie, wyciągnął go bez wielkiego wysiłku, prześliznął się z Bobem przez otwór w ten sposób uczyniony i złożył kół na swoje miejsce.
Wówczas, biorąc syna znów za kołnierz, ukrył się razem z nim między starym baniakiem do prania bielizny a dwiema beczkami, ustawionemi jedna na drugiej. Z dachu jednej szopy, przylegającej do pustych placów, chłopak w łachmanach obserwował z ciekawością przebieg całego zdarzenia.
III. Comment Bob comprend le sport
M. Robert Barden, que ses amis intimes, c'est-a-dire les jeunes rôdeurs et les cambrioleurs débutants, les filous de haute et basse p?gre, les ex-boxeurs noirs tombés dans l'ivrognerie et l'attaque nocturne, les anciens domestiques jaunes devenus des voleurs et des faussaires, les malfaiteurs des deux sexes - en un mot, toute l'écume des villes de l'ouest des États-Unis - qui composaient la sph?re de ses relations, appelaient famili?rement Bob, était un jeune homme de grande espérance.
Ce n'était pas que, jusqu'a ce jour, il se f?t particuli?rement distingué par quelque coup d'éclat ou par quelque canaillerie sensationnelle. Non, l'occasion lui avait manqué, prétendait-il lui-m?me pour s'excuser (il est vrai que les malveillants disaient que c'était le courage). Mais il n'avait gu?re plus de vingt ans et il avait tout le temps de se rattraper.
C'était un jeune gentleman au teint plombé, aux cheveux collés aux tempes sous la casquette trop enfoncée, aux yeux faux et fuyants, a la mise négligée, a la démarche veule et a la parole traînante.
Il avait pour le travail, quel qu'il f?t, une horreur instinctive et presque maladive, et, par contre, une fâcheuse propension a considérer comme sien le bien d'autrui. Du reste, il ne tenait pas particuli?rement a voler, n'aimant pas du tout les villégiatures que le gouvernement américain offre aux gens de son acabit, et il professait a part lui que la crainte du policeman est le commencement de la sagesse... Cependant, comme, avant tout, il voulait ne rien faire, comme son vague métier de cordonnier le dégo?tait tant qu'il l'avait, depuis des mois, abandonné, il glissait de plus en plus sur la pente o? le poussaient sa paresse et ses vices et qui aboutit généralement, non a la paille humide, puisqu'il n'y en a plus dans les cachots, mais au bagne, si ce n'est pire.
M. Bob Barden, ce jour-la, se trouvait de tr?s mauvaise humeur.
Depuis le matin, il était en butte aux coups d'une fortune contraire. Tout d'abord, d?s l'aube, a son avis, c'est-a-dire vers neuf heures, son logeur, homme brutal, redouté pour ses muscles d'ancien lutteur, l'avait jeté dehors, las de ne jamais toucher le loyer de sa misérable chambre. Bob avait obtenu a grand'peine la permission d'emporter ses bagages, consistant en trois faux cols (deux sales et un propre), deux mouchoirs troués et un peigne aux dents cassées.
Ensuite, il avait attendu en vain, a un rendez-vous fixe, un de ses meilleurs amis, M. Isaac Hands, qui devait lui apporter sa part du produit de la vente d'une bicyclette, trouvée l'avant-veille, toute seule, au coin d'une rue.
Enfin, une tentative faite, en désespoir de cause, pour emprunter un dollar a une autre de ses connaissances, un vieux receleur, Jérémie Shaw, avait essuyé un échec absolu, environné de considérations mortifiantes sur les incapables et les peureux.
Quant a s'adresser a Sam Smiling, il n'y avait pas a y songer. Apr?s l'échec de la tentative faite pour obtenir de Jim Barden la seconde moitié du bracelet de corail, Sam, bien que Bob e?t failli se rompre les os au cours de sa mission, l'avait mis a la porte de chez lui, et Bob craignait trop le redoutable cordonnier pour l'affronter de nouveau.
En conséquence, vers onze heures, dans un bar mal famé, Bob se trouvait assis devant un verre d'alcool qu'on avait consenti a lui servir a crédit. Apathique et morne, les mains dans ses poches vides, un bout de cigarette collé a la l?vre, il pr?tait une oreille distraite a la conversation tenue en argot par trois chenapans de sa connaissance, qu'accompagnait une personne de m?urs peu farouches, qui pour le moment, la t?te dans ses mains, dormait sur la table.
- Alors, c'est la bande a Sam Smiling qui a fait le coup ? dit, a mi-voix, un personnage chétif et bl?me. Vous avez des détails, Wilson ?
- Oui, dit Wilson, un gros homme bien nourri, a encolure de campagnard jovial et qui intercalait : " On peut le dire " entre toutes ses phrases. J'ai failli en ?tre, mais j'étais a travailler ailleurs et je l'ai regretté, on peut le dire ! C'est Sam qui a tout monté lui-m?me.
- Ah ! c'est le malin des malins, le cordonnier, déclara le troisi?me, un mulâtre colossal, aux oreilles écrasées par la pratique du catch-as-catch-can.
- Ça, on peut le dire, approuva Wilson, admiratif. Il s'y connaît et l'affaire en a valu la peine... Le vieux Sam a tout dirigé avec Paddy et le Chinois comme lieutenants. Ils avaient loué une boutique derri?re la bijouterie - pas un appartement au-dessus ou a côté pour éveiller les soupçons, pas si b?te ! - non, une boutique qui était dans une autre rue. Jack, le neveu du vieux Sam, s'y est établi coiffeur. Ça, c'était trouvé, on peut le dire ! Et alors les clients, n'est-ce pas, c'étaient les types de la bande, ils entraient, ils sortaient, personne ne trouvait ça drôle. Et finalement, ils ont percé le mur de leur cave a eux, pour passer dans la cave de la bijouterie, et puis, la nuit d'apr?s, ils ont percé le plancher pour entrer dans la boutique. Le gardien était de m?che, on lui avait promis mille dollars. Il n'a pas donné l'alerte, il s'est laissé ligoter et bâillonner. Ça n'a pas emp?ché qu'ils l'ont supprimé avant de partir, pour si, des fois, il lui prenait fantaisie de trop parler... Ah ! on peut le dire, il connaît son affaire, le p?re Smiling. Vous vous souvenez quand il a fait croire aux médecins qu'il était klep... kelpto... keltomane, quoi !... Bref, ils ont raflé pour plus de vingt mille dollars de bijoux.
- Dieu de Dieu ! en voila un coup ! cria avec enthousiasme M. Bob Barden, tiré de son apathie par l'importance de la somme. C'est ça qu'il me faudrait !...
- T'es pas dégo?té, mais pour des coups comme ça, faut avoir un peu plus de nerf que tu n'en as, mon petit, objecta avec un indulgent mépris M. Wilson, qui, peu apr?s, ayant doucement réveillé la nymphe endormie, en la cognant sur la t?te avec son verre, paya et sortit avec elle et ses deux compagnons.
Bob sortit derri?re eux, mais il les laissa s'éloigner. Il était profondément ulcéré par le dédain qu'on lui avait témoigné ; il était dégo?té d'?tre sans le sou et sans domicile, et le verre d'alcool, avalé a jeun, - un effroyable whisky d'une force peu commune, - lui avait cassé les jambes, brouillé les idées et donné de l'audace. Il gagna a pas lents une avenue plantée d'arbres et, s'adossant au tronc de l'un d'eux, ralluma sa cigarette et resta immobile, plongé dans des réflexions qui, peu a peu, communiqu?rent une expression sinistre a son visage plombé.
Bientôt il se remit en marche, se dirigeant vers une place voisine.
Une foule considérable s'y trouvait rassemblée. Ce matin-la s'était disputée une épreuve sportive de l'intér?t le plus passionnant, et dont les résultats, au fur et a mesure qu'ils parvenaient, étaient affichés en caract?res énormes devant les bureaux d'une agence.
Bob se m?la au public. Le sport ne l'intéressait pas particuli?rement, ou plutôt le sport qu'il se proposait de pratiquer ne ressemblait en rien a celui dont les résultats suscitaient tant de curiosité.
Au milieu de la foule, il se glissa sans hâte, de l'air détaché d'un flâneur indolent, tout en inspectant soigneusement d'un coup d'?il rapide et sournois, chacune des personnes qu'il coudoyait.
Enfin, s'approchant d'un groupe plus dense que les autres, il vint se planter a côté de l'un des assistants. Celui-ci, un homme haut en couleur, bien mis, avait l'aspect provincial et l'air na?f.
Il ne fit pas la moindre attention a l'individu louche qui s'était arr?té pr?s de lui. La t?te en arri?re, les yeux écarquillés, la bouche ouverte, il suivait avec une attention passionnée les résultats que l'agence affichait. De la poche de son gilet pendait une belle chaîne de montre, terminée par une lourde médaille en or.
Bob jeta un regard scrutateur a droite et a gauche et se rapprocha encore.
A ce moment, Jim Barden, laissé en liberté grâce a l'intervention de Florence Travis, arrivait sur la place. Il marchait d'un pas pesant, la t?te basse, courbant ses puissantes épaules.
Indifférent a la foule qu'il coudoyait brutalement, il roulait de sombres pensées qui contractait son visage.
Tout a coup, il eut un tressaillement, et son regard devint fixe. Et, jetant un coup d'?il d'amer dédain sur la foule animée qui l'entourait, il avait aperçu son fils.
Son fils ! Certes, Jim s'était bien rendu compte que Bob n'avait pas péri le jour o? il l'avait précipité par la lucarne de la cellule. Une enqu?te rapide avait suffi au vieux Barden pour constater que son fils avait d? empoigner la corde qui traînait sur la pente du soupirail, et que Sam Smiling l'avait remonté a la force du poignet jusqu'au toit d'en face. Maintenant Jim n'était plus en fureur, et, a revoir Bob, il eut un éclair d'émotion, mais qui se dissipa aussitôt : A quelle étrange besogne Bob s'employait-il donc ?
Il l'observa, puis, a pas muets, il vint se placer debout, immédiatement derri?re lui.
Bob ne s'en aperçut point ; ses occupations actuelles absorbaient toutes ses facultés. Sans en avoir l'air, du coin de l'?il, il examinait son voisin, et, vers la montre de celui-ci, sa main avançait lentement. Avant que Jim e?t le temps de lui arr?ter le bras, il avait saisi la chaîne avec une dextérité furtive.
Par malheur pour lui, au m?me instant, d'un regard de côté, il vit son p?re, les yeux fixés sur lui. Il ne put retenir un mouvement de stupeur et d'épouvante. Le provincial, qu'il heurta, s'aperçut du larcin.
- Au voleur ! cria le provincial d'une voix formidable. Au secours ! Arr?tez-le !
Il voulut se saisir de Bob, mais le vieux Jim, le rejetant de côté si violemment qu'il le fit trébucher, prit lui-m?me son fils au collet, et, le poussant devant lui avec une force irrésistible, l'arracha du milieu de la foule et l'entraîna en courant a toutes jambes.
La foule s'ameutait dans un soudain tumulte. Deux policemen accourus s'informaient sans pouvoir arriver a se faire dire ce qui s'était passé, lorsque Max Lamar, cherchant a retrouver la piste de Jim, que son entretien avec Florence lui avait fait perdre, arriva rapidement, attiré par les cris et le rassemblement.
En un instant, il en comprit la cause. Il vit, la-bas, Jim et son fils qui s'enfuyaient.
- Vite ! vite ! poursuivons ces hommes ! cria-t-il en les désignant aux deux policemen.
Ceux-ci, avec lui, s'élanc?rent sur les traces des fuyards. Un groupe de chasseurs amateurs les suivirent, mais, bientôt distancés, s'arr?t?rent un a un, essoufflés.
Jim, poussant toujours devant lui le jeune chenapan, qui, mécontent de sa maladresse, bouleversé par l'apparition de son p?re, obéissait passivement, franchit a toute allure deux ou trois rues, espérant dépister ceux qui étaient a ses trousses.
Il avait reconnu Max Lamar en compagnie des deux policiers. Sur sa main qui, d'une étreinte de fer, tenait son fils au collet, la couronne sanglante du Cercle rouge mesurait sa rage éperdue.
Les poursuivants gagnaient du terrain.
Dans un effort supr?me, poussant plus fort Bob, haletant, Jim activa sa course. Il s'enfonça dans une ruelle déserte, y fit cent m?tres environ et, escaladant trois marches, se jeta dans une allée étroite et obscure qui s'ouvrait entre deux maisons sordides.
Il parcourut l'allée jusqu'a une haute palissade clôturant un terrain vague tout encombré de vieux bois et d'objets divers, plus ou moins hors d'usage.
A l'angle de la palissade, Jim s'arr?ta. Les poursuivants n'étaient pas encore en vue. Il saisit l'extrémité de la palissade, la décloua sans grand effort, se glissa avec Bob par l'ouverture ainsi obtenue, et replaça la clôture dans sa position premi?re.
Alors, reprenant son fils au collet, il alla se dissimuler avec lui entre un vieux cuvier a lessive et deux tonneaux empilés l'un sur l'autre. Du toit d'un appentis donnant sur le terrain vague, un enfant en haillons, caché derri?re les planches, les observait curieusement.
Rozdział V. W którym czytelnik zawiera znajomość z p. Karolem Baumanem, lichwiarzem wszystkich rodzajów.
- Czy biuro p. Baumana?
- Tak, to tutaj, proszę pani, ale p. Bauman wyszedł i wróci dopiero około trzeciej.
Larkin, służący biurowy banku Baumana, wpatrzył się nie bez zdumienia w nieznaną mu osobę, która pytała o jego pana, a wygląd której, doprawdy, był nieco dziwny.
Była to kobieta, wzrostu, o ile można było sądzić, średniego, ale czy była ona stara czy młoda, ładna czy brzydka? Kwestji tych w żaden sposób nie dało się rozwiązać. Nieznajomą bowiem okrywał płaszcz czarny, tak szeroki i tak długi, że otulał ją szczelnie od stóp do głów; zasłaniał ją przytem welon tak gęsty, opadający w fałdach tak nieprzeniknionych dokoła głowy, że nie można było rozróżnić najmniejszego szczegółu rysów czy figury.
Nic sobie nie robiąc z odpowiedzi służącego, nieznajoma najspokojniej w świecie pewnym krokiem weszła do poczekalni.
- Wiem dobrze, że pana Baumana niema w biurze, - rzekła. Spotkałam go właśnie na ulicy, niedaleko stąd; rozmawiał z kimś, jednakże rozmówiłam się z nim i on mnie prosił abym zaczekała na niego tutaj, w jego gabinecie.
- W gabinecie pana Baumana
- Tak jest, w jego gabinecie. Proszę mnie tam zaprowadzić.
Larkin otworzył szeroko oczy i usta, zamieniające się w obraz zdumienia i niepewności.
Był to bowiem biedak, nieśmiały i skromny, obarczony rodziną i żyjący w ciągłym strachu, że w razie jakiegoś nieporozumienia, zostanie wyrzucony na bruk bez litości.
Jak ognia obawiał sic Baumana i w chwili tej właśnie dręczyła go niepewność decyzji. Czy nie rozgniewa on bardzo swego pana, pozwalając wejść komuś do jego gabinetu? A z drugiej strony czy nie przewini on bardziej, odmawiając tej pani? Nieznajoma zdawała się być bardzo pewną siebie. Głos miał brzmienie autorytatywne, Larkin był przyzwyczajony do tego, te szef zachowywał się w sposób bardzo tajemniczy wobec rozmaitych spraw. Pomyślał, że wartoby pójść spytać o radę jakiegoś urzędnika, ale p. Bauman zabronił mu raz na zawsze mówić z kimkolwiek o tem, co się dzieje u niego.
- Więc cóż? - spytała zawoalowana pani z pewnym odcieniem zniecierpliwienia w głosie, - cóż tak namyślacie się? Pan Bauman będzie bardzo niezadowolony, jeżeli kto mnie tu spotka.
Larkin wstrząsnął się jak w febrze.
- Proszę panią tędy, - rzekł, otwierając drzwi do gabinetu.
Ody drzwi się zamknęły, rozglądnęła się i zrobiła ruch rozczarowania. W komnacie ciemnej, umeblowanej w guście surowym, nie było na wierzchu żądnego papierka, żadnego aktu, żadnego pokwitowania.
Usiadła. Potem, nie podnosząc woalu, oparła głowę na dłoniach i pogrążyła się w rozmyślaniach. Całe zachowanie się jej robiło wrażenie osoby niespokojnej, niezdecydowanej, osoby, która przyszła, by spełnić jakiś czyn, a widzi, że w danych okolicznościach nie znajduje koniecznej pomocy.
Wreszcie wstała i spiesznie podeszła do drzwi, któremi wprowadził ją Larkin. W chwili, gdy miała ująć klamkę, zatrzymała się, znów niezdecydowana. Czy wyjdzie? Czy też będzie trwała przy swem przedsięwzięciu? Wahała się. Dwa razy wyciągnęła rękę w kierunku klamki. Dwa razy odwracała się od drzwi. A jednak wyjdzie. Wypadek zadecydował. Tuż obok niej zasłona z zielonego aksamitu zasłaniała część muru naprzeciw okna i zasłonę tę, wiedziona ciekawością, uchyliła cokolwiek.
Za firanką ujrzała drzwi zamknięte - drzwi metalowe, wysokie na dwa metry i podobne zupełnie do drzwiczek od kasy ogniotrwałej, z jej zamkami, przedziałami i guzikami.
Kobieta zawoalowana stała nieruchomo i - rzecz dziwna - nie przypatrywała się bynajmniej drzwiom żelaznym... Nie, przyglądała się uważnie swej ręce, ręce prawej, zaciśniętej kurczowo na firance, a na której ukazywało się lekkie zaróżowienie w kształcie koła.
Tajemnicza osoba zaczęła trząść się konwulsyjnie, drżeniem dziwnem, zmniejszającem się w miarę tego, jak zjawisko, które przerażało, stawało się bardziej wyraźne. Znak się uwydatniał. Barwa różowa ściemniała, stała się czerwoną, potem szkarłatną, krwawą.
-Tak - tak, szepnęła do siebie nieznajoma, jakby odpowiadając jakiemuś wewnętrznemu głosowi, - tak. będę działała... Nie mogę nie działać...
Jeszcze przebiegł ją dreszcz, może dreszcz ostatniego buntu przeciwko utajonej mocy, która zmuszała ją do działania. I, nagle, ucichła, opanowana spokojem głębokim i stanowczym...
Nachyliła się, badając mechanizm drzwi i przedziałek, ale rychło zdała sobie sprawę, że były one zamknięte hermetycznie, bez możliwości otwarcia. Opuściła zieloną firankę i powoli przeszła się dookoła pokoju, będąc do tego stopnia panią siebie, że usiadła na fotelu skórzanym i pogrążyła się w myślach.
Po chwili wstała. Pian jej był gotów.
Takież same ciężkie zielone firanki jak na drzwiach żelaznych, opadały w oknach.
Z zimną krwią stwierdziła, że otulając się firanką staje się niewidzialną, że nic w pokoju nie zdradza jej obecności.
W tejże chwili cierpki głos dał się słyszeć z sąsiedniej poczekalni. Zbliżyły się kroki. Jakaś ręka ujęła za klamkę drzwi do gabinetu.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Zakład, nazywany przez Karola Baumana jego bankiem, miał początki bardzo skromne. Umysł złośliwie usposobiony napewno nazwałby je nawet podejrzanemi. Obecnie bank ten zajmował całe pierwsze piętro kamienicy o majestatycznym wyglądzie.
Karol Bauman nazywał siebie przemysłowcem i bankierem, gdyby jednakże był choć trochę szczerym, piękne te przymiotniki zamieniłby na swych biletach wizytowych jednem słowem: "Lichwiarz".
Bo był on lichwiarzem w calem tego słowa znaczeniu, we wszystkich rodzajach i odmianach. Dostarczał pieniędzy za cenę przerażającą przemysłowcom, znajdującym się chwilowo w kłopocie i młodym ludziom bogatym, nie gardząc przytem brudną spekulacją i skromnym zarobkiem z pożyczek na termin tygodniowy.
W dzielnicach gęsto zaludnionych, gdzie zarzucił sieć swych operacyj, nie było ulicy ani prawie domu, gdzieby nie płacono lichwiarskiej dziesięciny Baumanowi i gdzieby imię jego nie oznaczało ruiny i nędzy.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
W jakiś kwadrans po wpuszczeniu przez Larkina zawoalowanej kobiety, Karol Bauman wrócił do swego domu bankowego.
Pan Bauman był pochodzenia germańskiego, ale nie miał w sobie nic z Niemca jasnowłosego i otyłego. Był to mężczyzna suchy, żywy, chudy i niepokaźny, mimo swego małego wzrostu, starający się o wygląd imponujący, ubrany zawsze z wyszukaną elegancją. Jego siwiejące włosy podnosiły się na czaszce, jak tupek klowna i cała jego postać byłaby śmieszna, gdyby nie bezczelny wyraz oczu i nieubłagana zaciętość, malująca się na twarzy.
- Larkin! - zawołał z pogardliwą brutalnością, otwierając sobie drzwi z poczekalni do swego gabinetu.
Służący jakby naciśnięty sprężyną powstał automatycznie.
- Biegnij i weź od kasjera akty Gardinera i odnieś je natychmiast do pana Bull'a, do trybunału.
- Słucham, panie dyrektorze! Jeżeli pan dyrektor pozwoli powiedzieć sobie...
- Powiedziałem: biegnij!
Bauman lubił teroryzować, gdy mógł to czynić bez ryzyka i teraz spiorunował wzrokiem służącego.
Więc tenże, biedaczysko przerażony, nie ośmielił się już tłómaczyć dalej i pospieszył wypełnić rozkaz. Bauman zaś przeszedł poczekalnię i wszedł do gabinetu. Tam zdjął z głowy kapelusz i razem z laską umieścił na krześle. Po chwili zbliżył się do firanki, zasłaniającej drzwi sekretne, pokręcił guziki, nastawił wskazówki w przedziałach i otworzył ciężkie żelazne podwoje. Firanki w oknie lekko zadrżały, ale Bauman nie zauważył tego. Sekretne drzwi otworzyły się, ukazując wgłębienie, rodzaj alkowy w murze bez okna, z wszystkich stron opancerzonej stalą. Ściany wypełnione były przegródkami i szufladami, w których znajdowały się teki ponumerowane.
Pan Bauman dotknął kontaktu i światło elektryczne zalało szafę opancerzoną. Wówczas wszedł do środka schowka, wyciągnął z przegrody olbrzymią tekę z etykietą: "Pokwitowania" i wyniósł ją do gabinetu, kładąc na swojem biurku. Potem wrócił znów do alkowy, przymknął za sobą drzwi do połowy i zaczął uważnie przeglądać zawartość szuflad.
Zza zielonej firanki koło okna wysunęła się postać kobieca, osłonięta czarnemi welonami i przeszła cicho, bez najmniejszego hałasu...
Karol Bauman w swojej szafie-skarbcu, pracował, bardzo zaabsorbowany...
W dużym pokoju, służącym za wspólne biurko kilku urzędników banku Baumana pracowało z wielką gorliwością, wzmożoną jeszcze od chwili, gdy usłyszeli cierpki, chrypliwy głos swego szefa, rozmawiającego po powrocie z Larkinem.
Jeden z urzędników, siedzący przy biurku, najbardziej zbliżonem do gabinetu dyrektora, od kilku minut zdawał się być zajęty jakąś myślą dokuczliwą. Wreszcie położył pióro i zaczął nasłuchiwać.
Za parę chwil zawołał swego sąsiada:
- Panie Jarvis! Chodźno pan tutaj!... Czy nie słyszy pan nic?
- A co, panie Grant?
- Krzyki - krzyki oddalone - zduszone - o... o... i głuche uderzenie... O, słyszy pan?
- Ach, tak, tak, istotnie!... To dziwne.
- To tak, jakby z gabinetu szefa...
- Czy myśli pan, że go mordują? - spytał z zimną krwią Jarvis.
- Lub prędzej, że on kogo morduje? - zaryzykował półgłosem trzeci urzędnik.
- Nie myślę tego, - z tym samym spokojem odpowiedział Jarvis, - to nie w jego guście.
- Nie. Ale to faktycznie pochodzi z jego gabinetu, - rzekł Grant.
- Trzeba tam iść zobaczyć...
Trzej urzędnicy pobiegli do gabinetu, dokąd nigdy nie ośmielił się żaden z nich wejść bez pozwolenia.
- To on! On jest tam! - krzyknął Grant przerażony, wskazując na drzwi metalowe, hermetycznie zamknięte. Poprzez ich grubość słychać było oddalony i przyduszony głos Baumana. Ryczał on, wołając o pomoc i walił potężnie, zapewne nogami, w stal opancerzenia. Ale widocznie siły go opuszczały, gdyż krzyki chrypły coraz bardziej a uderzenia nogami słabły.
- Klucz! - wołał Grant. - Gdzie jest klucz?
- Kombinacja otwierania Jest bardzo zawikłana! - krzyknął przerażony Jarvis.
- Odwagi! panie dyrektorze! - darł się Grant. Zaraz uwolni się pana!
- Jest on zgubiony, - dodał szeptem, zwracając się do kolegów. - Nigdy, wyważając nawet drzwi, nie uczyni się tego w porę, by go wyciągnąć żyjącego. On udusi się wewnątrz.
Kasjer! Gdzie kasjer? - zawołał Jarvis, jedyny, który zachował resztę zimnej krwi. - Kasjer Smith zna rozwiązanie! I ma podwójny klucz! - Z temi słowy Jarvis rzucił się na poszukiwanie kasjera, urzędującego po przeciwnej stronie banku, w pokoju oddalonym od gabinetu dyrektora, gdzie kasjer Smith zamknął się, by skończyć jakieś niecierpiące zwłoki sprawozdanie kasowe.
Jarvis w kilku słowach objaśnił mu, co się dzieje i obydwaj wrócili biegnąc do gabinetu, gdzie zebrali się teraz wszyscy urzędnicy.
Grant poprzez drzwi opancerzone nie przestawał krzyczeć słów uspakających.
Odpowiadały mu słabnące wciąż krzyki spazmatyczne.
Kasjer pospiesznie nastawił wskazówki i słowa i pokręcił kluczem. Ciężkie podwoje otworzyły się.
Był już czas najwyższy. Bauman, nawpół uduszony, wyszedł chwiejąc się na nogach i wpadł na swoje biurko. Omdlewał prawie.
Ale przychodząc do siebie, wpadł w niepohamowaną złość.
- Co to jest? - wołał przerywanym głosem. - Co się tu dzieje? Kto wszedł tutaj? Kto zamknął te drzwi... wiedząc, że ja jestem wewnątrz?... Bo wiedziano o tem tutaj... jestem tego pewny.
To mówiąc, spoglądnął na swych podwładnych wzrokiem, pełnym gróźb.
Odpowiedział mu chór protestów.
- Nikt nie wszedł do pana, panie szefie przed wołaniem o pomoc, - stwierdził spokojnie kasjer.
Ryk, wychodzący z piersi Baumana, przerwał mu dalsze tłómaczenia.
- Teka! Teka z pokwitowaniami! Była tu! Gdzież jest teraz?
I tragicznym ruchem wskazywał na puste biurko.
Zdumieni urzędnicy spoglądali po sobie, nic nie rozumiejąc.
- Jaka teka, panie szefie? - zaryzykował pytanie Smith.
- No, mówię przecież, że teka pokwitowań! Pokwitowań na drobne pożyczki! Wyciągnąłem ją! Położyłem ot, tu! Ukradziono ją! Po próbie zamordowania mnie, kradzież! Ale ja znajdę winowajcę! Nie ujdzie mi! Ja każę zaaresztować was wszystkich!
Bauman nie posiadał się z gniewu.
- To ta kobieta zawoalowana! Rzecz zupełnie pewna, że to ona! - odezwał się w chwili pełnego grozy milczenia, głos przerażony.
Wszystkie głosy zwróciły się w tę stronę. Ujrzano Larkina, służącego biurowego. Wrócił on właśnie z posyłek i był obecny przy ostatniej scenie. A teraz zdawał się być przerażony słowami, jakie wypowiedział głośno pod pierwszem wrażeniem.
Pan Bauman skoczył i chwycił go za kołnierz.
- Kobieta zawoalowana! Jaka kobieta zawoalowana!
Co to ma znaczyć?
Larkin ledwie trzymając się na nogach, wyglądał raczej martwy, niż żywy.
- Panie szefie, panie szefie! To nie moja wina! - jęczał nieszczęśliwy, opowiadając przerywanemi słowy o tem, co zaszło.
Kiedy wytłómaczył wszystko, Bauman wyrzucił go za drzwi.
- Panie Smith, proszę tutaj! - wołał rozkazująco. - Ja biegnę na policję złożyć skargę. Ten idiota opowie co wie, a pan uzupełni moją skargę. I krokiem tragicznym przeszedł między swymi urzędnikami bardzo podnieconymi tem, co zaszło.
W towarzystwie Smitha, spokojnego i trzęsącego się jak galareta Larkina zszedł po schodach, zrobił jeden krok na ulicy i zatrzymał się osłupiały: nie ujrzał swego auta, które powinno było stale oczekiwać go przy bramie.
- Auto? - wyjąkał skamieniały, - gdzie jest moje auto?
Smith i Larkin rozejrzeli się bacznie wokoło: ani śladu samochodu.
Karol Bauman wydal okrzyk przeraźliwy:
- Skradziono! Skradziono mi również i auto!
Głos jego zamarł w jęku. Cios był za silny. Urzędnicy myśleli, że szef ich skona na miejscu. Zachwiał się... Ale za chwilę nowy przypływ wściekłości i energji powrócił mu siły.
- Larkin, biegnij po samochód, - rozkazał, zapominając, że chciał zatrzymać przy sobie swego służącego.
Larkin po upływie paru minut powrócił, siedząc obok szofera taksometru, który ich dowiózł do centralnej stacji policyjnej.
IV. Deux morts : ce qui survit
Dans leur cachette, entre le cuvier a lessive et les tonneaux, Jim et son fils rest?rent tapis, immobiles, et retenant leur souffle.
Bientôt, les pas précipités de Max Lamar et des deux agents de police retentirent dans l'allée.
Jim, ramassé sur lui-m?me, déterminé a résister jusqu'a la mort, attendit...
Les poursuivants pass?rent, sans soupçonner que ceux a qui ils donnaient la chasse se trouvaient, a quelques m?tres d'eux a peine, de l'autre côté de cette palissade, qui semblait si bien close, ils fil?rent a toute allure le long de l'allée déserte. Le vieux Barden, en tendant le cou, put, a travers les interstices des planches, les entrevoir. Lamar, rompu a tous les exercices du corps, devançait de quelques pas les deux policemen. Un éclair de haine s'alluma dans le regard de Jim-Cercle-Rouge.
Quand le bruit de leurs pas se fut perdu dans le lointain, le vieux bandit, tirant apr?s lui Bob, sortit de sa cachette.
- On a eu chaud... commença, avec un ricanement étouffé, le jeune chenapan, satisfait de se trouver en s?reté apr?s une alarme si vive.
Jim, d'un geste terrible, lui imposa silence. Il l'entraîna jusqu'a un vaste tas de vieux bois, de vieux fers, de veilles caisses, de bouts de planches, de douves, de tonneaux, de débris de toutes sortes, qui étaient accumulés a terre contre la palissade.
Jim, vers l'angle de gauche de cet amoncellement confus, se pencha et se mit a rejeter de côté une certaine quantité de ces débris. Il découvrit ainsi, parmi le bois, un morceau de fer rouillé, l'empoigna et parut fournir un puissant effort.
Une trappe s'ouvrit, dont il était impossible de soupçonner l'existence sous les vieux bouts de planches qui y étaient fixés avec art et qu'elle souleva en m?me temps qu'elle.
Aux pieds du vieux Barden était une ouverture béante, o? l'on apercevait les premiers échelons d'une échelle vermoulue qui plongeait dans l'ombre d'une sorte de puits.
Jim, sans mot dire, montra du doigt l'ouverture a son fils. Bob eut un mouvement de recul.
- Faut aller la-dedans ? A quoi que ça sert ? protesta-t-il. Puisqu'on les a semés, il n'y a qu'a filer... Et chacun de notre côté, acheva-t-il avec un désir évident de mettre le plus d'espace possible entre lui et un p?re qu'il avait les plus justes motifs de redouter.
Mais, déja, le vieux, d'une étreinte irrésistible, le poussait vers la trappe. Bob, rechignant, dut descendre dans le trou noir. Jim le suivit, refermant apr?s lui la trappe qu'il soutenait de la main et qui, au-dessus de sa t?te, descendit progressivement et s'encastra au milieu de débris. Le tas de bois avait repris son aspect o? l'?il le plus scrutateur n'e?t rien pu découvrir d'anormal.
* * *
- Ah ! ben ça, c'est vraiment épatant ! s'exclama avec une extase d'admiration une voix enfantine.
C'était le petit garçon qui, tout a l'heure, du haut de l'appentis en ruines, avait assisté a la survenue des deux fugitifs, incident qui, on le sait, l'avait prodigieusement intéressé.
Il avait profité du moment o? ils s'étaient dissimulés derri?re les tonneaux pour descendre furtivement de son perchoir et s'approcher d'eux a leur insu, se faufilant, silencieux sur ses petits pieds nus, de cachette en cachette, de recoin en recoin, avec une adresse d'Indien, dans le terrain qu'il considérait comme son domaine privé, ayant coutume d'y passer la majeure partie de ses journées.
Ce qu'il venait de voir l'avait stupéfié et enthousiasmé. Il y avait dans son terrain une trappe qu'il ne connaissait pas ! Cette trappe avalait des hommes et se refermait ensuite, en faisant semblant d'?tre un tas de bois ! Il n'avait jamais assisté a un événement d'un myst?re aussi passionnant.
Les mains dans les poches de sa culotte trouée, sa t?te ébouriffée penchée sur sa poitrine, que couvrait mal son v?tement en loques, il restait planté au bord du tas de bois, qu'il regardait avec une ardente curiosité.
Brusquement, il se décida, s'agenouilla, farfouilla avec activité parmi les bouts de planches, et, trouvant le morceau de fer rouillé, essaya d'ouvrir la trappe. Mais il eut beau raidir ses faibles bras, il n'arriva pas a l'ébranler.
Haletant et déçu, le gamin se releva, en se disant qu'une aide quelconque lui était nécessaire. A ce moment, il entendit un pas dans l'allée déserte. Il se précipita vers la palissade, se faufila comme un chat par un trou des planches et aborda le passant.
- M'sieur ! M'sieur ! arr?tez un peu ! J'ai quelque chose a vous dire !... Tiens, c'est vous, m'sieur le docteur Lamar !...
Max Lamar, apr?s sa poursuite vaine, revenait lentement sur ses pas, mécontent d'avoir perdu la piste de Jim Barden. Il avait vu celui-ci pousser son fils dans l'allée, qu'il avait, une minute plus tard, parcourue lui-m?me avec les deux policemen. Mais, parvenu a son extrémité, il n'avait plus trouvé la moindre trace des fugitifs. Apr?s quelques recherches infructueuses, il avait quitté les deux agents en leur recommandant de surveiller étroitement les alentours et il refaisait, en sens inverse, le chemin de la poursuite lorsque le gamin l'avait abordé.
- Je vous connais bien, m'sieur Lamar, continua celui-ci. C'est vous qu'avez soigné, a l'asile, ma tante Deborah, quand elle a eu son attaque... Moi, je suis Johnny Mac Quaid... Papa est balayeur, et il habite la...
Son doigt tendu indiquait une pauvre masure a laquelle était adossé l'appentis.
- Alors, j'ai quelque chose a vous montrer, m'sieur Lamar, reprit l'enfant, d'un air important. Quelque chose de pas ordinaire. Venez par ici. C'est dans le terrain. Pour entrer, il n'y a qu'a tirer le coin de la palissade. Ça s'ouvre tout seul. C'est truqué, s?r et certain.
L'intér?t de Max Lamar fut a l'instant tr?s vivement éveillé, et il suivit Johnny, qui l'amena devant le tas de bois et lui expliqua ce qu'il avait vu.
Remerciant le hasard qui lui venait en aide, le jeune homme s'assura de l'existence de la trappe en la soulevant lég?rement. Il la laissa tomber et se mit a réfléchir.
Au bout d'un moment, il tira son portefeuille de sa poche et y prit une de ses cartes de visite, sur laquelle il griffonna rapidement quelques mots au crayon.
Alors, se retournant vers Johnny :
- Attention, mon garçon ! Je te charge d'une mission importante : tu vas courir remettre cette carte au premier policeman que tu rencontreras. Tu as compris ? Surtout, dép?che-toi !
- J'y file, m'sieur Lamar !
Celui-ci prit dans sa poche quelques pi?ces de monnaie, et, en m?me temps que la carte, les remit au gamin.
Johnny détala a toute vitesse.
Resté seul, Max Lamar piétina sur place pendant quelques instants avec une impatience grandissante.
L'attente l'irritait. Jim Barden, dont il venait, par une chance inespérée, de retrouver la trace, n'allait-il pas, durant ce délai, lui échapper une fois encore ?
Deux fois il alla jusqu'a l'allée, voir si rien ne venait.
Enfin, n'y tenant plus, il revint a la trappe, l'ouvrit, et, résolument, s'engagea seul dans le trou noir.
Pendant ce temps, Johnny Mac Quaid, juché sur un immense tabouret, devant le comptoir d'un bar o? il venait d'entrer, commandait gravement un grog aromatisé de whisky. La carte de Max Lamar était dans la seule de ses poches qui ne f?t pas percée. Il la remettrait tout a l'heure. Pour le moment, il avait soif et il buvait. Il était un homme, il avait de l'argent, il avait assisté a des événements sensationnels, il était chargé d'une mission importante, la terre ne le portait plus.
C'est seulement quand il eut dégusté jusqu'a la derni?re goutte sa consommation, et qu'il en eut majestueusement réglé le prix, qu'il quitta le bar et se mit a la recherche d'un policeman.
Il en avisa au coin d'une place voisine, non pas un, mais deux qui causaient ensemble avec animation.
- Je te dis qu'ils ont d? tourner a gauche, en sortant de l'allée, affirmait celui-ci a son compagnon.
- Allo, dit Johnny, en le tirant par sa manche. Voulez-vous voir ça ?
Surpris, l'homme prit la carte et lut :
Max Lamar
médecin légiste
Suivez ce garçon. J'ai besoin d'aide.
Les deux policemen étaient précisément ceux qui avaient accompagné Max Lamar au cours de la poursuite. Sans demander de plus amples explications, ils suivirent Johnny vers le terrain vague.
Max Lamar ne s'y trouvait plus, mais Johnny fournit ses explications et désigna la trappe. Les deux hommes, conjecturant que le médecin, qu'ils considéraient comme un de leurs chefs, s'y était aventuré sans les attendre, se hât?rent a leur tour d'y descendre. Mais ils ne permirent pas a Johnny, qui trépignait de rage, de les suivre.
* * *
Lorsque le vieux Barden eut laissé, au-dessus de sa t?te, retomber la trappe, il poussa, pour l'obliger a descendre, Bob, qu'il tenait toujours par l'épaule.
Bob, en se trouvant dans une sorte de puits inconnu, au milieu des tén?bres, et sur une échelle qui craquait sous son poids, fut plus terrifié que jamais. Cependant, il obéit sans résistance.
L'échelle aboutissait a une étroite cave, en partie éboulée, o? se traînait la vague clarté filtrant a travers un soupirail presque comble. Une sorte de boyau tortueux s'y ouvrait, que les deux hommes, sur un espace de cent cinquante m?tres, parcoururent jusqu'a une autre cave a demi obscure, encombrée de futailles vides. Jim en déplaça quelques-unes, entassées dans un angle, démasqua ainsi un petit escalier et se mit a gravir les marches disjointes en entraînant Bob qui aurait vivement désiré ?tre ailleurs.
Le vieux Barden souleva une trappe et tira brutalement apr?s lui son compagnon.
Ils se trouv?rent dans une petite pi?ce délabrée, éclairée par un demi-jour sinistre, et o? il y avait pour tous meubles une vieille table en bois blanc et deux chaises boiteuses en paille grossi?re.
Jim Barden avait laissé retomber la trappe.
Implacable, il se retourna vers son fils et le saisit par les bras avec une violence sauvage.
- Tu es un bandit ! Voila ce que tu es, gronda-t-il, d'une voix qu'étouffait la fureur. Pourquoi ? Je ne t'ai laissé manquer de rien dans ton enfance ! Je t'ai protégé contre le mal ! Je t'ai donné un métier pour vivre honn?tement. Tu as eu tout ce que je n'ai pas eu ! Ah ! des ?tres comme toi n'ont pas le droit de vivre !
Il le repoussa brutalement. Bob, épouvanté, n'avait pas dit un mot. Le vieux Barden, haletant, le visage convulsé, resta quelques instants immobile.
Il revint vers son fils, le prit par l'épaule avec tant de force que l'autre eut un gémissement. Puis, ouvrant une porte, il le poussa dans une pi?ce contiguë a la premi?re.
C'était une chambre plus étroite encore. Un petit lit de fer disloqué, un tabouret dépaillé et un vieux petit buffet, sur lequel étaient posés une cuvette et un pot a eau égueulé, la meublaient. Au mur, a côté d'une gravure déchirée, une serviette était pendue a un bec de gaz, pr?s d'une petite fen?tre tr?s éloignée du plancher.
D'une poussée brusque, Jim jeta son fils sur le lit et brandit comme des massues ses poings redoutables.
Bob, pour parer les coups qu'il sentait venir, leva ses coudes devant son visage ; mais le vieux Barden, dans un effort supr?me, se calma. Sans toucher son fils, il laissa retomber ses bras. Il retourna dans la premi?re pi?ce, s'assit devant la table, la t?te dans ses mains.
" En voila une histoire ! Pour de la guigne, je peux dire que j'ai de la guigne, grogna Bob, resté seul. " Mais il se dit que la crise était finie et que, cette fois encore, il était sauvé.
Il s'étira. L'alcool qu'il avait bu l'étourdissait. La course l'avait éreinté. Il eut un haussement d'épaules, d'indifférence veule, se tourna sur le maigre lit et s'endormit d'un sommeil de plomb.
Jim Barden, pendant de longues minutes, resta plongé dans ses pensées.
Sa fureur avait fait place a la détresse. Muet, immobile, il n'était plus qu'un homme désespéré, qu'écrase, toujours accru, l'effroyable poids d'un mal héréditaire et qu'il sait inexorable. Au milieu de l'angoisse, de l'horreur, du remords, comme un glas, revenait impitoyable, obsédante, mais sous une forme modifiée, la phrase qu'il avait criée au misérable adolescent qui dormait maintenant dans la pi?ce voisine :
- Nous n'avons pas le droit de vivre !
Cette phrase, elle sonnait a ses oreilles, et elle retentissait au fond de son cerveau depuis des mois. Maintenant, la décision prise le rendait calme, décision instinctive d'abord, pourrait-on dire, puis nette, consciente, réfléchie.
- Nous n'avons pas le droit de vivre !
Jim Barden se leva de sa chaise. Cette phrase, il la répéta sourdement, puis a haute voix, comme pour mieux la comprendre, pour mieux se l'affirmer a lui-m?me.
- Nous n'avons pas le droit de vivre !
Et les yeux fixes, il continua :
- Nous sommes les deux derniers, lui et moi... Quand nous serons morts, la race maudite aura cessé d'exister. Je suis un criminel, il est un voleur ; nous devons disparaître. Notre avenir, a lui comme a moi, c'est le bagne ou le cabanon, l'asile ou l'échafaud... La mort vaut mieux...
Pas d'autre lutte. Pas d'autre débat au fond de lui. La décision inexorable.
Plus bl?me encore que d'ordinaire, il ouvrit sans bruit la porte de l'autre chambre. A pas muets, il s'approcha du lit, se pencha vers son fils, qui dormait toujours, lourdement, et regarda longuement son visage plombé, prématurément flétri, portant tous les stigmates de la dégénérescence et du vice.
Jim Barden se redressa. Il eut une derni?re hésitation.
Puis, brusquement, il leva la main vers le mur et ouvrit le robinet du bec de gaz.
Il repassa dans la pi?ce voisine, et, derri?re lui, ferma doucement la porte, contre laquelle il s'adossa, hagard.
- Il va mourir sans s'en rendre compte, murmura-t-il. Je ne veux pas qu'il souffre. N'est-il pas une victime, lui aussi !... comme moi... N'est-il pas sous l'influence du Cercle Rouge, puisqu'il est mon fils !...
Tout a coup, il eut un tressaillement, se pencha en avant, les yeux fixés vers le sol, se ramassa sur lui-m?me, pr?t a bondir.
La trappe du plancher s'ouvrait.
Elle s'ouvrait lentement, sans bruit, soulevée par un effort vigoureux.
Un objet apparut, qui était le canon d'un revolver. Puis une main qui tenait l'arme.
Jim Barden, courbé, silencieux, fit un pas, et, brusquement, saisit a pleins poings la main et l'arme.
Il y eut quelques instants de lutte ; l'arrivant, invisible encore, se défendait désespérément. Le vieux bandit eut le dessus. Il arracha le revolver des doigts crispés qui le tenaient et attira brutalement l'inconnu hors de la trappe.
Jim-Cercle-Rouge reconnut Max Lamar. Un rictus de fureur contracta ses traits, et il braqua l'arme sur la poitrine du médecin.
- Haut les mains ! gronda-t-il.
Max Lamar, avec le plus parfait sang-froid, obéit.
Il y eut un instant de silence effrayant.
- Tu m'as fait enfermer trois fois dans la maison des fous, médecin maudit ! continua Jim, mais, cette fois, c'est moi qui te tiens... et je ne te lâcherai pas !...
- Je constate, comme c'était mon avis, du reste, qu'on vous a mis en liberté trop tôt, Jim Barden, dit tranquillement le docteur Lamar. Vous n'?tes pas guéri...
- Mets-toi la, interrompit Jim violemment, en désignant une chaise du canon de son revolver. Nous avons a causer.
Lui-m?me, tenant toujours Max Lamar sous la menace de l'arme, se laissa tomber sur la chaise qui était de l'autre côté de la table. Il éleva sa main droite, o? apparaissait, rouge de sang, le stigmate héréditaire.
- Tu as vu cela ? Tu connais cela ? C'est la marque ! Tu sais ce qu'elle signifie ? Il y a toujours eu, de génération en génération, un Barden avec cette marque sur la main. Et celui-la était un ?tre taré, malade, extravagant, ou bien un criminel, ou bien un fou...
- Je croyais que l'hérédité de ce stigmate singulier était une légende, observa, toujours calme, Max Lamar, qui suivait de l'?il chacun des mouvements de son terrible interlocuteur.
- L'instant est venu o? cela va cesser, continua Jim. Il faut que notre race maudite disparaisse ! Nous ne sommes plus que deux, moi et mon fils... Pour lui, déja, c'est commencé... La. (Il eut un geste vers le mur.) Écoute !... Ne l'entends-tu pas râler, suffoqué par le gaz ?... Maintenant, c'est a mon tour de mourir. Tu m'as fourni l'arme... Mais je vais t'emmener avec moi, docteur Lamar, puisque tu es venu me chercher jusqu'ici...
A la contraction du visage de Barden, le docteur Lamar comprit qu'il allait tirer. Rapide comme l'éclair, il saisit le revolver, cherchant a désarmer le forcené.
Enlacés dans une étreinte furieuse, tous deux roul?rent a terre et se relev?rent sans lâcher prise. Un coup de feu retentit qui n'atteignit personne. Lamar, enfin, dans un effort supr?me, réussit a immobiliser une seconde la main de son adversaire, et, ouvrant d'un coup sec la culasse de l'arme, il en fit sauter les cartouches.
Au m?me moment, la trappe s'ouvrit, et les deux policiers, qu'avait prévenus l'enfant du terrain vague, se précipit?rent dans la pi?ce, revolver au poing.
Jim repoussa son adversaire, saisit une chaise, a toute volée la lança. Les deux agents se jet?rent sur lui.
Max Lamar, épuisé par la lutte qu'il avait soutenue, resta un moment sans haleine et sans forces. Mais il se rendit compte, soudainement, qu'une forte odeur de gaz emplissait la pi?ce, le prenant a la gorge. Les paroles de Barden, dans un éclair, lui revinrent a l'esprit : " Mon fils... la... Ne l'entends-tu pas râler ?... "
Il s'élança, ouvrit la porte de la petite pi?ce, mais, suffoqué, recula. Il aspira une forte bouffée d'air, et, faisant appel a toute son énergie, de nouveau, au milieu de l'atmosph?re mortelle, il se précipita, ferma le robinet du gaz, empoigna un tabouret et fit voler en éclats, de quelques coups rapides, les vitres de la fen?tre. Revenant au lit de fer sur lequel il avait vu une forme humaine inanimée, il prit Bob dans ses bras, l'enleva et l'emporta en chancelant dans l'autre pi?ce. Défaillant, il s'appuya, s'affaissa plutôt contre le mur, tenant toujours entre ses bras le corps inerte.
Le combat continuait, acharné, entre le vieux Jim et les deux policiers. Barden ne cherchait pas a fuir, il cherchait a mourir. Il avait saisi la main, armée d'un revolver, de l'un des agents, et il employait toute sa force a diriger le canon de l'arme contre sa propre poitrine.
Il fit un supr?me effort, tordit a le briser le poignet qu'il tenait. Un coup de feu retentit. Jim Barden s'écroula sur le plancher, les bras en croix.
Max Lamar avait rapidement repris possession de lui-m?me. Incliné vers le corps insensible du jeune Barden qui avait glissé sur le sol, il faisait d'énergiques efforts pour le rappeler a la vie. Ce fut en vain. L'asphyxie avait fait son ?uvre.
Le médecin se pencha ensuite vers le corps de Jim. Celui-ci, également, ne respirait plus. La balle du revolver avait traversé le c?ur.
Max Lamar se releva. Il regarda pendant quelques moments les cadavres du p?re et du fils, puis il détourna les yeux.
- Morts tous deux, dit-il a voix haute. Avec eux cesse d'exister la marque fatale du Cercle Rouge...
La fin tragique de Jim Barden et de son fils produisit parmi le public une forte impression.
Max Lamar s'efforça de ne pas laisser s'ébruiter la part qu'il avait prise dans cette affaire. Ce fut en vain. La perspicacité et le courage dont il avait fait preuve lui cré?rent une réputation énorme, et son ami, le chef de police Randolph Allen, alla jusqu'a dire que sises fonctions de médecin légiste lui laissait des loisirs, il se ferait un devoir de lui offrir une place d'inspecteur de premi?re classe.
Max Lamar, cependant, excédé par les démarches, rapports et dépositions qu'il devait faire, éprouva le besoin de se distraire et de voir des spectacles gracieux apr?s des spectacles tragiques.
C'est alors qu'il se souvint - mais l'avait-il une seule minute oubliée ? - de la promesse qu'il avait faite a Florence Travis et a sa m?re de leur rendre visite.
En conséquence, un apr?s-midi, deux ou trois jours apr?s la mort des deux Barden, il se dirigea vers Blanc-Castel.
Le temps était beau, et Max Lamar marchait sans hâte, se trouvant en avance.
En débouchant sur une grande place, il vit une auto arr?tée non loin de lui. C'est machinalement qu'il y avait jeté les yeux, mais ses regards s'attach?rent avec admiration sur une main féminine, qui, négligemment posée au bord de la porti?re, ressortait sur le fond sombre de la voiture.
Des occupants de l'auto, Max Lamar ne voyait rien. La main seule apparaissait, mais il n'en pouvait détacher ses yeux.
C'était une main de jeune femme ou de jeune fille. Une main fine, délicate et soignée, adorable de forme, exquise de blancheur.
Le jeune homme s'approcha pour la voir de plus pr?s. A ce moment, l'auto, démarrant, s'éloigna.
Mais un cri de stupeur échappa a Max Lamar. Sur la main blanche, sur la main séduisante, une marque se formait, indistincte d'abord, un stigmate circulaire qui fonça peu a peu, devint comme une couronne irréguli?re d'un rouge sang - le Cercle Rouge.
Max Lamar s'élança au milieu des voitures, mais l'auto filait a toute allure, et il n'eut que le temps d'entrevoir le numéro inscrit a l'arri?re.
Il revint sur le trottoir, tira son portefeuille, et, d'une main qui tremblait un peu, malgré son empire sur lui-m?me, il inscrivit sur une de ses cartes de visite cette note br?ve :
Auto n° 126694, le Cercle Rouge.
Czerwone koło
Prolog.
- Widzisz więc, stary Dzimie, powiedział dozorca, klepiąc po ramieniu więźnia, pomalowano ci świeżo mury twej celi. Jeżeli je zaczniesz zasmarowywać nanowo, to biada ci! Słyszysz! żadnych napisów. Bo...
Człowiek nie ruszał się, skulony na stołku. Dozorca popatrzył na niego przez chwilkę, a potem, głosem łagodniejszym, w którym przebijała litość, dodał:
- No, widzę, że jesteś spokojniejszy. Pomogła ci samotność. Ach, gałganie, dałeś się nam we znaki temi paroksyzmami. Ale już skończone z niemi? Tem lepiej. No, to do widzenia, stary Dzimie.
Człowiek pozostał sam w swej celi, oświetlonej niepewnym światłem, płynącem z dwóch otworów wyciętych wysoko w grubości muru. Milczenie grobowe przerywane było od czasu do czasu wyciem dochodzącem z oddali.
Dżim wyglądał na lat pięćdziesiąt. Siwe włosy opadały kosmykami na czoło. Pod ubraniem w paski jakie noszą więźniowie w Stanach Zjednoczonych, przeglądała jego chudość, ale i atletyczna budowa. Twarz jego, o cerze ziemistej, o dużych, ciężkich rysach, zastygła w błędnym wyrazie.
Dżim wstał i zbliżył się do kraty, służącej jednocześnie za drzwi od celi. Potężnemi rękami chwycił za żelaza i oczy jego, apatycznie obojętne, błądziły przez chwilę w cieniu kurytarza, skąd oddalił się dozorca. Potem zaczął chodzić wzdłuż i wszerz swej celi.
Chód jego był ciężki i zarazem elastyczny, jak chód wielkiego zwierza leśnego. I nagle zatrzymał się, tak, jak się zatrzymuje zwierzę, pod nagłem uderzeniem wrażenia jakiegoś: pragnienia, które się budzi, instynktu szukającego zaspokojenia.
Oczy jego wpatrzyły się najpierw w nagi mur, na prawo od kraty, nawprost otworów okiennych. Ściany były pomalowane farbą bronzową, prawie czarną, jak to oznajmił dozorca. Więźnia zdawało się to wprowadzać w zakłopotanie. Palce jego zadrżały, niecierpliwie i kurczowo zaciśnięte. Ale w kącie znajdowała się mała szafka w murze, gdzie stawiano dzbanek z wodą i chleb. Otworzył ją. Wewnątrz tynk był biały, gładki i czysty.
Wówczas Dżim powrócił do swego stołka, chwycił go oburącz i wywinął nim w powietrzu młynka. Pod siedzeniem drzewo było pęknięte. Do szczeliny tej wsunął paznokieć i wyciągnął z niej kawałek ołówka o czerwieni szkarłatu.
Trzymając ołówek między palcem wielkim a wskazującym, powrócił do szafki. Tam, stojąc, z łokciem opartym o półeczkę, poważnie, z naprężeniem całej swej siły, zaczął rysować coś na białej ścianie.
Kiedy skończył, cofnął się o parę kroków by podziwiać swoje dzieło.
Narysował koło czerwone.
Koło szerokości mniej więcej bransoletki kobiecej, koło prawie regularne i symetryczne w przecięciu, ale nierówne w grubej linji tworzącej je linji, czasem węższej, czasem bardziej wydętej; koło krwi, możnaby powiedzieć. Dżim przyglądał mu się długo, długo z szybko zmieniającym się wyrazem twarzy, skurczającym jego rysy, z wyrazem wściekłości, nienawiści, rozpaczy, rezygnacji dzikiej. Oczy jego napełniły się tym czerwonym kołem dziwacznym, tą małą geometryczną figurą zagadkową, zdającą się mu mówić tyle rzeczy strasznych i bolesnych. I nagle cierpienie jego doszło do takiego napięcia, że zamknął gwałtownie drzwiczki szafki i odwrócił się.
Ale nie zrobił nawet czterech kroków wstecz, gdy zadrżał, dusząc w sobie okrzyk przerażenia.
Naprzeciw niego, na ścianie, pomiędzy szafką a kratą, było czerwone koło.
Nie wahał się ani sekundy przyjmując jako pewnik myśl, zalewającą mu mózg. Koło, które widział, było to samo, jakie narysował.
Dwoma susami znalazł się przy szafce i otworzył ją: pierwsze koło było wewnątrz.
Więc to drugie?... Koło, wyskakujące na gołej ścianie?... Odwrócił głowę i patrzał w bok, trzęsąc się cały, z nadzieją, że już nie ujrzy znaku i z pewnością głęboką, że przecież ono zostanie.
Zobaczył je.
Zobaczył. Wzrok jego zdawał się być do niego przygwożdżony. Drugie koło było obrazem pierwszego... a jednocześnie różniło się... W czem?... W czem?... Ta sama wielkość, tenże wygląd, ten połysk krwawy... a jednak...
Podstępnemi krokami, cichaczem, Dżim zbliżył się posuwając się wzdłuż ściany i nagle rzucił się gwałtownie z ręką otwartą.
Trzymał je! Zdusił je, jak dusi zwierzę szkodliwe. Zgładził je ze świata! Ach, co za ulga!
Odjął dłoń. I tym razem nie mógł powstrzymać krzyku przerażenia, rozdzierającego mu gardło.
Czerwone koło było dalej, o jakieś trzydzieści centymetrów.
I oto stała się rzecz, nieoczekiwana i zdumiewająca:
Czerwone kolo poruszyło się znowu! Zaczęło tańczyć po gołej ścianie, niknąć, ukazując się i podskakując.
Nieraz pod zamkniętą powieką naszą, punkt świetlny tańczy, rośnie, zmniejsza się, staje się dyskiem drżącym, mnoży się, dzieląc się w błędnę ogniki, które grają w zamkniętej świątyni naszej wizji. Podobnie Dżim widział, ale oczami szeroko rozwartemi, całą fantasmagorję kół czerwonych, punktów świetlnych, plam krwawych, wieńców szkarłatnych, kulek ognistych, a wszystko to wirowało w jakimś obłąkanym tańcu.
Umysł jego uległ zamroczeniu. Rzucił się na mur i potężnemi pięściami zaczął walić bez przerwy, jak wariat a z gardła jego wyrywały się okrzyki szału.
- Cóż to, Dżim? Znowu? Więc jeszcze te napady wciekłości cię nie opuściły?
Był to dozorca, który zwabiony krzykiem, zaglądał przez kratę.
Dżim opamiętał się i wielkim wysiłkiem zmusił siebie do milczenia, nie dlatego, by się obawiał, ale nie chciał, by dozorca wszedł i zobaczył czerwone kolo na ścianie.
Dozorca bacznie spoglądał na Dżima. Krople potu lśniły na twarzy i na szyji. Jednakże wydawał się on obecnie spokojny i opanowany.
- Skończone już? nieprawdaż, Dżimie? A teraz trzeba trochę milczenia! powiedział dozorca i odszedł.
Dżim nie ruszył się. Znowu patrzał uparcie w ścianę.
Kolo czerwone zniknęło.
Jednocześnie, przez jakiś fenomen niewytłómaczony, ale w którego straszliwe istnienie nie mógł wątpić ani chwili, miał on poczucie jasne, niezaprzeczalne, że koło czerwone przechodzi przez materiał ubrania, wpija mu się w plecy, prze w ciało i piecze go, jak żelazo, rozpalone do białości.
Uczucie djabelskie! A jednak - jak zaprzeczyć temu? Nie, było to nie do zniesienia! Jednym susem Dżim skoczył w bok, jakby dając swobodne przejście tej rzeczy niepojętej, torturującej go okrutnie, a rzecz ta rzuciła się na ścianę, jakby rzucona tam z mocą nieposkromioną.
Czerwone koło było znów.
A potem, nagle, znikło. Nic. Ściana była znów pusta.
Dżim odetchnął.
Ale znów ukazały się, raz po raz, dwie kule świetlane, jakby wyskakujące z muru. Znowu przerwa. I znów cała seria błysków, oddzielonych jeden od drugiego regularnemi odstępami.
Machinalnie Dżim je policzył, tak jak się liczy błyski latarni morskiej.
Było ich piętnaście.
Nowa przerwa. Potem dwa błyski.
Dżim czekał. Ale już nic więcej się nie ukazało i po paru minutach myślał, że to jest koniec zjawiska.
- Dwa... Piętnaście... Dwa... mruczał, przypominając sobie liczbę tych serji jasnych kół czerwonych.
Nie miało to dla niego z początku żadnego znaczenia, gdyż nie szukał go wcale. Ale po chwili wpadło mu na myśl, zupełnie podświadomie coprawda, by każdą z tych liczb skonfrontować z literą, odpowiadającą danej liczbie w alfabecie.
Otrzymał w ten sposób "B", potem "O", potem znów "B".
Wówczas ogarnęło go zdumienie bez granic. Te trzy litery razem złączone, tworzyły wyraz, a raczej imię: Bob.
A Bob - było to imię jego syna.
Ze wzruszenia zachwiał się i, aby nie stracić równowagi, musiał usiąść na stołku. Ale owo przerażenie przed tajemniczem zjawiskiem przeszło bez śladu. Nie miał on przed sobą żadnego cudu nie rozumiejąc jeszcze kryzysu, przez jaki przeszedł, nie rozumiejąc, że był igraszką swego chorego mózgu i że koło czerwone przez niego narysowane, poplątało się wskutek naturalnej u niego halucynacji, z plamą świetlna, tańczącą na ścianie i przynoszącą mu sygnały syna jego Boba, pojął, przynajmniej, pochodzenie tych plam i znaczenie sygnałów.
Ogarnął go wielki spokój. Koszmar podstępny i okropny czegoś nadprzyrodzonego i niepojętego, oddalił się. Teraz on wiedział.
Wiedział! Gdzieś, leżąc wysoko na jakimś sąsiednim dachu. Bob poprzez otwór okna jego celi, dawał mu znaki zapomocą małego lusterka kieszonkowego, które zbierało promienie słońca i posyłał ie do ciemnej celi.
II.
Okienko to, przez które trochę powietrza i światła wchodziło do celi, było zawsze otwarte. Wycięte w murze grubym na dwa metry, rozszerzało się na zewnątrz.
Często Dżim wślizgiwał się aż do otworu, zbyt wąskiego by więzień mógł uciec tamtędy, i tam, przez długie godziny, pogrążał wzrok, ponury i znudzony, w małem podwórku, ciemnem jak studnia, wybrukowanem wilgotnemi, zielonkowemi kamieniami. Upewniwszy się, że na kurytarzu niema nikogo, Dżim powtórzył swój manewr. Plecy jego, zbyt szerokie, uderzyły o kamienie muru, ale głowa wysunęła się na zewnątrz.
Z naprzeciwka, nieco wyżej, usłyszał lekki gwizd.
Podniósł oczy.
Bob znajdował się na dachu, po przeciwnej stronie podwórza, u dołu pochyłości dachówek, pochyłości tak spadzistej, że było prawdziwem szaleństwem znajdować się tamże. Dwa duże kominy wznosiły się powyżej i Dżim spostrzegł, bez wielkiego zdziwienia zresztą, - wiedział bowiem, że syn jego był mało odważny - że sznur przewiązywał go wpół i że ktoś najwidoczniej stojący w tyle za kominem, trzymał go mocno.
Trzy metry najwyżej oddzielały syna od ojca. Bob zamierzał mówić, ale Dżim szepnął:
- Milcz. Ani słowa!
Wówczas Bob schwycił znajdującą się obok niego na dachówkach deskę i przerzucił ją jak most wiszący pomiędzy dachem a brzegiem okienka.
- Nie! - zaprotestował Dżim. - To idjotyzm! Złapią tu ciebie!
Cofnął się z przerażeniem i zobaczył swego syna, spuszczającego się po desce.
Dżim skrył się w głębi celi. Bob, młodzieniec długi i szczupły, podobny do akrobaty z powodu wygimnastykowanych członków, przelazł bez wielkiego trudu przez otwór okna i znalazł się obok ojca. Powoli rozwiązał opasujący go sznur.
Wszystko to nie trwało nawet dwóch minut.
Słońce zapewne przez ten czas schowało się poza wysokie sąsiednie budynki, cień zapanował wszechwładnie wewnątrz cel, tak, że Dżim z trudem rozpoznał rysy twarzy syna.
Mruknął:
- Proszę cię - cichooo... dozorca znajduje się tuż...
Oparł rękę na plecach Boba i popchnął go do kąta, gdzie nie można było zobaczyć go przez kratę, poczem szepnął głosem urywanym i surowym:
- Czego chcesz odemnie?.. Po co tu przyszedłeś? Mów...
Bob znajdował się pod wpływem reakcji swego wysiłku i niebezpieczeństwa, przez jakie przeszedł. Być może również, że obawiał się swego ojca. Blady był straszliwie i trząsł się na całem ciele. Wreszcie rozpoczął opowiadać o swojem przedsięwzięciu. "Miał pomysł razem z jednym swoich przyjaciół" wyleźć na dach sąsiedniego domu; zawahał się jednak przed otworem okna w murze więzienia.
- Nie wiedziałem, które to okno... I w jaki sposób dać tobie znać?... Trzy razy przychodziliśmy tutaj...
Dżim przerwał:
- Przestań gadać głupstwa. Mów do rzeczy... Poco tu przyszedłeś? Czego chcesz odemnie?...
- Więc!.. otóż... - jąkał się Bob - bo... dlatego, że może mógłbyś uciec stąd...
- Uciec?.. Jakim sposobem? Nie jestem wężem, nie mogę się prześliznąć.. A potem, ty przecie wiesz dobrze, że nie chcę wcale uciekać! Bandyta taki jak ja musi pozostać w ciasnej klatce... Tutaj nie mogę nikomu szkodzić!... Zadużo już zrobiłem złego... Słowa te rzucił ponurym głosem. Potem, zastanowiwszy się chwilę, dodał:
- A zresztą, ty przecie łżesz. Wcale ci nie chodzi o to, bym był wolny... Nie będziesz mi przecie zawracał głowy uczuciem, co? Nie miłość tobą kieruje... Ani mna, również... Robiłeś wszystko co mogłeś, aby tak cbyło... Chciałem mieć syna... prawdziwego syna... Człowieka pracującego, żyjącego z uczciwego rzemiosła... A ty...
Nie puszczał ram Boba, ściskając je ręką brutalną.
- A co ty robisz obecnie? Jeszcze przed sześciu miesiącami, gdy byłem na wolności, znalazłem ci miejsce porządne... Co? Co mówisz? Wypędzono ciebie? A więc? Z czego żyjesz teraz? U kogo pracujesz? Bo chyba pracujesz, mam nadzieję?
- Tak jest, pracuję, - mruknął Bob.
- U kogo? Odpowiadaj?...
- U... u Sama Smillinga.
Dżim skoczył.
- U Sama Smillinga! U tego szewca przeklętego!... Ach, tego to już zawiele!
- Ależ to przecie jeden z twych przyjaciół! - zaryzykował Bob.
- Milcz! To bandyta!... Prawdziwy bandyta... O, tak, on wie, co robi...
- Ależ, ojcze, zapewniam cię, on zajmuje się mną, daje mi dobre rady.
- Nie gadaj! Sam Smilling! O, znam dobrze jego rady... Ahaha! więc ty "pracujesz" u niego! Więc teraz rozumiem już... Przyznaj się: to on posyła tu ciebie? Dżim drżał cały ze złości. Powstrzymał się jednak, by nie przerażać swego syna i otrzymać od niego zupełne wyznanie.
- No więc tak, - mruknął Bob, - to on mnie przysyła tutaj.. Zresztą nic nie mam do ukrywania... Przeciwnie... To w celu dobrego uczynku, - dokończył z emfazą.
- Dobrego uczynku? - powtórzył Dżim zaciskając pięści. - A zresztą, opowiedz... zobaczymy potem.
- Więc tak, - powiedział Bob, zupełnie już ośmielony. - Jak się dowiedziałem, przed trzema laty oddaliście obydwaj wielką usługę bankierowi na Far-West. A on powiedział wam wówczas, że jeżeli zgłosicie się do niego, do San Francisko, gdzie on mieszka, to w razie jego nieobecności przyjmie was jego córka, którą on uprzedził. Dla rozpoznania macie jej pokazać, tej córce...
- Pokazać co?
- Otóż właśnie, bransoletę... Bransoletę koralową, która należała do ciebie... a przedtem należała do...
- Do mojej żony, - wtrącił Dżim głucho.
- I wówczas, podobno, pewnego dnia przyszło między Samem a tobą do wielkiej kłótni i bransoletkę połamano... Sam wziął połowę... Obecnie bankier pojechał do Europy i Sam dowiedział się przypadkiem, że chcą go ograbić... Wiec dlatego też chce on uprzedzić o tem córkę, ale na to, by ona mu zaufała, prosi cię o wydanie mu drugiej połowy bransolety... Widzisz, jakie to proste...
- Tak, - powiedział Dżim, który czynił najwyższe wysiłki, by pozostać panem siebie... - Tak, to bardzo proste. I istotnie, Sam nie namęczył się bardzo, by wymyśleć tę historyjkę. Ale widocznie sądzi on, że stałem się już idjotą i że mógłbym dać się wziąć na lep tej bajeczki... Tak, tak, prawdą jest, że chce on udać się do San Francisco, że chce zdobyć zaufanie i że raz już będąc na miejscu, będzie kradł i mordował... a ty będziesz jego spójnikiem.
- Ja też byłem pewny, że ty odmówisz, - szepnął Bob, - ale on chciał za wszelką cenę, abym ja spróbował...
- I to on przyprowadził ciebie tutaj? To on trzymał ciebie za sznur?...
Dżim nie skończył. Złość nurtowała w nim, podnosiła się i dusiła go. Ciężkie milczenie zapadło między ojcem i synem. Kąt, w którym się znajdowali, oświetlało trochę drugie okienko a promień jasny padał właśnie na drżące ręce starego Dżima.
I nagle Dżim spostrzegł, że syn jego zaczął się trząść, a głos przeszedł w jęk, wyrażający przerażenie bez granic.
- Ach! Koło Czerwone!... Koło Czerwone na twej ręce!... Ach, nie rób mi nic złego... Łaski!... To sam Smalling kazał mi tu przyjść...
Z początku Dżim nie drgnął. Wiedział, że Koło Czerwone odbiło się na jego prawej ręce i że ten straszny stygmat, znany jego synowi, znany wszystkim, że ten straszny stygmat, znak widomy jego kryminalnych instynktów, zaokrąglał się krwawym wieńcem na jego chropowatej skórze. Wiedział o tem również z wrzenia złych myśli, z rozpętania sił nieokiełznanych, pchających go niechybnie do czynu gwałtownego.
Minęła chwila straszliwa, Bob trząsł się jak w febrze, nie mając odwagi uciekać lub bronić się, nie mogąc wydać krzyku o ratunek. Ojciec naprężał się jakby w napięciu całej energji, naciągającej muskuły jego jak sznury.
A Koło, różowe najpierw, potem żywo-czerwone, nabiegało purpurą krwi, wychodząc wypukle na skórą.
- Koło Czerwone! - wyjąkał Bob... - boję się... boję się... to koło!...
Nie skończył. Ojciec chwycił go za gardło obiema rękami w najwyższej rozpaczy i chłopak zwalił się na podłogę.
Nie było walki. Nie było oporu. Dżim nielitościwy, klęcząc, dusił go.
W cieniu połyskiwał krwawy stygmat a przynajmniej Dżimowi zdawało się, że widzi jego kształt i kolor. Widział to tylko, wpatrywał się w to jedynie, w ten płomień, biegający mu pod skórą, w tego węża ognistego, kręcącego się bez przerwy dokoła siebie samego, nieruchomego napozór, lecz żyjącego jakiemś piekielnem życiem. Zdawało mu się. że jego obie ręce złączone zakreślają wokoło szyji syna jego najokropniejsze koło - koło śmierci.
Nagle puścił ofiarę. Ta wizja śmierci była dla niego nie do zniesienia. Jego syn zaduszony przez niego! Przez kilka chwil zły genjusz instynktu trzymany był na wodzy - ale jedynie podczas tych paru chwil. Kolo Czerwone nie znikło.
Jednym susem Dżim znalazł się przy kracie. Zdawało mu się, że słyszy kroki dozorcy, robiącego swój obchód.
W tej chwili Bob, wciąż rozciągnięty na podłodze, nie mogący lub nie chcący wstać, jęknął głośno.
Wówczas Dżim stracił głowę. Kryzys jego wzrastał ale zmieniał podmiot wściekłości. Dozorca powinien był nadejść. A wówczas nastąpiłoby zaaresztowanie Boba i syn jego byłby w więzieniu.
A Koło Czerwone wciskało mu się w ciało: o męczarnie niewypowiedziane! Koło Czerwone wciągało jego myśli jakiś wir zawrotny, gdzie były płomienie i krew.
Kroki zbliżały się.
Wówczas Dżim szalonym wysiłkiem chwycił syna wpół posunął go aż do otwartego okna. Jakaś przeszkoda. Potem łoskot rzeczy padającej, na bruk podwórza. Była to deska, owi most powietrzny, łączący z sąsiednim dachem.
Ostatnie popchnięcie.
Bob zniknął.
Kiedy dozorca wszedł do celi, znalazł tam starego Dżima leżącego na ziemi i łkającego koawulsyjnie, bez pamięci...
II. Une mise en liberté
L'asile pénitentiaire, vaste construction massive, aux murs rébarbatifs, aux fen?tres défendues par d'épais barreaux, semblait plus sinistre encore sous le radieux soleil d'un midi de printemps.
Une auto luxueuse tourna l'avenue déserte et, d'une allure rapide et moelleuse, vint s'arr?ter devant la lourde grille qui barrât l'entrée principale de l'asile.
La porti?re s'ouvrit. Deux femmes élégantes en descendirent. Une jeune fille d'abord, qui sauta lég?rement sur le trottoir et se retourna pour offrir l'appui de sa main a sa compagne, une une dame d'un certain âge, qui mit pied a terre a son tour.
La jeune fille sonna a la grille. Un gardien parut, salua les dames qu'il semblait connaître, les fit entrer et s'éloigna. Il revint bientôt dire que le directeur attendait Mme Travis et Mlle Florence Travis.
Mme Travis, une femme de cinquante ans environ, v?tue de noir avec une distinction sobre, au visage calme et bon sous ses cheveux déja presque blancs, se retourna vers la jeune fille. Celle-ci regardait pensivement la lourde grille qui séparait - comme une barri?re placée entre le bonheur et le malheur - le lugubre couloir, sombre et froid sous la vo?te pesante, du jour éclatant, vibrant et libre de la rue.
- Viens-tu, Flossie ? lui dit-elle avec un accent qui décelait toute sa tendresse.
Flossie, ce diminutif charmant, allait bien a cette radieuse jeune fille, dont la beauté semblait éclairer cette morne geôle.
Elle paraissait grande et élancée dans sa souple robe de velours noir rayé de larges bandes blanches, dont le corsage échancré dégageait le cou délicat que caressait une fourrure de renard blanc. Elle avait un joli visage au teint pur, a la bouche fraîche, aux grands yeux parfois r?veurs et presque graves, parfois pétillants d'une gaieté d'enfant, au front blanc que couvraient a demi les cheveux bruns bouffants sous la gracieuse toque blanche. Tout en elle était harmonieux, séduisant et l'humeur capricieuse et fantaisiste de Florence Travis, son dédain pour les futiles préoccupations qui absorbaient les autres jeunes filles, l'originalité sinc?re et spontanée de ses go?ts et de ses idées ajoutaient une sorte de personnalité savoureuse et prenante a son caract?re indépendant, volontaire, mais fonci?rement droit et dont le signe distinctif était une compassion ardente pour toutes les mis?res et toutes les infortunes.
Et c'était ce dernier sentiment que partageait et encourageait Mme Travis qui, ce matin-la, amenait Florence dans le lugubre asile o? tant de misérables épaves du crime et de la folie étaient détenues.
A l'appel de Mme Travis, la jeune fille s'était retournée.
- Oui, m?re, je viens. Je regardais cette grille si lourde, si impitoyable, répondit-elle avec une sorte de frisson. Je pense aux malheureux sur qui elle est fermée comme la dalle d'un tombeau...
- C'est pas souvent du monde bien fameux, ma belle demoiselle, intervint le vieux gardien, et qui n'est pas toujours digne de votre charité.
Florence ne répondit pas.
Le gardien les précéda jusqu'au cabinet du directeur.
Celui-ci, assis a son bureau, au fond de la grande pi?ce sév?re, aux murs couverts de casiers administratifs, se leva pour recevoir les deux dames.
Le directeur, M. Miller, était un homme froid, morose et solennel, qui souffrait de l'estomac, ce qui assombrissait encore son caract?re, déja peu enclin a la gaieté.
Il exerçait ses fonctions avec une autorité indifférente et la régularité d'un rouage qui concourt automatiquement a la marche de la grande machine judiciaire.
Mais nul n'échappait au charme de Florence. En la voyant, M. Miller se souvint qu'il était un homme, qu'il avait jadis été jeune et peut-?tre amoureux et que l'humanité n'est pas tout enti?re composée de prisonniers et de gardiens. Il eut un sourire aimable en indiquant des si?ges.
- Vous ne vous découragez donc pas, mademoiselle ? Vous continuez votre ?uvre malgré les déceptions qu'elle vous a procurées ? C'est une belle abnégation et une noble tâche pour une jeune fille.
- Pourquoi me découragerais-je ? interrompit Florence. Ce n'est pas parce que j'ai eu quelques déceptions comme vous dites... Oui, oui, monsieur Miller, ajouta-t-elle en riant, je sais bien que Jones, dont l'hiver dernier, je me suis occupée, a essayé de faire cambrioler notre résidence de Blanc-Castel, et que Bates a vendu, pour boire, le cheval et la voiture que nous lui avions achetés pour son métier de marchand ambulant, si bien que, pendant un mois, il a été ivre-mort... Mais je sais tr?s bien aussi que j'ai réussi plus souvent que je n'ai échoué et que plusieurs de vos anciens pensionnaires, grâce a l'aide que nous leur avons donnée, sont maintenant rentrés dans le droit chemin et gagnent honn?tement leur vie. On ne réussit pas a chaque tentative, vous ne l'ignorez pas, monsieur Miller, et c'est tr?s beau déja de réussir quelquefois... J'ai tant de pitié pour tous ces déshérités, pour toutes ces épaves de la vie qui, bien souvent, sont plus a plaindre qu'a blâmer...
Elle s'arr?ta les yeux brillants, son joli visage tout animé d'émotion.
Le directeur la regardait avec une admiration visible, o? il y avait un peu d'étonnement railleur.
- Hélas ! mademoiselle Travis, voila un enthousiasme qu'un vieux fonctionnaire comme moi ne peut plus ressentir. J'ai vu trop de choses... Mais cela ne m'emp?che pas d'apprécier vos préoccupations humanitaires... et votre z?le infatigable... Vous ?tes si différente des autres jeunes filles !...
- Je ne sais pas si je suis différente, dit Florence ; en tout cas, je n'ai pas grand mérite, car je sais bien que tout ce qui amuse mes amies ne m'amuse pas du tout, moi ! Et quand on est riches et heureuses comme nous le sommes, c'est un devoir de s'occuper des pauvres gens...
- Sans doute, sans doute... reprit M. Miller. Mais vous venez, mesdames, pour voir le fameux Jim Barden, qu'on va libérer... Si votre influence s'exerce sur cet homme-la, mademoiselle Travis, j'en serai bien surpris... Enfin, je vais donner l'ordre qu'on l'am?ne ici.
Le directeur sonna. Un gardien parut, auquel il donna ses instructions et qui s'éloigna vers l'intérieur de l'asile.
* * *
Dans le quartier réservé aux internés les plus dangereux, Jim se tenait debout au bord de sa cellule. On e?t dit une b?te fauve captive ; de la b?te fauve il avait l'apathie taciturne, l'aspect farouche, résigné et redoutable.
A travers les barreaux de la lourde grille qui l'enfermait, il avait passé son bras droit, et sa main pesante pendait en dehors. Ses yeux fixes regardaient droit devant lui, sans paraître rien voir, et il restait la sans bouger, comme une sombre image de révolte impuissante et de désespoir égaré.
Pensait-il ? Des souvenirs traversaient-ils son cerveau ? Regardait-il le passé, le présent ou l'avenir ?... Il demeurait immobile et, en apparence, presque hébété.
Soudain, sur sa main droite, une marque se dessina, un stigmate circulaire, rose d'abord, puis plus foncé et qui devint comme une couronne écarlate, irréguli?re : le Cercle Rouge. Jim Barden entrait en fureur.
Il éleva sa main jusque devant ses yeux, regarda le stigmate mystérieux et eut un sourd ricanement de fou. Un pas retentit. Jim baissa la main. Le gardien parut, portant un paquet de v?tements. Il ouvrit la porte et les jeta au prisonnier.
- Habille-toi, ordonna-t-il. Tu vas me suivre chez le directeur et on te mettra en liberté.
Et il reprit :
- Mais oui, vieux Jim, en liberté. Voila ce que c'est que d'?tre raisonnable. Depuis quelques mois, il n'y a rien a dire, tu es sage ! J'ai remarqué que ça date du jour o? je t'ai trouvé ici, par terre, pleurant comme un enfant... Ça t'a calmé. Depuis, pas de crise. Alors on te donne la clé des champs...
Sans un mot, sans un signe de surprise, d'émotion ou de joie, sans jeter un dernier regard sur sa cellule, Jim, quand il eut rev?tu ses anciens habits, un complet gris abîmé et fripé, suivit le gardien chez le directeur.
- Eh bien Jim Barden, vous voila libre, lui dit celui-ci qui voulait ?tre cordial avec son pensionnaire, pour faire plaisir a Florence Travis. Je pense que vous nous récompenserez de notre bienveillante décision en faisant tout ce qui sera en votre pouvoir pour vous en montrer digne, en devenant un bon sujet... Du reste, voici deux dames charitables qui ont la bonté de s'intéresser a vous et qui veulent bien vous venir en aide.
Jim Barden, a son entrée dans le bureau de M. Miller, avait jeté un regard sur Florence et sa m?re, mais, au geste du directeur, il ne tourna pas la t?te vers elles.
- Je ne demande rien, dit-il seulement d'une voix dure.
Florence se leva et fit deux pas vers lui.
- Nous le savons que vous ne demandez rien, dit-elle doucement, mais nous serions tr?s heureuses de pouvoir vous aider.
- Oui, intervint avec bonté Mme Travis, vous allez vous trouver sans domicile, sans argent...
- C'est mon affaire, interrompit brutalement Barden. Je n'ai besoin de personne. On m'a mis en cage, mais ce n'est pas une raison pour qu'on vienne me voir comme une b?te curieuse.
Il enfonça son chapeau sur sa t?te et fit un mouvement vers la porte mais Florence, s'élançant vers lui, mit sa main blanche et fine sur sa manche grossi?re.
- Non, non, ne partez pas ainsi ! Je comprends bien... Vous avez tant souffert... Mais ne croyez pas que c'est une banale curiosité qui nous am?ne ici... Je veux que vous redeveniez un honn?te homme, un homme heureux... Il n'est pas trop tard... Sans doute vous n'?tes pas seul au monde ?... Vous avez une famille ?... une femme ?
Un tressaillement secoua les lourdes épaules de l'homme. Une crispation douloureuse passa sur son visage.
- Ma femme, il y a vingt ans qu'elle est morte, dit-il sourdement.
- Oh ! je vous demande pardon... je vous ai fait de la peine... murmura la jeune fille, émue par cette lueur d'émotion sur ce visage farouche. Mais si votre femme est morte, peut-?tre avez-vous des enfants qu'il vous faut protéger, diriger dans la vie, qui vous aimeront et vous soutiendront dans votre vieillesse... Une fille ?... Un fils ?...
- Un fils... répéta Jim a voix basse, avec une expression d'amertume.
Il resta un instant pensif, puis, sans rien ajouter, écarta brusquement la main que Florence avait posée sur son bras, et, plus sombre que jamais, d'un pas pesant, se dirigea vers la porte.
Le gardien, d'un regard, consulta le directeur. Celui-ci fit un signe affirmatif ; le gardien laissa passer l'homme, et, le long des corridors lugubres, l'accompagna pour le faire sortir de l'asile.
- Voici une tentative peu encourageante, mademoiselle Travis, commença M. Miller.
Mais Florence qui était restée sur place, regardant s'éloigner le prisonnier libéré, interrompit le directeur.
- Non, non, c'est impossible ! Je ne puis le laisser partir comme cela ! s'écria-t-elle. Il y a du bon en lui, j'en suis s?re ! Je l'ai vu tressaillir quand je lui ai parlé de sa femme. Il a l'air si sombre, si désespéré ! il doit ?tre si malheureux !... Je vais le rejoindre, essayer encore...
Malgré les appels de sa m?re, qui se hâta de la suivre, la jeune fille s'élança hors du cabinet du directeur et se mit a courir pour rattraper Jim Barden.
La grille venait de s'ouvrir devant celui-ci. Jim la franchit et se trouva sur l'avenue déserte. Un moment, il resta immobile, les yeux clignotants au sortir de l'ombre intérieure, indécis peut-?tre sur sa direction et sans doute étourdi par le grand air, par le grand jour, par la liberté. Puis il fit quelques pas pour s'éloigner.
C'est a ce moment que Florence le rejoignit.
La jeune fille, rose, essoufflée d'avoir couru, sans se soucier d'?tre vue en pleine rue parlant a cet homme a l'aspect de bandit, mit de nouveau sa main sur le bras de Jim Barden.
Celui-ci s'arr?ta, sa face se contracta dans une expression de sombre impatience.
- Écoutez-moi, lui dit la jeune fille avec le plus charmant des sourires ; j'ai encore un mot a vous dire. Je crois que tout a l'heure, je vous ai irrité. Je m'y suis mal prise, probablement, et je vous ai fait de la peine. Ce n'était pas mon intention, je vous assure... Pardonnez-moi, et pour me prouver que vous ne m'en voulez pas, permette-moi de vous avancer ceci, afin que vous puissiez vivre en attendant du travail.
Elle avait tiré de son réticule un petit rouleau de billets de banque qu'elle lui tendit.
Jim Barden eut un mouvement. Une col?re alluma ses yeux. Brutalement, de la main de la jeune fille, il arracha les billets de banque qu'il froissa et jeta a terre.
- Je n'en veux pas de votre argent ! gronda-t-il d'une voix rauque. Je ne suis pas un mendiant !
- Je vous en prie, insista Florence.
Mais elle s'arr?ta, interdite. Ce n'était plus le m?me homme. Un acc?s soudain de rage aveugle avait saisi Jim Barden :
- Allez-vous me laisser tranquille ! hurla-t-il le visage convulsé et en faisant un pas vers Florence.
Il était si menaçant que le gardien, qui regardait la sc?ne, se jeta sur lui et le saisit a bras le corps.
Jim eut un rugissement étouffé et ses mains puissantes étreignirent la gorge du gardien.
La lutte fut br?ve. L'homme au Cercle Rouge, avec une force décuplée par la rage, se dégagea et, fou de fureur, s'élança le poing levé sur la jeune fille.
Une main vigoureuse saisit le bras menaçant. Le forcené vit devant ses yeux le canon d'un revolver braqué sur lui.
- Haut les mains ! ordonna une voix br?ve.
C'était Max Lamar, qui intervenait.
En sortant de son bureau, il s'était dirigé, comme il en avait manifesté l'intention a sa sténographe, vers l'asile.
La, se dissimulant dans un angle de mur d'o? l'on voyait la grille, il avait attendu la sortie de l'?tre redoutable qu'il s'était donné pour mission d'emp?cher de nuire.
De ce poste d'observation, il avait assisté a la sc?ne de violence qui s'était déroulée entre Barden et la jeune fille, et s'était précipité au secours de celle-ci.
- C'est encore vous, gronda Barden, en jetant un regard sanglant au jeune homme.
- Haut les mains ! répéta durement Lamar.
Jim-Cercle-Rouge hésita une seconde, mais la violence de sa crise était tombée ; le revolver restait braqué sur lui, le tenant en respect. Il obéit et leva les deux bras, tout en grondant sourdement comme une b?te prise.
Max Lamar, sans le perdre du regard, sans cesser de le tenir sous la menace de son arme, se fouilla et sortit de sa poche les menottes qu'il y avait placées.
- Passez-lui ces bracelets, ordonna-t-il au gardien, qui s'appr?ta a obéir.
Florence, nous l'avons dit, n'avait pas reculé devant le poing brandi de Jim Barden. Calme, résolue, un peu pâle, plus jolie que jamais dans son intrépidité fi?re, elle avait vu son sauveur dompter le forcené dont elle avait, sans le vouloir, provoqué la rage. Mais, quand le gardien s'appr?ta a passer les menottes aux poignets de celui-ci, quand elle comprit qu'on allait replonger dans sa cellule le misérable qui venait a peine de go?ter a la liberté, elle se jeta en avant, bouleversée par la pitié.
- Non, non, dit-elle a Max Lamar. Laissez-le aller, monsieur... Je vous en prie... C'est de ma faute, j'ai été maladroite. Je l'ai exaspéré par mon insistance indiscr?te, qu'il a d? prendre pour une offense... Je vous en prie, laissez-le libre...
Ses beaux yeux imploraient ; elle tendit vers le jeune médecin des mains suppliantes. Max fut ébloui par la beauté de la jeune fille. Pourtant, il eut encore une hésitation.
- Je vous en prie, répéta-t-elle, d'un ton irrésistible.
- Allez-vous-en, dit Max Lamar au vieux bandit, qui se tenait maintenant devant lui, immobile et paraissant retombé dans une morne apathie. Allez-vous-en, vous ?tes libre ! Remerciez cette jeune dame que vous menaciez et dont la générosité m'emp?che de vous renvoyer d'o? vous venez.
Jim Barden ne répondit pas un seul mot. Il enfonça son chapeau sur ses yeux et s'éloigna d'un pas lourd et sans tourner la t?te.
Florence le suivit du regard. Sur son joli visage, il y avait une expression d'indéfinissable pitié. Puis elle se retourna vers Max Lamar et le remercia avec effusion.
- Sans vous, sans votre généreuse intervention, sans votre courage et votre énergie, je n'aurais pas échappé a la fureur de ce malheureux, termina-t-elle, les yeux brillants de gratitude.
- Florence, mon enfant, n'as-tu aucun mal ? cria avec angoisse Mme Travis, qui accourait, ayant de loin suivi sa fille et assisté, bouleversée, a la fin de la br?ve sc?ne de violence.
- Non, non, ma m?re ; grâce a monsieur je suis saine et sauve, dit gaiement la jeune fille.
Max Lamar, on a pu s'en rendre compte, n'était pas un personnage craintif ou timide.
Pourtant, en face de la jeune fille qui lui disait sa gratitude, un moment, il était resté troublé.
Machinalement, il se pencha, ramassa les billets de banque froissés par la main de Jim et les remit a Florence. Cependant, Mme Travis l'accablait a son tour de remerciements chaleureux, et Max Lamar reprit son aisance d'homme du monde.
- Je vous en prie, madame, vous allez, me laisser penser que vous ne m'auriez pas cru capable d'une action toute naturelle. Du reste, je faisais mon métier... Ce n'est pas que je sois détective, ajouta-t-il en riant, mais je suis médecin, - le docteur Max Lamar, - et mon rôle est, parfois de dompter les fous...
- Oui, oui, n'est-ce pas, cette fureur ne pouvait ?tre que de la folie ? Que lui avais-je fait ? s'exclama la jeune fille.
- C'est un fou, mais ce n'est pas seulement un fou, dit Max Lamar, dont le visage s'assombrit. C'est un ?tre redoutable - plus redoutable que jamais, il vient de le prouver par sa rage inexplicable - qui est maintenant lâché. Je crains que votre générosité ne m'ait fait commettre une imprudence, mademoiselle. Enfin, je vais exercer une surveillance active...
- Oh ! monsieur, vous m'en direz les résultats ! cet homme m'intéresse et m'apitoie, il paraît si farouchement désespéré, dit Florence au jeune médecin. Et si vous voulez bien perdre quelques minutes a me parler de vos recherches et de vos travaux, ajouta-t-elle, j'en serais tr?s heureuse... Ce sont des questions si profondément intéressantes, si étranges, si mystérieuses... Nul ne les a étudiées comme vous...
Mme Travis joignit son invitation a celle de sa fille, et Max Lamar s'engagea a aller rendre visite aux deux dames.
Florence et sa m?re remont?rent dans leur auto, qui démarra.
Max Lamar, immobile, suivit des yeux la voiture jusqu'a ce qu'elle e?t disparu.
Alors, seulement, il s'éloigna dans la direction qu'avait prise Jim Barden.
Dans l'auto qui l'emportait a toute allure, Florence, pour rassurer et calmer Mme Travis, bouleversée par la sc?ne qui avait eu lieu, fut plus joyeuse et plus enjouée que de coutume. Par instants, pourtant, un nuage de tristesse fugitive assombrissait ses traits et il semblait qu'elle d?t faire effort pour reprendre sa gaieté.
Dans une avenue bordée de riches maisons particuli?res, l'auto fit halte devant la grille d'un jardin splendide, au milieu duquel s'élevait une habitation luxueuse. C'était Blanc-Castel, la résidence des deux dames.
Celles-ci descendirent de voiture et entr?rent. Pendant que Mme Travis gagnait la maison, Florence se dirigea lentement vers le fond du parc.
Une femme de quarante-cinq a quarante-six ans, tr?s simplement v?tue de noir, au visage énergique et bon, la rejoignit aussitôt. On l'appelait Mary. Elle avait été la nourrice de Florence et, depuis lors, était restée aupr?s d'elle, amie fid?le plus encore que gouvernante de la jeune fille, qu'elle entourait d'un dévouement attentif et inlassable d'une profonde tendresse.
Apr?s avoir échangé avec elle quelques paroles, la voyant pensive, elle la quitta, emportant le chapeau et la fourrure de la jeune fille.
Celle-ci, seule, fit encore quelques pas au milieu de la luxuriante végétation, parmi laquelle serpentaient les allées du parc.
Elle arriva aupr?s d'un large bassin, o? une fontaine élevait le murmure musical de son flot jaillissant.
Sur un canapé d'osier elle s'assit et longtemps demeura songeuse, mordillant distraitement une fleur coupée. Peu a peu, l'expression de son visage devint mélancolique. Une nerveuse inquiétude agita Florence. Elle laissa tomber la fleur et, comme si elle éprouvait une soudaine souffrance, elle porta la main a sa poitrine.
- Florence, mon enfant, qu'avez-vous ? Vous souffrez ? murmura pr?s d'elle une voix inqui?te.
Florence tourna la t?te, vit sa gouvernante qui était revenue, et lui sourit.
- Non, Mary, je vous assure. Je n'ai rien. Pourquoi souffrirais-je ?
- Pourquoi, je l'ignore, mais je vois bien que vous n'?tes pas comme de coutume. Voyons, faites comme quand vous étiez une enfant, ajouta la gouvernante en s'asseyant famili?rement aupr?s de la jeune fille. Dites vos peines a votre vieille nourrice. Qu'avez-vous ?
- Je ne sais pas, Mary, je vous jure, je ne sais pas... C'est peut-?tre l'émotion de cette sc?ne pénible... Mais non, de coutume je ne suis pas si peureuse...
Florence resta un moment silencieuse et, d'une voix assourdie, reprit :
- C'est autre chose... C'est un pressentiment qui m'obs?de, contre lequel je lutte depuis plus d'une heure, sans pouvoir le chasser. Le pressentiment d'un malheur qui va m'arriver...
Elle tressaillit, regarda autour d'elle anxieusement et, plus bas encore :
- D'un malheur qui vient de m'arriver... maintenant... au moment o? je vous parlais, un malheur irréparable... C'est fou, mais j'ai l'impression nette et cruelle qu'un des miens vient de disparaître...
Tremblante, comme une enfant cherchant protection, elle s'appuya sur l'épaule de sa fid?le compagne. Celle-ci la serra contre elle avec tendresse et la calma par de douces paroles.
Mais la voix de la gouvernante était étrangement troublée et une angoisse emplissait ses yeux.
ÉPISODE 2
La Main d'une inconnue
V. O? l'on fait connaissance avec M. Karl Bauman, usurier en tous genres
- Le bureau de M. Bauman ?
- C'est ici, madame, mais M. Bauman n'est pas la ; il ne doit rentrer que vers trois heures.
Larkin, le garçon de bureau de la banque Bauman, regardait, non sans étonnement, la personne inconnue qui demandait son patron, et dont l'aspect était, a vrai dire, assez insolite.
C'était une femme, et elle semblait de taille moyenne, cela, Larkin le voyait, mais était-elle vieille ou jeune, belle ou laide ? Voila ce qu'il était totalement impossible de deviner. L'inconnue, en effet, était enveloppée d'un manteau noir si ample et si long qu'il dissimulait sa personne des pieds a la t?te, et elle était voilée d'un voile tellement épais, qui tombait autour de son visage en plis si impénétrables, qu'on ne pouvait distinguer le moindre détail de ses traits et que sa voix m?me n'en sortait qu'étouffée et comme lointaine.
Sans s'inquiéter aucunement de la réponse du garçon de bureau, l'inconnue, passant devant lui, entra d'un pas délibéré dans le salon d'attente.
- Je sais bien que M. Bauman n'est pas dans son bureau, déclara-t-elle. Je viens de le rencontrer dans la rue, tout pr?s d'ici ; il causait avec quelqu'un ; mais je lui ai parlé et il m'a priée de venir l'attendre ici, dans son cabinet de travail.
- Dans son cabinet de travail, madame ?
- Oui, dans son cabinet de travail. Veuillez m'y faire entrer.
Les yeux ronds, la bouche entr'ouverte. Larkin, image de la perplexité, était plongé dans un abîme d'hésitations.
C'était un pauvre homme, timide et simple, chargé de famille ; il avait connu la plus noire mis?re et vivait dans des transes perpétuelles a l'idée que la moindre bévue lui ferait s?rement perdre sa place, laquelle, d'ailleurs, était pénible et ne lui rapportait qu'un salaire de famine.
Il craignait comme le feu, M. Bauman, et, pour le moment, il était affolé par la décision a prendre. Ne mécontenterait-il pas gravement son patron en laissant entrer quelqu'un dans son bureau, sans ordres directs ? Ne commettrait-il pas une gaffe plus forte en prenant sur lui de s'y refuser ? La dame voilée semblait bien s?re d'elle. Sa voix avait une autorité impressionnante, et Larkin était habitué a voir son patron traiter de la façon la plus mystérieuse les affaires les plus diverses. Il songea a aller demander conseil a un employé, mais M. Bauman lui avait, une fois pour toutes, sous peine d'?tre flaqué a la porte dans les cinq minutes, défendu de parler de quoi que ce soit a qui que ce f?t.
- Eh bien ! dit la femme voilée, avec une nuance d'impatience, vous décidez-vous ? M. Bauman sera mécontent si l'on me rencontre ici.
Larkin eut un frisson.
- C'est par la, madame ! dit-il, en allant ouvrir la porte du bureau.
La visiteuse voilée s'y engouffra.
La porte refermée, elle regarda autour d'elle et eut un geste de dépit. Dans la pi?ce sombre, sév?rement meublée, pas un papier, pas une fiche, pas un dossier ne traînait ni sur la table de travail, ni dans les casiers des cartonniers.
Tout était vide.
Elle s'assit. Puis, sans relever ses voiles, posant ses deux mains sur son front et s'appuyant a la table, elle réfléchit assez longtemps. Des mouvements nerveux agitaient ses épaules. Son attitude donnait l'impression d'une personne inqui?te, irrésolue, désappointée, qui est venue pour accomplir un acte, et qui ne trouve point, dans les circonstances, l'aide nécessaire a l'accomplissement de cet acte.
Son bras droit retomba sur la table. Il y avait, dans un plateau de cristal, des porte-plume et des crayons de toutes sortes. Elle prit un crayon, distraitement, et, le mania tout en poursuivant sa pensée.
A côté du plateau, il y avait un bloc-notes dont la page de dessus s'offrait, toute blanche. Toujours distraite, elle se mit a tracer des lignes au hasard, et sans regarder, pour ainsi dire, ce qu'elle faisait.
Quelques minutes s'écoul?rent.
Et, soudain, elle tressaillit et s'écarta vivement de la table, comme frappée par une vision mauvaise. Elle venait de voir tout a coup ce que sa main avait, a son insu, inscrit sur la page blanche.
C'était un cercle, un cercle irrégulier, de l'épaisseur d'un bracelet. Et le crayon qu'elle avait pris, qu'elle avait choisi instinctivement dans le plateau de cristal, était un crayon rouge.
Elle arracha la page du bloc-notes, la froissa et la jeta avec un frisson d'horreur. Ensuite, s'étant levée, elle marcha rapidement vers la porte par laquelle Larkin l'avait introduite. Au moment de saisir la poignée, elle s'arr?ta, de nouveau indécise. S'en irait-elle ? Ou bien persisterait-elle dans son projet ? Elle hésitait, avec des gestes qui montraient combien la lutte était pénible, et par quels sentiments contradictoires et violents elle était déchirée.
Deux fois la visiteuse inconnue avança le bras vers la poignée. Deux fois elle s'éloigna de la porte. Pourtant, elle allait partir... Un hasard fixa le destin... Tout pr?s d'elle, un rideau de panne verte cachait une partie du mur, qui était opposé a la fen?tre, et ce rideau, elle eut la curiosité de le soulever.
Elle vit alors une porte fermée - une porte métallique, haute de pr?s de deux m?tres, et semblable a une porte de coffre-fort, avec ses serrures, ses boutons et ses cadrans.
La femme voilée ne bougea plus, et, chose étrange, ce n'était point cette porte de fer qu'elle examinait... Non, elle examinait sa main - sa main droite crispée au rideau qu'elle soulevait, sa main droite sur le dos de laquelle apparaissait, dans le lacis des veines et des muscles, une lég?re teinte rosée, en forme de cercle.
Elle se mit a trembler convulsivement, durant une minute peut-?tre, d'un tremblement qui, par un phénom?ne mystérieux, s'atténuait a mesure que la vision qui l'épouvantait, devenait plus précise. La marque s'aggrava. La teinte rose fonça, devint rouge, rouge écarlate, rouge sang.
- Oui, oui, murmura, sous ses voiles, l'énigmatique inconnue, comme si elle se répondait a elle-m?me, je vais agir... Je ne puis pas ne pas agir...
Elle eut encore un grand frisson, le frisson, peut-?tre, d'une révolte derni?re contre une force secr?te qui la dominait. Et, soudain, elle fut calme, tranquille, résolue...
Elle se baissa, étudia le mécanisme de la porte et des cadrans, se rendit compte que le coffre était clos sans qu'il f?t possible de l'ouvrir, et rabattit la tenture.
Ensuite elle alla ramasser la feuille de papier froissée qu'elle avait jetée a terre tout a l'heure, apr?s y avoir tracé la rouge marque mystérieuse. Elle la fit disparaître sous ses voiles. Alors, elle fit lentement le tour de la pi?ce. Elle était si maîtresse d'elle-m?me qu'elle se rassit paisiblement dans un fauteuil de cuir et réfléchit quelques instants.
Puis elle se releva. Son plan était arr?té.
D'autres rideaux de panne retombaient lourdement devant l'embrasure de la fen?tre.
Elle constata qu'en s'en enveloppant, elle pourrait se dissimuler sans que rien révélât sa présence.
A ce moment, une voix aigre s'éleva dans le salon d'attente. Un pas s'approcha. Une main se posa sur le bouton de la porte du bureau.
* * *
L'établissement que M. Karl Bauman appelait sa banque avait eu des débuts modestes et qu'un esprit malveillant e?t qualifiés de louches. Maintenant, il occupait tout le premier étage d'une maison de belle apparence, située dans une rue convenable, mais qui se trouvait aux confins des quartiers populeux. Cette situation, pensait M. Bauman, proclamait que sa client?le se composait de toutes les classes de la société, et, par malheur pour la société, c'était vrai.
M. Karl Bauman s'intitulait homme d'affaires, mais, s'il avait eu la moindre franchise, il aurait remplacé cette désignation sur ses cartes de visite par ce seul mot : Usurier.
Usurier, il l'était autant qu'on peut l'?tre, et en tous genres. Certes, il fournissait de l'argent, a des taux exorbitants, a des négociants g?nés ou a des jeunes gens riches qu'il dépouillait, lambeau par lambeau, de leur fortune présente et de leurs héritages a venir, mais, en outre, il ne dédaignait aucunement le sordide trafic et les humbles profits du pr?t a la petite semaine. Il disait volontiers, avec un ricanement qui voulait ?tre jovial, que les petits ruisseaux font les grandes rivi?res et, envers sa pauvre client?le d'artisans momentanément sans travail, de petits boutiquiers en difficulté et d'employés faméliques, dont il rongeait les maigres gains, il se montrait plus fur, plus âpre, plus impitoyable encore, si possible, qu'avec les autres.
Dans les quartiers populeux, sur lesquels il avait étendu ses opérations comme les fils d'une toile d'araignée, il n'y avait pas de rue et presque pas de maison o? l'on ne payât une dîme usuraire a M. Bauman et o? son nom ne signifiât point la ruine et la mis?re.
* * *
Un quart d'heure environ apr?s que Larkin eut laissé passer la femme voilée, M. Bauman fit son entrée dans sa maison de banque.
M. Bauman était d'origine germanique, comme l'indiquaient son nom et aussi l'accent rocailleux de sa voix glapissante, mais il n'avait rien du Germain blond, adipeux et pesant. C'était, au contraire, un homme sec, vif, maigre et chafouin, qui visait a la majesté malgré sa petite taille et s'habillait toujours avec une élégance recherchée bien qu'il ne f?t plus du tout un jeune homme. Ses victimes de la classe populaire le comparaient a un vautour ou a un crocodile, a une sangsue ou a un loup-cervier. En réalité, au physique, il ressemblait a une belette qui aurait eu une houppe de cacato?s en col?re. Son visage glabre, jaune, parcheminé et pointu était percé de deux petits yeux couleur fer, coupé par une bouche sans l?vres et précédé par un long nez, mince et crochu. Ses cheveux grisonnants se dressaient sur son crâne comme un toupet de clown, et toute sa personne e?t semblé risible n'e?t été la dureté froide et l'impudence de son regard.
M. Bauman, en chapeau haut de forme luisant comme un soleil, en redingote impeccable, franchit, si raide et si important qu'il semblait grandir sa petite taille, le vestibule de la banque.
- Larkin ! appela-t-il avec une brusquerie méprisante, en poussant la porte du salon d'attente précédant son cabinet de travail.
- Monsieur Bauman ?
Le garçon de bureau, comme m? par un ressort, s'était dressé.
- Courez demander au caissier le dossier Gardiner et courez le porter a M. Bull, au tribunal.
- Oui, monsieur. Si monsieur veut bien me permettre...
- J'ai dit : " Courez ! "
M. Bauman, qui aimait terroriser, quand il le pouvait sans risques, foudroya du regard le garçon de bureau.
Celui-ci, tremblant, sans oser s'expliquer davantage, partit en toute hâte. M. Bauman traversa le salon et entra dans son cabinet de travail. Il posa sur un meuble son chapeau et sa canne, dépouillant en m?me temps son air important qu'une expression de ruse cupide, qui était la vraie, remplaça. Il se frotta les mains et se laissa tomber dans un si?ge avec le laisser-aller d'un homme qui se trouve seul chez lui, loin des regards indiscrets. Il venait de traiter une affaire particuli?rement avantageuse et exhala un petit ricanement d'allégresse.
Bientôt, il se leva et s'approcha de la porte a secret, qui était dans le mur. Il souleva sur une embrasse le rideau, puis tourna les boutons, fit man?uvrer les aiguilles, composa la combinaison et ouvrit le lourd battant métallique.
Les rideaux de la fen?tre eurent un frémissement.
M. Bauman ne s'en aperçut point. La porte a secret s'était ouverte sur une petite pi?ce sans fen?tre, pareille a un tr?s grand placard creusé dans l'épaisseur du mur et intérieurement blindé d'acier. Les parois en étaient couvertes de rayons et de casiers pleins de dossiers étiquetés.
M. Bauman tourna un commutateur, et l'électricité éclaira l'intérieur du réduit. Il y entra, prit une énorme liasse sur laquelle était écrit le mot " Reconnaissances'' " et vint la poser sur son bureau. Ensuite, il retourna dans la petite pi?ce secr?te, dont il tira a demi la porte sur lui, et, a la lueur de l'ampoule électrique, se mit a compulser avec attention divers documents, tout en prenant des notes sur un agenda.
Un léger mouvement se manifesta dans le rideau.
Une forme féminine, voilée de noir, en sortit rapidement, sans le moindre bruit.
M. Bauman, dans la chambre-coffre-fort, travaillait toujours, absorbé.
Dans la vaste pi?ce qui leur servait de bureau, les employés de la banque Bauman étaient a l'ouvrage, ce jour-la, avec une activité qui s'était accrue considérablement depuis qu'ils avaient entendu, dans l'antichambre, la voix glapissante de leur patron qui rentrait.
L'un deux, cependant, dont la table, située au bout du bureau, était la plus rapprochée du cabinet de travail de M. Bauman, depuis quelques minutes, n'écrivait plus avec le m?me z?le. Son attention semblait distraite par une préoccupation extérieure et ses additions en souffraient. Enfin, il posa sa plume et tendit l'oreille.
Au bout de quelques instants, il appela son voisin.
- Monsieur Jarvis !
- Monsieur Grant ?
- Écoutez ! N'entendez-vous rien ?
- Quoi donc ?
- Des cris... lointains... étouffés... et des coups sourds... Tenez ! Tenez !...
- Ah ! oui...
Jarvis avait écouté a son tour...
- Ah ! oui, en effet... C'est drôle...
- On dirait que ça vient du bureau du patron.
- Est-ce que vous croyez qu'on l'assassine ? demanda avec sang-froid Jarvis.
- Ou bien qu'il assassine quelqu'un ? risqua un troisi?me qui s'était approché.
- Je ne crois pas, dit Jarvis avec le m?me calme, ce n'est pas son genre.
- Non, sérieusement, ça vient de chez M. Bauman, dit Grant, alarmé. Il faut aller voir...
Ils se regardaient, hésitants. M. Bauman n'était pas un patron commode, et tout ce qui ressemblait a une curiosité ou a une indiscrétion le mettait en rage.
Cependant, des cris et des coups sourds, étouffés, convulsifs, venaient, sans l'ombre d'un doute, du cabinet de travail. Ils s'affaiblirent une seconde, redoubl?rent comme dans un effort désespéré. Il n'y avait plus a différer.
Les trois employés se précipit?rent dans le bureau redoutable o? jamais ils n'osaient pénétrer sans autorisation.
- C'est lui ! il est la-dedans ! cria Grant épouvanté.
Il désignait la porte de métal. Elle était hermétiquement close. A travers son épaisseur, on entendait, lointaine et étranglée, la voix de M. Bauman. Il hurlait au secours et donnait de violents coups de pied, sans doute, dans la porte. Mais ses forces devaient l'abandonner, les clameurs s'enrouaient, les coups de pied faiblissaient.
- La clé, criait Grant, affolé, qui secouait les boutons de la porte. O? est-elle ?
- La combinaison est brouillée ! s'exclama Jarvis.
- Que faire, mon Dieu, que faire ?... Pauvre M. Bauman, il va mourir la... pr?s de nous ! Courage, monsieur Bauman ! vociféra Grant, on va vous délivrer !
" Il est perdu, ajouta l'employé a voix basse, en se retournant vers ses camarades. Jamais, en forçant la porte, on n'arrivera a temps pour le retirer vivant.
- Le caissier ! cria Jarvis qui avait gardé quelque sang-froid. M. Smith sait le mot ! il a une double clé !
Jarvis s'élança vers la caisse située a l'autre bout des locaux de la banque, et o? M. Smith, enfermé pour finir un travail urgent, n'avait rien entendu.
Jarvis, en quelques mots, lui dit ce qui se passait et les deux hommes revinrent en courant au bureau o? tous les employés de la banque, y compris deux jeunes dactylographes, étaient réunis.
Grant, a travers la porte blindée, continuait a hurler des encouragements et des consolations.
De faibles cris spasmodiques lui répondaient. M. Bauman, dans son coffre, devait ?tre pr?s de périr par asphyxie.
Le caissier, en hâte, man?uvra la combinaison, tourna la clé. Le lourd battant s'ouvrit.
Il était temps. M. Bauman sortit en titubant et alla tomber, plutôt que s'appuyer, contre son bureau.
Affalé a demi sur la table, défaillant, violacé, son toupet ébouriffé, les yeux hors de la t?te, la bouche ouverte, il s'étreignait la gorge d?s deux mains comme pour arracher son faux-col et happait l'air convulsivement, ainsi qu'un poisson tiré de l'eau.
Reprenant enfin partiellement ses sens, il eut aussitôt un mouvement de fureur.
- Qui est-ce ? proféra-t-il d'une voix entrecoupée. Qui est-ce ? je veux le savoir ou je vous jette tous dehors ! Qui est entré ici ? Qui a fermé cette porte ?... me sachant dans ce coffre ?... Car on le savait, je le sais ! je le sens ! j'en suis s?r !...
M. Bauman promenait sur les employés un regard menaçant que ses yeux injectés de sang, sa figure encore tuméfié par l'asphyxie, rendaient véritablement effrayant.
Un concert de protestations lui répondit.
- Personne n'est entré chez vous avant vos appels, monsieur Bauman, affirma le caissier. Ces messieurs s'y sont précipités seulement quand ils vous ont entendu crier et frapper...
Un rugissement sortant de la gorge de M. Bauman l'interrompit :
- Le dossier ! le dossier des reconnaissances ! O? est-il ? Il était la ! la ! sur la table ! O? est-il ?
Tragique, il montrait du doigt la table vide.
Les employés, ahuris, se regard?rent sans comprendre.
- Quel dossier, monsieur Bauman ? hasarda M. Smith.
- Celui des reconnaissances ! les reconnaissances des petits pr?ts ! Je l'avais sorti ! Je l'avais posé la ! On l'a volé. Apr?s une tentative d'assassinat sur ma personne, un vol ! Mais je trouverai le coupable ! je vous ferai arr?ter tous, juger, condamner, exécuter !... misérables ! bandits ! assassins !
M. Bauman ne se connaissait plus et hurlait en dansant positivement de rage devant sa table vide.
Ses employés, atterrés devant ce nouvel événement, se taisaient.
- C'est la femme voilée ! S?r et certain, c'est elle ! proféra, pendant un moment de silence, une voix éperdue.
Toutes les t?tes se tourn?rent. On vit Larkin, le garçon de bureau. Il venait de rentrer et avait assisté a la sc?ne. Il semblait affolé d'avoir parlé tout haut dans son émotion.
M. Bauman bondit comme un jaguar et le prit au collet.
- La femme voilée ! Quelle femme voilée ? Qu'est-ce que cela veut dire ? Parleras-tu ? Mais parleras-tu enfin ?
Il le secouait avec une vigueur juvénile. Larkin, flageolant sur ses jambes et dont les mâchoires s'entre-choquaient, semblait plus mort que vif.
- Monsieur Bauman, monsieur, ce n'est pas de ma faute !... gémit le malheureux. Vous m'étranglez, monsieur, ajouta-t-il timidement.
M. Bauman grinca des dents, mais desserra un peu son étreinte.
- Tais-toi et parle ! ordonna-t-il.
En dépit de la contradiction apparente des termes, Larkin, dont l'épouvante aiguisait les facultés, comprit : il devait cesser de se plaindre d'?tre étranglé et raconter a l'instant m?me ce qu'il savait.
Il le fit de son mieux, mais avec des redites, des excuses et des incidentes qui accrurent la furie de M. Bauman.
Quand Larkin eut tout expliqué, depuis les premiers mots qu'il avait échangés avec la femme voilée jusqu'a l'instant o? il avait introduit celle-ci dans le cabinet de son patron absent, il s'arr?ta, haletant et trempé de sueur.
M. Bauman, comprimant pour un moment son courroux, l'avait écouté sans mot dire.
- Vous avez laissé entrer chez moi une inconnue, dit-il enfin d'une voix basse et sifflante. Par votre faute, j'ai failli périr... j'ai été volé... Entendez-vous, imbécile ?
- Monsieur, gémit l'infortuné... J'ai cru, cette dame m'a dit...
Il n'acheva pas, M. Bauman le poussait vers la porte.
- Monsieur Smith, venez ! cria-t-il d'un ton impératif. Je cours a la police porter plainte. Cet imbécile dira ce qu'il sait (il eut vers Larkin un regard écrasant de menaces et gros de soupçons), et vous compléterez, vous, ma déposition.
D'un pas tragique, il passa au milieu de son personnel en émoi.
Suivi de Smith, placide, et de Larkin, défaillant, il descendit l'escalier.
Il mit le pied dans la rue et s'arr?ta stupéfait : il ne voyait pas son auto qui, en permanence, devait l'attendre pr?s de la maison, d'abord, pour qu'il p?t s'en servir, ensuite, afin d'impressionner les clients.
- L'auto, balbutia M. Bauman, pétrifié, o? est mon auto ? Smith et Larkin explor?rent les alentours d'un coup d'?il : nulle trace de l'auto. Ils échang?rent un regard ; apr?s un premier moment de surprise ils prévoyaient la vérité.
M. Bauman eut un cri horrible, il comprenait a son tour.
- Volée ! on me l'a volée aussi !
Sa voix s'éteignit dans un râle. C'en était trop. Du coup, ses employés crurent qu'il allait mourir sur place. Des taches violettes marbr?rent sa face terreuse, ses yeux jaillirent de leurs orbites, l'émotion, l'indignation l'étranglaient, il chancela.
Mais un sursaut de rage et d'énergie lui rendit ses forces.
- Va me chercher une voiture ! cria-t-il d'une voix furieuse, a un gamin de sept a huit ans qui, dépenaillé, les pieds nus, debout sur le trottoir, regardait la sc?ne en paraissant s'amuser beaucoup.
L'enfant, pour toute réponse, tendit sa main ouverte.
- Hein ? dit M. Bauman.
- On paie d'avance... Oh ! c'est que je vous connais bien, monsieur Bauman, papa a fait des affaires avec vous, expliqua d'un air tranquille le petit, qui n'était autre que Johnny, l'enfant du terrain vague.
- Petit misérable, veux-tu te sauver ! Larkin, une voiture ! ordonna M. Bauman suffoqué, en oubliant qu'il voulait garder a sa portée son garçon de bureau.
Celui-ci revint trois minutes apr?s sur le si?ge d'une auto qui les emporta vers la station centrale de police.